samedi, 22 novembre 2008

{Ma Famille de Dingues} 60 à 63

f9d7509adfad1e5364b38f7d1a3448da.jpg NB: Vous pouvez voir qui est qui par ici !

#63 - Qui plante, récolte... (novembre '08)

Avec ma soeur à Paris, ma mère à Luanda... il y a quelques semaines sur MSN...

Moi: "Tu n'as pas dit ce que tu avais pensé de la victoire d'Obama, ma vieille ?"
Mme le Général: "J'ai pleuré comme si c'était mon cousin ! Et que pensez-vous de Michelle Obama ?"
Moi: "Elle a une pose de première dame. C'est super d'avoir un couple issu d'une minorité, avec distinction, éduqués et sortis de Harvard. Ils ne vont pas nous embarrasser... Ce ne sera pas come certaines de nos ambassadrices qui plantent du jindungo* dans le jardin."
Mme le Général: "Hahahahahahaha."
Jess: "Comment tu peux dire ça ?!"
Mme le Général: "Je vois ce que Jo veut dire. C'est vrai."
Moi: "Ça peut être des mujimbos **, mais les ambassadeurs sont plus souvent nommés par affinité que par compétences... et les femmes de ces messieurs souvent nous embarrassent. Elles vont planter du jindungo et des quiabos*** dans le jardin de la résidence. Avec les Obama, on saura que Michelle ne va pas ler planter dans les jardins de la Maison Blanche."
Jess: "Je suis scandalisée que tu dises quelque chose comme ça ! Qu'ils ne nous embarrassent pas."
Mme le Général: "Le pire, c'est que ça arrive."

Jindungo: petits piments - Mujimbo: rumeur - Quiabo: gombo

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lundi, 17 novembre 2008

{Entre nous} 31 à 32

be59eb91731971ef1784709859de978f.jpg NB: Vous pouvez voir qui est qui par ici! (1 à 25, 26 à 30)

#32 - No comments (novembre 2008)

"Je ne veux pas te perdre... surtout que tu cuisines très bien..."

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dimanche, 19 octobre 2008

L'Année du Mari

86ce42ebec17a788d0c98ad66a72672e.jpg #8 - Conservatrice...

Tous les jours, je me rends compte (entre surprise et effroi) que je suis conservatrice. Très. Je ne sais pas d'où me viennent mes limites et souvent j'ai la sensation qu'elles sont surtout religieuses alors que je n'ai pas été élevée dans la religion, je n'ai pas fait ma première communion et je ne suis jamais allée à l'école du dimanche ! Ma mère est devenue pieuse après que je sois partie, donc ça n'a eu aucune influence sur ma vision du monde. Surtout que j'évite de parler religion avec Mme le Général, on n'est jamais d'accord et c'est devenu tabou entre nous.
Je tiens à signaler que mes limites sont les miennes et que je ne fais qu'admirer ceux et celles qui vivent de manière différente (et plus relax surtout)...
Concernant la famille, un exemple parmi tant d'autres, je veux absolument être mariée avant de fonder ma famille. Mes parents se sont mariés (par procuration) alors que j'avais 3 ans (le jour de leur mariage, ma mère était à Cuba et mon père en Angola...), et je sais que le mariage n'est pas un contrat béton pour certains. C'est dommage et pendant longtemps, je n'ai pas cru au mariage parce que j'ai eu très tôt des preuves que ça ne marchait pas. Mais le temps passant, j'ai changé d'avis... Quelques femmes de mon entourage ont encore moins de sécurité parce qu'elles ont des enfants et ne sont pas attachées au progéniteurs... A tout instant, tout peut s'envoler (ça a déjà été le cas), et il n'y a vraiment rien à faire.
Je sais que c'est contradictoire puisque le mariage n'est qu'un bout de papier après tout, mais je veux croire que le mariage est aussi un lien tout aussi fort que la fondation d'une famille... Je n'ai jamais vécu dans un monde à paillettes gouverné par des fées... Mais je voudrais croire à ces contes-là...
Just for once...

PS: Je ne veux pas de fête. Je veux juste signer et porter une alliance... mais il y a au moins 200 personnes qui ne seront pas ravies de savoir qu'il n'y aura pas de gâteau et repas gratuits...

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mercredi, 30 avril 2008

{Ma famille de dingues} 52 à 59

3388be646841ea75a7323b5d638be8a4.jpgNB: Vous pouvez voir qui est qui par ici!

#56 - Din'Jon I
Aussitôt arrivée, je n’ai pas le temps de m’asseoir pour dîner. Aussie est aux WC et refuse catégoriquement que son père aille la voir. « Je veux Din’jon ! » Mac me regarde et hausse les épaules.
Din’Jon est de retour. I’m on duty.

#57 - Din'Jon II
Cette fois-ci, je suis montée à la crèche de l’entreprise de Mac avec Pats pour chercher Aussie. Le Monégasque tranquille dans son siège (8 kg de bonheur, ce bébé !), nous chaussons nos surchaussures et je suis ma cousine dans les couloirs. Aussitôt que ma nièce me voit, elle esquive sa mère et me saute dans les bras : « Din’Jon » !
Eish, je ne saurais pas dire ce que ma cousine a pensé de cet accueil chaleureux. Ce n’est qu’après l’avoir posée à terre, que la petite court vers sa mère. Ma fille me fait ça, je sais pas quel sera le châtiment :-p

#58 - Din'Jon III
Et « Din’Jon » ? Personne ne sait ce que ça veut dire.
Pats est ma cousine germaine, communément appelée « cousine comme sœur » en portugais. Logiquement, Aussie et le Monégasque sont mes petits cousins (ou cousins de deuxième degré), mais dans notre culture angolaise, à ce niveau-là, je suis leur tante et eux ma nièce et mon neveu. Je suis trop âgée pour n’être que la cousine.
Comme le dit Pats, Aussie a trouvé un moyen de tout mettre dans le même moule : « Din’Jon », ça doit être cousine+tante+baby-sitter, all at once ! ;-) C’est pas plus mal ;-)

#59 - Din'Jon IV
« Je veux Din’Jon ! »
Je ne sais pas combien de fois j’ai entendu cette plainte, mais ma cousine m’a déjà clairement prevenue : « si un jour ma fille disparaît, c’est chez toi que je vais chercher d’abord ! »
Pourvu que rien ne se passe !

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lundi, 31 mars 2008

{Entre nous} 26 à 30

be59eb91731971ef1784709859de978f.jpg NB: Vous pouvez voir qui est qui par ici! (de 1 à 25)

#30 - Bff (mars 2008)
Alors que je parlais avec Krat, il voulait à tout prix savoir la réponse à une question à laquelle je ne voulais pas répondre. Alors il me sort une « mais je suis ton meilleur ami ! » And I was like « ah bon ? » Pas que je veuille être méchante, après tout je l’adore (ne serait-il pas l’homme de mes rêves), mais nous n’avions jamais utilisé les termes « best friends » entre nous.
« Tu es mon meilleur ami ? » je demande.
« Oui ! Je suis peut-être bizarre et étrange, mais je suis ton meilleur ami ! » (pour une fois, je suis d’accord avec vous, c’est kif pareil ce qu’il a dit).
Et à moi de répondre : « Oh gosh, you’re so sweet. »
Vous aurez trouvé mieux ?

#29 - Womankind (décembre 2007)
Moi: "Homme de mes rêves, dis-moi des choses?"
Krat: "Les femmes sont compliquées."
Moi: "Les femmes sont des animaux étranges. Bon sang, qui les a créées?!"
Krat: "Dieu a créé quelque chose de bien, quelque de doux, quelque chose d'aimant, quelque chose avec qui être."
Moi: "C'est sûr. Il a créé le chocolat et les ours en peluche."
(D'accord, je sors...)

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mardi, 04 décembre 2007

{Ma famille de dingues} 40: Le Petit Prince

Mon petit frère, Le Petit Prince, mérite une catégorie à lui tout seul!

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NB: Vous pouvez voir qui est qui par ici!
===

#40.6 - Princesse
Jess demande au Petit Prince: Tu sais ce que se trouve dans le ventre de ta maman?
Lui: Bébé.
Jess: Et comment le bébé s'appelle?
Lui: Princesse.

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lundi, 03 décembre 2007

#16 - Manque de diplomatie ou le Syndrome du Bébis Mochitis Aigu

3388be646841ea75a7323b5d638be8a4.jpg (Je n'ai pas vraiment le temps en ce moment, donc je repioche dans les archives de ma famille de dingues... Souriez! :)


Soyons lucides. J'aime ma tribu, je l'adooore. Mais pour ce qui est de... diplomatie... il n'a pas un qui vaille. Sérieusement. Je suis bien placée pour le dire! Peu importent les ambitions politiques ou financières des uns et des autres, il y a toujours des mots de trop.
Quand vous voyez un bébé, vous devez adopter deux attitudes:
Premièrement, il est mignon: Mais qu'est-ce qu'il est bôooooooooooooooooooooooooooo! Tellement adorable!
Deuxièmement, quand il est pas beau (un bébé n'est pas moche, il est juste pas beau avec grandes chances de le devenir): oh! Mes félicitations! C'est une joie d'avoir un bébé à la maison! Il se ressemble à son père (ou à sa mère, ça dépend de la belle-famille qui félicite)!

Dans ma famille, on souffre du Syndrome du Bébis Mochitis Aigu (SBM). C'est quand le bébé n'est pas si beau que ça, mais qu'on peut pas s'empêcher de le remarquer à haute voix devant les principaux intéressés.

Illustration première:
Quand mon père m'a vue pour la première fois de sa vie (et de la mienne en occurence), j'avais quinze jours. J'étais un laideron, je le nie pas et ça s'est pas arrangé avec le temps. Néanmoins, en tant que père de la créature que voilà, il faudrait avoir du tact. Mais le Philosophe m'a regardée, a regardé ma mère, puis a lancé la phrase qui tue:
"Tu n'as pas honte d'avoir accouché d'un truc aussi petit et aussi laid?"
Moi, à la place de ma mère, je l'aurais flingué, quitte à élever un orphelin. Ou une orpheline dans ce cas. J'étais née avant terme et avec 3.500 kg, un poids normal. Mais c'est sans compter que mon père est né avec 5 kg. A l'époque, on pensait que c'était des jumeaux et c'est le seul qui n'est pas né à la maison. Ma grande soeur est née avec 6 kg. Bien sûr, à côté, je ne fais pas le poids. Je suis chétive. J'étais...

