jeudi, 15 mai 2008

Rédac du Mois : Voyage dans le temps

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Voyagez dans le temps avec Laurent, Olivier, Bergere, Bertrand, JvH, Bluelulie, Hibiscus, Anne, Julien, Chantal, Looange, V à l'ouest, William, Catie, Nanou, Cecfrombelgium, Gally, La Nymphette, Julie70, Gazou, BlogBalso, Celine, Vladyk, Lydie, Lucile, Guy Cardinal, Optensia, Joël, Linda, Denis, Julie, Isabelle, Le chat qui, Lodi, Ckankonvaou, Mahie et moi ! ;-)


Le passé n'est pas mon fort... A chaque période, il y a eu des couacs. La barbarie pour la plupart.
Je regardais les Tudors l'autre soir, et j'avais des frissons à chaque sentence de mort. Celle qu'on voulait affliger à Sir Thomas More (Utopie) était atroce. Bon, ça, c'est la série qui dit. Elle a été bien enjolivée pour la télé... mais je ne dis pas que ça ne marchait pas de cette façon-là...
J'essaie de toutes mes forces de songer à une époque qui me plairait plus que d'autres... mais rien ne me vient... Et puis... si on mélangeait un peu de tout ?
Ça ferait de la fantasy. Et oui. Il faut bien que ça commence quelque part ! Je pense que la fantasy est née de quelqu'un qui a dû être aussi frustré et qu'on voulait régner à notre manière !
Je prendrai les robes sous Henry VIII, la démocratie de l'Antiquité grecque, la liberté des Années 1970s, la cuisine contemporaine française...

A dire vrai... je ne sais pas comment traiter ce sujet, I'm lost for words ;-) Donc au mois prochain ! :-)



(Vous êtes intéressé/e/s par la Rédac du Mois ? Plus d'infos sur le site !)

www.joann.com

6c5e0c8ff54e80065c66a4e1d70035a0.jpg Mon site vient d'atteindre les 15 000 visiteurs ! Merci à tous ! :-)

N'oubliez pas de venir me rendre une visite et d'écrire un petit mot du côté du guestbook ! :-) www.joann.com
Merci !

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mardi, 06 mai 2008

Appel à Textes - Editions Volpilière

81bddb4e543188fcf0df9e3c35cedf0c.jpgNotre chère Elisabeth Robert vient de lancer sa propre maison d'éditions : les Editions Volpilière, et elle organise son premier concours de nouvelles, autour du thème « Parfum d'Enfance » (plus d'infos sur le site ! )
Je n'y participerai pas puisque je ferai partie du jury ! I am so very honoured ! :-)
C'est plutôt ironique puisque je jugerai des nouvelles alors que j'attends moi-même d'être jugée par d'autres pour un autre appel à textes. :-) Ah, life...

(Quelques détails suivent)

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samedi, 19 avril 2008

(r) A White Picket Fence

242fa495e2e7a85ccd9214fa338c68cc.jpg Struggling. Il n'y a qu'un mot pour décrire ce que je suis en train d'endurer en ce moment en matière d'écriture. Je passe des heures en train de regarder mon document ouvert, les 10 pages déjà écrites et je n'aime pas. Je n'aime pas du tout, du tout ce que j'ai fait jusqu'à présent.
J'ai une certaine idée de ce que je veux faire, mais lorsque je le fais, la structure ne va pas. Du tout. Ça devient impropre pour la consommation. My standards.
Oh mah gosh, I'm talking like Chef Ramsay ! Somebody shoot me !

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lundi, 17 mars 2008

(r) Xi-Coração de la Kianda

71f3334e7f0a5922c021d054b4d10cda.jpg Une des pages de mon site, rien que pour vous! :P C'est dire si Word ne me manque pas...
Je vous parlerai du roman sur lequel je travaille en ce moment. Je n'ai (presque) jamais été aussi appliquée de ma vie! Pour mes autres romans, je les développais au gré de mes envies et de mon humeur.


Genèse
A vrai dire, Xi-♥ est un projet qui grandit depuis bien des années dans mon coeur. Tant le livre comme les personnages se sont vus évoluer au fil du temps, mais ils sont restés les mêmes en essence. Au départ, c'était quatre histoires complètement différentes. Quatre histoires avec des femmes qui ne se connaissaient ni d'Eve ni d'Adam, qui vivait soit en Angola soit au Portugal. Mais une de mes spécialités est le recyclage!
En effet, j'ai tellement (eu) d'idées que beaucoup de personnages se perdent. Je me dois alors de les ressusciter et de les mettre dans des histoires qui vivent. Je fais tout le temps ça. De même que Tatiana, Kianda, Katila et Patrícia n'avaient rien pour se rencontrer et les voilà, amies pour la vie.

