dimanche, 27 juillet 2008

DASWANI, Kavita (Inde)

Lu: ♦ Mariage à l'Indienne ♦ Salaam, Paris Mariage à l'indienne ♥♥♥♥ (VO: For matrimonial purposes)

Dernier livre du mois, dernier livre avant le NaNo. Ça risque de se corser pour Novembre ;) A la recherche du mari potentiel
Contrairement aux trentenaires occidentales qui cherchent un mari, ce n'est pas encore un drame. On aura peut-être la chance à la quarantaine. Mais lorsqu'on est originaire d'un pays où dès l'âge de vingt ans, on doit avoir un pied prêt à sauter dans le nid du mari, avoir 33 ans et être célibataire pose davantage de problèmes. Ce n'est plus un drame, c'est une tragédie et toute la famille et les proches (avoisinant la centaine de têtes facilement) se prend de pitié envers la pauvre fille qui moura vierge. C'est le cas d'Anju. Peu importe le nombre de jeûnes qu'elle a fait, les astrologues qu'elle a consulté, elle n'arrive pas à se dégoter un mari. De plus en plus vieille, c'est peut-être son teint qui n'est pas trop clair? Ou alors, dans l'envie de fuire la malédiction elle est partie vivre en Umrique, à New York. Malheur encore! Les hommes n'aiment pas les femmes trop indépendantes. Tout le monde le sait.
De la chick lit à l'indienne
La narratrice est désespérée. On ne peut pas pire! A chaque mariage c'est le "alors? toujours célibataire?" honteux qu'on pose. Ses cousines se marient toutes très jeunes, et elle ne cesse de vieillir. Anju est très attachée à sa culture et à sa religion, aux us et coutumes de son pays et de ses parents. Mais elle étouffe dans le poids de la pression de la société où elle vit, et elle essaie de jongler avec les deux cultures, entre l'Umrique et Bombay. On se régale avec sa confusion, et avec ce qu'on peut apprendre de la culture indienne de nos jours, et surtout, surtout, des mariages spectaculaires.
A réutiliser sûrement ;)
"Salut, les petites Indiennes, disait un dénommé 'Delhi-cieux' qui faisait son charmeur. Si tu peux être mon sel, je serai ton poivre. Ensemble nous mettrons du piment dans notre vie!" p. 284 "Le garçons qui t'est destiné est déjà né. Il te suffit de le trouver." p. 293
Et si je disais que j'ai ce sari rêvé des jeunes mariées? Rouge brodé d'or? Que me ferait mon karma? Salaam, Paris (VO) What dreams may come
Elle a un rêve: aller voir Paris depuis qu'elle a vu Audrey Hepburn dans Sabrina. Elle, c'est Tanaya Shah, une jeune Indienne de Bombay qui ne connait rien d'autre que son coin de monde, élevée par son grand-père et sa mère qui ne l'aime pas, n'ayant jamais connu son père. Il faut dire que dans la famille Shah, les femmes sont toutes d'une beauté exquise, mais la beauté a sauté la mère de Tanaya. Du coup, son mari qui ne la vue que le jour de leur mariage la quitte deux mois plus tard. Et puisque Tanaya ne se ressemble en rien à sa mère mais plutôt à ses tantes, elle pense que sa mère la déteste. Lorsqu'elle a 19 ans, son père veut la marier au jeune Tariq qui vit à Paris, petit-fils d'un grand ami. Tanaya saisit l'occasion pour se rendre à Paris et voir d'elle-même le jeune homme. Son grand-père n'est pas d'accord, mais il veut absolument que le mariage se fasse. Off she went... mais 15 jours c'est court, et elle n'arrive pas à appeler Tariq, profitant de PARIS. Sa cousine Shazia, arrivée de Los Angeles pour quelques jours pour s'occuper de sa mère (où Tanaya squatte), est alors la porte pour le monde que Tanaya a tant voulu découvrir. Et quel monde ! Du coup, elle ne rentre pas à Bombay, elle croise un Tariq qui comprenant ses craintes annonce à son grand-père qu'il ne veut pas l'épouser (ce qui est source d'honte !), Shazia la fait squatter chez quelqu'un d'autre, lui trouve un boulot de caissière dans un bar, jusqu'au jour où Tanaya croise un scout... Elle est à deux pas de se transformer en top model, quittant Paris pour New York. Se faire photographier en bikinis, vendant son corps dans les plus grands magazines de mode, aux bras de son copain Kai, popstar britannique, Tanaya devient tout ce que sa famille à Bombay ne voulait pas qu'elle devienne. Mais son rêve a un prix...
Tanaya c'est moi
Bien sûr je n'ai pas les looks de Tanaya, et je ne les revendique pas. Mais je suis elle dans le sens où depuis ado, j'avais toujours rêvé de la France et je suis arrivée ici à l'âge de 19 ans. Beaucoup de choses n'ont pas marché dans le sens où je voulais, mais tout comme Tanaya, je me suis laissée aller par un certain tourbillon, voyant où ça pouvait m'emporter. Comme Tanaya encore, mes choix de vie ne seront probablement jamais ceux de ma famille (ma mère surtout), mais ce sont des choix que je dois assumer. Tout comme Tanaya encore, ma famille a une certaine emprise sur moi et il faut que je coupe le cordon et assume. Tout simplement. Bons choix, moins bons, peu importe. Ce sont les miens. Souvent, j'ai eu envie de secouer Tanaya, lui demandant comment pouvait-elle faire un truc pareil à sa famille, et puis je me suis vue grande comme ça et me vient à l'esprit cette phrase culte de Paulo Coelho. Tout le monde a une Légende personnelle. Je sais quelle est la mienne :-) Dois-je expliquer pourquoi j'ai aimé ce livre qui n'est autre que de la chick lit qui se lit en quelques heures à peine ?