Illustration seconde:
Quand ma première nièce Angola's Next Top Model est née, fille donc de la soeur à 6 kg, c'était une autre histoire. ANTM est née grande prématurée (à 6 mois de grossesse), pesant à peine 1 kg. Même comme ça, mes frères ont eu la délicatesse de surnommer la petite de "macaquinho" (petit singe).
Comme je le disais, non seulement on pouvait garder de telles réflexions pour soi, mais le SBM est plus fort que quelconque bonne manière. Ma soeur était furieuse!
Mais la petite, trois ans cette année, est tellement tellement tellement belle! A présent, le SBM a été remplacé par le SQP: Syndrome du Quandelleseragrandis Tuaurasdesproblèmitis Grave.

Illustration troisième:
Pour la naissance de ma deuxième nièce, La Princesse, fille de mon grand frère Le Diplomate, ce fut au tour de ma grande soeur d'y mettre du sien. C'était sa première nièce, alors à moi le SBM!
La Princesse est née en novembre, un mercredi. Je me souviens parce que j'avais cours de 9h à 20h et quand j'ai eu le premier coup de fil, j'étais à la bibliothèque universitaire.
Premier message, mon père: "La Princesse est née! Le même jour que Junior (deuxième fils de ma soeur, un an)!" Deuxième message de ma mère "On est allé voir le bébé, et ton père et moi, on est arrivé à la conclusion qu'elle te ressemble quand tu es née."
Pour les plus distraits, re-lisez l'Illustration première. C'est une manière détournée de dire qu'elle était pas terrible.
Je parle avec ma grande soeur, une semaine plus tard: "Alors, La Princesse?"
La Parisienne: "Elle est là."
Moi: "Et... à qui elle ressemble?"
Elle: "Tu vois son père? Tu vois sa mère? Hé bein, c'est les deux."
Moi: "Ça veut dire quoi?"
Elle: "Écoute, tu dois la voir pour comprendre."
Sérieux, j'ai eu peur. Je pensais que la petite était née avec un troisième oeil. Et maintenant, elle est si mignonne! Avec les joues de la tribu, certes (comme les miennes), mais mignonne quand même.

Pour le moment, ce n'est que Caramel, le fils du Pilote qui a survécu au SBM, car le bébé est beau! Ciel! Il est tout rose fluo, mais bôooooooooooo! Mais ne le dites pas à mon frère car il souffre du SJE.
Syndrome du Jesuisbeautis Etmonbébémeressemblis Chronique...

dimanche, 02 décembre 2007

{Ma famille de dingues} 1 à 39

3388be646841ea75a7323b5d638be8a4.jpgNB: Vous pouvez voir qui est qui par ici!

#1 : Le nom le plus absurde

A la naissance du Géant, mon père a choisi un nom à rallonge (c'est lui qui a choisi la plupart des noms dans la tribu). Le petit n'avait que quelques jours, que déjà il aurait 5 ans à apprendre ses cinq noms pas courts. Le hic est venu quand j'ai vu qu'il y avait un "&" entre deux des trois noms de famille. J'étais pas contente. Je n'ai que trois noms hâchés, moi aussi je voulais le "&" pour faire style.
Mon père a dit "fais comme moi lorsque j'avais 18 ans. Prends mes documents, ceux de ta mère et va réclamer ton dû". Ah oui, il faut le faire là aussi.
Petite parenthèse. Mon grand-père n'a donné son nom de famille à aucun de ses enfants de peur qu'ils ne lui fassent honte. Mon père, à l'âge de 18 ans, est parti réclamer son patronyme. Du coup, il n'a pas été appelé à reprendre son service militaire parce qu'il avait changé de nom...
Après il me regarde et me lance.
- Tu connais l'histoire de Manuel M**de? (le gros mot, oui...)
Moi, qui connais mon père à peu près bien, je le regarde méfiante. Qu'est-ce qu'il va encore me chanter, celui-là?
- Euh... non?
- Alors je te la raconte. Manuel M**de est allé à la direction d'identification et a dit à la dame: "je veux changer de nom". La dame lui a répondu "oui bien sûr, monsieur. Quel est votre nom?" A Manuel de répondre "Manuel M**de". "Ah oui, je comprends que vous voulez le changer. Et vous vous appellerez comment?" "José M**de".
Je suis restée comme ça :-|. Mon père a souri et s'en est allé.

Le problème, c'est qu'en Angola, ça peut très bien arriver. J'ai des cas dans ma famille proche que la dame a dû boire de la kapuka (alcool domestique fermenté avec des batteries de voiture) et a conseillé des noms pas possible.

Avec la naissance du Petit Prince, mon père a voulu le baptiser "Mbantu". Oui, on est Bantous, mais si mon enfant est l'enfant d'un Slave, je vais pas l'appeler Slave...? Mes soeurs et moi on a dit "oh là, père, pas moyen." Heureusement, la mère de l'enfant aussi. Mais mon père lui a donné le plus absurdes des noms que j'ai entendu, et encore plus à rallonge que le Géant, et a réussi à mettre un "Africa" au milieu.
"Il sera cardinal."
Il m'envoie un SMS et lance "personne n'a voulu Mbantu. Peut-être le prochain?"
Je suis restée comme ça :-| devant mon portable. Le prochain? Il y en aura encore des... prochains?

Les hommes angolais m'épateront toujours. Mon père plus que les autres.


#2 : La première boum
Tout ce que l'adolescente connaissait comme fêtes, c'était celles qui commençaient à 19 heures et se terminaient vers une heure du matin. Mais quand le jour est arrivé où l'invitation disait clairement "de 22 heures jusqu'à ce que la fête termine", elle était toute excitée. Ce serait sa première véritable fête.
Mais le plus grand problème: comment demander l'autorisation à sa mère? Elle avait besoin d'une semaine pour convaincre sa mère, puis elle n'avait qu'à demander à son père de la conduire.
"Mère, je peux aller?"
Sa mère était en plein examens à la faculté de droit. Elle révisait et ne répondit pas.
"Juste un petit mot? Trois lettres?" en espérant être O-U-I... et pas N-O-N...
"Oui. Maintenant, laisse-moi."
L'adolescente est partie dans sa chambre pour sauter tout ce qu'elle voulait! Maintenant, au père! Quand un disait "oui", l'autre ne pouvait pas dire "non". Bonne politique quand le premier disait "oui". Car si le premier disait "non"...
"Père! Conduis-moi à la fête, je veux y aller!"
Son père les conduit, à elle et ses voisins.
"Quand est-ce que je viens vous chercher?" il demanda.
"Vers trois heures?" elle avait même peur de dire une heure aussi obscène!
"Si c'était pour venir te chercher à trois heures, tu aurais dû rester à la maison! Je viens te chercher à six heures, et tu as de la chance!"
Et il est parti. Ah, les grands philosophes...


#3 : Tu dors?
Le grand frère et la petite soeur partageaient la même chambre.
Ils étaient partis se coucher tôt, le lendemain étant jour d'école.
Alors que la petite soeur dormait déjà depuis quelques heures, son grand frère l'appelle:
"Hey, tu dors? Tu dors? Oh oh? Tu dors?"
La petite n'entend rien.
"Heyyyyyyyyyy! Tu dors ou quoi?"
"Je dormais, imbécile! Que veux-tu?" s'écrie la petite.
"Oh... Juste te souhaiter une bonne nuit..."


#4 : Je suis votre chauffeur...
Je ne me souviens plus de la date... de quelle année. Peut-être l'année dernière.
Mon père était venu nous rendre visite, à ma soeur et moi. Il a passé quelques jours à la maison. Un jour, on est allé au resto, on a mangé sur la Comédie. Alors il devait être entre Printemps et Été, car on avait acheté un manteau pour mon père. Ce jour-là, la carte bleue (et pas celle de mon vieux!) a chauffé. Resto, shopping. La belle vie. Ça devait être aussi après Carême, car à la fin de la journée, on s'est acheté des glaces.

A un moment, on était les trois avec des sacs et nos glaces, et j'ai demandé à mon père de tenir mes sacs pour quelques secondes, tout en continuant à marcher. Mon père a pris les sacs, alors que je faisais je ne sais quoi. Il marchait derrière, ma soeur et moi devant. A un moment, mon père qui ne peut pas passer une demie heure sans lancer une vanne ou faire une blague, a lancé:
"On va penser que je suis votre chauffeur. Moi noir et vous, deux Métisses toutes pâles."
Au moment, on a ri. Mon père a tiré sa langue et fait sa tête d'innocent avec un sourire en coin.

Mais en revenant en arrière, ça ne m'a plus du tout fait rire. Cette phrase m'a hantée et me hante encore. "On va penser que je suis votre chauffeur". Il y a des fois, où on prend des sujets sérieux avec humour. Ça passe mieux. Mais après le rire ou le sourire, une lourdeur nous envahit. On se dit "mince alors!". Quoi? Mon père parce qu'il est noir, serait mon chauffeur? Pour qui? Pourquoi? De quel droit? C'est mon père!
"Je suis votre chauffeur"...

Cette phrase aujourd'hui me fait mal, et même si je me doute du pourquoi du comment, je me demande si encore mon père se souvient qu'il a un jour dit ça. Mais c'est plus fort que moi. Je n'arrive pas à zapper. C'est resté bloqué dans mon cerveau et de temps en temps, ça me revient.
On a déjà eu un chauffeur blanc au Portugal. Et ce chauffeur-là, jamais on ne lui demanderait s'il était notre père. On assumerait du fait qu'on soit métisses, qu'il est parti "aux Afriques" déchanter une femme. Mais mon père... ça n'a pas de sens! En plus je suis son portrait craché version féminine, même les grimaces sont les mêmes (du temps qu'il était "grand", ça va de soi!)!

