mercredi, 03 septembre 2008
Confessions de Ramadan 2008

Je ne suis pas musulmane, mais j'ai fait Ramadan trois fois. Je ne me souviens plus de la dernière fois. Normalement, j'ai besoin de toute une semaine pour me mettre en condition, donc cette année, je ne le ferai pas non plus.
Pourtant, tout comme Carême, je trouve le Ramadan très enrichissant et spirituel pour moi. Le jeun et la privation nous font bien sûr devenir dingues, mais d'un autre côté, on se focalise ailleurs. C'est aussi le moment de prier, de donner grâce et demander pardon. En tout cas moi.
Il n'y a pas un jour qui passe au cours duquel je ne me sente pas coupable d'une manière ou d'une autre et pourtant mon seul péché est d'être moi. Je suis privilégiée, je ne le nie pas, et je cherche souvent des excuses ou des raisons de l'être. Pourquoi moi et pas quelqu'un d'autre ?
Je suis une fille passionnée et je vis mes passions à fond... mais au dépend de mes devoirs malheureusement. Pas des devoirs écrits sur papier... des devoirs moraux... Personne ne m'a demandé quoique ce soit, ces devoirs je me les suis fait moi-même et pourtant je les ai constamment en tête.
Je profite de ce premier jour de Ramadan, où j'ai déjà versé ma dose de larmes, de remercier le Grand Patron tout ce qu'Il m'a donnée, et il ne m'a pas donné peu. Je suis une fille rebelle, mais Il m'aime et je le sais, et mieux encore, me pardonne tout le temps. J'ai peur de Le decevoir plus qu'aux autres ici bas, mais je me rends compte que lorsque je crois que je Le déçois, c'est parce que je suis moi-même déçue de moi et que c'est à moi de trouver des solutions.
Tous les ans, je les cherche. Tous les ans, je les trouve. Et tous les ans encore, je me goure devant la porte...
Je peux m'en sortir et je le sais.
Je ne sais pas que j'attends.
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samedi, 05 avril 2008
Confessions de Carême 2008
Pâques
Pendant des semaines, j’ai rêvé de la célèbre tarte aux amandes de ma cousine ! Lorsque j’ai décidé que je passerai Pâques du côté de la frontière italienne, j’en ai eu l’eau à la bouche.
Grand bien ne me fasse. Après un copieux repas d’agneau et porc rôtis, et du choix dans le dessert (Mac ne cessait de me taquiner : « il faut qu’elle casse son jeun de manière convaincante ! », Bless ‘im). Mais au moment de savourer ma tarte tant attendue et de la crème yummy, mon organisme s’est rebellé. J’ai pas réussi à la terminer. Même mon verre de Coca m’a tué la gorge.
Eish…
Pâques : J - 11
L'autre jour, en parlant avec Krat, il me dit qu'avec la fin du Carême, je retrouverai le moral.
Je n'avais jamais fait le rapport entre mon manque de sucre (et surtout de Coca, dixit Lady Jay) et mes blues de ces dernières semaines.
Dang, ça peut aussi m'arriver, ces co* !
Pâques : J-27
Je suis devant mon frigo... je peux énumérer les pots de confiture... sur un étage... Sur l'autre, il y a encore des tablettes de chocolat... Lady Jay en a mangé une (God bless), mais d'autres m'attendent... Et puis des canettes de Coca... tout ça datant de Mardi Gras... attendant patiemment Pâques...
Souvent, j'ai le goût sucré dans la bouche et je dois me réveiller avant qu'inconsciemment, ma main ne saisisse le fruit interdit...
Tous les ans c'est la même chose, et pourtant... ce n'est rien...
Pâques : J - 33
Je suis incroyablement frustrée, surtout ici à Monaco. Ma cousine prépare d'excellents desserts, et avec les enfants, il y a toujours un petit chocolat ou un petit biscuit qui traîne.
Avez-vous déjà mangé du riz, tout en pensant très fort que vous mangez un Oreo ? Ou un Prince de Lu ?
La différence entre un régime (où on veut predre du poids) et Carême (où c'est un sacrifice), c'est que vous ne pouvez pas vous dire "aujourd'hui j'arrête, je reprends demain". Et vous compensez comme vous pouvez.
Je peux manger de la compote de pommes et des pop corn salés. Mais qu'est-ce la compote (que pourtant j'adore) à côté d'un gâteau au chocolat fait maison ? Qu'est-ce les pop corn salés à côté du Coca dont je suis viciée ?
