samedi, 13 septembre 2008

Santa Fé

b82764a13173d6a4f990dd464315ae23.jpg Je suis Catholique. Je fais Carême.
Et pourtant, toute la médiatisation de la venue de Benoît XVI en France me met mal à l'aise...
Je ne comprends pas. Je suis ravie de voir la jeunesse assumer son côté "catho". Il fut un temps où dire qu'on était Chrétien était mal vu. On se le gardait pour soi, discrètement. On n'en avait pas honte, mais on ne le criait pas sur les toits non plus. On n'avait pas idée de glisser dans une conversation. Et puis, il y a des jeunes qui font du rap religieux, de quoi moderniser le côté archaïque du Catholicisme.
Parler religion est tabou avec ma mère. Elle est devenue très religieuse il y a une dizaine d'années, et j'arrive moyennement à suivre. Et peut-être que je ne veux pas suivre. Mon père spirituel est un jeune archévêque (oui, la petite cinquantaine dans le milieu, c'est très jeune), Don G., et il est plus ouvert d'esprit que ma mère en matière de mon étrange pratique. Parce que j'ai beau être catholique, je ne suis pas une pratiquante modèle. Pourtant Don G. comprend ma démarche spirituelle mieux que quiconque (tant qu'on prie ;-)). Je pense qu'il y a différentes manières de vivre le Christ (et je suis foncièrement, 100% Chrétienne à défaut d'être foncièrement Catholique) et que toutes les manières se valent (tant qu'on respecte autrui).

Là où sa venue me met mal à l'aise (oui, j'y viens !), c'est qu'on donne toute cette place à l'Église Catholique et que les autres religions qui pèsent tout autant n'ont pas cette médiatisation. Du côté de l'Islam, on va parler du premier jour du Ramadan, de l'Aid et du pélerinage à la Mecque. Plus rien. Du côté du Judaïsme, on parle encore moins (à part dans les faits divers et c'est pas joyeux) et on n'a aucune idée de comment (et surtout quand !) sont leurs fêtes religieuses et je trouve ça étonnemment triste.
Laïcs, certes, mais pas ouverts vers l'autre.

Sur ce, la prière de Saint François par le prêtre brésilien Superstar Marcelo Rossi:

Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer,
car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.


mercredi, 03 septembre 2008

Confessions de Ramadan 2008

9f943bbb2c5f7c2bf9f3d6a3d9f3604d.jpg

Je ne suis pas musulmane, mais j'ai fait Ramadan trois fois. Je ne me souviens plus de la dernière fois. Normalement, j'ai besoin de toute une semaine pour me mettre en condition, donc cette année, je ne le ferai pas non plus.
Pourtant, tout comme Carême, je trouve le Ramadan très enrichissant et spirituel pour moi. Le jeun et la privation nous font bien sûr devenir dingues, mais d'un autre côté, on se focalise ailleurs. C'est aussi le moment de prier, de donner grâce et demander pardon. En tout cas moi.
Il n'y a pas un jour qui passe au cours duquel je ne me sente pas coupable d'une manière ou d'une autre et pourtant mon seul péché est d'être moi. Je suis privilégiée, je ne le nie pas, et je cherche souvent des excuses ou des raisons de l'être. Pourquoi moi et pas quelqu'un d'autre ?
Je suis une fille passionnée et je vis mes passions à fond... mais au dépend de mes devoirs malheureusement. Pas des devoirs écrits sur papier... des devoirs moraux... Personne ne m'a demandé quoique ce soit, ces devoirs je me les suis fait moi-même et pourtant je les ai constamment en tête.

Je profite de ce premier jour de Ramadan, où j'ai déjà versé ma dose de larmes, de remercier le Grand Patron tout ce qu'Il m'a donnée, et il ne m'a pas donné peu. Je suis une fille rebelle, mais Il m'aime et je le sais, et mieux encore, me pardonne tout le temps. J'ai peur de Le decevoir plus qu'aux autres ici bas, mais je me rends compte que lorsque je crois que je Le déçois, c'est parce que je suis moi-même déçue de moi et que c'est à moi de trouver des solutions.
Tous les ans, je les cherche. Tous les ans, je les trouve. Et tous les ans encore, je me goure devant la porte...

Je peux m'en sortir et je le sais.
Je ne sais pas que j'attends.