Mon père a le droit d'être mon père sans qu'on se demande s'il est le chauffeur des filles pâles (ou jaune, dans mon cas) ou notre humble serviteur.
Mon père c'est mon père. Point.

Quand je pense à une souffrance cachée, révélée le temps d'une seconde et demie par une blague, ça me fait mal.
Et ce jour-là, j'ai pleuré.


#5 : Tu seras mon père!
Le jour du mariage de mon grand grand frère Le Clown à Luanda (auquel je n'ai pas pu assister car j'étais en examens), je parlais avec mon père au téléphone, et il se plaignait: "maintenant, je suis le père de...! Vous avez vu le manque de respect?!" et il continuait.
Tout d'un coup, je l'ai arrêté.
"Père, il faut que tu t'habitues."
Lui: "Et pourquoi ça?"
Moi: "Habitues-toi car un jour, je ne serai plus ta fille. Tu seras mon père. Tu seras le père de Jo Ann l'écrivain."
Silence.
Lui: "Tu as raison. Et j'ai hâte que ce soit le cas. Je mise sur toi."

Ah la, si ce n'est pas de la tension supplémentaire sur mes épaules. :P


#6 : Débarquements en Afrique du Sud et en France
Mon père Le Philosophe est quelqu'un de spécial. Au premier abord, on dirait qu'il est fou, et quand on apprend à le connaître, on en est convaincu! C'est la personne la plus dingue que je connaisse. Mais la plus pratique (entre autres!).
Quand j'ai été parachuté chez lui en Afrique du Sud, je ne parlais pas un mot d'anglais et avec ma timidité légendaire, je ne faisais pas d'effort pour aligner deux phrases correctement. J'étais vraiment mauvaise au lycée français de Lisbonne, je ne croyais pas que j'allais m'améliorer en Afrique du Sud où il y a ONZE langues officielles! Et il y a l'accent zoulou, l'accent indien, l'accent malais, l'accent afrikaaner, l'accent britannique (bien sûr, j'ai pris le dernier!).
Soit!
Je ne regardais que des chaînes anglophones à Johannesburg (Jo'burg pour les intimes), ailleurs que chez moi et qu'au lycée français, je devais bien me débrouiller.
Une fois, on est sorti et mon père me demande d'aller acheter je-ne-sais-quoi. Mais pour acheter ce je-ne-sais-quoi, je devais demander au vendeur.
"Buaaaaaaaaaaaa, je ne veux pas y aller, je ne sais pas comment le dire, buaaaaaaaaaa", bref j'ai fait ma crise.
Le Philosophe me regarde et attend sagement que j'ouvre la portière et que je prenne mon courage à deux mains. Il gagnait par ma lassitude...
"Tu sais Jo? Qui mieux que les gens du pays pour te corriger? Moi, je ne le ferai pas."
Je l'avais compris! A force, en un six mois, j'ai passé de la classe des débutants au lycée pour atterrir chez les avancés (ceux qui sont courants). Comme si j'avais toujours parlé anglais.

*****

Avant mon départ pour la France et Montpellier pour la première fois, je faisais ma crise (encore). Je n'aime pas voyager toute seule. J'ai horreur de faire des choses seule même si je cherche la solitude (trop psychanalytique tout ça!).
Alors, quand je devais me préparer à venir à Montpell, je ne voulais absolument pas venir toute seule. J'avais peur de ne pas me débrouiller dans une ville ou un pays que je ne connaissais pas du tout. J'ai beau été éduquée à la française depuis 16 ans, je ne connaissais pas le territoire.
Je demande à mon père s'il peut venir avec moi. Il était allé le mois d'avant avec ma grande soeur La Parisienne en France nous chercher (à ma soeur Jess et moi) un logement, une assurance, etc. De retour, il nous a fourni toutes les infos, et Jess et moi on étudiait le plan de Montpellier à fond. J'avais hâte et sacrément peur d'y être! J'allais d'abord, Jess arriverait ensuite avec La Parisienne (qui comme son pseudo l'indique, montait à Paris).
Moi "tu ne veux pas venir avec moi, s'il te plaît! J'ai peur d'y aller seule! Je ne connais personne là-bas! Je ne connais même pas la ville!"
Le Philosophe: "Tu n'es pas muette?"
"Bien sûr que non."
"Tu parles le français mieux que moi, donc, tu y vas!"
"Mais..."
"Tu parles le français, tu as de l'argent en poche, si tu te perds, c'est que vraiment..."
Oui, bon bref.
J'ai débarqué à Montpellier toute seule avec mon excès de bagage (une valise et un sac de voyage qui me suit depuis les États-Unis) et j'ai pris mon courage à deux mains pour recommencer une sixième fois.

Je crois que c'est dans le sang... :D


#7 : Wasabiiiiiiiiiiiii
Lorsque j'habitais encore en Afrique du Sud, je suis allée passer un week-end à Cape Town avec mon père. Janvier 2001. J'ai quitté le lycée le vendredi 13h30 directement vers l'aéroport.
Je ne me souviens plus du tout du vol, à part qu'il a dû être court entre Joburg et le Cap. On n'est pas sortis de l'aéroport que je suivais mon père dans un des bâtiments pour une réunion de travail. Ils ont parlé d'hélicoptères, c'est tout ce que j'ai compris. Les avions et nous, c'est une longue histoire d'amour et de famille. C'est incroyable qu'aucun de nous ne soit né en plein vol!
Enfin bref, je m'étale comme du Nutella sur une tartine!

On nous fait changer d'hôtel, pour le Table Mountain Hotel (je crois que c'est ça, à vérifier), sur le Waterfront Victoria & Albert, juste sur un port. Très belle vue. De la chambre, on pouvait voir la Montagne de la Table, montagne au sommet plat, emblème de la ville. Quand les nuages se posaient, on aurait dit une nappe.
On a visité le Cap de Bonne Espérance, le Cap des Aiguilles, là où l'océan Indien et l'océan Atlantique se joignent et font des vagues en haute-mer. On était au point southernwesternmost du continent africain. Reste à savoir comment traduire ce mot... ce serait le point le plus au sudouest? Aucune idée, ça sonne bizarre en français en tout cas...
Pour aller dîner, on avait énormément de choix au Waterfront (j'ai tellement aimé ce bout de terre, que Cape Town revient souvent dans mes histoires, dont Gazelle). On est allé dans un des nombreux restaurants de poissons, et un d'eux servaient des plats du monde entier. Donc, il fut pour moi temps de goûter au sushiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii! Fallait bien que mon amour pour le sushi naisse quelque part!
J'ai donc goûté, beaucoup aimé, pendant que mon père mangeait je-ne-sais-quoi. J'ai essayé un peu de wasabi du bout de la langue, et j'étais bien contente de savoir que je ne suis pas aussi délurée que je ne le parais et que je fais les choses avec calme. Car le mini-gramme de wasabi que j'ai goûté du bout de la langue m'a fait gonfler les paupières de larmes.
Mon père, à l'époque, était encore costaud, plus de 100 kg pour 1,86 m. Et il mange très bien (c'est un pléonasme). Il regarde mon plat, me demande si ça va, si j'aime. Je ne mens pas, j'adore. Alors il louche sur la chose verte dans le coin du plat.
"C'est quoi?"
"Je ne sais pas. Tu veux goûter?" (c'est vrai, le mot wasabi m'échappait encore).
"Ouais."
Mais mon père, c'est pas moi! Il n'a peur de rien. Alors ce n'est pas un mini-gramme. C'est toute une cuillière qu'il avale! Encore un peu, et mon père décolle comme dans les dessins animés, genre fusée, dû à la surprise. Il boit la moitié de la carafe d'eau et pleure. Je m'éclate de rire. Pliée en deux! Je pleurais tellement je riais.
Mon père me lance un regard et dit:
"Jo Ann, tu es mauvaise!"
"Moi? Fallait pas être gourmand, c'est pas ma faute!" et j'ai continué de rire, tellement la situation était comique.

N'empêche, je doute fort qu'il ait compris la leçon, mon philosophe de père! :D


#8 : Encore un petit pour la tribu
Il y a encore quelques jours, mon frère #2 réclamait du fait que son fils ne voulait pas naître. Que c'était déjà un bandit et tous les jolis noms pour un enfant qui n'était pas encore né!
Ma soeur n'a plus de numéro portable et moi, je n'ai plus de portable tout court. Alors hier, on est allé dîner en ville avec des amis (ça faisait deux semaines que j'avais pas vu ma soeur) et je demande un portable pour squatter avec ma carte sim. Et bonne surprise! Caramel est né! Fils d'un pilote angolais vivant en Afrique du Sud et d'une Mozambicaine. Plus africain que ça, peut pas. :P
Ça nous fait 13 bébés dans la grande tribu, 5 dans ma tribu depuis 2003.
Elle est pas belle la vie?
A mon grand frère (qui eut cru que l'ancien Casanova serait un chef de famille exemplaire?) et ma belle-soeur, de milliers de baisers de l'autre bout du monde!


#9 : L'éloignement ingrat
Je suis une fille à famille.
Quand je dis ça, c'est que ma famille est très importante à mes yeux, même si je suis loin et je ne les vois qu'une fois par an. Mais ma tribu est ma fierté (entre autres). Il y a des spécimens bizarres (serait-ce redondant?), tellement différents les uns des autres, c'est à se demander si c'est réellement le même sang qui circule dans nos veines à tous.
J'ai vécu des phases où on était nombreux sous le même toit, où on était qu'un tiers, où j'étais seule... Mais à chaque regroupement familial, quand les autres s'en vont, c'est un vide qui se crée autour de moi. Je n'aime pas voir mes frères et soeurs partir.

