mercredi, 10 octobre 2007
STYRON, William (États-Unis)
Face aux ténèbres - Chronique d'une folie (Darkness visible - Memoirs of a madness)

NB: Pour les autobiographies, témoignages et récits, je ne note pas sur le contenu bien sûr. On ne peut pas noter des histoires vraies. Je note plutôt le style, la construction ou l'enchainement qui n'est pas toujours évident.
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mardi, 09 octobre 2007
OUFKIR, Malika (Maroc)
Rencontre: 21 Mai 2006, Comédie du Livre, Montpellier

La Prisonnière ♥♥♥♥♥ (lu en anglais)(VO: La Prisonnière)

NB: Pour les autobiographies, témoignages et récits, je ne note pas sur le contenu bien sûr. On ne peut pas noter des histoires vraies. Je note plutôt le style, la construction ou l'enchainement qui n'est pas toujours évident.
• (Quatrième de couverture) Toute sa vie, Malika Oufkir a été une prisonnière. C'est à l'âge de cinq ans que la fille aînée du général Oufkir est adoptée par Mohammed V et élevée dans le Palais du Roi, à Rabat, dont elle ne sort que rarement. Défilent devant les yeux d'une princesse espiègle et effrayée les courtisanes du Harem, les esclaves du Feu, les gouvernantes à l'accent allemand. A sa sortie du palais, la fière descendante des Berbères compte parmi les héritières les plus courtisées du Royaume. La tentative de coup d'Etat du 16 août 1972 contre Hassan II en décide autrement. Ce sera la mort pour le général Oufkir, et la prison pour sa femme Fatéma, et ses six enfants dont le plus jeune n'a pas trois ans ! Des murailles du désert aux cellules envahies par les scorpions, Malika élève ses frères et soeurs et refuse qu'on les laisse mourir. Ils resteront enfermés vingt ans dans des conditions inhumaines. Schéhérazade moderne, Malika n'a rien oublié : l'angoisse des nuits solitaires, la faim et la soif, les frustrations d'une femme privée d'amour, mais aussi l'humour d'une famille à qui l'on veut infliger le pire des châtiments, l'oubli. Elle évoque aussi cette incroyable évasion à mains nues et l'errance clandestine de Casablanca à Tanger, de Tanger à Paris. Aujourd'hui, dans une fresque qui se lit comme un conte des Mille et Une Nuits, Malika la prisonnière devient enfin une femme libre. C'est un témoignage bouleversant qu'elle a confié à Michèle Fitoussi.
• Beaucoup de fois, je me suis plainte... j'ai toujours dit haut et fort ce que je pensais de la politique en Angola, de la censure, des espions, et du fait qu'on ne pouvait pas parler à voix haute ce que tout le monde n'ose pas penser tout bas. Car on ne sait pas avec qui on parle, comment on parle et pourquoi on le fait. Depuis 1992, l'Angola est un pays démocratique. Mais que sur le papier. Et plusieurs fois mon père m'a dit "Jo Ann, tu es politiquement incorrecte"... Et si c'est l'inverse pour le cas de Malika Oufkir, si je parle, on saura sûrement de qui je suis la fille. En Angola tout le monde connait tout le monde, et mieux vaut ne pas sortir de la masse.
Quand j'ai lu ce livre, entre l'Afrique du Sud et l'Angola, je me demandais, chaque fois que je tournais les pages "comment est-ce possible?". Pendant vingt ans, les Oufkir ont vécu dans des cellules. Pendant dix ans, ils ont vécu les uns à côté des autres, sans jamais se voir, car les cellules étaient les unes derrière les autres, et ils ne sortaient pas... Ils se parlaient, ont même inventé un téléphone, mais ils ont grandi, leurs visages ont changé, sans qu'ils sachent à quoi ressemblaient les autres... La mère était avec le plus jeune de ses fils si je ne m'abuse, et c'était le choc le jour où ils ont pu se voir, hormi les flaques d'eau par terre pour "apercevoir" les autres à côté...
Malika inventait des histoires pour ses jeunes soeurs et frères, pour passer le temps...
