lundi, 10 mars 2008

(n) « A thin line » in La Revue des Ressources

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Dès aujourd'hui, vous pouvez lire ma nouvelle « A thin line » (en français ;-)) dans la Revue des Ressources.
Je serai (presque) incapable de résumer ce que j'ai écrit, mais pour indice, je peux dire que le titre est le raccourci de "a thin line between love and hate", la frontière entre amour et haine, frontière entre deux sentiments...
C'est la deuxième version de ma nouvelle, qui a dû subir quelques remodelages pour s'alléger :-)

Comme quoi, Facebook... ;-)

jeudi, 27 décembre 2007

(n) Letters to Santa

21adf4e79024fcb5905cdcd58bbd62fc.jpg © Jo Ann v.
Montpellier, France - July 4th 2005



Dear Santa...
I know I am quite late... Christmas was six months ago and I didn't take the time to thank you! After all, I am the most popular girl at school, so you must understand that my agenda is really overbooked lately! Principally since you gave me that wonderful Ferrari! Last year Porsche was really a mess... So outdated! Pleaaaaaase! Thank you for such a gift really!
Can you believe my father decided to change of plane? The Beechcraft is made of paper, he says. If we want to go to the Bahamas, we need a Cessna! I don't mind. Actually, a plane like Air Force One would be tremendous! Do you have those on stock? I hope you do, cause it means a lot for us... At least for me!
AAAAAAAAnyway! Do tell me... was that house in Beverly Hills the last left? You know, I AM the most popular girl in school and I have LOTS of friends! Ten rooms aren't enough if I want them to have a computer, a phone line and a private bathroom! And please! The bungalow for my brother ain't far away enough! Trust ME! Actually, a place for him to stay in Santa Monica would be just fine for me!
Since you're Santa and you can do anything and everything, please, could you erase the imperfection of my face on the cover of the magazine "America Beauty"? Nobody knows it's there, but *I* know! After all, it's my face!!
Who has the greatest blue eyes, the greatest Blonde hair of all America? I know you know it's me! Ashley Garland is in every magazine, in every Hollywood party... Ah, it's so great to be me, so wonderful to be this beautiful and so amazing to be sooooooo loved!
I'm a blessing to this world! Really really! What would Americans do without me?

"Thandie!"
The teen looked her grandmother.
"What are you doing? Don't you know you have to go now? Who's going to bring your father's meal? Stop writing your rubbish, it's about time you grow up! Life ain't in the books! You won't find a job with words! You got me?"
"Yes, gogo." she nodded.
"Now hurry! Your father is in jail, not the house next door!"
Thandie got up, put her pen and rolled up the notebook. She put them on her pockets, took the plastic bag her grandmother left over the table and left.
In the Kombi taxi, Thandie took the notebook out of her pocket and torn the page apart.
Dear Santa,
I know you exist. So please, listen.
My mother died last year of AIDS. My father is in jail cause he is unemployed and stole food for my brother Fezile and me. Fezile is younger than me, he goes to school. But I can't go to school, cause I have to work and help my gogo. Millie pap won't be made out of nothing and we need money. Gogo isn't too young either. She has diabetes and doesn't see too well.
Why does Ashley have all she wants while I am here, without being able to go to school?
Dear Santa, I know that it's not of your competence, but please... don't let me be just another Black girl in Soweto
...

jeudi, 11 octobre 2007

(n) La conférence

800be447c824e787918c7b5593594d54.jpg La conférence
(c) Jo Ann v.
21 décembre 2006


