lundi, 16 juin 2008
16 Juin: Journée de la Jeunesse Africaine
Le 16 juin 1976, les collégiens et lycéens noirs sortent dans les rues du township de Soweto pour protester contre l'éducation que les Blancs leur donnaient, et en Afrikaans.
Hector Petersen (on trouvera aussi Peterson, Pieterson...), à l'âge de 13 ans, a trouvé la mort lorsque la police a tiré sur la foule. Des enfants.
Sa photo, par Sam Nzima, dans les bras d'un aîné avec sa soeur à ses côtés, a fait le tour du monde.
Aujourd'hui, et depuis quelques années, le 16 juin est devenue LA journée de la jeunesse africaine...
=====
A day like yesterday
June 17th 2005 - Montpellier, France
© Jo Ann von Haff
in To whom it may concern
Before sunrise
he opens his eyes.
He gets up ready for the day,
a day like yesterday.
He prepares some coffee
over the dying fire,
smokes a cigarette
at the step of his hut.
The village is silent,
there is no noise or light
in the middle of the bushes,
far away from everything.
He wears his uniform
colour of the dry land
so nobody will se him,
feel his presence.
He drinks his coffee in silence,
throws the cigarette away
and puts his Kalashnikov
accross the shoulder.
He leaves his hut,
follows the path of sand
and goes,
wherever he is called to.
This day will be
just like yesterday.
But he doesn't think,
doesn't question.
He does what he is told,
what he is ordered,
without regret
or remorse.
Love, he never did,
writing, he never learned,
morality, he never had,
future, he has none.
Does he have any chance
to get out of the rebels' cause?
To start a life out of new
and live like all the other
kids his age?
Re-find his lost innocence,
smile, laugh and play
like all the other 12 year old?
*
00:00 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Entre mes Lignes , Mes Combats | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Jo Ann von Haff, 16 Juin, Journée de l'Enfant, Jeunesse africaine, Mes combats, Enfance en danger, To whom it may concern
dimanche, 01 juin 2008
1er Juin: Journée Internationale de l'Enfant
Je peux ne pas célébrer aucune journée de mère, père, voisin, perroquet, chaussure et autres de l'année. Mais s'il y a bien une que je ne laisse pas passer, c'est la journée de l'enfant. J'y pense moins le 1er que le 16 qui est le jour de l'enfant africain.
A présent, vous devez savoir à quel point l'Enfant en détresse est important à mes yeux, mes rencontres avec des enfants réfugiés et des enfants soldats ne sont qu'une infime partie de ce que j'ai en moi. Pour faire mon travail de recherche, j'ai dû lire des centaines de pages qui parlent de violence de tout genre envers les enfants.
Tous les 1ers juin, une même musique me vient à l'esprit.
On était au Brésil, à Rio. J'étais assise par terre en train de regarder la télé. Je ne sais plus ce qu'on regardait à vrai dire. Ce qui m'avait marquée, c'était la pub. Mais pas n'importe quelle pub. Beaucoup de pubs brésiliennes sont chantées et beaucoup de campagnes le sont aussi.
Et cette campagne-là était pour l'enfant. C'était un enfant de rue qui chantait:
Je n'ai pas demandé à naître,
j'ai le droit d'être heureux et de ne pas vouloir mourir.
L'enfant fait... le monde changer...
Je vois la faim être vaincue et la violence s'arrêter
et que le monde aujourd'hui nous donne en cadeau
la paix pour chacun de nous.
Nous plantons la graine et nous reprenons notre voix
pour que le monde aujourd'hui nous donne en cadeau
la paix pour chacun de nous...
(VO: Eu não pedi para nascer,
tenho o direito a ser feliz e a não querer morrer.
A criança faz... o mundo mudar...
Vejo a fome ser vencida e a violência terminar
e que o mundo hoje, nos dê de presente,
a paz para cada um de nós...
Nós plantamos a semente
e retomamos a nossa voz
e que o mundo hoje, nos dê de presente
a paz para cada um de nós...)
Dix ans plus tard, je me souviens de chacune des paroles, de chacun des tempos, de la mélodie, des enfants qui rejoignaient le premier et qui chantent en unisson "la paix pour chacun de nous"...
1er juin 2007:
Aujourd'hui, jour de l'Enfant, un groupe de pédophiles veut créer un parti politique (Parti de la Charité, Liberté et Diversité), demandant des lois où les relations sexuelles avec les enfants de douze ans et la pornographie infantile sont permises. A moins que ce ne soit un canular ou un Poisson d'Avril périmé, le monde va mal.
