jeudi, 10 janvier 2008
Index d'Index d'auteurs et de lectures
03:15 Publié dans Autour du Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Auteurs, Littérature africaine, Sur la Vague, 2006, 2007, 2008
samedi, 29 décembre 2007
Challenge ABC 2008 - Littérature Africaine
J'ai décidé de ne pas participer au Challenge ABC en 2008. Je ferai tout pour lire le plus d'écrivains africains que je ne connais pas.
Bonne chance à tous ceux (plutôt toutes celles) qui se lancent dans le défi ! :-)
19:05 Publié dans Autour du Livre | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : Challenge ABC 2008, littérature africaine, Aà Z, littérature angolaise
lundi, 15 octobre 2007
• Littérature africaine

J'espère qu'avec le Challenge ABC 2008, cette liste sera (bien) plus riche! ;)
+ : écrivain mort
♥ (auteur) : j'aime beaucoup le personnage, ce qui ne dit pas si j'aime son travail - lire les commentaires pour en savoir davantage! ;)
♥ (livre): j'adooore le livre que j'ai lu :)
♥ auteur ♥ livre: jackpot :P
15:30 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Autour du Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Auteurs, Littérature africaine, A à Z
jeudi, 11 octobre 2007
TV: Vol de Nuit - Écrire en français

Ce 4 décembre 2006, l'émission de Patrick Poivre D'Arvor m'intéressait particulièrement. Vous me direz, quand on parle de littérature francophone et/ou africaine, je suis parmi les premières intéressées...
Étant africaine, j'essaie de combler mes lacunes en littérature de mon continent, négiglée pendant mon éducation franco-française. Et oui, on ne peut pas tout avoir. Et aujourd'hui je n'ai aucune excuse de ne pas combler les vides du gruyère.
Aujourd'hui, c'était Lettres à l'Afrique (pas exclusivement, mais quand même) avec des écrivains que je ne connaissais pas, comme Koffi Kwahulé ("Babyface") ou Kangi Alem ("Un rêve d’Albatros"). Un des thèmes récurrents (et je l'ai noté depuis un certain temps), c'est le "mais vous écrivez et parlez en français très bien".
A cette remarque, je ne veux que rire. Attendons-nous à ce qu'on parle "y'a bon banania" ?
Contrairement à l'Angola, les pays africains francophones ont gardé leurs langues nationales et les ont transmises de génération en génération. Mais, outre le bambara, le wolof et autres, le français ne cesse d'être la langue officielle, celle qui réunit tout le peuple.
En Angola, les langues nationales sont restées au niveau des grands-parents qui les parlent (et plusieurs), aux parents qui ne font que comprendre. Les petits-enfants des villes (comme moi) n'ont pas eu accès aux langues nationales. Encore pire pour ceux qui ont eu (comme pour moi encore) une éducation exclusivement européenne. Donc le portugais est plus que jamais ma langue maternelle, malgré l'umbundo que ma mère aurait dû parler parce qu'elle est du Sud ou du kimbundo que mon père aurait dû parler parce qu'il est de la capitale (donc Nord).
Si on me pose la question: "Jo Ann, tu écris et parles bien le français, mais pourquoi n'écris-tu pas en portugais?", je peux dire que je la comprends à 100%. Bon, je fais (trop) souvent des erreurs que je ne devrais pas, en tout cas en tant qu'ancienne L, et d'après ce qu'on m'a dit, j'ai un accent de "bourgeoise française" (je sais pas comment la prendre, celle-là).
Ma première excuse, c'est que le français, je l'ai appris en même temps que le portugais et que l'espagnol, sans priorités ou sens des convenances. Je les ai parlés en même temps, tous les trois, à l'âge de 3 ans alors que mes parents étaient persuadés que j'étais muette comme une carpe.
Ma deuxième excuse, c'est que j'ai appris à penser en français et que j'ai appris à écrire et lire en portugais toute seule, un jour où je m'ennuyais particulièrement (à la fac, je n'ai jamais 20/20 lors des examens de portugais!).