J'ouvre les yeux, sentant les rayons de soleil qui rentraient dans la chambre par les rideaux à moitié tirés... Je ne supporte pas de me réveiller avec une alarme hystérique, alors le soleil brûlant, pourquoi pas?
Je me lève (et je te bouscule?), je m'approche de la fenêtre et je vois la ville qui se lève en même temps que moi.
Où est-ce que je suis?
A Amsterdam? A Dublin? A Sydney? De retour à Montpellier?
Je sais juste que c'est l'été, que le soleil ne brillerait pas comme ça en hiver en Europe ou aux Antipodes.
Le téléphone sonne.
Oui, la conférence. J'y serai. Bien sûr.
Non, je ne suis pas à Amsterdam, à Dublin, à Sydney ou de retour à Montpellier. Je suis quelque part dans le monde où la victimologie fait débat et que je veux être sur le front, comme toujours. Je quitte ma brousse angolaise, où je mène tant bien que mal mes combats autour des jeunes traumatisés de la guerre... ce ne sont plus des enfants, ce sont de jeunes adultes maintenant... beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis la fin de la guerre en Angola, en 2002... Il y a si longtemps!
Oui, la conférence sur la résilience, j'y viens... Une douche et tout revient dans mon cerveau. Je vis, je rêve, je travaillle victimologie à longueur d'année, que ce soit pendant la saison sèche ou pendant les pluies.
Et à côté?
A côté, c'est lui. Qui a dû accepter malgré lui mes vadrouilles incessantes huit mois de l'année. Huit mois de brousse et de conférences pour quelque chose qui n'avancera jamais... Humanitaire? C'est une grande rigolade. Même lorsque j'étais étudiante et que je sillonnais l'Angola avec ma mère, c'était déjà clair. Les ONGs ne sont pas si innocentes que l'on croit, et pourtant c'est comme ça.
Lui...
Lui qui m'encourage et m'entraine, malgré lui, malgré moi, dans des contrées étranges parce que c'est ma passion... les autres quatre mois de l'année, je la dédie à mon autre passion, l'écriture, auprès de lui et des enfants. Je ne les mérite pas. Tellement sages et moi toujours absente...
Dois-je m'arrêter?
Je suis née nomade, aventurière... Je ne saurais m'arrêter.
Et pourtant, je ne veux pas le perdre... les perdre tous les trois...

Oui, la conférence.
J'y vais.

(n) La peau de ma peau

800be447c824e787918c7b5593594d54.jpg © Jo Ann v.
Montpellier, France - Septembre 2005


J'ai regardé ma fille furieuse.
Non. Je n'étais pas furieuse. Je ne pouvais pas être furieuse contre ma propre fille. J'étais triste. Profondément triste. C'était comme si le monde venait de tomber sur ma tête.
Ma propre fille.
Elle ne m'a pas regardée. Elle fixait ses chaussures tout en tordant ses doigts. Elle savait. Elle savait qu'elle avait fait quelque chose de mal. Mais elle était trop fière pour l'admettre.
Ma propre fille.

- Tu es fière de toi? - j'ai demandé.

Elle n'a pas répondu.

- Kawyka, regarde-moi.

Je ne voulais pas crier. Je ne le voulais vraiment pas. Mais j'étais sur le point de perdre mon tempérament avec ma fille adolescente.
Elle a levé la tête, mais n'a pas osé me regarder dans les yeux.

- Alors voyons... - j'ai commencé - Une femme, dans ce cas précis moi, est arrêtée par l'agent de sécurité de ton lycée. On m'a demandée si j'étais de la famille... La réponse est si simple et ne changera jamais. Cette personne, moi en occurence, est ta mère. Est-ce si dur pour toi d'être vue avec moi?

Elle n'a pas répondu.

- Kawyka, je n'aime pas poser dix fois la même question.
- Non. - dit-elle.
- Voilà qui est fort intéressant. As-tu honte de moi, Kawyka?

Je crois sincèrement que cette question me faisait plus de mal à moi qu'à elle.
Elle a fait une grimace comme si j'étais devenue sénile.

- On t'a donné une langue et le droit de parler. Utilise ce droit à bon escient pour une fois et arrête de me regarder comme si je venais d'une autre planète.
- Non, maman. Je n'ai pas honte de toi.
- Merci. Donc... pourquoi tu n'as pas dit que j'étais ta mère?

Elle n'a pas répondu. Et je ne voulais pas demander quelque chose dont je ne voulais pas connaître la réponse.
J'ai attendu un moment.

- Est-ce parce que je suis noire? - j'ai demandé doucement, s'il pouvait avoir du doucement dans cette affaire.
- Je n'ai pas honte de toi, maman. - elle ne me semblait pas très convaincue pourtant.
- Je ne m'y connais pas énormément en génétique. Mais ce n'est pas parce que tu es sortie de mon corps blanche comme neige que tu es moins noire que ta soeur ou moi.