02:15 Publié dans Mes Combats | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : 1er Juin, Journée de l'Enfant, Mes Combats, Enfance en danger
samedi, 01 décembre 2007
1er Décembre: Lutte contre le Sida
15:05 Publié dans Mes Combats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 1er Décembre, Lutte contre le Sida, Mes combats, K-Cards
vendredi, 16 novembre 2007
Cavemen


► Le site officiel
A priori, c'est une série qui ne vaut pas le détour. Ce n'est pas la première fois qu'on voit des hommes des cavernes vivre une vie "normale" (comme les Flinstones), ou même des dinosaures vivre en pleine civilisation.
Cette fois-ci, nous sommes en plein 2007 et les hommes des cavernes sont parmi nous. En tout cas, parmi les Américains (c'est toujours chez eux que ça se passe).
Mais au-delà du comique de situation, il y a plus profond.
Mettons un Noir, un Perse, un Arabe, un Juif, un Asiatique, une minorité quelle qu'elle soit dans la peau d'un Caveman. Peu importe le combien une minorité est intégrée au pays d'adoption/d'accueil. Le fait est qu'il y a toujours des règles à ne pas dépasser ou à ne pas négliger. Et là, tout de suite, les sketches ne le sont plus, et ça devient tout de suite moins drôle et beaucoup plus triste lorsqu'on se rend compte du ridicule.
Oubliant un peu les masques et les poils faciaux...
Joel, Caveman responsable, sort avec Kate, une jolie Blonde. Il a peur qu'elle soit embarrassée et ait honte de le présenter à ses amis. De la même manière, les Cavemen supportent mal le fait que Joel sortent avec quelqu'un qui ne soit pas "des leurs".
La mère de Kate passe son temps à confondre Joel, Nick (son coloc) et Andy (son frère)... après tout, on se ressemble tous.
Le quota dans les entreprises, et les Cavemen qui n'auront jamais de promotions...
Mais il y aussi l'aspect que peu importe ce qu'on veut faire, même avant d'agir, on se sent déjà dérouté, comme c'est le cas de Nick, qui accuse toutes les bonnes âmes de discrimination alors qu'il est paresseux comme pas deux et travaille sur sa thèse depuis des millénaires sans qu'il avance réellement...
Et puis... les "shavers"... ceux qui ont honte d'être des Cavemen, et se rasent totalement...
J'espère qu'ils ne vont pas arrêter la série par manque d'audience...
03:10 Publié dans Culture (& Dépendances) , Mes Combats | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cavemen, TV Show, Mes Combats, Discrimination, Racisme, Appartenance
jeudi, 15 novembre 2007
Afro-choses
» Angola: Questions & Réponses
» Ce que j'aime (ou pas) en Angola
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» Une histoire de racisme (carte d'identité)
» Sauveurs d'Afrique? Ah bon... (entre Négro Africains et African American)
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» 16 juin: Journée de la Jeunesse africaine (Histoire de l'Afrique du Sud, Hector Pieterson, Émeutes de Soweto 1976)
» Pour l'Angola-Brésil, on prend le train, c'est connu
» Pas de pain au chocolat pour nous... (décalage entre enfants locaux et enfants d'expats)
» Films
- Hotel Rwanda (Histoire vraie d'un homme qui sauva de milliers de vie pendant le génocide rwandais, pendant que le reste du monde tournait le dos)
- Va, vis et deviens! (Le sort des Juifs d'Ethiopie)
- Blood Diamond (les Diamants de sang, la Guerre au Sierra Leone... actualité)
» Littérature:
- Index des auteurs africains
» Music Hall:
- Kizomba (Afro zouk)
» Vadrouilles:
- Pélerinage à Sainte Anne (Angola, été 2004)
- En Angola, été 2006
- En Angola, mars/mai 2007
15:20 Publié dans Angola (& autres Afriques) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Afro-Chose, Angola (& autres Afriques), I ♥ Angola, Mes Combats
mercredi, 10 octobre 2007
L'odeur de la solitude
Je suis descendue pour m'acheter deux ou trois bricoles au supermarché d'à côté, quand j'ai senti une odeur rance aussitôt ouvert la porte de l'immeuble. Une odeur qui vous irrite la gorge, nauséabonde, comme un torchon sale mal séché.