Les rêves sont parfois douloureux et je me réveille avec la hantise d'avoir touché l'interdit. Je repense à la journée et je me dis "ouf, ces céréales sont au miel, elles ne comptent pas".
Samedi, j'ai préparé des pancakes à la hollandaise : salés avec des lardons. Mais ça ne vaut pas une crêpe au sucre et jus de citron ou au Nutella...
Mercredi des Cendres : Pâques : J - 46
J'ai mangé mes derniers Quatre quarts, trois canettes de Coca, des tartines grillées à la confiture de fraise, des peanut butter and jam sandwiches, du chocolat blanc à la noix de coco caramélisée... C'était Mardi gras ou pas !
Et là, devant moi, sont 47 jours entiers d'un jeun particulier.
Jusqu'à l'année dernière, lorsqu'on me demandait pourquoi je le faisais alors que je ne suis même pas une Catholique modèle (au grand dam de Mme le Général et Don G.), je ne savais jamais quoi faire. Je répondais que c'était un sacrifice que je pouvais faire et que je répétais depuis dix ans, et que je ne m'occupais plus que de l'essentiel. Je devais me battre contre une rechute douloureuse au vu de friandises pendant Carême. Le plus dur étant la toute dernière semaine, où tout devient plus tentant, plus vicieux...
Je suis une junkie, je l'assume. Je bois du Coca comme certains boivent de l'eau (et je bois beaucoup d'eau !), même si avant de partir à Monaco j'étais restée dix jours sans toucher une seule goutte de Coca ! Et puis je suis sortie en ville avec cette jeune fille-là et j'ai remis les compteurs à zéro ;-) Les premiers jours, on a tendance à oublier qu'on est à jeun. Limite si on doit marquer sur toutes les surfaces (le miroir de la salle de bains a déjà ma "to do list" de 2008).
Hier soir, j'ai finalement mis le mot sur le "pourquoi". Après tout, même les Catholiques les plus pratiquants que je connaisse, genre ma mère ou ma grand-mère qui est LE pilier de l'Église dans la province de Benguela, ne font pas Carême. A se demander à quoi ça sert alors, dans le Calendrier.
Je sais maintenant que je fais Carême parce que je n'ai rien d'autre à donner au Grand Patron et au Saint Bonne Étoile. Ma gourmandise est tout ce que j'ai pour prouver que je ne suis pas une sale fille pourrie gâtée par la Providence et ingrate avec ça. On m'a tout donné (merci, père, merci, mère), mais pour le moment, je n'ai rien d'autre à donner en échange à part un sacrifice de rien du tout qui ne dure même pas deux mois (me tentez pas, non plus).
(C'est quand même du Coca...)
Mardi Gras
Heureusement que le colis de Lucy pour le Swap Noir c'est Noir est arrivé juste à temps ! Parce que Carême, cette année, c'est le 6 février ! Le 6 !! D'ici peu, ce sera tout juste après les Fêtes de fin d'année.
Comme depuis dix ans, je vais me priver de gourmandises jusqu'à Pâques, 40 jours plus les dimanches (47 jours, donc). Plus de chocolat, de crêpes, de confiture, de biscuits, de gâteaux, de bonbons... et surtout, plus de Coca !!
Eish wena... je suis moins prête que les années précédentes !
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vendredi, 21 décembre 2007
Confessions de Noël 2007

J'ai appris à m'adapter à tout depuis que je suis petite. Je n'ai pas toujours eu ce que je voulais, mais comme dit la maxime, j'ai toujours (en tout cas souvent) eu ce dont j'avais réellement besoin.
En ce moment, l'esprit de Noël est en train de prendre la poudre d'escampette. J'avais un peu d'espoir, un tiny tiny, d'avoir quelque chose de proche de ma tradition de Noël... et puis, je ne vais pas l'avoir.
Je suis tellement triste après avoir entendu les plans, que j'ai envie de rentrer à Montpellier tout de suite. Peut-être je fais une tempête dans un verre d'eau, peut-être aussi que je vais m'amuser comme une folle, j'en sais rien.
Mais là, je veux rentrer.
Je veux ma mère plus que jamais.
Damn.
It's so cold up here.
19 décembre 2007
Derniers jours avant Noël. Mon sapin est monté, je peux rester des minutes en train de regarder la guirlande "chanter". Au fur et à mesure que je reçois des cartes postales des quatre coins du monde, je les ajoute à la déco. La dernière venait d'Australie. Je ne dois pas oublier d'envoyer les miennes.