Ma troisième excuse: j'aime la langue française et ce qu'elle m'apporte.
Ce je ne comprends pas, c'est pourquoi leur demander à eux? Ils sont nés francophones! Le Bénin, le Togo, la Côte d'Ivoire, le Sénégal, ils sont tous francophones, non? Je me souviendrais toujours de cette phrase de Fatou Diome, lors de la Comédie du Livre de Montpellier, dédié en partie la francophonie: "je ne vole pas le français. C'est aussi ma langue. Ça fait partie de mon héritage. Je ne suis pas d'un pays colonisé. Je viens d'un pays indépendant, dont la langue officielle est le français."
Alors pourquoi poser encore la question?
Je me demande.
15:05 Publié dans Autour du Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : TV Show, Vol de Nuit, Littérature africaine, Francophonie
mercredi, 10 octobre 2007
MABANCKOU, Alain (Congo/France)
► Site officiel
► Le blog
Les Petits-fils nègres de Vercingétorix
Les petits-fils nègres de Vercingétorix
• C'est l'histoire d'Hortense Iloki. Dans des cahiers d'écolière, elle raconte sa vie et de comment la situation politique s'est dégradée dans son pays, le Viétongo, ancienne colonie française d'Afrique Centrale. Coup d'états et guerre civile, rivalité entre le Nord et le Sud, rien n'est épargné à Hortense.
• J'ai eu peur lorsque j'ai ouvert ce livre. J'étais tellement fascinée par le personnage qu'est Alain Mabanckou (cf. Les conteurs de chez moi), que je n'avais pas envie d'être déçue par l'écrivain. Quand l'attente est trop grande, on n'a pas le choix. C'est une sortie dichotomique: soit on tombe, soit on reste debout.
Et là, je sors soulagée de ma lecture. Je ne suis pas déçue. J'ai aimé ce livre. Pas un coup de coeur, mais j'ai aimé quand même :)
Hortense Iloki est une collégienne nordiste qui tombe amoureuse de son professeur sudiste. Elle est déjà grande, avec un corps de femme, et Kimbembé est attiré par elle. Vint le jour où enfin, il demande sa main en mariage. Le père Iloki n'est pas d'accord: ce professeur est du sud. Mais la mère et les frères d'Hortense finissent par le convaincre. Un mariage entre une Nordiste et un Sudiste, voilà de quoi faire plaisir. Un enfant de l'union, même si tant un camp comme l'autre se croit supérieur. Kimbembé a vécu quelques années dans le Nord. A présent, il est temps pour la petite famille de descendre.
Tout au long du roman, parsemé de souvenirs et de l'actualité viétongoloise, le pays se déchire entre la haine Nord vs. Sud. L'ancien président nordiste prépare un coup d'état et vire le président sudiste élu démocratiquement. Voilà qu'un ancien premier ministre sudiste, dont le nom de guerre est "Vercingétorix" refait surface pour commander la révolution. "Les sudistes sont faits pour gouverner le pays". Les Petits-Fils nègres seront ses partisans.
La chasse aux sorcières est lancée, les camps de détention créés et Hortense fuit avec sa fille Maribé qui ne peut choisir son camp.
Si je ne connaissais ma carte de l'Afrique, je me dirais "le Viétongo existe". La géographie et l'histoire sont précises. Les noms des villes, des ethnies, des langues, des rues, des quartiers... tout a l'air réaliste. Le gouvernement et l'administration sont réels. Ne serait-ce que dans l'imaginaire de l'auteur, ce pays a une vie.
Je ne connais pas l'histoire du Congo natal de l'auteur, je me demande ce qu'il lui a bien pu inspirer pour son roman, pour ce pays imaginaire. Et puis, je me suis dit, ce n'est pas qu'au Congo.
L'Angola est voisine (par le nord) des deux Congos. Il y a quelques détails qui ont traversé les frontières (ne serait-ce le poulet à la pâte d'arachides :P).