Je regarde les petits commerces à côté, je commence à marcher vers le supermarché. Je marche, je m'approche d'un vieil homme qui marche doucement, mais toujours alerte. Il marche comme s'il imprimait les voitures en cette heure de pointe sur le boulevard. Il n'est pas pressé. C'est moi qui le suis, il est presque vingt heures, je veux voir le journal télévisé.
Et au fur et à mesure que je m'avance, cette odeur m'a happée. C'était le vieil homme.
Il y a des jours je me demande... comment est-ce possible? Ce vieil homme, il peut très bien avoir une famille, des enfants, des petits-enfants... mais il peut très bien vivre tout seul. Avec une famille quelque part en ville.
C'est quelque chose que je n'ai jamais compris, que je n'arrive pas à concevoir. Mais c'est peut-être culturel, et encore, c'est pas toujours d'actualité.
Chez nous, nos aînés sont importants. Notre mémoire encore vivante. L'histoire de notre pays racontée oralement, avec tous les détails. De la colonisation à l'indépendance, à la guerre civile...
Chaque foi qu'une personne âgée a quelque chose à raconter, je suis là, aux premiers rangs. Je peux les écouter des heures durant. L'année dernière, quand j'étais à Avignon chez le grand-père de ma meilleure amie, ma Siamoise, son grand-père me racontait les histoires de la Deuxième Guerre Mondiale.
J'ai toujours vu les Grandes Guerres par les livres d'histoire. En étant dans des écoles et lycées français à l'étranger, je sais plus de la Guerre de Cent Ans que la guerre d'Indépendance de mon propre pays. Mais de la vie, je connais par mes parents, mes oncles et tantes, ma grande-tante, mes grands-parents. C'était alors la première fois que j'entendais l'histoire de la Deuxième Guerre Mondiale de quelqu'un qui l'avait vécu... et ça m'a fait bizarre.
(Je divague...)
Tous nos aînés ont de l'importance. Font partie de nous. Nos kotas sont notre identité. Même s'il y a des exceptions comme partout, ils ne seraient pas laissés tous seuls pour se débrouiller.
Une fois, l'été dernier, alors que quelques amis et moi parlions tard dans un parc de Montpellier, Tennisman nous a raconté que son voisin a été retrouvé mort (causes naturelles), et déjà en état de décomposition. Comment fait-on pour oublier un vieil homme pendant des mois? Jusqu'à quel point doit-on pourrir chez nous pour qu'on alerte quelqu'un à cause de l'odeur?
J'ai vu de près un mort pour la première fois, en Angola, à la plage avec ma cousine Mannequin. J'ai senti cette odeur alors qu'il était resté dans l'eau depuis je ne sais combien de temps, cette odeur qu'à quelques mètres de distance est tout aussi âcre. Alors, alors que le vieil homme était seul pendant l'été... juste d'imaginer, je pense à mes aînés à moi... Jamais, jamais ça ne leur arrivera.
Mais qui suis-je de toute façon? Il y a tant d'imprévus dans la vie, personne n'est réellement coupable. Soit on est trop loin, soit on est trop occupé...
L'odeur de la mort commence avec celle de la solitude.
Et des deux, je ne sais pas quelle est la plus dure à approcher.
23:10 Publié dans Ladybird talking (seriously) | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Mes Combats, Aînesse
Des liens divers: Afrique & Traumatismes
Liens divers sur l'Angola et l'Afrique:
Africa - Europa - América (MSN) (pt)
African History in About.com (en)
AfriCare (en)
All About Africa (MSN) (en/fr)
All Africa: News
Angop - Angola Press (pt) (fr)
Angola acontece (pt)
AngoNotícias (pt)
Arquivo Vivo de Moçambique (pt)
Jornal de Angola (pt)
Jovens de Angola (MSN) (pt)
Num tem kigila (MSN) (pt)
Os Luenas (MSN) & Comunidade Luena (pt)
*****
Enfants en général et enfants en Angola en particulier:
Comité International de la Croix Rouge
Déclaration des Droits de l'Enfant (1959)
Handicap International
Human Rights Watch: Children's Rights
UNICEF Angola
Temps de guerre & attentat
American Psychological Association Help Center – Resilience in a time of war
Les Droits de l'Homme
Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés
Sidran Institute - When a terrorist act occurs: Children reactions
Le Trouble du Stress Post-traumatique (TSPT)
American Psychological Association (APA)
Anxiety Disorders Association of America (ADAA)
Association des Troubles Anxieux du Québec (ATAQ)
DSM IV Diagnosis & Criteria (in Mental Health Today)
International Society for Traumatic Stress Studies (ISTSS)
Posttraumatic Stress Disorder Alliance
The Sidran Institute
21:25 Publié dans Mes Combats , Sur la Vague | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Liens, Afrique, Sur la Vague, Mes Combats, Enfance en danger, Enfant soldat, Traumatismes
mardi, 09 octobre 2007
Voeux de bonheur
Hier soir, je regardais avec attention Le droit de savoir, sur TF1. Le sujet était Amour, sexe et argent. Ce qui m'intéressait le plus, c'était les femmes Négro-africaines qui cherchaient des maris "à la peau blanche".