Mais le pire dans tout ça, c'est un éloignement nécessaire mais qui nous pèse, et qui me pèse à moi plus qu'à d'autres. Un éloignement ingrat qui me fait que je m'éloigne sentimentalement de ma famille, même sans le vouloir, et en souffrir. Ces dernières années, depuis que je suis arrivée en France, je ne compte plus le nombre de mariages et de naissances que j'ai manqués. J'ai tout raté, je n'ai rien vu.
J'observe l'évolution de ma famille, de mes frères et soeurs de loin, très loin. Je regarde les photos et je vibre à distance. Je suis coincée. Mais le problème, c'est que même si on sait pourquoi je suis absente, c'est comme une blessure béante. On le comprend, mais on ne le comprend pas.
Je vais encore rater les Fêtes de Noël! Misère!
Je vais encore rater un mariage! Misère!
Encore un petit est né! Misère!
Et je suis là.
Si ce n'est pas mon titre de séjour qui n'arrive pas à temps pour Noël en famille, c'est un examen qui tombe pile poil le jour du mariage de mon grand frère.

Ma famille ne me connait plus. Ne se souvient plus de mon visage. Aux mariages, les cousins, oncles et tantes se demandent s'il n'y a pas des membres de la famille qui manquent. Et si par hasard... oh oui! Jo n'est pas là. Mais ce n'est pas une surprise, elle n'est jamais là!
Au téléphone, avec ma belle-mère, le jour du premier anniversaire de mon petit frère "si on ne part pas en France, tu ne connaitras jamais ton frère." On en rit. Mais je veux pleurer.
Avec un cousin, qui lui est en Irlande "quand rentres-tu à Luanda?" "Je ne rentre pas pour Noël, comme d'hab." "Mais, tu ne veux plus rien savoir de ton pays ou quoi?"
Comment leur dire? Noir sur blanc? Que si je n'ai pas de titre de séjour, il est inutile que je m'aventure hors des routes de l'Union Européenne? Comment leur dire que s'ils se décident de se marier en Mai, je suis en plein examens? Non. Ils ne comprennent pas. Ils me lancent "tu n'as qu'à choisir une meilleure date pour tes examens."
Ils le font exprès? Ou pas vraiment?

Maintenant, j'ai une étiquette. Je suis celle qui n'est jamais là.
Quand on parle de Jo Ann, la fille du Philosophe, on demande "c'est l'écrivain?"
Je vais me faire une image de marque. Make myself desire est un concept. Le mystère autour de la fille du Philosophe, écrivain là-bas en France.

Au moins ça de pris.
Ils me font de la pub.


#10 : De travers?
Je ne sais plus de quoi on discutait, mon père et moi. Mais je me souviens que je vivais encore chez lui en Afrique du Sud.
A un moment donné, il me regarde avec cet air fatigué et incrédule à la fois, se demandant de tous ses enfants, pourquoi j'étais comme ça. Et il me lance, avec une extrême patience:
"Tu sais, Jo? Je ne sais pas comment on s'est pris, ta mère et moi. Mais on t'a sûrement fait de travers"...


#11 : Gène de l'écriture?
En parlant de livres avec mon frère #2, Le Pilote, il me confie qu'il avait commencé à écrire un roman il y a quelque temps, sur la jeunesse angolaise. C'est quelque chose qu'il ne m'avait jamais dit, et ça m'a étonnée. Franchement.
Mais je ne sais pas vraiment pourquoi... Mon père ce Philosophe a écrit un roman qu'il disait être trop violent (je n'ai jamais mis la main sur le manuscrit) dont le nom était alléchant. Avec le don que mon père a de raconter des histoires, je serai sa fan, mais...
Ma grande soeur, la Parisienne, écrit aussi. Ce qu'elle écrit, je ne sais pas vraiment. Mais la vérité est qu'elle et moi, on se ressemble beaucoup, physiquement et pas seulement.
Ma soeur Jess écrit depuis des années maintenant une saga. Je suis fan. A peine avait-elle terminé une page que je la lisais. Et j'en profite pour lui faire de la pression car depuis l'année dernière (je crois), je n'ai rien lu.
Il y a quelques (longues) années, elle et moi, on avait écrit une histoire à deux, d'une naïveté, ouh la! Mais c'était amusant...

A présent, je me demande... est-ce que le gène de l'écriture existe?
Si oui, c'est la faute à mon père! :P


#12 : Ma mère et la tunique

Pendant les grandes vacances 2004, je n'ai pas quitté les jupes de ma mère pendant un mois et demi. J'ai été son ombre, sans plus, ni moins! On a décollé et atterri 20 fois, que ce soit des Lockheed ou des Jumbo Set, dans la brousse angolaise comme dans la société moderne qu'est l'Afrique du Sud.
Alors, à Sandton, banlieue de Johannesburg (vous saurez que personne saine d'esprit vit au centre-ville de Jo'Burg, à moins d'être suicidaire), on squatte dans la maison de mon père. Et qui dit vacances et Sandton, dit aussi Sandton City (centre commercial) et shoppiiiiiiiiiing. Le Ciel est témoin: je hais le shopping! Mais j'ai suivi ma mère (pas que j'aie réellement le choix...).
Ma mère regarde de tout, prend de tout, moi je sers de penderie dans ses boutiques préférées, je traîne et je traîne derrière elle, avec une grimace de celui qui va à un enterrement, y mettant toute ma mauvaise fois.
A un moment, ma mère me lance: - Tu ne veux rien?
- Nah, merci.
- Tu es sûre?
- Oui.
Quelques instants plus tard, elle revient à charge.
- Tu ne veux vraiment rien?
- Non, ça ira.
Mais en passant pour aller vers les caisses, je tombe sur mon péché de vanité: une tunique blanche (et des tuniques blanches, j'en ai à la pelle, une pour tous les jours de la semaine). Je tombe en amour, je prends le seul 38 et je veux aller payer. C'est sans compter avec ma mère qui me lance "là dans ton pays, où est-ce que tu vas mettre ça? Tu vas y arriver en plein Automne? C'est pas raisonnable..."
C'est à vous dégoûter de la tunique et la reposer. Mais je l'achète (c'est elle qui achète, mais c'est tout comme) et on continue encore. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, j'ai fini par m'acheter trois pantalons sudafs (j'adore la coupe des Kelso!).
Terminée la séance, on rentre à la maison et ma mère se met à essayer ses affaires. Elle est comme ça, ma mère. Elle achète ce qu'il lui plaît. Ça ne lui va pas, elle donne à son entourage. Et soudaaaaaaaaaaain, je regarde BBC Food en bas que ma mère m'appelle. Je rentre dans la chambre: elle avait essayé ma tunique!
- Ah, non non non. - j'ai commencé.
- Quoi? - elle a demandé - Elle me va bien, non?
- Nah nah! C'est ma tunique!
- Écoute, demain on y retourne et tu achètes une pour toi.
- Nah nah. C'est le seul 38. C'est même pas la peine.
- Moi j'aime bien. Et puis, tu pars en France, il va faire froid et...
Elle m'a déjà eu tellement de fois, ma mère! Elle est forte à ce jeu-là! Mais il était hors question, c'était ma tunique!
De toute façon, on y retourné le lendemain, elle a vu une tunique pour elle et j'ai pris une deuxième plus longue pour moi. Ce sont mes tuniques fétiches.
Si c'était pas ma mère... :P


#13 - Foot à l'hollandaise

L'année dernière, juste avant les concerts de Live-Aid, deux de mes cousins, Kat 1 et Kat 2, sont apparus dans le journal Irish Times à Dublin.
Cette fois-ci, un des cousins de ma tribu, hollandais, je peux donner son vrai nom car après tout, c'est marqué dans la vidéo, a été interviewé par RTP (la télé publique du Portugal). Il m'a envoyé l'extrait "hey cousine, regarde, je suis passé à la télé!" et en le voyant, j'étais suprise.
Je n'ai pas vu Don depuis perpète-les-bains, depuis la dernière fois qu'on a stationné en Hollande. C'est en portugais, désolée, mais on fait ce qu'on peut. De toute façon, j'adore mon cousin mais il parle le portugais comme un miroir cassé!
Là, c'est à l'entraînement des Palancas, l'équipe angolaise de foot. Au match Angola vs. Portugal le 11 juin, désolée pour la famille au Portugal, mais c'est l'Angola que mon cousin supportera.
Olé!


#14 - Mon frère s'y met
Avec mon frère Le Diplomate (ex-Le Clown):
- C'est quoi blog?
- C'est quoi la différence entre weblog et photolog?
- C'est quoi...
Enfin bref, j'ai eu le mérite de bien lui expliquer la chose car...
- Je veux un truc à polémique...
- Au ministère, je n'ouvre même plus la bouche, les professeurs ont du mal à me suivre.
- J'ai beaucoup de tourments...
- J'ai énormément de choses à dire...
Et à propos du titre? 100 kigilas (Kigila veut dire problème en Angola).
Lui: Mais ce n'est pas 100 kigilas (sans problèmes), parce qu'il y en aura.
Jess & moi: Oui, mais on peut utiliser Cent et Sans (en portugais Cem et Sem) Sans kigilas veut aussi dire sans tabous. Donc, ça fait Cent problèmes sans tabous en 2 mots.
(à l'Élie Kakou: Tu as compris le coup, ou tu veux que je t'explique?)
Trois langues! (Jess est partie à la recherche du kebab perdu)
Lui: Et tu vas me traduire mes textes en français.
Moi: Hein?
Lui: Je vais le faire en trois langues.
Moi: Ah... tant que tu n'écrives pas des testaments.
Lui: Non. J'aime pas écrire beaucoup.
Ah, quelqu'un qui a échappé au gène de l'écriture.


#15 - Les dessous de la Coupe du Monde
Avec une famille pareille, je suis bonne pour l'asile.
Jess m'a dit il y a quelques jours: "je pars à Cologne pour le match Angola vs. Portugal. Je vais par l'ambassade d'Angola."
Ça commence bien. Je lis sur son blog une des raisons d'aimer son père (occasionnellement le mien), la réplique du Philosophe:
"J'ai deux tribunes. Ambassade d'Allemagne."
Hmm. A qui mieux-mieux?
Et moi? Par quelle ambassade je vais? Est-ce que je vais?
MOI AUSSI JE VEUX Y ALLER!!!
J'ai pas de Master Card.
Useless!