20 ans c'est beaucoup, c'est énorme... Comment peut-on être punis par les crimes de nos parents? Des enfants qui n'étaient même pas au courant de la tentative du coup d'État... le plus jeune n'avait que trois ans!
Pour les Musulmans online, ce n'est pas le Coran qui dit "les enfants ne seront pas jugés pour les crimes de leurs parents"?
J'avais prêté le livre à une amie Marocaine en Afrique du Sud, et c'est son père, diplomate, qui l'a lu. Il faut connaître les histoires de son pays, qu'elles soient bonnes ou mauvaises... En Angola, on n'a pas fini d'en baver...
L'Étrangère ♥♥♥♦

NB: Pour les autobiographies, témoignages et récits, je ne note pas sur le contenu bien sûr. On ne peut pas noter des histoires vraies. Je note plutôt le style, la construction ou l'enchainement qui n'est pas toujours évident.
• (Quatrième de couverture) Qui ne se souvient du destin incroyable de Malika Oufkir ? Dans La Prisonnière, écrit avec Michèle Fitoussi, Malika racontait le sort d'une enfant élevée comme une princesse à la cour du monarque Hassan II. A la suite d'un coup d'Etat en 1972 où son père biologique, le général Oufkir, tenta de renverser son père adoptif, le roi du Maroc, on l'emprisonna avec toute sa famille, mère, frères, sœurs, pendant près de vingt ans. Malika a survécu. Mais quel fut le prix à payer ? Comment se promener dans les rues de Paris, Marrakech, Miami ou New York, quand on a encore la peur au ventre ? Quelles sensations éprouve un corps de femme privé de désir pendant vingt ans ? Comment être mère quand on ne peut plus enfanter ? Que peut-elle dire de son passé mutilé à Nawal et à Adam, ses enfants adoptifs ? Liberté, ou amère liberté ? L'Etrangère est le récit vrai d'une Martienne revenue sur terre. Malika Oufkir a beaucoup d'humour, le sens de l'observation, la rage au cœur, et ce " grain de folie " qui lui donne définitivement une place à part.
La Prisonnière, publié chez Grasset en 1999, a été traduit en 26 langues. Malika Oufkir vit aujourd'hui entre Miami et Marrakech.
• Lorsqu'en zappant, j'ai reconnu le visage de Malika Oufkir sur On ne peut pas plaire à tout le monde, je me suis tout de suite intéressé à l'émission. Elle parlait de son nouveau livre, racontant le combien c'était difficile de réapprendre à vivre dans la société moderne aprèes vingt ans dans un cachot au milieu du désert.
Elle nous raconte combien tout ce que nous croyons être normal, comme aller au supermarché, le portable, la carte bancaire, et tant d'autres choses encore, semblait être de l'irréel pour elle.
Je voulais acheter le livre bien sûr. Mais ce n'est que lors de la Comédie du Livre 2006 à Montpellier, en croisant son regard dans un stand que j'ai oublié le fait que j'avais acheté quatre autres livres et j'ai acheté L'Étrangère pour me le faire dédicacer.
Elle portait des lunettes de soleil. Sans doute je n'aurais oser regarder droit dans ses yeux. Mais je regrette ne pas avoir eu le courage de lui dire le combien je la trouvais admirable, elle et sa famille...
23:40 Publié dans Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Malika Oufkir, Témoignage, Rencontres, Grasset
RADER, Michèle (Suisse)
► Le blog
Maman au secours! ♥♥♥♥

• On est tout de suite partagés entre l'amour que cette mère a pour ses enfants et la fatigue qu'elle ressent.
Tout comme le blog, ce sont plusieurs billets égaux, sincères et intimes.
A lire absolument!
Soit pour vous empêcher d'avoir des enfants, soit pour vous conforter dans vos idées que ça vaut la peine puisque Michèle préfère passer ses journées avec ses petits monstres qu'aller travailler, soit pour vous rassurer: vous n'êtes pas seuls au bord de la crise de foie!
(Je devrai offrir ce livre à ma grande soeur qui a deux terroristes chez elle!)
23:30 Publié dans Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Michèle Rader, Internet, Témoignage, Le Manuscrit
ANDERSON, Magali (France)
► Le site officiel
La Pétroleuse ♥♥♥♥♥ (livre online)
NB: Pour les autobiographies, témoignages et récits, je ne note pas sur le contenu bien sûr. On ne peut pas noter des histoires vraies. Je note plutôt le style, la construction ou l'enchainement qui n'est pas toujours évident.