Et cett confrontation entre le Nord et le Sud existe aussi en Angola.
Ma mère est du Sud. Mon père est du Nord.
Quand mon père est irrité, il lance "vous, les Métis du Sud!"
A quoi il a droit à mon regard 43 (le mauvais) parce que 1) je suis métisse; 2) je suis née dans le sud aussi... quoique plutôt centre, mais tout ce qui sort de la capitale, à mon avis...
Alors je réplique: "tu es allé chercher la Métisse du Sud, ne te plains pas". Et puis quoi encore?
Tout ça pour dire, qu'effectivement, entre le Sud et le Nord, même dans la famille, ça peut souvent coincer... Une de mes soeurs est née à Cuba, une autre au Brésil, un de mes frères au Portugal. Les 5 autres sont de la capitale. Encore une fois, je suis minorité... :O
Et puisque grande partie des Métis (tous les clairs de peau) était plutôt dans le Sud, je vous laisse deviner le reste
Enfin.
Il n'y a une qu'une scène violente, racontée à demi-mots qui m'a choquée dans un récit qui parle de guerre civile, et qu'indirectement je suis concernée, mais sinon, c'est une lecture agréable et presque pudique par moment.
========================================================================
Verre Cassé
Verre cassé
Pemier cadeau de Noël 2006 avant mon départ. Mon amie Cocktail Molotov de son petit nom, m'a offert Verre Cassé. Depuis que je l'ai tirée par les cheveux pour aller à la conférence de Juin 2006 sur la francophonie à la Comédie du Livre de Montpellier, elle a été fascinée par le personnage. Le jour où on a su qu'il vait reçu le Prix Renaudot, elle m'a appelée pour me mettre au courant (mais dans le taxi qui me ramenait de l'hôpital, j'avais apris la nouvelle).
• Verre Cassé est un vieil ivrogne qui passe ses journées dans le bar Le crédit a voyagé, tenu par L'Escargot entêté. Un jour, L'Escargot donne un cahier à cetancien enseignant pour qu'il écrive à propos du bar et de ses clients folkloriques...
Et pour des rencontres plus bizarres les unes que les autres, on en sera servi!
On se livre à Verre Cassé, convaincu que son histoire est plus dramatique ou plus aventurière qu'unautre. Entre le type aux Pampers et L'imprimeur, on et bien servis!
• Sans points, c'est à se demander si la ponctuation est superflue. J'ai commencé à lire l'été dernier, le dernier livre de Manuel Rui (Le porc épique), O piano e o manequim (le piano et le mannequin, évidemment :P), mais vu qu'il n'y avait pas de ponctuation, je me suis vite perdue.
Avec Saramago, ce n'est pas le manque de points qui cause problème, c'est plutôt les phrases qui prennent deux pages. Mais avec Verre Cassé, ce problème ne survient pas. Ça se lit d'un trait et on sait lorsqu'on s'arrête ou pas.
D'après un entretien sur France 3 Soir, A.M. avait expliqué qu'il voulait mettre sur papier la continuité des histoires racontées par des conteurs d chez lui (je crois que c'était ça, c'était l'année dernière déjà!).
Il y a des moments où je me suis dit que ça frôlait la vulgarité, même si je peux dire que j'ai vu des choses pires ou proches en Angola, et qu'à des moments, ce n'était pas nécessaire. Mais c'est juste mon avis de lectrices.
Et il y a d'autres moments, où je me suis dit "bon sang, je croise un mec comme ça, j'ai des frissons" tant leurs histoires auxuns et aux autres sont tordues.
Mais c'était un bon moment de lecture, un livre que j'ai terminé paisiblement, mon dernier soir à Rotterdam...
*****
23:40 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Alain Mabanckou, Verre Cassé, Les petits-fils nègres de Vercingétorix, Littérature africaine, Points, blog, site
IWEALA, Uzondimna (Nigéria)
Feras de lugar nehum (Beasts of no nation) (lu en portugais)


• Le premier roman de ce jeune auteur nigérian (né en 1982) lui a valut quelques prix aux États-Unis. Son sujet: le quotidien d'un enfant soldat.
