samedi, 05 juillet 2008
KING, Stephen (États-Unis)
Carrie ♥♥♥♥ (VO)(Disponible en français: Carrie)

Je n'avais jamais lu un seul de King de ma vie (yeah, shame on me !) donc Lady Jay qui en a lu un awful lot, m'a offert « Carrie » et « Shining » pour mon anniversaire. En montant à Metz, Carrie était dans mon sac. Je l'ai terminé dans le chemin du retour ;-)
Outcast
Carrie White est la fille d'une fanatique religieuse. Depuis toujours, la jeune fille qui porte des tenues très modestes, qui n'a pas d'amis, qui a un comportement craintif, a été la cible de toutes les moqueries de la part de ses camarades de classe.
Le roman commence lorsque Carrie a ses première règles (à l'âge de 16 ans) dans les vestiaires du lycée et est terrorisée. Elle pense qu'elle va mourir et demande de l'aide aux autres filles qui se moquent d'elle et lui lance des tampons et des serviettes hygiéniques à la figure.
Cette scène particulièrement honteuse (pour les autres en tout cas) est le point de départ de tout ce qu'on connait, puisque Sue Snell, qui a participé au "jeter de tampons", se sent redevable et demande à son copain Tommy Ross d'inviter Carrie White au Prom... Mais c'est sans compter qu'il y a Chris Hargensen dans le coin et qu'elle est fichtrement vexée de ne pas faire à sa guise dans la court du lycée... et c'est sans compter aussi que Carrie a un don de télékynésie (?) qu'elle s'est mise à développer depuis l'incident des vestiares...
Goes with the flow
Normalement j'ai peur de lire des grands écrivains en VO parce que j'ai toujours la sensation que je vais rater quelque chose en cours de lecture.
Mais l'écriture de Stephen King est fluide. Il a construit son histoire avec des "extraits" de commission, témoignages pour entrecouper avec l'histoire en elle-même, ce qui donne un air "reportage"/"documentaire".
Par quelques moments ça me semblait long, mais I kinda liked it !
Adaptation cinématographique: Carrie ♥♥♥♦
Brian de Palma a mis en scène une Sissy Spacek étonnante ! Dans le film, elle a trois têtes, et pour sûr que la dernière est la plus effrayante et donne la chair de poule !
Le livre étant séparé en deux parties (l'incident du vestiaire et le prom), le film suit cette séparation très fidèlement. A vrai dire, c'est une des adaptations les plus fidèles que j'ai vues, mais la fin a été un peu (beaucoup) changé pour lui donner un air plus dramatique/hollywoodien. Mais overall, c'était un bon film.
13:50 Publié dans Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Stephen King, Carrie, VO, Adaptation, Cinéma, Film, Sissy Spacek
dimanche, 22 juin 2008
COELHO, Paulo (Brésil) ♥

► Le site officiel
► Le fan club officiel international par Marcia Nascimento
► Le fan club officiel français par Michel Hubert
Lu:
♥ L'Alchimiste
• La Cinquième Montagne
♥ Véronika décide de mourir (Commentaire sur adaptation ▼)
• Le Démon et Mlle Prym
• Le Pélerin de Compostelle
• Le Manuel du Guerrier de la Lumière
• Sur le bord de la rivière Piedra, je me suis assise et j'ai pleuré
♥ Onze Minutes
• Maktub
• Le Zahir
• La Srocière de Portobello
17:35 Publié dans Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Paulo Coelho, Littérature brésilienne, Coup de coeur, L'Alchimiste, VO, Onze Minutes, Site
dimanche, 11 mai 2008
SEDARIS, David (Etats-Unis)
Joy me fait découvrir David Sedaris, bits by bits ;-)
Lu :
• Me talk pretty one day
Me talk pretty one day ♥♥♥♥ (VO)(Disponible en français : Je parler français)