Dans un accès de nostalgite aiguë, j'ai décidé de faire une recherche sur les expatriés en Angola. J'ai grandi avec des Français, enfants de professeurs à l'école française ou d'employés d'ELF Aquitaine.
En tapant "Elf Aquitaine" et Angola, je suis tombée sur La Pétroleuse.
• C'est l'histoire atypique d'une femme ingénieur française. Après son école, elle ne veut pas être "simple" cadre comme tant d'autres. Non. Elle veut être ingénieur de terrain. Et pour ça, elle va suivre une formation de 10 mois au Nigéria, seule femme parmi tant d'hommes. Car on a beau avoir des femmes ingénieurs, ingénieurs de terrain sur les plateformes pétrolières, il n'y en a pas vraiment au féminin.
Ce sont les années 1990s, Magali est une pionnière. Et elle nous raconte sa vie jusqu'en 2002, où elle a posé pied à Paris pour y rester un moment.
• Sur papier, ça ferait une centaine de pages. Et c'est dommage. Car des histoires, Magali Anderson en a à raconter. Ce n'est peut-être pas de la grande littérature. Mais on n'a pas envie de lâcher une minute ce récit qui parle d'une femme au caractère fort, une main de fer dans un gant de velours. J'ai adoré, tout simplement.
Je suis (presque) sûre que si c'était publié, elle en rajouterait des anecdotes. Qu'est-ce que j'aurais adoré l'avoir sur papier!
23:25 Publié dans Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Magali Anderson, Coup de coeur, Témoignage, Internet
MEHARI, Senait Ghebrehiwet (Erythrée)
► Le site officiel
Coeur en feu ♥♥♥♥ (VO: Feuerherz)

Mon amie Molotov et moi avons une passion commune. Nos lectures se penchent souvent pour les récits/témoignages de femmes dans le monde et principalement, dans le continent africain. Tout comme Je suis née dans un harem de Choga Regina Egbeme (Nigéria) ou Larmes de sable de Nura Abdi (Somalie), Senait Mehari nous plonge dans son passé douloureux.
Elle nous décrit un univers encore méconnu (ou ignoré?) du grand public: les enfants soldats filles lors de la guerre d'Erythrée qui voulait son indépendance de l'Ethiopie. Comme elle le dit d'ailleurs, "la guerre crée en Afrique une rare égalité des chances entre les sexes. Les filles y combattent avec les mêmes droits que les garçons".
Senait a tout pour ne pas avoir une vie paisible.
Sa mère, ayant été abandonée par son mari et ne voulant pas songer à ce qu'elle ferait de son enfant, l'enferme dans une malle et s'en va, laissant jouer le destin. Au bord de l'agonie, le nourrisson est sauvé par une voisine, la mère est envoyée en prison et Senait se retrouve dans un orphelinat.
Orpheline de parents vivants, elle fait la connaissance de religieuses italiennes, commence à faire la différence entre "avoir des parents" et "orphelins", devient rebelle avant l'heure jusqu'au jour où une femme se présente comme sa mère et l'emmène chez ses grands-parents.
Ce furent les belles années pour la petite Senait. Elle a même droit à un baptême à Jérusalém. Senait d'ailleurs veut dire "(Mont) Sinaï" et "Paix". Mais la paix n'était pas au rendez-vous. On l'envoie chez son père, un homme violent, rejoindre ses nouvelles soeurs et belle-mère. Les temps sont durs, le père de Senait est même prêt à la tuer d'un coup de machette. Sauvée in extremis par la belle-mère, Senait et ses deux soeurs sont envoyées dans un camp du FLE, Front de Libération de l'Erythrée (qui lutte contre le Front pour la libération érythréenne et les Ethiopiens en même temps).