Elle est devenue toute pâle. Transparente même. Au fait, elle ne me ressemblait pas du tout. Elle était comme son père. Pâle et des cheveux noirs. Même son visage me rappelait son père. Mais j'ai laissé mes souvenirs cachés bien au fond de moi. J'avais d'autres problèmes à résoudre à présent. Et je ne pouvais pas le faire avec des larmes aux yeux.

- Kawyka... je ne vous ai pas élevées, Kawabi et toi, toute seule, pour que tu aies honte de la couleur de ma peau et de tes origines. Que tu le veuilles ou pas, je suis noire, tu es noire, et peu importe ton teint clair. Je suis ta mère, tu es ma fille. Et jusqu'à ce que quelqu'un me dise le contraire, ça ne changera pas.

Elle n'a rien dit. J'ai soupiré.

- Kawabi?
- Oui, maman?

J'ai regardé ma fille de huit ans. Voilà mon portrait craché et tous mes gènes!

- Monte et commence tes devoirs. J'arrive dans peu. D'accord, mon poussin?
- D'accord, maman.

Kawabi a regardé sa soeur aînée quelques secondes, puis est partie en courant.

- Je suis désolée d'avoir vu ça... je suis désolée qu'un jour tu puisses dire à tes amis que je ne suis que la femme de ménage. Je t'ai aimée depuis le jour où tu as été conçue, quand je t'ai portée dans mon coeur pendant neuf mois. Je t'ai aimée le jour où tu es née et que tu étais si petite dans les bras de ton père. Je t'ai aimée quand tu es devenue le plus bel enfant de cette planète. Je t'ai aimée quand tu étais malade, quand tu étais triste, quand tu étais fatiguée, quand tu as fait tes dents. Je t'ai aimée quand tu as dit tes premiers mots, quand tu as fait tes premiers pas, quand tu as commencé à manger toute seule. Je t'ai aimée quand tu étais heureuse. Je t'ai aimée quand je t'ai laissée devant l'école pour la première fois et tu as couru vers moi, en me demandant de ne pas m'en aller parce que j'étais ta maman. Je t'ai aimée quand tu as dit que tu avais beaucoup de nouveaux amis. Je t'ai aimée lors de ton premier baiser. Je t'ai aimée quand tu nous as présenté ton premier copain. Je t'ai aimée quand tu as appris à cuisiner et que tu as failli brûler la maison. Je t'ai aimée quand tu as pris soin de ta petite soeur à la mort de ton père. Je t'ai aimée parce que tu étais mon enfant. Peu importait les problèmes, les pleurs, les larmes, les rires, les sourires... je t'ai aimée chaque jour de ta vie depuis ta création. Et je ne t'aimerai pas moins aujourd'hui parce que tu feras des erreurs toute ta vie et que je suis ta mère. Je suis désolée de te faire honte. Mais je ne vais pas changer non plus. Tu devras m'accepter telle que je suis. Je ne peux pas et je ne veux pas claircir ma peau pour ne plus t'embarrasser. Tu devras apprendre que tu es venue de deux mondes différents... mais que ces deux mondes t'aiment de la même manière.

Kawyka continua de fixer ses chaussures, sanglotante, ses larmes inondant son visage.

- Je suis désolée, maman. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça.
- Je crois que toi aussi, tu as des devoirs? - j'ai demandé gentiment.

Elle a hoché la tête.

- Alors monte. Je sais que tu es très âgée, mais si tu as besoin d'aide, appelle-moi.

Elle a hoché la tête.
Elle a pris son sac à dos et a commencé à marcher vers les escaliers. Mais elle s'est arrêtée. J'ai vu son trouble. Elle avait quelque chose à dire.

- Oui, Kawyka?
- Maman... je suis vraiment désolée... - elle a murmuré, regardant les marches - Je ne voulais pas te blesser. J'ai été stupide. Pardonne-moi.
- Tu n'es pas stupide, Kawyka. Et tu es pardonnée. Souviens-toi juste que tu es ma fille et que je t'aimerai toujours.

Elle a hoché la tête.
Elle est montée et s'est retournée pour me montrer son visage souriant.

- Tu sais, maman? Tu n'es pas noire... tu es jaune!

Elle a commencé à rire et a filé dans sa chambre. J'ai souri, en observant mes bras nus: j'avais désespérément besoin de soleil.