Update: voyage annulé pour les deux. Reporté.
Angola vs. Mexique, le 16 à Hannovre.
Bien sûr c'est pas le Portugal. Mais:
1: Jess peut déménager tranquillement.
2: Mon père a le temps de renouveler son visa.
3: Je peux aller? S'teuplaît...


#16 - Manque de diplomatie ou le Syndrome du Bébis Mochitis Aigu
Soyons lucides. J'aime ma tribu, je suis fière d'elle. Mais pour ce qui est de... diplomatie... il n'a pas un qui vaille. Sérieusement. Je suis bien placée pour le dire! Peu importe les ambitions politiques ou financières des uns et des autres, il y a toujours des mots de trop.
Quand vous voyez un bébé, vous devez adopter deux attitudes:
Premièrement, il est mignon: Mais qu'est-ce qu'il est bôooooooooooooooooooooooooooo! Tellement adorable!
Deuxièmement, quand il est pas beau (un bébé n'est pas moche, il est juste pas beau avec grandes chances de le devenir): oh! Mes félicitations! C'est une joie d'avoir un bébé à la maison! Il se ressemble à son père (ou à sa mère, ça dépend de la belle-famille qui félicite)!

Dans ma famille, on souffre du Syndrome du Bébis Mochitis Aigu (SBM). C'est quand le bébé n'est pas si beau que ça, mais qu'on peut pas s'empêcher de le remarquer à haute voix devant les principaux intéressés.

Illustration première:
Quand mon père m'a vue pour la première fois de sa vie (et de la mienne en occurence), j'avais quinze jours. J'étais un laideron, je le nie pas et ça s'est pas arrangé avec le temps. Néanmoins, en tant que père de la créature que voilà, il faudrait avoir du tact. Mais le Philosophe m'a regardée, a regardé ma mère, puis a lancé la phrase qui tue:
"Tu n'as pas honte d'avoir accouché d'un truc aussi petit et aussi laid?"
Moi, à la place de ma mère, je l'aurais flingué, quitte à élever un orphelin. Ou une orpheline dans ce cas. J'étais née avant terme et avec 3.500 kg, un poids normal. Mais c'est sans compter que mon père est né avec 5 kg. A l'époque, on pensait que c'était des jumeaux et c'est le seul qui n'est pas né à la maison. Ma grande soeur est née avec 6 kg. Bien sûr, à côté, je ne fais pas le poids. Je suis chétive. J'étais...

Illustration seconde:
Quand ma première nièce Keyla est née, fille donc de la soeur à 6 kg, c'était une autre histoire. Keyla est née grande prématurée (à 6 mois de grossesse), pesant à peine 1 kg. Même comme ça, mes frères ont eu la délicatesse de surnommer la petite de "macaquinho" (petit singe).
Comme je le disais, non seulement on pouvait garder de telles réflexions pour soi, mais le SBM est plus fort que quelconque bonne manière. Ma soeur était furieuse!
Mais la petite, trois ans cette année, est tellement tellement tellement belle! A présent, le SBM a été remplacé par le SQP: Syndrome du Quandelleseragrandis Tuaurasdesproblèmitis Grave.

Illustration troisième:
Pour la naissance de ma deuxième nièce, Inês, fille de mon grand frère l'Ex-Clown, Diplomate-to-be, ce fut au tour de ma grande soeur d'y mettre du sien. C'était sa première nièce, alors à moi le SBM!
Inês est née en novembre, un mercredi. Je me souviens parce que j'avais cours de 9h à 20h et quand j'ai eu le premier coup de fil, j'étais à la bibliothèque universitaire.
Premier message, mon père: "Inês est née! Le même jour que Mauro (deuxième fils de ma soeur, un an)!" Deuxième message de ma mère "On est allé voir le bébé, et ton père et moi, on est arrivé à la conclusion qu'elle te ressemble quand tu es née."
Pour les plus distraits, re-lisez l'Illustration première. C'est une manière détournée de dire qu'elle était pas terrible.
Je parle avec ma grande soeur, une semaine plus tard: "Alors, Inês?"
La Parisienne: "Elle est là."
Moi: "Et... à qui elle ressemble?"
Elle: "Tu vois son père? Tu vois sa mère? Hé bein, c'est les deux."
Moi: "Ça veut dire quoi?"
Elle: "Écoute, tu dois la voir pour comprendre."
Sérieux, j'ai eu peur. Je pensais que la petite était née avec un troisième oeil. Et maintenant, elle est si mignonne! Avec les joues de la tribu, certes (comme les miennes), mais mignonne quand même. Quand je parle à mon frère, il dit qu'elle est aussi grande que sa mère...

Pour le moment, ce n'est qu'Alessandro, le fils du Pilote qui a survécu au SBM, car le bébé est beau! Ciel! Il est tout rose fluo, mais bôooooooooooo! Mais ne le dites pas à mon frère car il souffre du SJE.
Syndrome du Jesuisbeautis Etmonbébémeressemblis Chronique...


#17 - Désoeuvrées...
Voilà ce que Jess et moi faisons, un dimanche 11 juin, 04h50 du matin, en train de regarder Jamel 100% Debbouze en stéréo, nos micros allumés sur MSN Messenger (option: écrire avec la souris!)...

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#18 - L'homme de match!
Contrairement aux croyances et malgré l'excellent travail de João Ricardo (les enfants naissants aujourd'hui en Angola doivent porter son nom, je crois que j'ai trouvé mon potentiel!), je veux faire mon hommage à mon cousin adoré, Don, m'avait proposé de m'avoir des tickets pour le match. C'est pour cette seule raison que j'ai quitté Montpellier. Mais en arrivant à Hannovre, après les premières entreintes entre cousins qui ne se voient pas depuis une dizaine d'années, il me dit "il n'y a pas de tickets".
Je suis restée bouche bée. Je me suis dit qu'il est plus Hollandais qu'Angolais, donc il l'aurait déjà dit au téléphone, lui qui m'a appelée dè 8h du mat pour me souhaiter bon voyage, vers 15h pour dire qu'il m'appellerait quand il arriverait... tout ça pour... ça?
Alors il me dit: Cousine, je n'ai pas pu avoir ton ticket. Alors je te donne le mien.
Je suis restée bouche bée.
Moi: Tu n'es pas sérieux?
Lui: C'est vrai.
Moi: Je ne peux pas prendre ton ticket.
Lui: Cousine, prends mon ticket, je vais voir le match sur écran géant. Et toi, tu vibres pour moi, d'accord?
Moi: Mais...
Lui: On ne dit plus rien. C'est mon cadeau d'anniversaire. Vas-y pour moi.

Je vous dis clairement. Je ne sais comment lui dire combien je l'aime et comment le remercier.
Hier soir, j'ai pleuré, mais aucunement de tristesse.


#19 - La demande en mariage...
Chez nous, la tradition veut qu'on fasse la demande en mariage en famille.
Je trouve ça beau. Vraiment.
Le fiancé, accompagné de ses parents (ou grand frère, oncle...), va chez la (probable) belle-famille. Il parle aux parents (plutôt à la figure paternelle) des souhaits de demander leur fille en mariage. A priori, ce n'est que tradition, car au moment d'y aller, tout le monde est déjà d'accord. Imaginez bien un "non" retentissant!
C'est une marque de respect.
Mon père et la mère de mon frère le Pilote, plus notre grand frère le Diplomate, sont allés au Mozambique la semaine dernière pour demander la main de la Lady in Red (mère de mon cutie pie de neveu).

C'est émouvant... Don Juan se marie. Qui l'eut cru!


#20 - Ma mère et les mocassins
Je ne rigole pas.
Après la tunique, toujours en Afrique du Sud, ma mère doit se rendre chez le médecin. Et elle met mes mocassins, beiges, confortables, impec pour la marche. Au retour, elle me lance: "J'aime bien ces mocassins."
Je m'en serais doutée...
Elle: "Je vais rester avec ceux-là, et tu en rachètes à Montpellier."
Si ce n'était pas ma mère...
Le problème, c'est que pour acheter des vêtements en Angola, il faut se ruiner. Des femmes partent au Brésil, en Afrique du Sud, aux États-Unis et au Portugal, achètent des habits en excès de bagage, et les revendent deux fois le prix à Luanda. C'est moins cher aller en Afrique du Sud (à même distance que Paris-Montpellier en TGV) faire son shopping, au moins une fois l'an. Alors quand ma mère dit "tu rachèteras à Montpellier", c'est presque perdu d'avance.
Alors je souris: "J'ai acheté ces mocassins à Lisbonne." Elle: C'est vrai?
Moi: Et oui. (j'y suis même allée avec mon grand frère)
Elle: C'est dommage.
Hmm... je vais m'acheter des ballerines neutres avant de quitter Montpellier. Histoire d'occuper le moins d'espace possible dans ma valise de cabine, et laisser mes mocassins reposer. J'entends déjà la voix de ma mère.
"Tu rachèteras à Montpellier..."

Je n'ai qu'à les acheter à Amsterdam, tiens...


#21 - Café? Chocolat?
En décembre 2004, mon père, Jess, le Géant et moi, avons pris la route pour le Portugal. Une quinzaine d'heures en voiture de Montpellier à Lisbonne. Des histoires, il y en a. Quand on est avec le Philosophe, il y en a toujours.
Dans la tournée des visites de la famille, on est arrivé chez une cousine qui venait d'avoir un bébé.
Son histoire est adorable: elle est avec le même garçon depuis l'âge de 14 ans. Ses parents ne le voulaient pas dans la famille, mais 14 ans plus tard (et oui, on a la tête dure), ils se sont mariés. Dix mois plus tard, naissait le premier enfant.
Le mari de ma cousine a un surnom très simple: Café. Pas compliqué, hein?
Il nous demande ce qu'on veut boire (il y a d'autres membres de la famille, dont une autre de mes cousines, enceinte, qui venait d'arriver d'Australie), mon père demande "de l'eau s'il te plaît, Cacao."
Mais Café ne dit rien. C'est quelqu'un de très discret. Je crois que je ne me souviens pas de sa voix. Moi, à côté, je rougis.
Moi: Pssssssst!
Mon père me regarde: Quoi?
Moi: Ce n'est pas Cacao. C'est Café.
Lui: Ah bon?
Moi: Oui!
Lui: Je savais pas.
Quand Café revient avec l'eau, mon père sourit et dit:
"Merci Cacao."