Comme tant d'autres romans tels "Allah n'est pas obligé" d'Ahmadou Kourouma, Iweala prend le parti de l'enfant en le faisant narrateur.
Dans le livre de Kourouma, Birahima son enfant-soldat-narrateur prend un ton ironique, du deuxième degré pour parler d'une période sanglante de l'histoire de la Sierra Leone et du Libéria.
Quant à Iweala, son enfant-soldat-narrateur parle avec sa candeur d'enfant, son côté "mais je ne suis pas un mauvais garçon... ce n'est pas ma faute... mais je suis aussi un soldat... est-ce que Dieu punit les petits garçons obligés à être soldats?" Il décrit les horreurs qu'il voit et qu'il doit faire avec sa machette, car il est trop petit pour avoir une Kalach... et puis, il n'y a pas autant d'armes pour tous de toute façon.
Dans ce roman, il n'y a pas de nom de ville, de pays, des mots qui puissent dire où se trouve l'action, dans quel pays d'Afrique anglophone. On peut alors transposer ce roman partout où les enfants sont utilisés comme de la chair à canon.
p. 47
"a gente achava que ser soldado era a melhor coisa do mundo porque as armas pareciam tão poderosas e os homens nos filmes pareciam tão forte quando matavam as pessoas, mas sei agora que ser soldado é ser fraco e não é forte, é não ter comida e não poder comer o que a gente quer, é também ter que fazer as coisas que a gente não quer como eles fazem nos filmes. Mas é claro que só sei disso agora porque agora sou um soldado.
Então canto para mim mesmo:
Soldado soldado
Matar matar matar
É assim que você vive
É assim que você morre."
(On croyait qu'être soldat c'était la meilleure chose du monde parce que les armes paraissaient tellement puissantes et les hommes dans les films paraissaient tellement forts parce qu'ils tuaient les gens, mais maintenant je sais qu'être soldat c'est être faible et pas fort, c'est ne pas avoir de la nourriture et ne pas pouvoir maner ce qu'on veut, c'est aussi devoir faire les choses qu'on ne veut pas faire comme ils font dans les films. Mais c'est sûr que je sais tout ça que maintenant parce que maintenant, je suis un soldat.
Alors je chante pour moi-même:
Soldat soldat
Tuer tuer tuer
C'est comme ça que tu vis
C'est comme ça que tu meurs.)
p. 51
"Uma vez matou um homem que o irritou muito. Deixamos esse homem num lugar lá na estrada com um buraco grande na cabeça."
(Une fois il a tué un homme qui l'a beaucoup énervé. On a laissé cet homme là-bas sur la route avec un trou grand comme ça dans la tête)
p. 121
"o fogo vai aumentando aumentando (...) [e a] fumaça começa a entrar no nosso peito e faz a gente tossir, e entra no olho e faz a gente chorar."
(et le feu se met à grandir à grandir et la fumée commence à rentrer dans notre poitrine et nous fait tousser, et rentre dans l'oeil et nous fait pleurer.)
p. 171
"quero joga a arma no mato, mas se jogar a arma fora, aí Rambo vai me jogar fora porque a arma é mais importante do que eu. Me lembro sempre disso."
(je veux jeter l'arme dans la brousse, mais si je la jète, Rambo va me jeter aussi parce que l'arme est plus importante que moi. Je me souviens toujours de ça.)
p. 177
"se eu fosse o Sol, procuraria outro lugar para iluminar, um lugar onde as pessoas não usassem minha luz para fazer coisas horríveis."
(si j'étais le soleil, je chercherais un autre endroit pour illuminer, un endroit où les gens n'utiliseraient pas ma lumière pour faire des choses horribles.)
p. 185
"não entendo tudo, ainda ouço o que ele diz porque ele diz que Deus ainda está vivo nesse lugar. Não sei se acredito, mas gosto de ouvir."
