lundi, 08 octobre 2007

PEPETELA (Angola) ♥

Lu:
♥ Jaime Bunda, Agente Secreto
♦ As Aventuras de Ngunga
♦ Os Predadores
♦ A Parábola do cágado velho


As aventuras de Ngunga ♥♥♥♦ (VO)
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Pendant mon excursion au sud du pays, j'ai ninjaté ce livre de la bibliothèque de mon petit frère.
• Ngunga est un orphelin, au temps du début de la lutte pour l'Indépendance, et quitte son village à l'aventure. Il rencontre des guerrilheiros du MPLA qui luttaient contre le colon portugais dans la brousse. De village en village, Ngunga nous enseigne les fondements des pionniers (jeunesse du MPLA, après Parti au pouvoir lors de l'indépendance et Parti unique pendant le communisme), l'importance de savoir lire et écrire, les us et coutumes à l'intérieur du pays...
Ce petit livre a par la suite été utilisé par le MPLA pour l'enseignement...
• Court, ce livre se lit rapidement. Par contre, je ne saurais trop quoi dire de ma lecture car en sachant ce que je pense du MPLA, j'aurais vite fait d'avoir mon père encore sur mon dos.
Un roman initiatique pour l'époque.



Jaime Bunda, agente secreto (VO) (VF: Jaime Bunda, Agent Secret)
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• Jaime Bunda. Agent secret. Toute ressemblance avec un James Bond est pure coïncidence. Bunda, en Angolais, veut dire Popotin. Notre Jaime Bunda national a la particularité d'avoir des fesses énormes qui semblent lui causer problème lorsqu'il se déplace (avec difficulté).
Passionné des grands polars classiques américains, Bunda attend que son heure vienne au Service d'Investigations Générales (je crois que c'est ça ou proche) depuis deux ans! Deux ans que son oncle (ou cousin, ou...) lui a offert un "stage" où Bunda ne fait rien, à part être assis sur une chaise.
Un jour, une jeune fille de 14 ans est violée et assassinée. C'est le moment ou jamais. Son patron le met sur l'affaire, ce qui étonne plus d'un. Alors qu'on pense que l'affaire sera vite classée par manque de preuves, Bunda se met à y croire en ses théories apprises dans les livres. Il veut voiture avec chauffeur, se met à manger aux frais de la SIG, s'invite chez qui de droit pour profiter du bon whisky de vingt ans, le seul hic: il ne peut pas avoir une arme.
Sans vraiment le faire exprès, il se trouve au milieu de marabouts, de trafiquants de diamants, Libanais et Angolais, et de "sauve-qui-peut" mais bien sûr, il ne se sauve pas...

• Que dire à part que c'est un pavé amusant, on se demande comment Bunda va s'en sortir. En 2004, c'était mon livre "salle d'attente". Pendant que ma mère était chez le médecin, je lisais mon Bunda en me souriant d'incrédulité devant le "petit" Angolais qui n'a jamais été sur une affaire se la péter (désolée, c'est vraiment le mot) à l'Américaine avec si peu de moyens. Il a un raisonnement logique que seul lui comprend.
C'est aussi un bon moyen de découvrir la capitale Luanda et les coutumes, les marabouts et les trafiquants de diamants. Et du point de vue de Bunda, tous les bons plats bien caloriques de notre gastronomie...



Os Predadores (VO)
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• Voici un prédateur parmi tant d'autres. Vladimiro Caposso est un "zé-ninguém", un "rien" de l'Angola colonial. La seule chose qu'il possède est son nom de famille, Caposso, et il ira jusqu'à trouver des excuses pour tel.
A la mort de son père, un faux infirmier qui exerçait sans licence dans les "kimbos" (petits villages) des provinces voisines de Luanda, Caposso décida de prendre la route pour la capitale. Déjà à cette époque (ou depuis?), toutes les routes en Angola menaient à Luanda.

• Pepetela, grand romancier sarcastique devant l'Éternel, père de Jaime Bunda (Popotin), le plus grand des agents secrets angolais, en remet une couche dans la satire sociale. Aucun ministre, juge ou ancien militant du MPLA (Le Parti au pouvoir... le sien) ne sort innocent de cette critique acerbe.
Vladimiro Caposso est la personnification de tous les maux, de toutes les corruptions. On le suit depuis 1974, un an avant l'Indépendance, jusqu'à 2004. Trente ans de bons et loyaux services, un joyeux aller-retour dans les arnaques et affaires parallèles (kangonda), où on le voit prendre parti de tout ce qui est mouvement (dont Le parti qui est un Mouvement pour la libération de l'Angola... désolée pour le mauvais jeu de mot) et tendance pour se frayer un chemin parmi les grands.
Lui qui n'était personne, qui devait à peine avoir la sixième de faite, se voit puissant et
cette puissance devient cette maladie honteuse qui est le nouveau-richisme... Car malgré tout l'argent ramassé et gardé dans des îles-paradis fiscaux, on ne peut pas s'acheter une culture et un savoir-vivre.
Caposso ne se prive de rien.
Il a des entreprises, des mines de diamants, des taxis, une société de construction, un avion privé, un hélicoptère, une propriété de la taille de la Suisse (ou dans le genre - dans la province verte de Huíla avec une nouvelle race de boeufs, piscine, aéroport, héliport, terrain de gold et terrains de tennis avec maison pour une vingtaine de domestiques, et le manoir est une réplique de la Maison Blanche)... Il a tout et d'autres choses encore.
Parmi ses richesses, il a quatre enfants. Djamila (la timide et laide), Ivan l' Imbumbável (celui qui ne veut pas travailler), Mireille (la fille chérie, il parie tout sur elle, rien ne lui est interdit) et Yuri (qui ne fait que lire...)
Mais à ne pas oublier que nous sommes en Angola!
Donc circulent entre eux, les maîtresses de Caposso, les maîtres chanteurs, les anciens camarades revenus du passé militant (après le communisme, le capitalisme à fond...), les lobbyistes américains, les voisins énamourés, les réglements de compte...

• Caricature sociale, ou peut-être pas, la "matumbice" (bêtise et manque de savoir-vivre à faire pâlir n'importe qui) est un fait constaté par les enfants de ces nouveaux-riches dans la nouvelle société angolaise.
Critique sociale, oui. Caricature, finalement, pas tant.
Grandeur et décadence d'un Tiers Mondiste.
Avé Pepetela.
Et si j'ai mis un 3.5, ce n'est pas par la qualité de l'écriture de mon aîné, qui est une sorte de Saramago à sa façon (et n'ont peut-être rien à voir!), mais c'est Caposso lui-même qui me fout les jetons et j'ai toujours eu envie de rentrer dans les livres pour frapper les personnages principaux.
Histoire de...