Xi-♥
Le xi-coração est l'étreinte amicale et amoureuse, remplie de saudades lorsqu'on est loin. C'est le symbole des bras croisés sur le corps. Quant à Kianda, c'est la déesse de la mer, équivalente de Yemanjá au Brésil, symbole de Luanda, la capitale de l'Angola. Le tout ne veut rien dire d'autre que "bons baisers d'Angola".

L'histoire
Vous avez compris! C'est l'histoire de quatre femmes, quatre amies depuis le lycée français de Lisbonne. Leurs seuls points communs sont leurs origines angolaises et leur naissance l'année de l'indépendance, en 1975. On les retrouve dix ans après le bac, à Luanda, à Lisbonne et à Londres. Chacune essaie de se faire une place dans leurs mondes respectifs, jonglant entre projets et rêves d'enfance, faisant le bilan avant de fêter leurs trente ans... Tout ça sous fond d'actualité angolaise, tout juste après la fin de la guerre civile en 2002...

Les personnages
♦ Tatiana Branco de Oliveira, la Cartésienne. Elle est une Métisse aux yeux bleus moitié russe et à moitié angolaise. Elle est la fille d'une des plus illustres familles haut-bourgeoises de l'Angola. Son père, ancien héros de l'Indépendance, a été ambassadeur quatre fois, et est actuellement ministre d'Etat. Après avoir vécu presque dix ans aux Etats-Unis, elle accepte un poste dans sa compagnie pétrolière à Luanda après la guerre. Toutes les occasions sont bonnes pour faire des affaires.
♦ Kianda Branco de Oliveira, la Romantique. C'est la cousine de Tatiana. Issue de la branche moins noble des Bô, n'a pas grandi dans le même luxe. Noire et à tendance obèse, elle a toujours été complexée par son physique. Elle vit toujours au Portugal où elle vainc sa timidité par la manière forte...
♦ Katila Dias, la Meilleure Amie. Elle est née dans les quartiers populaires d'Angola, seule fille parmi ses quatre frères. Légèrement garçon manqué, joueuse de basket universitaire, elle est rentrée en Angola après ses études en France. De retour aux sources, l'ethnic-chic vadrouille la brousse angolaise en long et en large pour venir en aide à ceux qui en ont besoin. Même en étant noire, on la voit comme une Blanche. Une étrangère.
♦ Patrícia Neto Martin, la Fille Populaire. Orpheline depuis l'âge de trois ans, élevée par son frère et sa belle-soeur, elle a laissé derrière elle les cicatrices de l'assassinat de ses parents. Extravertie, théârale, elle met tous les gens qui l'entourent dans sa poche et sans le vouloir, vole toujours la vedette. A l'époque du lycée, elle n'avait jamis mis les pieds en Angola, berceau de toute sa famille noire et blanche.


Ça vous donne envie de découvrir davantage? ;)
(Dites oui... :P)

lundi, 10 mars 2008

(n) « A thin line » in La Revue des Ressources

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Dès aujourd'hui, vous pouvez lire ma nouvelle « A thin line » (en français ;-)) dans la Revue des Ressources.
Je serai (presque) incapable de résumer ce que j'ai écrit, mais pour indice, je peux dire que le titre est le raccourci de "a thin line between love and hate", la frontière entre amour et haine, frontière entre deux sentiments...
C'est la deuxième version de ma nouvelle, qui a dû subir quelques remodelages pour s'alléger :-)

Comme quoi, Facebook... ;-)

jeudi, 27 décembre 2007

(n) Letters to Santa

21adf4e79024fcb5905cdcd58bbd62fc.jpg © Jo Ann v.
Montpellier, France - July 4th 2005