David Sedaris nous présente 22 nouvelles autobiographiques avec humour et tendresse, de son enfance en Caroline du Nord jusqu'au jour où il part vivre à Paris avec Hugh, son compagnon. De ses origines grecques, de son enfance "banale" comparée à Hugh, des animaux de compagnie, de ses années "art contemporain et drogues", de ses années de petits boulots, et d'autres encore, il est impossible de ne pas sourire.
Lorsque arrive la deuxième partie où il raconte ses débuts chaotiques en France, ne serait-ce par la langue, on a droit à un humour proche de celui de Stephen Clarke, mais en vrai. Ce n'est pas un roman, il l'a vécu. Mais j'ai souvent la sensation qu'il est aussi clueless que le héros Paul West ;-)
Des extraits
« Our parents discouraged us from using the titles 'ma'am' or 'sir' when addressing a teacher or shopkeeper. Tobacco was acceptable in the form of a cigarette, but should any of us experiment with plug or snuff, we would automatically be disinherited. Mountain Drew was forbidden, and our speech was monitored for the slightest hint of a Raleigh accent. Use the word 'y'all', and before you knew it, you'd find yourself in a haystack Frenchkissing an underage goat. » pp 6061 (You can't kill the Rooster)
Ceci est pour ma mère ;-) : « The passage of time has not altered my father's obsessive attention to my sisters' weight and appearance. He wonders why the girls don't drop by more often, and then when they do, he opens the door asking, 'It's just my imagination, or have you put on a few pounds ? » pp.136-137 (A Shiner like a Diamond)
« 'Excuse me, but what's Easter ?'
(...) The Poles led the charge to the best of theur ability. "It is," said one, "a party for the little boy of God who calls his self Jesus and... oh, shit." She faltered and her fellow countryman came to her aid.
"He calls his self Jesus and then he be die one day on two... morsels of... lumber."
The rest of the class jumped in, offering bits of information that would have given the pope an aneurysm.
"He die one day and then he go above of my head to live with your father."
"He weared of himself the long hair and after he die, the first day he come back here for to say hello to the peoples."
"He nice, the Jesus." » p. 177 (Jesus shaves)
17:25 Publié dans Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : David Sedaris, VO, Me talk pretty one day, Nouvelles
mercredi, 10 octobre 2007
COUTO, Mia (Mozambique)
► Né en 1955 à Beira, au Mozambique, Mia Couto est biologiste de formation. Ecrivain et journaliste, il est l'auteur de deux romans, dont La Véranda au frangipanier, et de plusieurs recueils de nouvelles. Malgré ce que dit la couverture de la version Américaine, Mia Couto n'est pas un "homme blanc avec l'âme d'un africain". Mia Couto est Africain dans tous les sens du terme.
O último vôo do flamingo (lu en VO) (Le dernier vol du flamand)


NB: il y a une version disponible en anglais, The last flight of the flamingo, mais il n'est pas encore disponible en français.
• La première phrase du livre marque: "Pour dire grossièrement, voilà ce qui est arrivé: un pénis mutilé a été trouvé dans la route aux portes de Tizaranga."
Sans qu'on sache pourquoi, les Casques Bleus (ONU) se font exploser (dans le terme littéraire de la chose), ne laissant derrière eux que leurs casques et leur pénis.
C'est alors que l'Italien Massimo Risi part à Tizaranga pour enquêter sur cette étrange affaire. Avec un interprète et guide qui est aussi le narrateur. Un narrateur avec plein de choses à raconter et pas toujours des plus croyables...
Entre fable et satire, on se demande où on se trouve.
Mais la fin... la fin... que dire de la fin! C'est tellement qu'on se passe de mots. Mais le pire... le pire c'est qu'on peut bien croire que la fin s'inspire de faits réels et réalistes du continent africain. Tout comme l'Angola.
• Mia Couto écrit de forme "orale". Utilisant le portugais du Portugal (comme on appelle le portugais classique), mais le mêlant avec le parler populaire, oral, Mozambicain. Même en le lisant en portugais, j'ai eu quelques moments de cogitation, car les termes Mozambicains et les termes Angolais sont très différents.
Son écriture est très colorée, pleine de fantastique, l'histoire prend des allures de conte, de fable, malgré le décor réaliste de la guerre civile au Mozambique...
22:40 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Mia Couto, O último vôo do flamingo, VO, Roman, Littérature africaine, Littérature lusophone
mardi, 09 octobre 2007
NADEAU, Jean-Benoît & BARLOW, Julie (Canada)
► Le site officiel
Sixty Million Frenchmen can't be wrong (en VO) (Pas si fous, ces Français)