(Je ne comprends pas tout, mais je continue d'écouter ce qu'il dit parce qu'il dit que Dieu est encore vivant dans cet endroit. Je ne sais pas si je le crois, mais j'aime bien l'écouter."
p. 187
"Sou todas essas coisas. Sout todas essas coisas, mas uma vez já tive mãe, e ela me amava."
(Je suis toutes ces choses. Toutes ces choses, mais j'ai déjà eu une mère, et elle m'aimait."
23:15 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Mes Combats , Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Uzondimna Iweala, Coup de coeur, Beasts of no nation, Feras de lugar nenhum, Enfant soldat, Littérature africaine, Roman
COUTO, Mia (Mozambique)
► Né en 1955 à Beira, au Mozambique, Mia Couto est biologiste de formation. Ecrivain et journaliste, il est l'auteur de deux romans, dont La Véranda au frangipanier, et de plusieurs recueils de nouvelles. Malgré ce que dit la couverture de la version Américaine, Mia Couto n'est pas un "homme blanc avec l'âme d'un africain". Mia Couto est Africain dans tous les sens du terme.
O último vôo do flamingo (lu en VO) (Le dernier vol du flamand)


NB: il y a une version disponible en anglais, The last flight of the flamingo, mais il n'est pas encore disponible en français.
• La première phrase du livre marque: "Pour dire grossièrement, voilà ce qui est arrivé: un pénis mutilé a été trouvé dans la route aux portes de Tizaranga."
Sans qu'on sache pourquoi, les Casques Bleus (ONU) se font exploser (dans le terme littéraire de la chose), ne laissant derrière eux que leurs casques et leur pénis.
C'est alors que l'Italien Massimo Risi part à Tizaranga pour enquêter sur cette étrange affaire. Avec un interprète et guide qui est aussi le narrateur. Un narrateur avec plein de choses à raconter et pas toujours des plus croyables...
Entre fable et satire, on se demande où on se trouve.
Mais la fin... la fin... que dire de la fin! C'est tellement qu'on se passe de mots. Mais le pire... le pire c'est qu'on peut bien croire que la fin s'inspire de faits réels et réalistes du continent africain. Tout comme l'Angola.
• Mia Couto écrit de forme "orale". Utilisant le portugais du Portugal (comme on appelle le portugais classique), mais le mêlant avec le parler populaire, oral, Mozambicain. Même en le lisant en portugais, j'ai eu quelques moments de cogitation, car les termes Mozambicains et les termes Angolais sont très différents.
Son écriture est très colorée, pleine de fantastique, l'histoire prend des allures de conte, de fable, malgré le décor réaliste de la guerre civile au Mozambique...
22:40 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Mia Couto, O último vôo do flamingo, VO, Roman, Littérature africaine, Littérature lusophone
mardi, 09 octobre 2007
OUFKIR, Malika (Maroc)

NB: Pour les autobiographies, témoignages et récits, je ne note pas sur le contenu bien sûr. On ne peut pas noter des histoires vraies. Je note plutôt le style, la construction ou l'enchainement qui n'est pas toujours évident.