:|

PS: le linge est lavé, il est 04:26, je peux aller dormir. Bonne nuit!


#22 - Entre mères
Au mariage de mon frère Le Diplomate, il y a ma mère Le Général et la mère de mon frère Dona E.
Le Général: Je viens vous féliciter, Dª E.
Dª E: Félicitations à nous deux, Dª F. C'est notre fils.

So sweet!


#23 - Lignes croisées
Samedi soir dernier, j'étais de sortie avec ma grande soeur, La Parisienne. Dans sa voiture, vers 23h, ma mère m'appelle.
Le Général: Vous faites quoi?
Moi: On se balade en ville avant d'aller en boîte.
LG: Dis à ta soeur que je n'ai pas oublié que je lui dois de l'argent.
Moi: Ma mère me dit de te dire qu'elle n'a pas oublié qu'elle te doit de l'argent.
La Parisienne: Quel argent?
Moi: Mère, elle ne s'en souvient pas. Ça ne fait rien, je me souviens pour elle. Je le garde.
LP: Non, maintenant je m'en souviens!
Moi: On peut pas dire que je n'ai pas essayé.


#24 - Si jeune...
Ce matin vers 5h, alors que j'étais en train d'éteindre l'ordinateur, les portables ont sonné. Un message pour chaque. C'était un message sans message, venu du portable de ma soeur.
Je suis allée me coucher, et en me réveillant (Tequila était venue, sinon j'aurais dormi jusqu'à pas d'heures), j'ai appelé ma soeur.
Moi: Tu as envoyé un message au petit matin?"
La Parisienne: Moi?! C'est le Terroriste (son fils)! A 5h, il a quitté son berceau et est venu derrière moi! Il a commencé à jouer avec le portable et a envoyé des messages à tout mon répertoire!
(Je me suis éclatée de rire)
Elle: Tu ris?! C'est pas drôle! Depuis ce matin je reçois des appels me demandant ce qu'il se passe! La honte! Je regarde ce gamin et je ne sais pas ce que je vais faire avec lui!
Détail: Le Terroriste n'a qu'un an.


#25 - Logique implacable
Ma soeur aînée (toujours La Parisienne) est d'une logique.
Après deux semaines extrêmement occupée à mon retour du Moxico (deux semaines? Déjà?), et avec mon départ retardé (mea culpa), ma soeur m'envoie un SMS qui dit:
"Pour que tu ne pourrisses pas chez toi, viens m'aider. Viens travailler."
Moi... travailler?
Moi: "Je suis en vacances et tu veux que j'aille bosser avec toi?"
Elle: "Bien sûr, tu as terminé l'écriture de ton livre non? Alors viens."
Moi: "Combien tu me paies?"
Elle: "T'es en vacances, t'as pas de salaire."
Moi: "Quoi? Je suis en vacances, je vais travailler, et je ne vais pas recevoir de salaire parce que justement je suis en vacances? T'es d'une logique..."
Elle s'eclate de rire.
Moi: "Tout ce qui est Vonas, je me méfie. Franchement."
Elle: "Tu oublies que tu es une..."
Moi: "Justement..."


#26 - Ma famille tout court
Je suis consciente que le modèle de tribu genre la mienne peut être rare en Occident, mais c'est relativement commun en Angola. Nous sommes 9 frères et soeurs de quatre mères différentes. Mais mes soeur et frères aînés, sont les aînés d'une tribu de 12. Et si on voit leurs frères et soeurs, il y en a dans les 24 encore (je crois)... C'est une chaîne presque infinie, de composition, recomposition, décomposition.
Chez nous, la polygamie est interdite. Notre tribu, c'est une histoire de destinée(s).

Aujourd'hui, c'était l'anniversaire de la mère de mes aînés. Depuis ce matin, j'étais sur la route en train de faire les courses avec La Parisienne et Le Diplomate pour le déjeuner BBQ chez Mme E. On a fait 6 heures de route rien qu'à l'intérieur de la ville de Luanda! On aurait dit qu'on était partis dans la province de Bengo (qui entoure la province de Luanda) pour faire les courses! Sur la route, on a acheté les journaux de notre père.
Puisque c'était sur le chemin, nous avons déposé les journaux et mon père a profité d'une distraction de ma belle-mère (La Miss), et nous a mis le Petit Prince dans la voiture. Le Petit Prince est un petit garçon adorable. Il a un an et demi, et le pauvre s'est vu parachuter au milieu de gens bizarres (quelques-uns de ses 8 frères et soeurs aînés!).
En résumé, l'enfant de la quatrième mère a passé la journée chez la première mère. A un moment, il mangeait dans les bras de la Parisienne. C'était mignon. L'aînée de la fratrie de 30 ans et le tout petit dernier de 17 mois.
Le déjeuner vient juste de se terminer. Il est minuit. Et j'ai eu une excellente journée.

Dans la voiture, je disais à La Parisienne et au Diplomate "dans quelle famille je suis née, sérieusement?"
Et les deux ont répondu "Il n'y a pas de meilleure famille que celle-là..."

Et je suis tout à fait d'accord.
Avec nos défauts et nos folies, c'est ma famille de dingues.
C'est ma famille tout court.


#27 - Quand je serai grand...
Quand je suis rentrée il y a trois semaines (déjà?), j'avais ce que je croyais être une panne de frigo, je me plaignais à mon père par SMS.
"Buaaaaaaaaaa, il manque ci, il manque ça..."
Alors mon père me dit:
"Quand je serai grand, moi aussi je veux un père et je vais pleurer tout le temps"...


#28 - Réveil en douceur
Je ne supporte pas me réveiller avec de la musique ou de la radio. Ça me met de très mauvaise humeur! Je peux même haïr ma chanson préférée, c'est dire (c'est aussi un message codé à l'égard de Lady Jay qui prépare un mauvais coup).
Quand on était petit en Angola (ça n'est pas arrivé ces vacances, quel soulagement!), Mme le Général avait une manière particulière de nous réveiller. Nous habitons un 10° étage sur une avenue très affluente. Le plus on monte, le plus de bruit on entend. On ne connaît pas la loi scientifique pour les ondes de propagation du son, mais 20 ans après, on la connaît par coeur. Alors, sur cette avenue principale ultra-prisée par les kandongueiros (taxis collectifs bleu et blanc, minibus), il y a énormément de bruit.
A ne pas le faire à la maison, ça demande de la technique militaire, ce réveil!

1 - Mme le Général arrive dans la chambre et éteint la clime, ce qui en soi, est déjà mauvais signe...
2 - Mme le Général ouvre la fenêtre. Tout le bruit de l'avenue monte comme si c'était une autoroute dans la chambre! C'est infernal.
3 - Mme le Général s'en va allégrement, laissant la porte ouverte.
3.1 - Détail: elle a toujours tous les postes de radio allumés dans la maison (chambre, cuisine, salon, salle de bains...), c'est sa manière à elle de combler le silence des chambres vides. Pendant les vacances, je passe mon temps à les éteindre, cesdits postes!
3.2 - Donc, elle laisse la porte ouverte, on entend la radio. Si au début je ne supporte pas me réveiller avec la radio, me réveiller avec le jingle des infos de la radio nationale m'achève.
4 - Nous n'avons plus d'autre choix que de nous lever... de très mauvaise humeur. Franchement.

Ma mère a une mémoire sélective très pointue (comme nous tous, d'ailleurs). Elle ne se souviendra jamais de ça. Elle le fait par automatisme. Se lever après 13h, c'est inconcevable (alors qu'on est tous nocturnes dans la famille, DONT elle!).
Mon père dit: se réveiller de cette forme, c'est de la méchanceté...
Tu m'étonnes...


#29 - Rencontre du Troisième type
Il a très très longtemps, au lycée en Afrique du Sud, j'avais une amie. Cette même amie c'est JayJay (ou lady Jay, c'est selon) qui depuis est devenue mah best buddy.
Une fois, il y a tout aussi longtemps, Lady Jay dormait à la maison. Son père vient la chercher à la maison. Et fait extrêmement rare, mon père, ce grand philosophe, était à la maison. Alors je demande à M. BabaJay ("baba" veut dire papa) s'il veut rencontrer mon père. M. BabaJay dit bien sûr et il est rentré. Ensuite, Jayjay et moi on a eu l'épisode le plus surréaliste de l'histoire des rencontres!

Philosophe: Votre fille est très gentille.
BabaJay: Votre fille est très sympa.
Philosophe: La maison est toujours ouverte si elle veut passer ici quelques jours.
BabaJay: Votre fille connaît le chemin de la ferme, on sera toujours heureux de la recevoir.
Philosophe: Nos filles s'entendent très bien.
BabaJay: Oui, elles sont très amies...

And so on...! Lady Jay et moi on s'est regardées, presque désespérées!
Depuis, c'est resté. Chaque fois qu'on parle de la rencontre entre nos parents, celle-là est d'anthologie!
Il fallait y être pour y croire!