Je comptais lire ce pavé, en me disant qu'en tant qu'étrangère vivant en France, j'aurais sûrement les mêmes points de vue que ce couple de journalistes en débarquant dans l'Hexagone.
Ils font la comparaison entre le modèle français et le modèle nord-américain (États-Unis et Canada), montrant clairement les paradoxes français. Leur question de base était: what makes the French so different?
Le plus j'avance dans ma lecture, le plus je me pose des questions.
L'écriture de Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow est fluide avec des touches d'humour. Et c'est incroyable le nombre de choses qu'on apprend! Essai sur le modèle français, ce livre est aussi un bijou d'histoire de la France, comme jamais décortiquée par l'Éducation nationale. Et je peux le dire, car même si ça ne fait que 5 ans que je vis en France, depuis l'âge de 3 ans (donc Maternelle!), je ne connais que le système français. Toute, mais absolument toute mon éducation est franco-française (avec l'exception, bien sûr, de nos ancêtres les Gaulois qu'on a eu la délicatesse de ne pas nous le faire apprendre à Cuba, en Angola, au Portugal ou en Afrique du Sud).
Mais finalement, c'est le contraire qui arrive. Loin d'être étonnant, je me sens particulièrement ravie lorsqu'on dit que la France a des qualités et je me sens particulièrement susceptibe quand on critique trop la France. Ça ne me plaît pas.
Avec ce livre, on voit la France avec un autre regard et on comprend beaucoup de choses qui ne sont pas explicites au jour d'aujourd'hui et qu'on ne pouvait pas avoir découvert autrement si ce n'était par les recherches minutieuses des journalistes. En tout cas pour moi, qui n'avais jamais vécu en France avant, je ne pourrais pas me rendre compte du réel poids de l'histoire de France depuis Hugues Capet jusqu'à aujourd'hui.
Une chose m'a semblée bizarre pourtant: les noms font partie de la bulle privée? Comme quoi les Français auraient des réticences à se présenter et à donner leurs noms? Pour le nom de famille je veux bien, moi-même je n'ai commencé à utiliser le mien avec timidité l'année dernière parce que je suis la fille de mon père et que je n'avais pas envie de me faire remarquer. Mais, en tout cas ici à Montpellier, quand on rencontre des gens pour la première fois, c'est limite si on ne zappe pas le "bonjour" pour dire nos prénoms de suite. (Chapitre 3, Private space, p 33)
Peut-être n'est-ce qu'ici? Mais à Toulouse ou à Paris, ça s'est toujours passé comme ça... Va savoir! :P
Et un autre détail (qui dans l'histoire est loin de l'être) et dont je ne me souviens pas du tout, mais du tout, pendant les cours d'histoire concernant la Guerre d'Algérie...
L'organisation de l'Armée secrète (OAS) créée par les Européens d'Algérie, a commis des actes terroristes tuant plus de 5000 personnes à Algers et à Paris? (Chapitre 8, Algeria: the Unacknowledged war, p 110)
C'est à ces moments que j'avais envie d'avoir mes livres d'histoire du lycée sous la main pour faire des comparaisons.
"The French are French because of the culture they share." p9
"Despite what North Americans and Anglo-Saxons think, there's really no contradiction between being resolutely modern and ferociously archaic at the same time. The French are the proof it works." p10
"France at the turn of the third millenium is the sum of what was preserved and what was discarded throughout the country [for the past thousand years]." p12
"Men were not born citizens, but became them." p131
Encore une fois, j'étais surprise par ce que j'apprenais au cours de ma lecture. Des fois, c'était d'une logique implacable. Pour moi (et je parie pour beaucoup de Français de souche), on prend les choses comme elles sont et on ne se demande pas son origine. C'est comme ça, et puis c'est tout.
Chapitre 12: Strong language
Dans ce chapitre, les auteurs parlent de la langue et de sa force, et de ses codes (argot, verlan) et aussi des dialectes. Pourtant, il y a le louberchem. Je n'avais jamais entendu parler! Et pourtant, on l'utilise. 'Louberchem' vient du mot 'boucher', et 'loufoque' de 'fou'! C'était le jargon des bouchers dans les marchés parisiens du XIXème siècle. (p. 166)
Chapitre 13: Élite education
Saviez-vous, en toute honnêteté qu'avant, il n'y avait pas de cours le jeudi pour faire place à l'éducation religieuse? Et que du jeudi, ils ont passé au mercredi?
Par contre, j'ai du mal à croire au "professeurs payés pour ensigner, les chercheurs pour faire des recherches" et rien d'autre. Pour preuve, un de mes professeurs de neurobiologie est directeur du CNRS à Montpellier...
Chapitre 22: New checks and balances
"From the Right and the Left alike, the French still long for "great men" - the de Gaulles, Napoleons, Richelieus, and Colberts of Fench history. What they don't seem to understand is that democratic institutions make these kinds of "great men" unnecessary, even undesirable." (p. 135)
Chapitre 23: The meaning of Europe
"Failure is an orphan. Success has many fathers." (p. 325)
"[The Beluga plane] seemed the perfet metaphor for Airbus and for Europe: strange looking, but it flies." (p. 331)
Postface:
"France is not what it used to be. France has never been what it used to be and it never will." (p 343)
Excellente lecture, coup de coeur et un livre d'histoire. De quoi dévoiler et expliquer les grandes lignes de l'histoire de France. Les recherches sont minutieuses.
A lire par les étrangers débarquant en France, et surtout surtout, par les Français eux-mêmes! ;)
23:10 Publié dans Mon Marque-Page , Montpellier (& ma Vie en France) | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Jean-Benoït Nadeau, Julie Barlow, Coup de coeur, Sixty million Frenchmen can't be wrong, VO, Essai, France
lundi, 08 octobre 2007
PEPETELA (Angola) ♥