C'est devenu une tradition, à défaut d'autres. J'échange des cartes postales avec des amis à Noël. Ça fait toujours plaisir du véritable courrier ;-)
Je pars demain à Paris, voir s'il y fait plus froid.
A ce qu'il paraît, il a neigé à Montpellier l'autre jour. Mais le temps que je descende, il n'y avait rien. Ça veut peut-être dire qu'on aura un bon hiver ? L'année dernière, on disait qu'il faisait trop froid (-6°C) pour que ça neige... Je ne comprends pas la logique, mais on va faire semblant, eh ?
Bon, je vais laisser reposer tout ça, il serait peut-être temps de faire ma petite valise qui est déjà remplie rien qu'avec le colis d'Erzébeth...
Sinon, Petit Papa Noël, ne m'oublie pas ;-)

5 décembre 2007
Ma famille est extraordinaire. Je le sais et je le dis tout le temps. Pour rien au monde je ne changerai de tribu ou de mode de vie.
Mais pour rien au monde, je ne répéterai le même schéma. Croisons les doigts.
J'ai toujours grandi avec quelques-uns de mes aînés, pas tous, et pas toujours les mêmes. A Cuba, j'ai grandi avec La Parisienne et Le Diplomate. En Angola, j'ai un peu vécu avec eux, mais ils ont vite rejoint leur mère, puis il y avait Jess. Au Portugal, un week-end sur deux, j'avais Le Diplomate, Le Pilote et DJ Daf avec qui cohabiter. De retour en Angola, il y avait le Géant. En Afrique du Sud, ce n'était plus que Le Pilote et DJ Daf. En France, j'ai cohabité avec Jess mais nos chemins se sont séparés.
Je me souviens, parce que je le sens toujours, ce vide énorme qu'est de voir ses frères et soeurs rentrer "chez eux", chez leur mère. Je me suis toujours demandé pourquoi ma famille n'était pas comme les autres, pourquoi je devais toujours dire au revoir.
Aujourd'hui, pire encore qu'autrefois, je vois et verrai mes frères et soeurs de moins en moins. C'est le temps qui fait ça.
Avant, pour Noël, ils venaient tous le 25. Le 24 ils le passaient chez leur mère. Alors pour moi, le 25 était le réel jour de Noël, la vraie fête qui dure et qui dure. Mais... ils devaient rentrer...
Maintenant, je ne sais plus ce que veut dire une vraie fête de Noël, et tous les ans ça me pèse. Depuis 2001, j'ai coupé court aux Fêtes en famille, bien malgré moi. Les titres de séjour qui ne sont jamais prêts pour Décembre, deux semaines c'est trop peu pour aller et revenir. Et puis... les aînés se marient, ont des enfants, chacun sa famille... Noël ne peut plus se diviser en plusieurs journées, c'est impossible. La tribu est trop grande.
Je sais ce que je veux pour Noël...
Ma propre famille, avec une seule mère, un seul père, et des enfants rien qu'à nous...
21 novembre 2007
Je ne suis pas sortie depuis des jours. Je me suis terrée, une fois n'est pas coutume, dans le silence, dans le noir, dans la solitude. Je me réveille avec des envies de dormir, je dors tout en voulant rester éveillée. Je pleure les yeux secs, je crie la voix sourde.
Et puis, je me suis dit qu'il faut que je me lève, que je sorte, j'affronte les éléments.
De la fenêtre, je ne vois que du gris... et du vent. Le sapin (si c'en est un) de la cour intérieure ne fait que balancer. Devant, derrière. Il ne tient pas sur place. Le matin s'est levé sans soleil. A 10h du matin, il est déjà 18h.
Tout comme moi.
Je fais un effort, je me prépare, tiens. Je me trouve belle. C'est étonnant, j'ai dû perdre un kilo ce week-end, aussi vite que ça. Je m'habille en noir (oui, encore), j'attache mon turban (noir, toujours) et je cherche mon pardessus (noir, corbeau) inutilisé depuis l'hiver dernier... Voilà, je suis prête. Il est temps.
J'arrive en bas, j'ouvre la porte. Le trottoir est mouillé. Si je dois remonter au quatrième pour récupérer mon parapluie, je ne sors plus du tout et j'hiberne encore une semaine. Non, je fonce. Il est temps. Tiens, il ne fait pas froid.
Je marche, je traverse la police et les militaires à la gare, j'esquive les quelques manifestants histoire de ne pas me trouver dans la foule, j'esquive toute conversation, tout contact. Je n'ai pas le temps à perdre.
Et puis, sur la Comédie, on s'occupe des décorations de Noël... l'Opéra s'habille d'étoiles. Oh mince! Déjà?!
