vendredi, 21 décembre 2007
Confessions de Noël 2007

J'ai appris à m'adapter à tout depuis que je suis petite. Je n'ai pas toujours eu ce que je voulais, mais comme dit la maxime, j'ai toujours (en tout cas souvent) eu ce dont j'avais réellement besoin.
En ce moment, l'esprit de Noël est en train de prendre la poudre d'escampette. J'avais un peu d'espoir, un tiny tiny, d'avoir quelque chose de proche de ma tradition de Noël... et puis, je ne vais pas l'avoir.
Je suis tellement triste après avoir entendu les plans, que j'ai envie de rentrer à Montpellier tout de suite. Peut-être je fais une tempête dans un verre d'eau, peut-être aussi que je vais m'amuser comme une folle, j'en sais rien.
Mais là, je veux rentrer.
Je veux ma mère plus que jamais.
Damn.
It's so cold up here.
19 décembre 2007
Derniers jours avant Noël. Mon sapin est monté, je peux rester des minutes en train de regarder la guirlande "chanter". Au fur et à mesure que je reçois des cartes postales des quatre coins du monde, je les ajoute à la déco. La dernière venait d'Australie. Je ne dois pas oublier d'envoyer les miennes.
C'est devenu une tradition, à défaut d'autres. J'échange des cartes postales avec des amis à Noël. Ça fait toujours plaisir du véritable courrier ;-)
Je pars demain à Paris, voir s'il y fait plus froid.
A ce qu'il paraît, il a neigé à Montpellier l'autre jour. Mais le temps que je descende, il n'y avait rien. Ça veut peut-être dire qu'on aura un bon hiver ? L'année dernière, on disait qu'il faisait trop froid (-6°C) pour que ça neige... Je ne comprends pas la logique, mais on va faire semblant, eh ?
Bon, je vais laisser reposer tout ça, il serait peut-être temps de faire ma petite valise qui est déjà remplie rien qu'avec le colis d'Erzébeth...
Sinon, Petit Papa Noël, ne m'oublie pas ;-)

5 décembre 2007
Ma famille est extraordinaire. Je le sais et je le dis tout le temps. Pour rien au monde je ne changerai de tribu ou de mode de vie.
Mais pour rien au monde, je ne répéterai le même schéma. Croisons les doigts.
J'ai toujours grandi avec quelques-uns de mes aînés, pas tous, et pas toujours les mêmes. A Cuba, j'ai grandi avec La Parisienne et Le Diplomate. En Angola, j'ai un peu vécu avec eux, mais ils ont vite rejoint leur mère, puis il y avait Jess. Au Portugal, un week-end sur deux, j'avais Le Diplomate, Le Pilote et DJ Daf avec qui cohabiter. De retour en Angola, il y avait le Géant. En Afrique du Sud, ce n'était plus que Le Pilote et DJ Daf. En France, j'ai cohabité avec Jess mais nos chemins se sont séparés.
Je me souviens, parce que je le sens toujours, ce vide énorme qu'est de voir ses frères et soeurs rentrer "chez eux", chez leur mère. Je me suis toujours demandé pourquoi ma famille n'était pas comme les autres, pourquoi je devais toujours dire au revoir.
Aujourd'hui, pire encore qu'autrefois, je vois et verrai mes frères et soeurs de moins en moins. C'est le temps qui fait ça.
Avant, pour Noël, ils venaient tous le 25. Le 24 ils le passaient chez leur mère. Alors pour moi, le 25 était le réel jour de Noël, la vraie fête qui dure et qui dure. Mais... ils devaient rentrer...
Maintenant, je ne sais plus ce que veut dire une vraie fête de Noël, et tous les ans ça me pèse. Depuis 2001, j'ai coupé court aux Fêtes en famille, bien malgré moi. Les titres de séjour qui ne sont jamais prêts pour Décembre, deux semaines c'est trop peu pour aller et revenir. Et puis... les aînés se marient, ont des enfants, chacun sa famille... Noël ne peut plus se diviser en plusieurs journées, c'est impossible. La tribu est trop grande.
Je sais ce que je veux pour Noël...
Ma propre famille, avec une seule mère, un seul père, et des enfants rien qu'à nous...
21 novembre 2007
Je ne suis pas sortie depuis des jours. Je me suis terrée, une fois n'est pas coutume, dans le silence, dans le noir, dans la solitude. Je me réveille avec des envies de dormir, je dors tout en voulant rester éveillée. Je pleure les yeux secs, je crie la voix sourde.
Et puis, je me suis dit qu'il faut que je me lève, que je sorte, j'affronte les éléments.
De la fenêtre, je ne vois que du gris... et du vent. Le sapin (si c'en est un) de la cour intérieure ne fait que balancer. Devant, derrière. Il ne tient pas sur place. Le matin s'est levé sans soleil. A 10h du matin, il est déjà 18h.
Tout comme moi.
Je fais un effort, je me prépare, tiens. Je me trouve belle. C'est étonnant, j'ai dû perdre un kilo ce week-end, aussi vite que ça. Je m'habille en noir (oui, encore), j'attache mon turban (noir, toujours) et je cherche mon pardessus (noir, corbeau) inutilisé depuis l'hiver dernier... Voilà, je suis prête. Il est temps.
J'arrive en bas, j'ouvre la porte. Le trottoir est mouillé. Si je dois remonter au quatrième pour récupérer mon parapluie, je ne sors plus du tout et j'hiberne encore une semaine. Non, je fonce. Il est temps. Tiens, il ne fait pas froid.
Je marche, je traverse la police et les militaires à la gare, j'esquive les quelques manifestants histoire de ne pas me trouver dans la foule, j'esquive toute conversation, tout contact. Je n'ai pas le temps à perdre.
Et puis, sur la Comédie, on s'occupe des décorations de Noël... l'Opéra s'habille d'étoiles. Oh mince! Déjà?!
Je veux rentrer, je dépasse les obstacles, les ateliers, j'esquive encore... encore et toujours. Je vais mal, et personne ne s'en rend compte. Voilà des jours que je ne suis qu'un fantôme, et personne ne l'a remarqué...
Je ne vois que de la décoration de Noël, des guirlandes, des boules géantes, la future place du Père Noël... j'achète des boîtes, du papier de soie... ce n'est que novembre, je n'ai pas encore goûté des marrons, et déjà tout est rouge, doré, blanc et argent.
C'est Noël.
Encore.
Et je ne sais pas où est-ce que je vais, avec qui je serai.
Je commence à détester Noël.
Je veux mon enfance.
Je veux ma mère.
00:05 Publié dans Ladybirdism | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Confessions, Confessions de Noël, Noël, 2007, Ma famille de dingues, Père Noël, Ladybirdism