Dear Santa...
I know I am quite late... Christmas was six months ago and I didn't take the time to thank you! After all, I am the most popular girl at school, so you must understand that my agenda is really overbooked lately! Principally since you gave me that wonderful Ferrari! Last year Porsche was really a mess... So outdated! Pleaaaaaase! Thank you for such a gift really!
Can you believe my father decided to change of plane? The Beechcraft is made of paper, he says. If we want to go to the Bahamas, we need a Cessna! I don't mind. Actually, a plane like Air Force One would be tremendous! Do you have those on stock? I hope you do, cause it means a lot for us... At least for me!
AAAAAAAAnyway! Do tell me... was that house in Beverly Hills the last left? You know, I AM the most popular girl in school and I have LOTS of friends! Ten rooms aren't enough if I want them to have a computer, a phone line and a private bathroom! And please! The bungalow for my brother ain't far away enough! Trust ME! Actually, a place for him to stay in Santa Monica would be just fine for me!
Since you're Santa and you can do anything and everything, please, could you erase the imperfection of my face on the cover of the magazine "America Beauty"? Nobody knows it's there, but *I* know! After all, it's my face!!
Who has the greatest blue eyes, the greatest Blonde hair of all America? I know you know it's me! Ashley Garland is in every magazine, in every Hollywood party... Ah, it's so great to be me, so wonderful to be this beautiful and so amazing to be sooooooo loved!
I'm a blessing to this world! Really really! What would Americans do without me?

"Thandie!"
The teen looked her grandmother.
"What are you doing? Don't you know you have to go now? Who's going to bring your father's meal? Stop writing your rubbish, it's about time you grow up! Life ain't in the books! You won't find a job with words! You got me?"
"Yes, gogo." she nodded.
"Now hurry! Your father is in jail, not the house next door!"
Thandie got up, put her pen and rolled up the notebook. She put them on her pockets, took the plastic bag her grandmother left over the table and left.
In the Kombi taxi, Thandie took the notebook out of her pocket and torn the page apart.
Dear Santa,
I know you exist. So please, listen.
My mother died last year of AIDS. My father is in jail cause he is unemployed and stole food for my brother Fezile and me. Fezile is younger than me, he goes to school. But I can't go to school, cause I have to work and help my gogo. Millie pap won't be made out of nothing and we need money. Gogo isn't too young either. She has diabetes and doesn't see too well.
Why does Ashley have all she wants while I am here, without being able to go to school?
Dear Santa, I know that it's not of your competence, but please... don't let me be just another Black girl in Soweto
...

mercredi, 24 octobre 2007

(p) Everyone has his name

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(à lire en écoutant)

Heya...

Days are hard, lately. I wonder how it all started... I wonder if your name made it all happen again.
How come, when I believe I am ok, ready to move on and fight back, tell me, why do I go backwards? Why do I feel like if I went back in time and had to undergo my mourning by myself because no one understood what it was like without you.
Three years, can you believe it?
The smells are the same around me. The cold is tight. And there is no rainbow to protect me...
You came back among the living in another body, with another face. But that's all... You came back with the same name, with the same work, with the same habits, with the same busy lifestyle, with the same travels in mind...
How come, tell me, how come? When did this happen? When did this happen?
Why, when I want to move on, you come back from the dead and make me go in the past, where life was so painful, so empty, so cold...
When unknown arms took me to keep me from falling, when the cold was icy and came from the inside... How come I went back in time, this awful time, when I too was killed and had to mourn you twice? Twice? Jay-sus, what happened?
Why did you come back? Why did you have to come back? Smile in my face, kiss another girl and live if nothing happened?

Once again, I will have my sorrow for myself only. Once again, no one will understand my melancholy, my silence. Once again, I stand here alone because everybody has your name...
Why were you called like that? Why did he have to have your name and live the way you did?
Why, tell me, oh why sugar, why on Earth are you still hunting and haunting me?

Please... please, pretty boy of mine... leave me and let me live...



Everyone has his name
© Jo Ann v.
in Deception Square
12/04/2006 - Montpellier, France


Everyone has his name,
looks like him,
plays the same.

I thought he was unique,
but he is not.
Everyone has his name.

How can I forget about him?
If every step leads me to him,
if every word reminds me of him.

How can I be strong
if every man fragilizes me
as everyone has his name.

I close my eyes,
I shut my lips,
I don't feel a thing.

My emotions are dead.
My tears are dry.
As everyone has his name. *

jeudi, 11 octobre 2007

(n) La conférence

800be447c824e787918c7b5593594d54.jpg La conférence
(c) Jo Ann v.
21 décembre 2006