#30 - Oui, Mère!
Il y a deux jours, Cocktail Molotov est rentrée de Londres. Lady Jay ne connaissait pas Molotov. Alors quand je lui ai dit que j'allais lui présenter quelqu'un de plus fou qu'elle sur Terre, elle n'y croyait pas. Avec ces deux folles, je me sens saine d'esprit et d'une lucidité incroyable, c'est dire!
Nous avons alors décidé d'en profiter au maximum et de célébrer dans notre restaurant préféré: le Sushi Boat.
A la fin d'un copieux et savoureux repas, nous avons décidé de faire un tour dans l'Écusson. En marchant dans les ruelles qui mènent au Carré Sainte-Anne et je me suis souvenue, il y avait deux ans, que dans ce même emplacement, Molotov et moi venions de manger au Sushi Boat et on marchait sans but, lorsque ma mère m'appelle. Il était 23h passées.
Le Général: Tu es où?
Moi: Je suis avec Molotov en ville.
Le Général: A cette heure-là? Je me disais bien que quelque chose ne tournait pas rond, je le sentais! C'est pour ça que j'ai appelé à cette heure!
(Ma mère appelle toujours vers 23h...)
Le Général: Rentre tout de suite, c'est dangereux! Et en plus ton quartier!
(Je ne me suis jamais sentie plus en sécurité que dans mon quartier au centre-ville)
Moi: Il y a plein de gens dehors encore, tout est éclairé, on aurait dit jour.
(C'était vrai... c'était une Fête de je-ne-sais-qui, il y avait plein de monde dans les rues!)
Le Général: Tu rentres tout de suite! Je te rappellerai.
J'éteins le téléphone et je regarde Molotov: Ma mère m'a dit de rentrer.
Je suis encore si étonnée qu'on s'éclate de rire.
On a fait encore quelques pas, mais peu importe mon âge (avancé) et le fait que ma mère se trouve à l'autre bout du monde. On revient sur nos pas, lentement, et on rentre à la maison.
En racontant ça à Lady Jay, Molotov lance qu'on est sûrement les dernières filles du monde dans les twenty-something à obéir à leurs mères de si loin!

Ma mère est Mme le Général, de près ou de loin, vous croyez vraiment que je vais me rebeller? Moi qui en a déjà payé les frais? Jamais de la life! :P


#31 - La revanche de la couche
Lors de notre journée chez Mme E, la mère de mes aînés, nous avons eu droit de kidnapper Le Petit Prince. Ou plutôt, mon père a profité de la distraction de ma belle-mère La Miss pour mettre le petit dans la voiture.
La journée s'est à peu près bien passée (même si en lui donnant à manger il a laissé tomber des haricots à l'huile de palme sur mon pantalon de lin beige tout neuf), et on a réussi à le faire un peu oublier ses parents, le faisant jouer avec les autres enfants et en lui donnant à manger (cet enfant est un énorme puits sans fond! Il mange deux fois sa taille!)...
A un moment, ma belle-soeur L'Américaine était dans une des chambres avec ma nièce, mon frère Le Géant était là aussi avec les filles de Mme E. Je veux changer les couches du Petit Prince quand le Géant lance un: "Mais tu sais changer des couches, toi?"
Pour ceux qui disent que j'ai un regard méchant, imaginez mon regard à ce moment-là. Je n'ai même pas répondu.
L'Américaine: "C'est une baby-sitter, bien sûr qu'elle sait changer des couches!"
Le Géant: "Toi? Baby-sitter?"
J'en finis avec Le Petit Prince, je me redresse et je le regarde: "Toi là même! Tout aussi grand que tu es! (il a 11 ans mais nous avons les deux 169 cm) Je t'ai changé tes couches!"
Lui: "Tu as changé mes couches?!"
Moi: "Oui, tes couches! Et j'ai même vidé ton pot! Maintenant va me jeter cette couche à la poubelle!"

Les jeunes n'ont plus de respect, aujourd'hui. C'est crevant.


#32 - Ça en est...
Jess et moi avons passé notre Noël 2002 en Italie, à Rome, chez notre oncle Le Général et notre tante La Donna. Nous passions le plus clair de notre temps avec mes cousins, les deux géants de 1.97 m de moyenne, L'Architecte et l'Essayiste, et ma cousine Romaine de Toulouse.
Une fois, nous sommes allés à un restaurant brésilien dans la banlieue de Rome (bien sûr, un resto brésilien, quel exotisme!) où il y avait des shows. Mes cousins, principalement l'Architecte, n'étaient pas très contents car il y aurait un show de travestis... et macho attitude à part, ils étaient là pour voir les gatinhas (traduction à faire avec attention et délicatesse car "gata" en portugais veut dire... "chatte", mais au Brésil ça veut dire "belle fille"....).
La danse n'était pas terrible, on était à l'époque que Dragostea din tei (pour ceux qui s'en souviennent) et les danseurs ont bien tenter une salsa dans le truc, j'ai pas trop compris leur délire, encore moins quand le danseur m'a "kidnappée", moi qui voulais pas me faire remarquer nulle part... Mais je me suis affichée en train de danser quelque chose de très kitsch que mon inconscient évite que je me souvienne de ma honte. A un moment de notre dîner, L'Architecte avait "remarqué" une jeune femme (très belle) à la table à côté de la nôtre. Il demande au serveur si...
Le serveur le regarde et le dit: "Elle en est."
L'Architecte: "Vous êtes sûr?"
Le serveur: "Absolument."
L'Architecte: "Ça en est?"
Le serveur: "Complètement!"
J'ai voulu m'éclater de rire, mon cousin a perdu la faim.

La si belle jeune femme était un homme...


#33 - Système philosophique
En "déposant" Lady Jay à la gare, j'ai eu envie d'une salade de McDo. J'avais pas envie de cuisiner (d'ailleurs, ces derniers jours...), alors je vais au McDo devant la gare, manque de pot, y'a pas de salade (je la voulais vraiment) alors je me rabats sur un BigMac. En revenant à la gare où Lady Jay attendait toujours son train, je me suis souvenue d'une page oh combien marquante du temps où je vivais chez mon père en Afrique du Sud.

En SA, on donne les chiffres au serveur: je veux le 1, le 3 et le menu du 4. On ne sait pas ce qu'on mange, et on a l'impression que ce n'est jamais suffisant. Ce n'est pas comme ici où tu dis "Big Mac" et déjà tu te demandes comment tu vas terminer les frites!
Mon père n'allait pas souvent au fast-food. Il y allait même rarement. Un soir, il est sorti, il est rentré au bout d'une heure avec un paquet plus grand que moi (je suis pas petite, je tiens à le rappeler). Il dispose ses victuailles sur la table basse du salon: des dizaines d'hamburgers.
J'ai regardé le Philosophe bizarrement. Et dire que je suis sa fille et que je suis son portrait craché... Ça explique bien des choses à propos de ma folie...
Lui: "Si t'en veux, tu n'as qu'à prendre." (est-ce que j'ai déjà dit que mon père ne sait pas offrir des cadeaux? Il est généreux mais le moment de donner, c'est terrible... je raconterai une autre fois!)
Moi: "Ah... merci."
Lui: "Appelle ces gars-là, si jamais ils en veulent." (ces gars-là sont ses fils, accessoirement mes frères).
Une fois, il est venu avec du KFC, finger lickin' good, et le pot devait bien avoir une centaine de morceaux de poulet frit!

Du temps où je vivais en Afrique du Sud, j'avais droit à 600 Rands par mois (environ 60€) et je n'arrivais pas à dépenser tout cet argent (je vous assure, c'était une fortune). Arrivé à R300, je ne savais plus que faire, qu'autres livres acheter, dans quelle boîte aller (on payait R10 l'entrée avec conso... 1€, c'est ridicule!), quels cadeaux offrir, combien de taxis payer! Pour être honnête, à l'âge de dix-huit ans j'avais ouvert ma propre société (avec mes cousines et une associée) appelée Avalon Sound Team & Productions (organisation de fêtes) et j'étais rentrée avec 50% du capital...
Bref, une fois n'est pas coutume, à l'heure du déjeuner, j'allais souvent avec mon chauffeur au McDo, je demandais le 1, le 3 et le 4 par dizaine, et je rentrais au lycée. Mes camarades de classe étaient servis. Des gens que je ne voyais jamais ailleurs qu'en cours se souvenaient de mon prénom (comme par miracle): "Tiens, y'a Jo Ann qui distribue du McDo".
On peut se dire que soit 1) j'étais en manque de reconnaissance (pas plus que ça, j'aime bien rester dans mon coin), soit 2) cet argent, je pouvais le laisser reposer à la banque...
Mais... c'est sans compter que mon père a deux yeux et un cerveau qui doit être plus lourd que moi (je ne suis pas légère, je tiens à le préciser) et qu'il a ouvert un compte pour chacun de ses trois enfants sous son toit avec la particularité que si on ne dépense pas jusqu'au dernier cent, la différence retombait dans le compte de mon père et le compteur se remettait à R600... (Oui, j'aurais pu le retirer et le mettre dans une tirelire... Mais mon père était ma tirelire...)

Pas bête le système.
En tout cas, plein de gens ont mangé du McDo grâce à lui!

#34 - Encouragements de la famille
Chat avec ma soeur La Parisienne:
Elle: "Eh, pssssssssssst! Hey, la jeune? C'est quoi ces histoires de mort et tout et tout?"
(Cf Till death do us part)
Moi: "Ce sont des poèmes... O:)"
Elle: "Geezzzzzzzzzzzz!"
Moi: "Et des poèmes d'amour!"
Elle: "Tu n'as pas d'autres poèmes plus joyeux?"
Moi: "Y'en a à l'intérieur. Mais quand on se marie, on dit bien "jusqu'à ce que la mort nous sépare, non?"
Elle: "Mouais, c'est ça..."
(Bon ma soeur est divorcée depuis un bail... c'est peut-être ça...)
Moi: "Tu ne veux pas m'envoyer de l'argent pour que je t'en achète?" (toujours innocente, la fille).
Elle: "Non merci!"
Merci bien les encouragements familiaux! Si ma propre grande soeur ne croit pas en mon extrême talent de poéte désespérée...
Tsssssk


#35 - Allô?
J'appelle mon frère #2, Le Pilote. On vivait encore en Afrique du Sud.
Lui: "Allô?"
Moi: "Dis, on arrive à la..."
Lui: "Oh! Ça va toi?"
Moi (étonnée): "Euh... ouais... et toi? Écoute, on arrive à la..."
Lui: "Je ne suis pas là pour le moment, laisse un message, s'il te plaît!"

Je ne me sens pas bête avec des messageries pareilles!