Ce livre est un long témoignage des conditions de vie, ou de survie, de la plupart des cent vingt mille enfants-soldats au Rwanda, en Angola, au Congo, en Sierra Leone, sans oublier l'Ethiopie et l'Erythrée. La faim, la soif, la peur, l'angoisse... sont les seuls sentiments que ces enfants connaissent dès leur plus tendre enfance. Entre la corvée d'eau, de bois, apprendre à circuler avec une kalachnikof qui souvent fait leur taille, ces enfants doivent aussi survivre au mauvais traitement des adultes (qui souvent n'ont pas plus de vingt ans) et les hyènes et coyotes qui sont à l'afflût des cadavres, tous les jours plus nombreux.
Avec une écriture pudique et des événements chronologiques, Senait parvient à nous décrire se vie rocambolesque. Le livre dans sa quasi-totalité traite de son enfance jusqu'à l'âge de 10 ans environ (elle ne connait pas sa date de naissance). On apprend qu'elle s'est d'abord réfugiée avec ses soeurs au Soudan chez un oncle aimant, puis elles sont parties en Allemagne, à Hambourg.
Aujourd'hui, Senait perce dans la chanson, une manière d'évacuer ses démons, et fait une analyse de sa vie et de son cheminement en comparaison avec les enfants soldats restés au pays. Comme elle le dit si bien, en Afrique, on ne parle pas de ses sentiments profonds (j'en sais quelque chose), de ses peurs, de ses peines. Il n'y a pas (suffisament) de psychologues ou de soutien psychologique. Ça n'existe pas. Comment se débarasser de ses démons et d'un passé trop difficile à assumer pour certains?
Senait a trouvé son salut dans la musique et l'écriture.
Et les autres?
22:40 Publié dans Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Senait Mehari, Erythrée, Enfant soldat, Témoignage, France Loisirs
lundi, 08 octobre 2007
+ LEVI, Primo (Italie)
Si c'est un homme ♥♥♥♥♥
NB: Pour les autobiographies, témoignages et récits, je ne note pas sur le contenu bien sûr. On ne peut pas noter des histoires vraies. Je note plutôt le style, la construction ou l'enchainement qui n'est pas toujours évident.
• C'est l'histoire d'un jeune homme, un chimiste Italien, qui fut dénoncé pour être Résistant. Et Juif.
Envoyé à Auschwitz pendant l'hiver 1944. Il nous raconte comment on détruit un homme, les rudes hivers polonais, le froid, la faim, les maladies infectieuses, les plaies, les baraques, les Kommandos, les SS, le système D, les sélections...
Il raconte son année dans ce camp d'extermination, où il survit, toujours persuadé que le lendemain n'arrivera jamais. Et d'ailleurs il le dit "en langage du camp, pour dire 'jamais' on dit 'demain matin'".
• Je n'ai pas de mots. J'avais déjà lu beaucoup de témoignages, mais celui-là est différent. J'avais acheté ce livre en 2003, dans une gare, je l'ai ajouté à ma PAL et je l'ai oublié. Ou peut-être pas. J'évitais de trop le regarder, sait-on jamais. Parce que même si on croit avoir tout entendu, il y aura toujours quelque chose de nouveau dans la barbarie de l'humain.
Mais j'ai été "charmée" (si on peut utiliser ce mot) par la plume de Levi. Je savais qu'il s'était suicidé en 1987, alors j'avais peur que ce soit un livre des plus pessimistes, des plus noirs, des plus crus. A chaque page, j'avais peur de tomber sur un passage trop dur, à propos d'expériences médicales, et tout ce qui venait avec, qu'on voyait sans cesse dans les documentaires.
Mais non. Alors que Primo Levi se demandait s'il était encore un homme et pas qu'une bête, je lisais de l'humanité dans chaque ligne, chaque mot. Il écrit ce récit avec une certaine distance, en regardant en arrière, presque incrédule, parfois tendrement. On a l'impression que de temps en temps, il hochait la tête. Du genre "mon pauvre ami, si tu avais su...!".
Mais de tout ce livre, de toute la monstruosité de cette guerre et de l'espèce humaine, où on voit que ceux qui se sont transformés en bêtes ne sont pas les prisonniers mais les SS, de toute cette histoire de survie, ce n'est que tendresse que je ressens.
Si je l'avais connu de son vivant, juste par son écriture, j'aurais pu tomber amoureuse. Oui, à ce point! C'est tout dire!