► Artur Pestana, dit Pepetela, est né en 1941 à Benguela, sud de l'Angola. C'est un des grands écrivains angolais (avec Manuel Rui, Uanhenga Xitu, Agualusa...) et un nom important dans la littérature lusophone. Il a reçu le Prix Camões, la plus haute distinction littéraire portugaise pour l'ensemble de son oeuvre.
Comme beaucoup d'écrivains angolais, il décortique la société angolaise et n'est pas tendre. Récemment la série "Vies croisées" a été tirée d'antenne sur TPA (Télévision Publique d'Angola) à la demande de l'auteur, car remanié puisqu'on ne pouvait pas passer à la télé de l'état un jeune de bonnes familles (ie dirigeants) qui vole. D'ailleurs pour la série, ils ont transformé le personnage en Robin des Bois des temps modernes, alors que l'original volait pour le plaisir de voler.
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As aventuras de Ngunga (VO)


Pendant mon excursion au sud du pays, j'ai ninjaté ce livre de la bibliothèque de mon petit frère.
• Ngunga est un orphelin, au temps du début de la lutte pour l'Indépendance, et quitte son village à l'aventure. Il rencontre des guerrilheiros du MPLA qui luttaient contre le colon portugais dans la brousse. De village en village, Ngunga nous enseigne les fondements des pionniers (jeunesse du MPLA, après Parti au pouvoir lors de l'indépendance et Parti unique pendant le communisme), l'importance de savoir lire et écrire, les us et coutumes à l'intérieur du pays...
Ce petit livre a par la suite été utilisé par le MPLA pour l'enseignement...
• Court, ce livre se lit rapidement. Par contre, je ne saurais trop quoi dire de ma lecture car en sachant ce que je pense du MPLA, j'aurais vite fait d'avoir mon père encore sur mon dos.
Un roman initiatique pour l'époque.
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A Parábola do cágado velho (VO, 1996)

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Jaime Bunda, agente secreto (VO) (disponible en français: Jaime Bunda, Agent Secret)


• Jaime Bunda. Agent secret. Toute ressemblance avec un James Bond est pure coïncidence. Bunda, en Angolais, veut dire Popotin. Notre Jaime Bunda national a la particularité d'avoir des fesses énormes qui semblent lui causer problème lorsqu'il se déplace (avec difficulté).
Passionné des grands polars classiques américains, Bunda attend que son heure vienne au Service d'Investigations Générales (je crois que c'est ça ou proche) depuis deux ans! Deux ans que son oncle (ou cousin, ou...) lui a offert un "stage" où Bunda ne fait rien, à part être assis sur une chaise.
Un jour, une jeune fille de 14 ans est violée et assassinée. C'est le moment ou jamais. Son patron le met sur l'affaire, ce qui étonne plus d'un. Alors qu'on pense que l'affaire sera vite classée par manque de preuves, Bunda se met à y croire en ses théories apprises dans les livres. Il veut voiture avec chauffeur, se met à manger aux frais de la SIG, s'invite chez qui de droit pour profiter du bon whisky de vingt ans, le seul hic: il ne peut pas avoir une arme.
Sans vraiment le faire exprès, il se trouve au milieu de marabouts, de trafiquants de diamants, Libanais et Angolais, et de "sauve-qui-peut" mais bien sûr, il ne se sauve pas...
• Que dire à part que c'est un pavé amusant, on se demande comment Bunda va s'en sortir. En 2004, c'était mon livre "salle d'attente". Pendant que ma mère était chez le médecin, je lisais mon Bunda en me souriant d'incrédulité devant le "petit" Angolais qui n'a jamais été sur une affaire se la péter (désolée, c'est vraiment le mot) à l'Américaine avec si peu de moyens. Il a un raisonnement logique que seul lui comprend.
C'est aussi un bon moyen de découvrir la capitale Luanda et les coutumes, les marabouts et les trafiquants de diamants. Et du point de vue de Bunda, tous les bons plats bien caloriques de notre gastronomie...
Le deuxième opus, Jaime Bunda et la mort de l'Américain n'est pas encore disponible en français.