#36 - Littérature avec Le Pilote
Je n'ai jamais autant parlé livres avec mon deuxième frère. Du temps qu'on vivait en Afrique du Sud, je me demandais s'il savait lire (à part jouer à la Play Station et écouter du Hip Hop) (j'exagère) (un peu). Mais depuis quelques mois, on s'est penché vers la littérature. Il y a quelques mois, Le Pilote en question avait avoué qu'il aimait écrire et qu'il avait plusieurs ébauches de plusieurs histoires. Jamais je ne me serai doutée!
Et puis aujourd'hui, il me demande (aussitôt les salamaleks terminés): "Tu connais Mia Couto?"
Moi: "Oui bien sûr."
(Et là il me sort sa bio jusqu'à ce que je l'arrête, mais après tout Mia Couto est Mozambicain tout comme ma belle-soeur Lady in Red, ce qui explique bien des choses).
Moi: "Je connais Mia Couto... D'ailleurs, il était à Luanda en Août, pour la présentation de son dernier livre."
Lui: "C'est vrai? C'est qu'il connaît Lady in Red, alors s'il n'est pas très occupé, je vais lui montrer quelques paragraphes pour voir si..."
Moi: "Ce serait super."
Lui: "Tu aimes Paulo Coelho?"
(Un moment de pause.)
Moi: "Dans quel monde tu vis? J'adore PC, j'ai (presque) tout lu de PC, j'ai rencontré PC, je suis animatrice adjointe dans un des forums du fan club officiel de PC, notre père m'appelle 'Paula Coelha', et tu me poses la question?"
Lui: "C'est que j'ai commencé à lire deux livres, mais je suis pas emballé... par contre, Onze Minutes c'est cool."
(Là, je lance mon discours sur les livres à lire ou à pas lire si on découvre l'auteur en question).
Lui: "On m'a passé Jaime Bunda aussi."
Moi: "J'adore Jaime Bunda!"
Lui: "J'ai lu quelques passages, et celui avec la sorcellerie m'a choqué."
Moi: "Y'a de la sorcellerie? Je m'en souviens plus. C'est dire si ça doit être soft comparé à ce qu'on fait AUJOURD'HUI en Angola!"
Lui: "Mais je n'ai pas encore terminé Amilcar Cabral..."
Moi: "Geez! Ça fait combien de temps que tu l'as commencé?!"
Lui: "Sept mois... Mais tu sais, A long walk to Freedom de Mandela que t'avais offert à père, je l'ai lu en un an et demi."
(Moi, bouche bée).
Moi: "Moi qui suis en train de me plaindre parce que j'ai juste lu 40 livres cette année... Je n'aime pas rester trop longtemps dans la même histoire, sinon je perds mon intérêt, et j'ai dû m'arrêter avec le NaNoWriMo..."
(Suite à quoi il commence à jurer...)
Lui: "Ton deuxième roman, c'est à propos d'une fille qui a une affaire avec son beau-père, n'est-ce pas? Et le troisième?"
Moi (choquée): "Une liaison avec son beau-père? Ça va pas? Elle a épousé le meilleur ami de son père." (Je sais que je suis tordue, mais là...)
Lui: "Oh yeah, that's right!"
(Je lui raconte alors Fille du Vent.)
Lui: "Ça l'air bien. Sounds fun."
Moi: "Oui, l'attente aussi. Envoyer des manuscrits à Paris me coûte les yeux de la tête. Ça me fait presque 30€ (ou 300 Rands por qu'il comprenne)."
Et après, on n'est même pas sûre d'intéresser Anne Carrière pour le coup...


#37 - La Parisienne est fâchée
Je croise ma grande soeur sur MSN avec un pseudo aussi long que mon bras et assassin avec ça.
Moi: "Qu'est-ce qu'il se passe?"
Elle: "C'est rien, je suis juste fâchée..."
Moi: "C'est qui le malchanceux qui a croisé ton chemin?"
Elle: "Pourquoi malchanceux?"
Moi: "Si mes amis disent que mon regard 43 tue alors que je ne me suis jamais fâchée avec personne, je t'imagine TOI!"
Elle rit.
Je rejoins Lady Jay et Don Quiche au salon et je leur en parle.
Eux: "Elle est comme toi, ta soeur?"
Moi: "Cinq fois pire..."
Ça promet...


#38 - Wikidad
Mon père est sur Wikipédia. (Je n'ai rien à voir là-dedans :P)
Déjà qu'il se la pétait avant, maintenant c'en est terminé.



#39 - Et puis quoi encore?
Je peux rester des mois sans parler à mon père. On s'échange des SMS régulièrement... Mieux, on tchatte via SMS.
Pendant les vacances, le Philosophe m'appelle et ça m'étonne:
Moi: "Ça fait des mois que je n'ai pas entendu ta voix!"
Lui: "Pourquoi? Je te manque?"
Moi: "Non. Je disais juste que ça faisait longtemps que je n'avais pas entendu ta voix..."

dimanche, 04 novembre 2007

{Ma famille de dingues} 41 à 51

3388be646841ea75a7323b5d638be8a4.jpgNB: Vous pouvez voir qui est qui par ici!

# 51 - Surprise, surprise...

Avec ma mère au téléphone.
"J'ai parlé avec Kat 2 et il m'a dit que vous devriez vous retrouver en Suisse?"
Moi: "Non, mère... c'était supposé être en Suède."
Elle: "En Suède?! Quand ça?"
Moi: "Maintenant, pour la Toussaint. Mais nos dates n'ont pas coïncidé."
Elle: "Tu allais en Suède sans me dire?!"
Moi: "Je ne suis pas allée..."
Elle: "Et depuis quand tu aimes le voyage, toi? Tu n'aimes que rester chez toi!"

Hmm... Là, on voit clairement les effets d'être partie de la maison à l'âge de 15 ans...

J'avais envie de dire: "Mère, tu devrais lire mon blog plus souvent..."

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vendredi, 02 novembre 2007

Rediffusion: Lendemains de mariage

(Novembre 2005)

Tout semblait paisible... A la fin de la soirée, Mr C est parti avec Molotov prendre le tram. Le lendemain (dimanche), il y a brunch chez moi. Mr C revient: "bonjour ma petite femme".
Pfffffffft. Je lui lance mon regard 43 (qu'à présent vous devez connaître - l'assassin!) et je balance: "tu pars avec une de mes meilleures amies et tu reviens avec 'ma petite femme'?"
Je vous jure, les hommes, quelle calamité! (je cherche toujours le prince charmant, eh?)
Mr C prépare des crêpes, moi je suis à moitié endormie, Tequila est arrivée en pyjama, Ninja faisait j'sais plus quoi... enfin. Un bon dimanche quoi.
Mais la blague a assez duré... je croyais... Ma soeur, MA SOEUR, Jess, m'a vendue! Elle retrouve notre grande soeur La Parisienne sur MSN et lui dit: "T'as vécu 10 ans à Paris et t'as même pas la nationalité! Jo s'est mariée ce week-end avec un Français!"
La Parisienne: "Je te crois pas!"
Jess: "Va voir les photos sur son site!"
Mon arrêt de mort était signé. Au moment de me connecter, j'ai été mitraillée de questions par ma grande soeur, indignée et révoltée. Pas pour la nationalité (nous autres avons la chance de ne pas avoir besoin de mariage pour nous déplacer dans le monde - on est des Vonas parbleu!), mais parce que je n'ai pas fait les choses comme il se doit. A savoir:
1) présenter le fiancé potentiel aux parents et aux aînés;
2) la demande en mariage de la part du fiancé à la famille (à la famille, pas juste à la fiancée);
3) attendre un probable feu vert du père... (de la mère, faut pas attendre... Mme le général veut que j'épouse un produit national...).
Enfin bref. J'ai passé un mauvais quart d'heure en train de convaincre ma soeur que ce n'étaient que des photos, qu'il n'y avait rien à craindre.
La Parisienne: "Ne me mens pas! J'ai vu les photos! Je les ai vues!!!"
D'accord, elles sont crédibles, mais croire les photos plutôt que sa soeur...
La Parisienne: "D'ailleurs je crois que j'ai fait une gaffe, parce que j'ai demandé au Diplomate s'il était au courant de ton mariage..."
Moi: " Tu as fait quoi?!!!!!"
Pas mon grand frère! Ma soeur est l'aînée de la tribu, mais mon grand grand frère est mon grand grand frère... la hiérarchie, ça se respecte chez nous. Je voyais ma vie rouler en arrière. C'en était terminé. Si jamais ça arrivait aux oreilles de mes vieux...
Et il fallait pas attendre plus. Mon grand frère qui ne m'appelle que pour mon anniversaire (à savoir en juin et non en novembre) m'appelle: "Alors, ça va?"
Moi: "Oui... et toi?"
Lui: "Ça va... Dis... tu n'as rien à me dire?"
Moi: "Non, pourquoi?"
Lui: "Tu es sûre?"
Moi: "Qu'est-ce que La Parisienne t'a raconté?"
Lui: "Je ne lui ai pas parlé depuis le week-end." (menteur!!! On est lundi!!!! C'est aujourd'hui qu'elle l'a appris!)
Moi: "C'est à propos de mon mariage, eh?"
Lui: "Quel mariage? Qui se marie? Tu te maries sans mon autorisation, je prends l'avion et je te castagne!"
On n'est pas sortis de l'auberge...
Mon grand grand frère n'est pas quelqu'un de violent. C'est le gars le plus paisible que je connaisse (hmmm... peut-être après DJ Daf, mon 3ème frère, mon jumeau), c'est un diplomate de naissance. C'est le frère qui arrive à calmer le jeu de TOUS les autres frères et soeurs... C'est un pacifier... Mon grand frère est notre trait d'union dans la fratrie... Et s'il dit qu'il va me castagner alors qu'il n'a jamais frappé personne de sa vie, on se calme.
Mais bon... j'ai tout expliqué, j'ai pas gardé rancunes contre Jess, mais encore un peu...

En racontant ça à Mr C qui est juriste, il a demandé "mais, ils ont vraiment cru? On ne pas se marier si rapidement en France."
Moi: "Tu sais, ça fait 18 mois que je ne suis pas rentrée en Angola... j'ai très bien eu le temps de faire un enfant et de me marier. Ça arrive souvent. Donc tu peux te dire que oui, ils ont cru."
Mr C: "Tu n'as pas tort... Au fait, tu me passes les photos de notre tendre couple?"

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