J'ouvre les yeux, sentant les rayons de soleil qui rentraient dans la chambre par les rideaux à moitié tirés... Je ne supporte pas de me réveiller avec une alarme hystérique, alors le soleil brûlant, pourquoi pas?
Je me lève (et je te bouscule?), je m'approche de la fenêtre et je vois la ville qui se lève en même temps que moi.
Où est-ce que je suis?
A Amsterdam? A Dublin? A Sydney? De retour à Montpellier?
Je sais juste que c'est l'été, que le soleil ne brillerait pas comme ça en hiver en Europe ou aux Antipodes.
Le téléphone sonne.
Oui, la conférence. J'y serai. Bien sûr.
Non, je ne suis pas à Amsterdam, à Dublin, à Sydney ou de retour à Montpellier. Je suis quelque part dans le monde où la victimologie fait débat et que je veux être sur le front, comme toujours. Je quitte ma brousse angolaise, où je mène tant bien que mal mes combats autour des jeunes traumatisés de la guerre... ce ne sont plus des enfants, ce sont de jeunes adultes maintenant... beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis la fin de la guerre en Angola, en 2002... Il y a si longtemps!
Oui, la conférence sur la résilience, j'y viens... Une douche et tout revient dans mon cerveau. Je vis, je rêve, je travaillle victimologie à longueur d'année, que ce soit pendant la saison sèche ou pendant les pluies.
Et à côté?
A côté, c'est lui. Qui a dû accepter malgré lui mes vadrouilles incessantes huit mois de l'année. Huit mois de brousse et de conférences pour quelque chose qui n'avancera jamais... Humanitaire? C'est une grande rigolade. Même lorsque j'étais étudiante et que je sillonnais l'Angola avec ma mère, c'était déjà clair. Les ONGs ne sont pas si innocentes que l'on croit, et pourtant c'est comme ça.
Lui...
Lui qui m'encourage et m'entraine, malgré lui, malgré moi, dans des contrées étranges parce que c'est ma passion... les autres quatre mois de l'année, je la dédie à mon autre passion, l'écriture, auprès de lui et des enfants. Je ne les mérite pas. Tellement sages et moi toujours absente...
Dois-je m'arrêter?
Je suis née nomade, aventurière... Je ne saurais m'arrêter.
Et pourtant, je ne veux pas le perdre... les perdre tous les trois...

Oui, la conférence.
J'y vais.

(n) La peau de ma peau

800be447c824e787918c7b5593594d54.jpg © Jo Ann v.
Montpellier, France - Septembre 2005


J'ai regardé ma fille furieuse.
Non. Je n'étais pas furieuse. Je ne pouvais pas être furieuse contre ma propre fille. J'étais triste. Profondément triste. C'était comme si le monde venait de tomber sur ma tête.
Ma propre fille.
Elle ne m'a pas regardée. Elle fixait ses chaussures tout en tordant ses doigts. Elle savait. Elle savait qu'elle avait fait quelque chose de mal. Mais elle était trop fière pour l'admettre.
Ma propre fille.

- Tu es fière de toi? - j'ai demandé.

Elle n'a pas répondu.

- Kawyka, regarde-moi.

Je ne voulais pas crier. Je ne le voulais vraiment pas. Mais j'étais sur le point de perdre mon tempérament avec ma fille adolescente.
Elle a levé la tête, mais n'a pas osé me regarder dans les yeux.

- Alors voyons... - j'ai commencé - Une femme, dans ce cas précis moi, est arrêtée par l'agent de sécurité de ton lycée. On m'a demandée si j'étais de la famille... La réponse est si simple et ne changera jamais. Cette personne, moi en occurence, est ta mère. Est-ce si dur pour toi d'être vue avec moi?

Elle n'a pas répondu.

- Kawyka, je n'aime pas poser dix fois la même question.
- Non. - dit-elle.
- Voilà qui est fort intéressant. As-tu honte de moi, Kawyka?

Je crois sincèrement que cette question me faisait plus de mal à moi qu'à elle.
Elle a fait une grimace comme si j'étais devenue sénile.

- On t'a donné une langue et le droit de parler. Utilise ce droit à bon escient pour une fois et arrête de me regarder comme si je venais d'une autre planète.
- Non, maman. Je n'ai pas honte de toi.
- Merci. Donc... pourquoi tu n'as pas dit que j'étais ta mère?

Elle n'a pas répondu. Et je ne voulais pas demander quelque chose dont je ne voulais pas connaître la réponse.
J'ai attendu un moment.

- Est-ce parce que je suis noire? - j'ai demandé doucement, s'il pouvait avoir du doucement dans cette affaire.
- Je n'ai pas honte de toi, maman. - elle ne me semblait pas très convaincue pourtant.
- Je ne m'y connais pas énormément en génétique. Mais ce n'est pas parce que tu es sortie de mon corps blanche comme neige que tu es moins noire que ta soeur ou moi.