Je veux rentrer, je dépasse les obstacles, les ateliers, j'esquive encore... encore et toujours. Je vais mal, et personne ne s'en rend compte. Voilà des jours que je ne suis qu'un fantôme, et personne ne l'a remarqué...
Je ne vois que de la décoration de Noël, des guirlandes, des boules géantes, la future place du Père Noël... j'achète des boîtes, du papier de soie... ce n'est que novembre, je n'ai pas encore goûté des marrons, et déjà tout est rouge, doré, blanc et argent.
C'est Noël.
Encore.
Et je ne sais pas où est-ce que je vais, avec qui je serai.
Je commence à détester Noël.
Je veux mon enfance.
Je veux ma mère.
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jeudi, 01 novembre 2007
Confessions de Carême 2006
Joyeuses Pâques à ceux qui la fêtent! Bonne journée d'oeufs au chocolat pour ceux qui ne la fêtent pas!
J'ai tenu mes 47 jours d'abstention (Coca - ma drogue -, crêpes, chocolat, biscuits, gâteaux, confitures, Sodas, etc...) malgré les dîners au resto et les soirées raclette entre amis.
Encore vendredi, j'étais au resto avec ma soeur et 7 amis (table internationale, 9 personnes, 8 nationalités, 4 langues parlées, extra). A l'heure du dessert, des sorbets, des tartes à la pomme avec chantilly, des mousses au chocolat, des moëlleux au chocolat (et des pizzas bananes, seul truc qui m'a pas vraiment fait envie...).
Et comme une des pizzas bananes prenaient son temps, la serveuse nous a offert des cafés et thés gratos. Allez, vas-y pour mon thé "normal" (Yellow machin-chose). Voilà qui est mieux.
Aujourd'hui à minuit, n'oubliant pourquoi j'ai fait mon Carême, je suis allée prier mon chapelet en voile et dans le noir. Ça m'a fait du bien. Moi qui suis pas pratiquante, au moins une fois dans l'année, je fais honneur à mon baptême lointain chez les Catholiques.
Et, minuit et demie, sonnez les matines! J'ai pris un Ferrero Rocher du frigo et je l'ai savouré lentement. Il faut bien célébrer la ressurection du Messie.
Mon amie Tequila qui travaille dans un salon de thé - pâtisserie aux initiales B.D., et qui nous donne du pain (mon pavé!) et des gâteaux et des tartelettes à la fin de son service, m'a apporté jeudi soir du pain et "quelque chose" dans un paquet. Jusqu'aujourd'hui, aucune idée de ce qui pouvait s'y trouver: 4 grandes parts de moëlleux au chocolat.
Tout ça c'est bien beau, mais après une part de moëlleux au chocolat avec de la glace à la vanille et 4 Ferrero, je crois que j'en peux plus de sucreries. A la semaine prochaine!
Comme quoi, le Carême est tout aussi bon pour une rééducation alimentaire.
Il y a des gens qui pensent que je fais Carême pour maigrir, ce qui est totalement faux. Je ne me vois pas en train de faire un régime en temps normal, ce n'est pas pendant Carême que je le ferai. Quoique on m'aurait dit de faire un régime pour quelques kilos superflus, je n'aurais pas fait une semaine sans écart. D'ailleurs, je ne maigris jamais en temps de Carême, ça se saurait. Je disais à une amie que c'est parce que je pioche ailleurs. Je compense malgré le caractère non compensable d'une bonne crêpe avec du Nutella...
Ouais. Je bois du thé au citron!
Ceux qui font Carême juste pour l'envie de rentrer dans un 36 devraient revoir leurs priorités. Soit on fait Carême, soit on fait un régime, pas les deux en même temps. C'est spirituel plus qu'autre chose.
On m'avait demandé la semaine dernière lors d'une soirée raclette chez Tequila (le dessert étant des crêpes à gogo) si je m'abstenais car c'était plus facile que le jeun.
Moi: "Non. Ce n'est pas la même chose. Avec le jeun, tu manges quand même. Si ce n'est que le strict minimum pendant la journée, ou jeun complet jusqu'au coucher du soleil, tu manges un repas équilibré et tu peux te permettre un carré de chocolat. Mais l'abstention, c'est du Mercredi des Cendres (après Mardi Gras) jusqu'au Dimanche de Pâques. Je sais de quoi je parle, j'ai déjà fait le Ramadan"...
"Le Ramadan?"
"Oui, trois fois."
Oui, je sais. Inutile de me le dire.
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