J'ai beaucoup aimé et je ne regrette pas avoir attendu tout ce temps pour le lire.
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mercredi, 03 octobre 2007
JOFFO, Joseph (France) ♥

Recontre

Il rangeait ses livres avec soin, les uns plus grands que les autres. Je voulais le voir depuis que j'avais su qu'il serait de retour à la Comédie du Livre. L'année dernière, je ne l'avais pas vu...
Je m'approche et il sourit.
Lui: "Approchez, lisez, n'hésitez pas!"
Je souris. Joseph Joffo. Ça faisait des années que j'avais lu Un Sac de Billes et j'avoue ne pas me souvenir de grands choses, même s'il m'a marquéecomme Le Journal d'Anne Frank m'a marquée. Depuis cette époque, encore au collège, je me suis penchée du côté des témoignages de femmes et d'enfants rescapés (ou pas) de la guerre... D'où mes ambitions aujourd'hui!
Lui: "Quel est le roman que vous n'avez pas lu?"
Moi: "Je n'ai lu que le Sac de Billes!" (je fais un sourire embarrassé).
Lui: "Tenez! Voilà le premier tome, avant le Sac de Billes, et la Suite, Baby-Foot!"
Moi (c'étaient tous des brochés, j'hésitais à tous les prendre): "Je vais en prendre deux alors!"
Lui: "Vous achetez deux, je vous fais une dédicace exquise!"
Je souris encore. Il était adorable. Il vendait ses livres comme s'il était Bellemarre, avec les mêmes yeux bleus.
Moi: "Ils sont tous autobiographiques?"
Lui: "Non, non... mais regardez celui-là! Anna et son orchestre! C'est l'histoire de ma mère. Tout est vrai là-dedans. On comprend pourquoi elle donne de l'argent à ses enfants et leur dit de s'en aller!"
Et il fait un long résumé, terminant avec un "tout est vrai!"
Je finis par prendre Baby Foot et Anna et son orchestre. Il fait de grandes dédicaces et dessine une fleur.
Lui: "Je vous offre un sac pour le prix des deux!"
Je regardais discrètement autour de moi pour savoir où était la caisse. Mais ce n'était pas le stand de Sauramps où je venais de faire signer mes livres de Faïza Guène (qui est plus belle en vrai que sur les photos!).
Au fait, c'est Joseph Joffo qui s'assure des ventes de ses livres lui-même.
Une dame s'approche, parle de ses livres, demande une suggestion. L'écrivain fait la promo d'une autre trilogie "Tout est vrai, ces familles, je les ai connues!"
En m'allant et souhaitant une bonne journée, il lance: "A l'année prochaine si je suis toujours vivant!"
Je souris. Je me disais que si je le ratais cette année, je ne risquerai pas de le voir l'année prochaine!
Je tend ma main (j'aurais voulu l'embrasser, mais le stand est trop large!), il me la serre, et je m'en vais.
Je l'adore! :D
Lu:
♥ Un sac de billes
♥ Anna et son orchestre
Un Sac de Billes ♥♥♥♥♥
Anna et son orchestre ♥♥♥♥♥
Et dire que je rechignais à acheter ce livre! Quelle perte ça aurait été!
On nous fait voyager dans la campagne ukrainienne, où la famille Boronsky est la joie de vivre, sous fond de violons. Ils jouent tous d'un instrument de musique et ne manquent de rien.
Pourtant, le jour du 11ème anniversaire d'Anna, seule fille et benjamine de la maison, tout bascule. On chasse les Juifs et commencela loi du "oeil pour oeil", un Chrétien pour chaque Juif. Le patriarche des Boronsky décide alors deles sortir du pays pour l'Amérique.
Ils commencent par la Turquie... puis la Hongrie... puis l'Autriche... et puis la France...
Ils sont de faux Tziganes sur la scène, de vrais gitans dans la vraie vie. A chaque coup dur, il est temps de prendre la route.
Belle histoire celle d'Anna, la mère de Joseph Joffo...
Et j'ai eu envie de me plonger dans les rues d'Istanbul...