========================================================================
Rencontre: 21 Mai 2006, Comédie du Livre, Montpellier
========================================================================
La Prisonnière (lu en anglais)


• (Quatrième de couverture) Toute sa vie, Malika Oufkir a été une prisonnière. C'est à l'âge de cinq ans que la fille aînée du général Oufkir est adoptée par Mohammed V et élevée dans le Palais du Roi, à Rabat, dont elle ne sort que rarement. Défilent devant les yeux d'une princesse espiègle et effrayée les courtisanes du Harem, les esclaves du Feu, les gouvernantes à l'accent allemand. A sa sortie du palais, la fière descendante des Berbères compte parmi les héritières les plus courtisées du Royaume. La tentative de coup d'Etat du 16 août 1972 contre Hassan II en décide autrement. Ce sera la mort pour le général Oufkir, et la prison pour sa femme Fatéma, et ses six enfants dont le plus jeune n'a pas trois ans ! Des murailles du désert aux cellules envahies par les scorpions, Malika élève ses frères et soeurs et refuse qu'on les laisse mourir. Ils resteront enfermés vingt ans dans des conditions inhumaines. Schéhérazade moderne, Malika n'a rien oublié : l'angoisse des nuits solitaires, la faim et la soif, les frustrations d'une femme privée d'amour, mais aussi l'humour d'une famille à qui l'on veut infliger le pire des châtiments, l'oubli. Elle évoque aussi cette incroyable évasion à mains nues et l'errance clandestine de Casablanca à Tanger, de Tanger à Paris. Aujourd'hui, dans une fresque qui se lit comme un conte des Mille et Une Nuits, Malika la prisonnière devient enfin une femme libre. C'est un témoignage bouleversant qu'elle a confié à Michèle Fitoussi.
• Beaucoup de fois, je me suis plainte... j'ai toujours dit haut et fort ce que je pensais de la politique en Angola, de la censure, des espions, et du fait qu'on ne pouvait pas parler à voix haute ce que tout le monde n'ose pas penser tout bas. Car on ne sait pas avec qui on parle, comment on parle et pourquoi on le fait. Depuis 1992, l'Angola est un pays démocratique. Mais que sur le papier. Et plusieurs fois mon père m'a dit "Jo Ann, tu es politiquement incorrecte"... Et si c'est l'inverse pour le cas de Malika Oufkir, si je parle, on saura sûrement de qui je suis la fille. En Angola tout le monde connait tout le monde, et mieux vaut ne pas sortir de la masse.
Quand j'ai lu ce livre, entre l'Afrique du Sud et l'Angola, je me demandais, chaque fois que je tournais les pages "comment est-ce possible?". Pendant vingt ans, les Oufkir ont vécu dans des cellules. Pendant dix ans, ils ont vécu les uns à côté des autres, sans jamais se voir, car les cellules étaient les unes derrière les autres, et ils ne sortaient pas... Ils se parlaient, ont même inventé un téléphone, mais ils ont grandi, leurs visages ont changé, sans qu'ils sachent à quoi ressemblaient les autres... La mère était avec le plus jeune de ses fils si je ne m'abuse, et c'était le choc le jour où ils ont pu se voir, hormi les flaques d'eau par terre pour "apercevoir" les autres à côté...
Malika inventait des histoires pour ses jeunes soeurs et frères, pour passer le temps...
20 ans c'est beaucoup, c'est énorme... Comment peut-on être punis par les crimes de nos parents? Des enfants qui n'étaient même pas au courant de la tentative du coup d'État... le plus jeune n'avait que trois ans!
Pour les Musulmans online, ce n'est pas le Coran qui dit "les enfants ne seront pas jugés pour les crimes de leurs parents"?
J'avais prêté le livre à une amie Marocaine en Afrique du Sud, et c'est son père, diplomate, qui l'a lu. Il faut connaître les histoires de son pays, qu'elles soient bonnes ou mauvaises... En Angola, on n'a pas fini d'en baver...
========================================================================
L'Étrangère


• (Quatrième de couverture) Qui ne se souvient du destin incroyable de Malika Oufkir ? Dans La Prisonnière, écrit avec Michèle Fitoussi, Malika racontait le sort d'une enfant élevée comme une princesse à la cour du monarque Hassan II. A la suite d'un coup d'Etat en 1972 où son père biologique, le général Oufkir, tenta de renverser son père adoptif, le roi du Maroc, on l'emprisonna avec toute sa famille, mère, frères, sœurs, pendant près de vingt ans. Malika a survécu. Mais quel fut le prix à payer ? Comment se promener dans les rues de Paris, Marrakech, Miami ou New York, quand on a encore la peur au ventre ? Quelles sensations éprouve un corps de femme privé de désir pendant vingt ans ? Comment être mère quand on ne peut plus enfanter ? Que peut-elle dire de son passé mutilé à Nawal et à Adam, ses enfants adoptifs ? Liberté, ou amère liberté ? L'Etrangère est le récit vrai d'une Martienne revenue sur terre. Malika Oufkir a beaucoup d'humour, le sens de l'observation, la rage au cœur, et ce " grain de folie " qui lui donne définitivement une place à part.