- N'importe quoi! - j'ai crié.

J'ai entendu son rire, accompagné de celui de Kawabi.
Mes filles.
Peau de ma peau.
*

mercredi, 10 octobre 2007

(n) Lettre à l'amoureux

800be447c824e787918c7b5593594d54.jpg © Jo Ann v.
Montpellier, France - Avril 2006


Mon amour...
Avant que je n'arrive, que je ne rencontre les tiens, n'oublie pas.

Ne leur dis pas qui je suis, ne dis pas que je suis cette fille, ne parle pas de mon regard et de mon sourire.
Ne leur dis pas d'où je viens, où je suis, où je vais.
Ne leur dis pas mes rêves, mes projets, mes ambitions.
Ne leur dis pas mon parcours, mon chemin, mon initiation.
Ne leur dis pas ce que fait mon père, ce que fait ma mère.
Ne leur dis pas ce que font mes frères, ce que font mes soeurs.
Ne leur dis pas mon attachement à ma tribu.
Ne leur dis pas mon dévouement à ma terre.

Mon amour...
Avant que je n'arrive, que je ne rencontre les tiens, n'oublie pas.

Ne leur dis pas ma taille, mon poids.
Ne leur dis pas mes qualités et mes défauts.
Ne leur dis pas mes forces et mes faiblesses.
Ne leur dis pas mes intérêts, mes passions, mes passe-temps.
Ne leur dis pas si je suis brillante... ou pas.
Ne leur dis pas si je suis cultivée... ou pas.
Ne leur dis pas si je suis sociable... ou pas.
Ne leur dis pas si je suis normale... ou pas.

Mon amour...
Non, ce n'est rien.
Je veux que tu me dépouilles de ce qui fait de moi ce que je suis. Que tu oublies ce qui t'attire, ce que tu aimes. Je veux être loin de toute subjectivité. Déshumanise-moi. Fais de moi quelqu'un d'autre que la fille que tu as devant toi. Fais de moi un objet, un écran, un miroir. De la transparence.
Comme ça, il n'y aura pas de surprises, il n'y aura pas de gêne, d'embarras. Rien ne sera négatif. La découverte sera plus forte, plus enrichissante.

Mon amour...
Avant que je n'arrive, que je ne rencontre les tiens...
Oublie qui je suis. Pour toi, pour moi.

Tiens, j'arrive.
N'oublie pas...
Avant que je n'arrive, que je ne rencontre les tiens, à fin d'éviter toute mauvaise surprise...
Ne leur dis pas qui je suis.
Dis-leur ce que je suis.

Je suis
noire.

mardi, 09 octobre 2007

(n) The lady in pink

800be447c824e787918c7b5593594d54.jpg Lorsque j'étais à un café avec mes cousins à Amsterdam, une femme est sortie d'une boutique, habillée dans une magnifique robe rose de soirée...

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© Jo Ann v.
Bruxelles, Blgique - Juillet 2006


Elle savait qu'ele était belle dans sa robe rose. Son corset épousait sa taille de guêpe, ses petits seins. La jupe était ample et longue... le rose lui allait à ravir. Elle brillait. Elle rayonnait.
Elle attendait la limousine sur l'étroite rue. Tout le monde la regardait, tout le monde l'admirait. Et ces quelques minutes de gloire, elle les savourait à la seconde près. Peut-être que là où elle allait, on ne la remarquerait pas...
La limousine arrivait.
Elle prit les pans de sa robe et s'avança doucement. Les têtes se sont tournées à son passage. Elle rosit de plaisir et baissa ses yeux en sincère timidité. Elle était magnifique.
La limousine s'arrêta enfin. Le chauffeur sortit de la voiture et lui ouvrit la portière.
Elle fit un signe de tête pour le remercier. Elle osa un dernier regard vers les passants, les touristes, les terrasses bondées des cafés. Encore un pei... Elle quémandait encore quelques secondes d'attention, elle mendiait ces quelques instants.
Elle rentra dans la voiture avec la grâce d'une reine.
N'était-elle pas reine en ce moment?
La portière se referma derrière elle.
Les autres ne se souviendraient que de ce moment magique, un instantané de glamour.
Elle aussi d'ailleurs.