J'avais envie de dire que ce n'était pas tout le temps vrai, que ces femmes voulaient de véritables maris. Mais ça arrive fréquemment, cette quête d'immigration vers l'El Dorado européen. Elles sont prêtes à tout pour quitter leurs pays. Elles se marieraient avec n'importe qui n'importe où. Alors elles cherchent et cherchent des maris potentiels sur le net. Malheureusement, beaucoup d'entre elles finissent dans la rue en tant que prostituées, d'après l'Association Africa Prostitution.
Je ne dis pas que c'est tout le temps le cas, mais ça arrive.
Le reportage était centré sur le Cameroun.
En Angola, nous avons le même problème. Ou presque. Il y a des Angolaises qui se marient par intérêt à des expats portugais, mais plus nombreux sont les cas des jeunes femmes qui "vont" avec n'importe quel Blanc, même mariés. Beaucoup d'étrangers sont en Angola pour des périodes aléatoires, laissant femme et enfants dans leurs pays d'origine. Alors ces Angolaises, qui ne sont certainement pas jalouses, deviennent leurs "femmes officieuses" le temps d'un séjour.
Dans mon immeuble en Angola, il y a un Italien qui a plusieurs copines. Si l'une arrive à l'improviste alors que l'autre y est déjà, il y a des bagarres. Tout ça pour ça? Encore un exemple, j'ai connu une fille qui sortait avec un Bulgare. Il lui avait tout donné: maison meublée, voiture, etc. Mais il avait une famille en Bulgarie. Mais on s'en moque!
Pour toutes celles qui se marient par amour véritable, c'est le chemin de croix. Car on a tellement vu de cas de mariages blancs (intérêts, sortir de son pays, immigration...), que les pauvres amoureux véritables doivent tout faire pour prouver que leur union est sincère.
Le jour que je me suis "mariée", ma soeur, supposément ma complice, a dit à notre grande soeur La Parisienne: "Tu as vécu 10 ans à Paris et tu n'as pas réussi à avoir la nationalité. Jo, elle, elle s'est mariée ce week-end à un Français!".
Bien sûr, mes aînés n'ont pas du tout été contents. Le Diplomate m'a promis que si jamais je faisais un truc pareil sans autorisation, il prendrait l'avion pour venir me cogner... Et c'est sans compter aussi que les lois de nationalités par mariage ont bien changé...
Mais soyons réalistes: je vis en France légalement. Avec ou sans mari français, je suis ici. Même si je ne vivais pas en France, je pourrais venir pour les vacances. Mais ni tout le monde a cette chance et j'en suis consciente.
Dans mon nouveau roman, Lukeny, le personnage principal, est suspectée d'être une de ces "busca-brancos" (recherche-blancs) qui pullulent dans les rues de Luanda car elle a eu la mauvaise idée d'épouser l'homme qu'elle aimait avec les défauts suivants: blanc + riche + 20 ans plus âgé + étranger... (même si dans l'histoire, c'est lui l'Africain, c'est elle l'Européenne).
Jeanne me disait l'autre jours qu'en Afrique du Sud, lorsqu'elle sortait avec son père (Blond aux yeux bleus), on pensait qu'il était son "sugar daddy", les Blancs âgés qui sortent avec des jeunes Métisses ou Noires. N'est-ce pas humiliant? Aussi humiliant que mon père quand il dit qu'on va le confondre avec mon chauffeur parce qu'il est noir...
Ne pourrait-on pas, un jour, juste souhaiter un couple newlywed, sans préjugés et sans arrière-pensées, "tous nos voeux de bonheur"?