La Prisonnière, publié chez Grasset en 1999, a été traduit en 26 langues. Malika Oufkir vit aujourd'hui entre Miami et Marrakech.
• Lorsqu'en zappant, j'ai reconnu le visage de Malika Oufkir sur On ne peut pas plaire à tout le monde, je me suis tout de suite intéressé à l'émission. Elle parlait de son nouveau livre, racontant le combien c'était difficile de réapprendre à vivre dans la société moderne aprèes vingt ans dans un cachot au milieu du désert.
Elle nous raconte combien tout ce que nous croyons être normal, comme aller au supermarché, le portable, la carte bancaire, et tant d'autres choses encore, semblait être de l'irréel pour elle.
Je voulais acheter le livre bien sûr. Mais ce n'est que lors de la Comédie du Livre 2006 à Montpellier, en croisant son regard dans un stand que j'ai oublié le fait que j'avais acheté quatre autres livres et j'ai acheté L'Étrangère pour me le faire dédicacer.
Elle portait des lunettes de soleil. Sans doute je n'aurais oser regarder droit dans ses yeux. Mais je regrette ne pas avoir eu le courage de lui dire le combien je la trouvais admirable, elle et sa famille...
23:40 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Malika Oufkir, La Prisonnière, L'Étrangère, Témoignage, Rencontre, Littérature africaine
MEHARI, Senait Ghebrehiwet (Erythrée)

► Le site officiel
Coeur en feu
(Le site du livre)


Mon amie Molotov et moi avons une passion commune. Nos lectures se penchent souvent pour les récits/témoignages de femmes dans le monde et principalement, dans le continent africain. Tout comme Je suis née dans un harem de Choga Regina Egbeme (Nigéria) ou Larmes de sable de Nura Abdi (Somalie), Senait Mehari nous plonge dans son passé douloureux.
Elle nous décrit un univers encore méconnu (ou ignoré?) du grand public: les enfants soldats filles lors de la guerre d'Erythrée qui voulait son indépendance de l'Ethiopie. Comme elle le dit d'ailleurs, "la guerre crée en Afrique une rare égalité des chances entre les sexes. Les filles y combattent avec les mêmes droits que les garçons".
Senait a tout pour ne pas avoir une vie paisible.
Sa mère, ayant été abandonée par son mari et ne voulant pas songer à ce qu'elle ferait de son enfant, l'enferme dans une malle et s'en va, laissant jouer le destin. Au bord de l'agonie, le nourrisson est sauvé par une voisine, la mère est envoyée en prison et Senait se retrouve dans un orphelinat.
Orpheline de parents vivants, elle fait la connaissance de religieuses italiennes, commence à faire la différence entre "avoir des parents" et "orphelins", devient rebelle avant l'heure jusqu'au jour où une femme se présente comme sa mère et l'emmène chez ses grands-parents.
Ce furent les belles années pour la petite Senait. Elle a même droit à un baptême à Jérusalém. Senait d'ailleurs veut dire "(Mont) Sinaï" et "Paix". Mais la paix n'était pas au rendez-vous. On l'envoie chez son père, un homme violent, rejoindre ses nouvelles soeurs et belle-mère. Les temps sont durs, le père de Senait est même prêt à la tuer d'un coup de machette. Sauvée in extremis par la belle-mère, Senait et ses deux soeurs sont envoyées dans un camp du FLE, Front de Libération de l'Erythrée (qui lutte contre le Front pour la libération érythréenne et les Ethiopiens en même temps).