Mais demain, elle sera Cendrillon...

lundi, 24 septembre 2007

(n) « Maman, tu crois en Dieu ? » in Noir & Blanc

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J'avais tenté il y a un long moment déjà, un texte pour la revue Noir & Blanc. Ils ne l'ont pas pris.
A dire vrai, j'ai été moi-même surprise par ce que j'avais écrit puisque ce n'était pas dans ma propre "ligne éditoriale", mais j'avais tenté quelque chose de différent avec "A thin Line" (le titre est en anglais, pas la nouvelle ;)).
Cette fois-ci, c'est la bonne :P
Anthony Naglaa m'avait demandé le texte dont j'étais le plus fière. Et c'est, sans aucun doute, "Maman, tu crois en Dieu?", postée à maintes reprises par ici.
A présent, pour la lire, passez par la revue ;)


Ce conte, je l'ai d'abord écrit en anglais à une époque où la vie n'avait plus de réel sens pour moi. En deuil, me sentant orpheline d'un amour que je croyais éternel... et j'avais besoin d'y croire, tout simplement.
© Jo Ann v.
Montpellier, France - Décembre 2004

dimanche, 23 septembre 2007

(n) Ébauches d'histoire

800be447c824e787918c7b5593594d54.jpg Pendant les vacances à Lobito (sud de l'Angola), il y avait un passage obligé au cimetière où sont enterrés mon grand-père maternel (mort le jour de Noël 2003) et mon oncle-papa (mort 2 mois après son père).
Ma grand-mère, ma mère et mon frère Le Géant sont rentrés dans le cimetière. J'ai refusé d'y aller. Je suis restée enfermée dans la jeep en train de compter les minutes. J'ai alors pris mon calepin noir et mon stylo noir de mon sac noir, et j'ai commencé à écrire...

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© Jo Ann v.
Lobito, Angola – 10 août 2006


Tout le monde parlait d’histoires plus ou moins heureuses, histoires d’amour ou autres dont on ne parle jamais assez aux petit-déjeuners, déjeuners, goûters, dîners et cènes. Tous les repas sont l’estrade pour le même spectacle. Les actes ne faisaient qu’augmenter et à chaque fois, on rigole à la même tirade, au même dialogue… tout était orchestré ?
Même les allers au cimetière.
Tout le monde sortait des voitures, processions de plus en plus courtes et rapides. Les anniversaires du genre ne sont jamais plaisants à fêter.
Moi, je reste dans la voiture, en attendant que la caravane du cirque disparaisse, pleurant mes morts à ma manière.
Sous-vêtements noirs, pantalons noirs, chemise noire, lunettes noires… Je prends mon stylo noir et j’écris dans mon calepin à couverture noire… J’y écris mes noires pensées, sur ce cirque qui n’est drôle que pour celui qui le fabrique.
Et à moi, on ne me demande jamais mes quelques histoires, plus ou moins heureuses. Je suis un clown triste qui déambule comme un fantôme dans un château hanté. Je suis celle dont on se moquer et dont on se moque éperdument, des deux façons.
Si un jour on me demandait de raconter une de ces histoires plus ou moins heureuses, que ce soit au petit-déjeuner, au déjeuner, au goûter, au dîner ou à la scène, je ne songerai pas une seconde à embellir cette histoire.
Je dirais :
« J’ai eu une belle histoire, si courte et si intense… j’ai tant aimé cet homme qu’aujourd’hui tout me semble irréel. L’aurais-je vraiment vécu, vibré et souffert ? Ce fut un rêve, le paradis, aussi court fut-il. Mais qu’importe car aujourd’hui, ce n’est qu’une ébauche d’histoire… »

mardi, 01 mai 2007

(n) « Luena » in Buràn

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J'étais en train de parler avec un ami italien, et je me suis rendue compte que je ne lui avais pas dit qu'un de mes textes était paru dans une revue littéraire italienne (online). Lui que se plaignait de ne comprendre que 70% de français (les 30% restants sont pour mon italien, ça va de soi), il m'a laissé en plan et est parti lire "la chose".
Ses réactions: "Je ne sais pas le combien la traduction est fidèle, mais j'ai eu des frissons."


Amén, je n'attendais que ça! :D
(Et puis, je fais confiance à ma traductrice! :D)