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Os Predadores (VO, 2005)


• Voici un prédateur parmi tant d'autres. Vladimiro Caposso est un "zé-ninguém", un "rien" de l'Angola colonial. La seule chose qu'il possède est son nom de famille, Caposso, et il ira jusqu'à trouver des excuses pour tel.
A la mort de son père, un faux infirmier qui exerçait sans licence dans les "kimbos" (petits villages) des provinces voisines de Luanda, Caposso décida de prendre la route pour la capitale. Déjà à cette époque (ou depuis?), toutes les routes en Angola menaient à Luanda.
• Pepetela, grand romancier sarcastique devant l'Éternel, père de Jaime Bunda (Popotin), le plus grand des agents secrets angolais, en remet une couche dans la satire sociale. Aucun ministre, juge ou ancien militant du MPLA (Le Parti au pouvoir... le sien) ne sort innocent de cette critique acerbe.
Vladimiro Caposso est la personnification de tous les maux, de toutes les corruptions. On le suit depuis 1974, un an avant l'Indépendance, jusqu'à 2004. Trente ans de bons et loyaux services, un joyeux aller-retour dans les arnaques et affaires parallèles (kangonda), où on le voit prendre parti de tout ce qui est mouvement (dont Le parti qui est un Mouvement pour la libération de l'Angola... désolée pour le mauvais jeu de mot) et tendance pour se frayer un chemin parmi les grands.
Lui qui n'était personne, qui devait à peine avoir la sixième de faite, se voit puissant et
cette puissance devient cette maladie honteuse qui est le nouveau-richisme... Car malgré tout l'argent ramassé et gardé dans des îles-paradis fiscaux, on ne peut pas s'acheter une culture et un savoir-vivre.
Caposso ne se prive de rien.
Il a des entreprises, des mines de diamants, des taxis, une société de construction, un avion privé, un hélicoptère, une propriété de la taille de la Suisse (ou dans le genre - dans la province verte de Huíla avec une nouvelle race de boeufs, piscine, aéroport, héliport, terrain de gold et terrains de tennis avec maison pour une vingtaine de domestiques, et le manoir est une réplique de la Maison Blanche)... Il a tout et d'autres choses encore.
Parmi ses richesses, il a quatre enfants. Djamila (la timide et laide), Ivan l' Imbumbável (celui qui ne veut pas travailler), Mireille (la fille chérie, il parie tout sur elle, rien ne lui est interdit) et Yuri (qui ne fait que lire...)
Mais à ne pas oublier que nous sommes en Angola!
Donc circulent entre eux, les maîtresses de Caposso, les maîtres chanteurs, les anciens camarades revenus du passé militant (après le communisme, le capitalisme à fond...), les lobbyistes américains, les voisins énamourés, les réglements de compte...
• Caricature sociale, ou peut-être pas, la "matumbice" (bêtise et manque de savoir-vivre à faire pâlir n'importe qui) est un fait constaté par les enfants de ces nouveaux-riches dans la nouvelle société angolaise.
Critique sociale, oui. Caricature, finalement, pas tant.
Grandeur et décadence d'un Tiers Mondiste.
Avé Pepetela.
Et si j'ai mis un 3.5, ce n'est pas par la qualité de l'écriture de mon aîné, qui est une sorte de Saramago à sa façon (et n'ont peut-être rien à voir!), mais c'est Caposso lui-même qui me fout les jetons et j'ai toujours eu envie de rentrer dans les livres pour frapper les personnages principaux.
Histoire de...
23:05 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Pepetela, Jaime Bunda, Coup de coeur, Predadores, As aventuras de Ngunga, I ♥ Angola, VO
dimanche, 30 septembre 2007
NDEBELE, Njabulo (Afrique du Sud)
► Njabulo NDEBELE est un écrivain et intellectuel sudafricain, diplômé d'anglais et philosophie des universités du Botswana, du Lesotho et du Swaziland, enseignant aux universités de Cambridge et Denver, il est aujourd'hui vice-chancelier de l'Université de Cape Town.
Je suis arrivée au lycée en Afrique du Sud alors qu'ils avaient déjà étudié Brink, Coetzee, Gordimer et quelques autres. En seconde, lecture obligatoire Fools.
Fools ♥♥♥ (en VO)