18:55 Publié dans Mes Combats | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Mes Combats
lundi, 24 septembre 2007
Racisme: tous les noms
Ce n’est pas la première fois que j’éprouve le besoin de me justifier. Malheureusement, ce ne sera pas la dernière. Il y a des jours qu’on arrive à nous faire douter de ce qu’on dit, de ce qu’on pense. Mais on se réveille, révolté "mais... j’ai le droit de dire ce que je ressens par rapport à tel ou tel sujet !", sinon, où se trouve la démocratie du XXIème siècle ? Est-elle le privilège d’une poignée de personnes sur une planète qui en compte plus de 6 milliards ? Ou est-ce un droit ? Le droit de d’être libre, de pouvoir exprimer nos opinions et nos croyances ? Et témoigner du mal qu’est fait quotidiennement ? Non seulement c’est un droit. C’est un devoir.
Qui a le droit de dire que ma souffrance n’est pas légitime ? Qui a le droit de dire que malgré ce que j’annonce, il faut relativiser ? Relativiser quoi ? Aurais-je un jour le droit de marcher dans la rue, la tête haute, quelque soit mon nom, mon visage, mon CV, ma nationalité ? Aurais-je le droit, un jour, de dire ce que je pense sans avoir encore à dire le pourquoi je le fais ? Ou aurais-je le droit de plus jamais le faire car finalement, c’est réglé ?
En 1963, disait Martin Luther King Jr : J’ai un rêve... Mes enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés, non par la couleur de leur peau, mais par leur caractère. En 2006, j’ose encore espérer que mes enfants ne seront pas jugés par la couleur de leur peau.
Qu’avons-nous fait des leçons du passé ? Qu’avons-nous appris des livres d’histoire où nous avons lu et vu noir sur blanc ce que pouvait faire la haine humaine contre ses semblables ? Où les êtres humains deviennent des bêtes et humilient les siens parce que même semblables, ils ne sont pas égaux ? Est-ce si dur d’accepter d’autres religions, d’autres couleurs de peau, d’autres pensées, d’autres visages, d’autres mentalités, d’autres cultures, d’autres langues ? En regardant les informations quotidiennes, on se rend compte que les nouvelles d’aujourd’hui sont les mêmes qu’il y a cinquante, soixante ans. Doit-on encore les appeler nouvelles du jour ? Ou "répétition du passé" ? Nous n’avons rien appris, nous n’avons rien enseigné. N’est-ce pas désespérant ?
Nous sommes au XXIème siècle. Et encore aujourd’hui, avant de vouloir savoir comment je pense, de quelles idées je vis, on pense au fait que je suis Noire (ou Métisse, ça dépend du point de vue) et qu’automatiquement, mes pensées sont stéréotypées et tiers-mondistes. Depuis quand la couleur de ma peau, ma religion, mon genre, ma nationalité, mes cheveux disent qui je suis, d’où je viens et comment je pense ? Depuis quand ces détails sont mes uniques valeurs ? Quand est-ce que j’ai cessé d’être moi pour être une couleur, un nombre, une statistique ? Quand est-ce que j’ai cessé d’être quelqu’un pour devenir quelque chose ? Pourquoi je me pose encore ces questions en 2006 en Occident ?
Un jour, je ne serai plus un chiffre. Une statistique dans différentes catégories. Étudiante ou sans travail, célibataire ou veuve, étrangère ou indigène, grande ou petite, jeune ou âgée, métisse ou colorée, obèse ou anorexique, cultivée ou illettrée...
Un jour, je ne serai plus le marron de mes yeux, le brun-roux de mes cheveux crépus, la pâleur jaune de mon visage. Je ne serai plus une taille, un poids, une dimension. Je ne serai plus un sexe, un genre, une sexualité. Je ne serai plus une nationalité, un pays, un continent. Je ne serai plus une jeunesse idéaliste ou militante. Je ne serai plus une croyance, une religion, un mode de pensée. Je ne serai plus un rêve, un cauchemar, un songe. Je ne serai plus dépendante, parasite... mais je ne serai pas autonome non plus.
Je ne serai plus des lignes sur un écran, des mots d’un texte sans cesse tapés sur un clavier. Pour me justifier. Encore et toujours.
Un jour, je ne serai plus tout ça.
Je serai moi.
Je serai Jo Ann.
(c) Jo Ann
Le 4 février 2006 - Montpellier
12:40 Publié dans Mes Combats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Racisme, Mes Combats