Elle est devenue toute pâle. Transparente même. Au fait, elle ne me ressemblait pas du tout. Elle était comme son père. Pâle et des cheveux noirs. Même son visage me rappelait son père. Mais j'ai laissé mes souvenirs cachés bien au fond de moi. J'avais d'autres problèmes à résoudre à présent. Et je ne pouvais pas le faire avec des larmes aux yeux.

- Kawyka... je ne vous ai pas élevées, Kawabi et toi, toute seule, pour que tu aies honte de la couleur de ma peau et de tes origines. Que tu le veuilles ou pas, je suis noire, tu es noire, et peu importe ton teint clair. Je suis ta mère, tu es ma fille. Et jusqu'à ce que quelqu'un me dise le contraire, ça ne changera pas.

Elle n'a rien dit. J'ai soupiré.

- Kawabi?
- Oui, maman?

J'ai regardé ma fille de huit ans. Voilà mon portrait craché et tous mes gènes!

- Monte et commence tes devoirs. J'arrive dans peu. D'accord, mon poussin?
- D'accord, maman.

Kawabi a regardé sa soeur aînée quelques secondes, puis est partie en courant.

- Je suis désolée d'avoir vu ça... je suis désolée qu'un jour tu puisses dire à tes amis que je ne suis que la femme de ménage. Je t'ai aimée depuis le jour où tu as été conçue, quand je t'ai portée dans mon coeur pendant neuf mois. Je t'ai aimée le jour où tu es née et que tu étais si petite dans les bras de ton père. Je t'ai aimée quand tu es devenue le plus bel enfant de cette planète. Je t'ai aimée quand tu étais malade, quand tu étais triste, quand tu étais fatiguée, quand tu as fait tes dents. Je t'ai aimée quand tu as dit tes premiers mots, quand tu as fait tes premiers pas, quand tu as commencé à manger toute seule. Je t'ai aimée quand tu étais heureuse. Je t'ai aimée quand je t'ai laissée devant l'école pour la première fois et tu as couru vers moi, en me demandant de ne pas m'en aller parce que j'étais ta maman. Je t'ai aimée quand tu as dit que tu avais beaucoup de nouveaux amis. Je t'ai aimée lors de ton premier baiser. Je t'ai aimée quand tu nous as présenté ton premier copain. Je t'ai aimée quand tu as appris à cuisiner et que tu as failli brûler la maison. Je t'ai aimée quand tu as pris soin de ta petite soeur à la mort de ton père. Je t'ai aimée parce que tu étais mon enfant. Peu importait les problèmes, les pleurs, les larmes, les rires, les sourires... je t'ai aimée chaque jour de ta vie depuis ta création. Et je ne t'aimerai pas moins aujourd'hui parce que tu feras des erreurs toute ta vie et que je suis ta mère. Je suis désolée de te faire honte. Mais je ne vais pas changer non plus. Tu devras m'accepter telle que je suis. Je ne peux pas et je ne veux pas claircir ma peau pour ne plus t'embarrasser. Tu devras apprendre que tu es venue de deux mondes différents... mais que ces deux mondes t'aiment de la même manière.

Kawyka continua de fixer ses chaussures, sanglotante, ses larmes inondant son visage.

- Je suis désolée, maman. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça.
- Je crois que toi aussi, tu as des devoirs? - j'ai demandé gentiment.

Elle a hoché la tête.

- Alors monte. Je sais que tu es très âgée, mais si tu as besoin d'aide, appelle-moi.

Elle a hoché la tête.
Elle a pris son sac à dos et a commencé à marcher vers les escaliers. Mais elle s'est arrêtée. J'ai vu son trouble. Elle avait quelque chose à dire.

- Oui, Kawyka?
- Maman... je suis vraiment désolée... - elle a murmuré, regardant les marches - Je ne voulais pas te blesser. J'ai été stupide. Pardonne-moi.
- Tu n'es pas stupide, Kawyka. Et tu es pardonnée. Souviens-toi juste que tu es ma fille et que je t'aimerai toujours.

Elle a hoché la tête.
Elle est montée et s'est retournée pour me montrer son visage souriant.

- Tu sais, maman? Tu n'es pas noire... tu es jaune!

Elle a commencé à rire et a filé dans sa chambre. J'ai souri, en observant mes bras nus: j'avais désespérément besoin de soleil.

- N'importe quoi! - j'ai crié.

J'ai entendu son rire, accompagné de celui de Kawabi.
Mes filles.
Peau de ma peau.
*

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