• L'histoire se passe dans un township de Johannesburg, comme tant d'autres - Soweto, Alexandra, Mamelodi... -.
Les personnages: un instituteur vieillissant Zamani, qui à présent vit au jour-le-jour dans le ghetto après avoir été militant, une jeune fille violée et enceinte des oeuvres de l'instituteur, un jeune étudiant enthousiaste - le frère de la victime -, et dans la lutte entre le résigné et le nouvel-arrivé, ...
• Ce livre est un écho de la ville dans un ghetto sudafricain, sans fioritures. On sent presque l'alcool, la poussière, la terre à travers les lignes, les conditions misérables des townships..
Je me souviens d'avoir la grimace tout le long du livre (ou presque) parce que l'instituteur lui-seul réussissait à sortir des pages et m'effrayer par son réalisme, par le visage bien réel que j'avais mis sur le personnage.
• Un film a été réalisé par Ramadan Suleman, qu'on a eu la chance de rencontrer au lycée et de lui poser des questions.
Une des questions dont je me souviens: "Pourquoi dans le film, la fille fait une fausse couche alors que dans le livre, l'enfant naît?"
Et à Suleman de répondre "Je voulais punir l'instituteur. Il ne méritait pas cet enfant."
Ça a le mérite d'être clair...
• Quand on vit en Afrique du Sud, principalement à Johannesburg, on ne peut pas ne pas aller au coeur de l'histoire de ce pays. Avec mon père ou avec le lycée qui tenait à coeur les journées historiques sur les pas de Nelson Mandela et de Mahatma Gandhi en Afrique du Sud, je suis allée plus d'une fois à Soweto, township aux deux millions d'habitants, avec le plus grand hôpital d'Afrique, le Baragwanath, célèbre par les révoltes des étudiants noirs qui se refusaient à avoir des cours en afrikaans. Le 16 juin 1976, une photo a fait le tour du monde: celle de Hector Peterson, 13 ans, tué comme tant d'autres enfants par la police. Aujourd'hui, le 16 juin est la journée de l'enfant dans toute l'Afrique.
Comme beaucoup d'endroits, les townships ont aussi leurs quartiers aisés (c'est relatif). Mais quand on visite des maison qui font la taille de mon salon (20 m², mais pas sûr) divisées en trois pour trois familles entières, c'est à se demander jusqu'où la politique de l'Apartheid pouvait aller.
Malheureusement, Soweto n'a pas (beaucoup) changé depuis l'abolition de l'Apartheid. On commence à casser les murs, agrandir les maisons. Les shebeens (des bars) clandestins sont aujourd'hui dans la carte touristique (il faut aller au Wandie's Place, on y mange bien!).
Mais ce sera toujours Soweto.
Et c'est dans cet univers-là, que Njabulo Ndebele fait évoluer son histoire. Du réalisme à la sauce sudaf.
18:10 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Njabulo Ndebele, Fools, Afrique du Sud, Roman, Littérature africaine, VO
vendredi, 28 septembre 2007
MAGALHÃES, Ana Maria & ALÇADA, Isabel (Portugal)
Voilà un moment que je voulais parler de cette collection mais je n'ai jamais trouvé les mots. En me balandant du côté de Choupynette, je me suis dit: pourquoi pas?
Quand j'étais petite, la lecture n'était pas un plaisir. C'était un passe-temps, tout comme voir la télé et les séries (jeunesse) cubaines ou mexicaines qu'y passaient. Je me souviens d'une journée de l'enfant en particulier.
Ce 1er juin, dans les années 1990s, alors qu'on était exilés au Portugal, un des associés portugais de mon père m'avait offert un énorme paquet. Moi, gourmande, je l'ouvris sans plus attendre pour avoir la déception de ma vie: des livres! Qu'est-ce que je vais faire avec des livres? Moi? A l'époque, je n'avais pas encore écrit ma première strophe ni rien. Je devais sûrement être au CM2. ![]()
Ces livres ont pris de la poussière sur la commode pendant des mois et des mois, jusqu'au jour où je n'avais strictement rien à faire et je m'ennuyais mais d'un ennui mortel. J'ai donc pris un des livres au pif. Il y avait six ou sept, dont cinq ou six des mêmes auteures mais trois ou quatre de la même collection. Je venais de découvrir Uma Aventura (Une Aventure) de Isabel Alçada et Ana Maria Magalhães. Au tout, jusqu'à ce jour, 48 livres à découvrir, mais désolée, que pour les Lusophones. A moins de ne retenir qu'Une Aventure en France, le seul traduit, malheureusement.
Six millions de livres, soutenus par la Fondation Calouste Gulbenkian (grande fondation culturelle à Lisbonne, où petite, j'avais des cours d'expression scénique et artistique - je crois) et le Ministère de l'Éducation.
Loin d'être niaiseux, on suit les aventures des jumelles Teresa et Luísa avec leur caniche Caracol ("escargot" ou "bouclettes"), Chico le valeureux, Pedro le cerveau, et João, le plus petit avec son Berger allemand Faial (nom d'une des îles des Azores).
Les premières aventures ne quittaient pas la ville ou encore l'école, le supermarché et des régions du Portugal comme Algarve ou Ribatejo. Petit à petit, les sept (les chiens sont des personnages à part entière) découvrent le désert du Sahara au Maroc, le Cap Vert, la Chine par Macao, la France ou encore l'Égypte.
Pour les lusophones et lusophiles, ou encore ceux qui apprennent le portugais, je conseille ces petits livres de rien du ut (:p) écrit en gros avec quelques illustrations... Ce sont des mines d'informations distillées avec candeur. Moi qui n'aime pas lre en portugais (et pourtant c'est ma langue maternelle.. et paternelle aussi!), j'adoooooore la collection Uma Aventura.
Le seul hic, c'est que comme dans tous les romans d'aventure, les héros ne grandissent (presque) jamais, à moins d'avoir un an de plus tous les vingt ans... j'aurais voulu savoir ce qu'ils seraient devenus loin d'être ados, mais jeunes adultes... Juste pour voir... ;)
Le site: www.uma-aventura.pt
• Uma Aventura na Cidade n.º 1 - 3/5
• Uma Aventura nas Férias do Natal n.º 2
• Uma Aventura na Falésia n.º 3
• Uma Aventura em Viagem n.º 4
• Uma Aventura no Bosque n.º 5
• Uma Aventura entre Douro e Minho n.º 6 - 3/5
• Uma Aventura Alarmante n.º 7 - 3/5
• Uma Aventura na Escola n.º 8 - 4/5
• Uma Aventura no Ribatejo n.º 9
• Uma Aventura em Evoramonte n.º 10 - 4/5
• Uma Aventura na Mina n.º 11
• Uma Aventura no Algarve n.º 12
• Uma Aventura no Porto n.º 13
• Uma Aventura no Estádio n.º 14
• Uma Aventura na Terra e no Mar n.º 15 - 4/5
• Uma Aventura debaixo da Terra n.º 16
• Uma Aventura no Supermercado n.º 17 - 4/5
• Uma Aventura Musical n.º 18
• Uma Aventura nas Férias da Páscoa n.º 19
• Uma Aventura no Teatro n.º 20 - 4/5
• Uma Aventura no Deserto n.º 21 - 4/5
• Uma Aventura em Lisboa n.º 22
•Uma Aventura nas Férias Grandes n.º 23
• Uma Aventura no Carnaval n.º 24 - 4/5
• Uma Aventura nas Ilhas de Cabo Verde n.º 25 - 4/5
• Uma Aventura no Palácio da Pena n.º 26 - 4/5
• Uma Aventura no Inverno n.º 27 - 4/5
• Uma Aventura em França n.º 28 - 4/5
• Uma Aventura Fantástica n.º 29 - 4/5
• Uma Aventura no Verão n.º 30
• Uma Aventura nos Açores n.º 31 - 5/5 ♥
• Uma Aventura na Serra da Estrela n.º 32
• Uma Aventura na Praia n.º 33 - 5/5 ♥
• Uma Aventura Perigosa n.º 34
• Uma Aventura em Macau n.º 35
• Uma Aventura na Biblioteca n.º 36 - 3.5/5
• Uma Aventura em Espanha n.º 37 - 3.5/5
• Uma Aventura na Casa Assombrada n.º 38
• Uma Aventura na Televisão n.º 39
• Uma Aventura no Egipto n.º 40
• Uma Aventura na Quinta das Lágrimas n.º 41
• Uma Aventura na Noite das Bruxas n.º 42
• Uma Aventura no Castelo dos Ventos n.º 43
• Uma Aventura Secreta n.º 44
• Uma Aventura na Ilha Deserta n.º 45
• Uma Aventura entre as Duas Margens do Rio n.º 46• Uma Aventura no Caminho do Javali n.º 47
• Uma Aventura no Comboio n.º 48
04:35 Publié dans Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ana Maria Magalhães, Isabel Alçada, Uma aventura, Roman jeunesse, VO, Littérature portugaise, Littérature lusophone
CLARKE, Stephen (Angleterre) ♥
Lu:
• A year in the merde ♥
• Merde actually ♥
A year in the merde ♥♥♥♥♥ (en VO)(Disponible en français : God save la France)