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vendredi, 28 septembre 2007
SHAKIB, Siba (Iran)
Samira and Samir (lu en anglais)(VO: Samira und Samir)

• Quand Daria accouche seule de son enfant, avec son mari "le commandant" à ses côtés, sous leur tente quelque part en Afghanistan, le Commandant avait décidé que c'était un garçon. Samir. Car le premier enfant d'un commandant, est toujours un garçon. Il avait été le premier enfant de son père, son père de son grand-père, ainsi de suite.
Quelle ne fut sa déception lorsque Daria lui montra que son fils... était une fille.
Dès ce moment-là, il élèvera Samira en tant que Samir. Dans le campement, tout le monde "le" connaît en tant que Samir. Juste Daria traite sa fille en tant que telle, dans le secret de leur tente.
Samira apprend à chevaucher, à se battre, à tirer avec sa Kalachnikov, devient le meilleur lutteur parmi les jeunes, Samir est le meilleur partout. Et puisque c'est un garçon, Samir a le droit à aller à l'école, à apprendre à lire et à écrire, et rencontre Bashir qui deviendra son meilleur ami.
Daria et le commandant auraient pu avoir d'autres enfants... mais lors d'un combat, le commandant est gravement blessé et perd son orgueil: sa masculinité.
Quelques années plus tard, Samira adolescente, son père est tué. Elle doit alors prendre soin de sa mère et prendre les décisions pour elles. Tout le monde le voit comme le plus beau garçon des alentours, le meilleur partout, le plus courageux, le plus brave. Bashir, si malingre, entend toujours son père "regarde comment Samir est valeureux! Comment il est beau! Comment il est fort!"
Mais Samira est amoureuse de Bashir. Daria lui dit "regarde la vie que tu mènes. Maintenant, regarde la nôtre, en tant que femme. Tu ne seras pas libre. Tu ne pourras rien faire. Tu porteras le voile. Tu seras emprisonnée..."
Que faire? Devenir femme et l'épouse de Bashir qui ne sait toujours pas que Samir est Samira? Et en devenant femme, oublier tous les privilèges?
Ou ignorer son amour pour son ami, continuer d'être un homme et subvenir aux besoins de sa mère? Et maintenant de son grand-père maternel?
Et quand on a deux options difficiles... quelle serait la troisième?
• C'est un livre très beau, plein de poésie. Il y a des moments où on oublie que c'est une histoire "moderne", qu'il y a des avions et des voitures, tant cela se passe dans des campements avec des guerriers, des chevaux, au milieu du désert.
Je lisais me demandant à chaque instant: comment elle s'en sortira de ce piège?
• Une anecdote (parce que j'aime raconter des histoires), en août 2004, j'attendais avec ma mère à l'aéroport de Johannesburg (Afrique du Sud), et comment l'avion pour Luanda (Angola) avait 3 heures de retard (les Angolais sont bien connus pour leur ponctualité), je suis allée dans une des librairies du terminal. Vous pouvez me demander où j'achète le plus de livres. Je vous dirai sans hésiter: dans les gares et les aéroports! Il n'y a pas d'aéroport où j'ai passé où j'ai pas laissé ma marque dans une librairie... Peut-être celui de Luanda. Y'a pas encore de librairie...
Bref. J'ai dû acheter trois ou quatre livres et quand on nous a finalement dit qu'on pouvait prendre l'avion, je range Samir and Samira dans mon sac et je suis les autres. En arrivant sur le tarmac, oh surprise! Il y avait encore le technicien qui démontait le réacteur!
Il faisait chaud malgré le jour d'hiver, ma mère qui avait été opérée il y avait une semaine souffrait un peu. Et moi, toute Métisse que je suis, je suis totalement Bantoue. J'ai attendu dix minutes. A la onzième, j'ai pris le sac en plastique de la librairie, je l'ai posé sur le sol et je me suis assise sur le tarmac, sous le regard étonné de certains. Et je me suis remise à lire "quand ils remonteront l'avion en une seule pièce, faites-le-moi savoir." Ça a dû prendre... 30 minutes?
Au moment où on est finalement rentré dans l'avion, on aurait déjà dû être à Luanda... Le vol ne dure que 3 heures... Ah patience, quand tu nous tiens...
04:25 Publié dans Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Siba Shakib, Coup de coeur, Témoignage, Novel