Ce livre est un long témoignage des conditions de vie, ou de survie, de la plupart des cent vingt mille enfants-soldats au Rwanda, en Angola, au Congo, en Sierra Leone, sans oublier l'Ethiopie et l'Erythrée. La faim, la soif, la peur, l'angoisse... sont les seuls sentiments que ces enfants connaissent dès leur plus tendre enfance. Entre la corvée d'eau, de bois, apprendre à circuler avec une kalachnikof qui souvent fait leur taille, ces enfants doivent aussi survivre au mauvais traitement des adultes (qui souvent n'ont pas plus de vingt ans) et les hyènes et coyotes qui sont à l'afflût des cadavres, tous les jours plus nombreux.
Avec une écriture pudique et des événements chronologiques, Senait parvient à nous décrire se vie rocambolesque. Le livre dans sa quasi-totalité traite de son enfance jusqu'à l'âge de 10 ans environ (elle ne connait pas sa date de naissance). On apprend qu'elle s'est d'abord réfugiée avec ses soeurs au Soudan chez un oncle aimant, puis elles sont parties en Allemagne, à Hambourg.
Aujourd'hui, Senait perce dans la chanson, une manière d'évacuer ses démons, et fait une analyse de sa vie et de son cheminement en comparaison avec les enfants soldats restés au pays. Comme elle le dit si bien, en Afrique, on ne parle pas de ses sentiments profonds (j'en sais quelque chose), de ses peurs, de ses peines. Il n'y a pas (suffisament) de psychologues ou de soutien psychologique. Ça n'existe pas. Comment se débarasser de ses démons et d'un passé trop difficile à assumer pour certains?
Senait a trouvé son salut dans la musique et l'écriture.
Et les autres?
22:40 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Mes Combats , Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Senait Mehari, Erythrée, Coeur de feu, Littérature africaine, Enfant soldat, Témoignage de guerre
lundi, 08 octobre 2007
BEYALA, Calixthe (Cameroun)
Comment cuisiner son mari à l'africaine?


• Suivant à la ligne les canons occidentaux de la beauté, Aïssatou se prive de nourriture qui ait de goût pour ressembler à un mannequin ou plus (ou moins, ça dépend du point de vue). Elle a perdu ses formes africaines, n'a plus de seins, plus de fesses, elle n'est que peau sur os. Ce que, marabout a bien fait de lui rappeler, les hommes africains n'aiment pas pour autant.
Mais un beau jour, elle croise son voisin, Souleymane Bolobolo, et c'est le coup de foudre. Suivant les dires du fantôme de sa mère, émérite cuisinière, elle préparera des plats plus exotiques les uns que les autres, pour conquérir son voisin.
C'est sans compter, que monsieur son voisin vit avec sa mère, légèrement cinglée qui a une poule comme d'autres ont un chien ou un chat.
Mais Aïssatou fera de tout car Bolobolo est "le" mari qu'elle veut pour elle. Et sans les recettes africaines de sa mère, comment ferait-elle?
Petit à petit, elle va l'apprivoiser, devenir l'huile de ses frites, le piment rouge de son coeur, et reconquérir ses formes... ses seins, ses joues, ses cuisses, ses fesses...
• Original. 18 chapitres séparés par des recettes que je dirais "ouest-africaines" (?) ou de l'Afrique francophone, car je suis perdue dans les noms tels attieké, bomba de macabo, pépé-soupe, saka-saka et autres termes.
Les 25 recettes ont l'air intéressantes, succulentes même, ne serait-ce le temps qu'on met à préparer la quantité décrite. Je ne dirai pas non à de l'antilope fumée aux pistaches car j'adore l'antilope ou poulet aux arachides qu'on a aussi en Angola sous le nom de muamba/moamba. Par contre, le crocodile à la sauce tchobi ou le boa en feuilles de bananier me laissent ... Peut-être un jour, qui sait?
C'est facile à lire, mais... pas ma tasse de thé...
23:35 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Calixthe Beyala, Comment cuisiner son mari à l'africaine?, Roman, Littérature africaine