Paul West, un alien
Paul West un jeune Anglais débarqué à Paris pour travailler avec un certain Jean-Marie Martin. Sa mission, en l'acceptant, était d'implanter une chaîne de salons de thé, alors que Jean-Marie est spécialisé dans le hâcheur de viande...
Toute une aventure pour un jeune homme qui ne sait que dire "oui" et "non" en français, qui doit apprendre à déchiffrer l'anglais baragouiné par ses collègues, et qui manque de bol, ne rate pas une crotte de chien dès qu'il sort de chez lui. Il est deep deep dans la crotte dès le départ...
Il parle de comment il s'adapte à la vie parisienne, essaie de comprendre les rouages de la République, socialement ou même sexuellement (cursus complet!). Lorsqu'il est de retour en Angleterre, il est forcé de constater qu'il se sent étranger chez lui et de plus en plus parisien dans ses manières.
Un roman drôle qui tient en haleine et qui nous met de bonne humeur. Surtout lorsqu'on est soi-même étranger, qu'on doit faire la queue sur la pluie devant la préfecture pour récupérer le sésame (carte de séjour) et tout dans la bonne humeur (un chocolat chaud aidant)...
Extraits:
"I mustn't try to make people like me. That's too much too English. You have to show them you don't give a shit what they think. Only then will you get what you want." p. 48
"F*** you Mr Darcy." I told the ceiling. "F*** you Hugh Grant. How can you expect a Brit to get his end away if you go around being so bloody polite all the time?" p. 53
"And I had a kitchen, which would be fun. It's been a long time since anyone had tasted my pasta surprise (surprise -- I forgot to put salt in the water)." p. 134
"To a Brit brought up on six-month waiting to see any hospital staff more specialized than toilet cleaners, this was like seeing a list of the home numbers of the world's top ten supermodels. I got out my phone and keyed in the numbers of the lung specialist, the ear, nose and throat specialist, and, just in case, the lab where I'd need to go for a brain scan. You can't be too careful." p. 314
" - At five PM, I was working. (...) At seven PM, I was sitting on ze train. (...) At nine, I was listenning ze radio.
- Was that AM or PM?
- No FM." p. 336
"Not that I wrote [David Beckham's haircuts] in the 'subjects covered' section of the presence form. It was always 'discussion of British culture inspired by study of contemporary design.'" p. 339
"May is an important month in the French calendar. Because if the French year begins in September, it ends in May. (...) Basically, in France, if you haven't done what you planned to do by April 30, you're in deep m****." p. 369/370
Merde actually ♥♥♥♥♥ (en VO)(Disponible en français : God save les Françaises)

Paul West est de retour et malgré l'inauguration imminente de "son" salon de thé, rien n'est acquis. Entre sa copine sans initiatives, sa belle-famille déjantée, le retour d'Alexa qui est partie à Londres... tout est un grand désastre. Et il faut dire que Paul est la poisse en personne. Tout ce qu'il touche peut se transformer en catastrophe, peu importe les efforts qu'il fait.
Un vrai régal! Je suis fan de Paul West (et donc de Stephen Clarke) et me pose la question: à quand ses prochaines aventures in the merde? Car faut pas croire... si au début c'était le fait que les crottes de chien étaient légion en France, on se rend compte que même à Londres, Paul West est toujours in the merde...
04:10 Publié dans Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Stephen Clarke, A year in the merde, Merde actually, Coup de coeur, Roman, VO
MILLER, Arthur (États-Unis)
The Crucible (en VO)


• En 1692, un vent de panique envahit Salem, une bourgade puritaine du Massachussetts. Une douzaine de filles fut trouvée dans les bois en pleine nuit, en train de danser, boire du sang et invoquer le diable. Quelques-unes de ses filles, (mal)menées par Abigail Williams et son esclave Tituba, tombent malades, ce qui préoccupent les habitants de Salem, et plus précisément le révérend Paris, oncle d'Abigail, dont la fille Betty est très malade.
On fait appel au révérend Hale de Beverly, expert en exorcisme. Et quand le diable s'en mêle...
D'abord une vengeance d'Abigail pour récupérer John Proctor et faire pendre sa femme Elizabeth, l'effet avalanche ne tarde pas. Un après l'autre, les habitants sont dénoncés par une horde de filles hystériques, et d'après le juge Danforth, comme la vérité sort de la bouche des enfants, un à un, ils sont tous pendus, s'ils ne confessent par leurs péchés présumés...
• Excellente lecture, rapide et rythmée.
D'après le quatrième de couverture, ceci est un parallèle avec l'ère dénonciatrice de McCarthy, où la paranoïa et la superstition font tout le monde accuser tout le monde pour sauver sa peau...
A lire!
03:20 Publié dans Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Arthur Miller, The Crucible, Salem, Théâtre, VO, Penguin
