mardi, 03 juin 2008
La Comédie du Livre de Montpellier 2008

Le Sud a failli à sa réputation, une fois n'est pas coutume. Lorsque j'ai vu le Soleil vendredi, j'avais un mince espoir que le beau temps dure le temps de la Comédie du Livre, un genre de trêve après des semaines de pluie sans fin.
Vendredi, je n'étais rentrée en ville qu'à 18h, je n'avais eu le temps que d'aller sur le stand BD pour que Mara dédicace le premier tome de Clues pour une amie.
Samedi déjà, ça commençait à ne pas le faire, le ciel était gris, l'air lourd et humide, un temps qui colle à la peau visqueux. Laurence du Biblioblog m'avait laissé un message le matin alors que je dormais encore et avant de quitter mon antre j'essayais de la contacter. Pas de réponse. Je savais que j'allais voir Tatiana de Rosnay vers 15 heures et aller au stand de Stephen Clarke, mais comme j'avais déjà dit, le programme de cette année ne me faisait ni chaud ni froid (ni me tenait au sec) et je m'étais dit que j'allais être bored out of my mind ! Je m'étais dit que je n'allais rien acheter depuis ma dernière crise de livrophagie involontaire donc c'était moyennement réglé.
Alors que j'attendais qu'un couple finisse de parler avec Tatiana, Laurence me fait un coucou. On se serait donnée rendez-vous, on se serait ratées à coup sûr ! Puis ce fut à mon tour devant Tatiana, qui se lève avec "You're here !" Yeps, that me. Laurence nous a alors pris LA photo qui manquait à nos albums (really) et puis Tatiana a posé la question qui tue: "à quelle heure tu te lèves le matin ?"You know me, j'suis pas du matin (il est 5h au moment où j'écris ce billet). Laurence lance un "Jo Ann ? Le matin ?" Je ne sais pas si j'ai le temps de rougir à cet instant-là... Mais bon, pour Tatiana, j'ai fait l'effort de sortir de chez moi avant 11h le dimanche, alors que je m'étais couchée après 6h (je faisais un marathon Le Seigneur des Anneaux... blame them !) et qu'il pleuvait averse.
Non, sérieux... le Sudeuh a réellement failli à sa réputation ! Madame avait froid aux pieds, j'aurais bien fait l'aller-retour à la maison prendre des chaussettes mais je ne porte pas de bas fins (je suis une fille à baskets) pour les ballerines. On a donné des sacs à l'effigie de Sauramps en guise de bottes (mode Printemps-Été), et mine de rien, au courant de la matinée, Tatiana n'était pas la seule ! ;-)
On a passé un long moment (deux heures, j'crois ?) en train de papoter dans le stand, regardant la pluie diluvienne et parlant écriture et projets d'avenir.
Une chose que je n'ai pas avoué à Tatiana à ce moment-là. Lorsque je me suis assise sur la chaise d'Isabelle Alonso (qui n'était pas encore arrivée) derrière le stand, une vive émotion s'est emparée de moi. Une sensation de "un jour, je serai là, et ce sera pour bientôt". De ces images qui remplissent nos têtes et nos rêves, songeant "comment je vais faire lorsque ce sera mon tour ?!" La timidité qui me consomme et me fait rougir out of proportion, je bégaie quand je suis le centre de l'attention, car je ne me sens pas à cette place-là de popularité... Et pourtant, je veux y être, j'ai hâte d'y être. C'est un rêve à portée de mains...
Un jour, bientôt, je me lèverai tôt après un marathon d'une trilogie sensass, braverai le mauvais temps pour m'asseoir derrière une pile de mes romans que je vais signer d'un grand "merci beaucoup, JA".
En attendant, je suis rentrée chez moi avec deux nouveaux livres dédicacés pour frimer (really) en me disant que la journée a été plutôt réussie (Tatiana, I did go back to sleep !).
Tatiana, merci pour cette matinée pluvieuse, a glimpse sur un futur proche :-)

05:10 Publié dans Autour du Livre | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Comédie du Livre, I ♥ Montpellier, Place de la Comédie, Livres, Auteurs, A à Z, Conférence
jeudi, 13 septembre 2007
21 mai 2006 - Francophonie: Mémoire et amnésie des cultures | Écrire dans la fureur du monde
Dimanche 21 mai 2006
11h
Proposé par la Boutique d'Écriture et l'écrivain Jean-Luc Raharimanana
Avec Alain Mabanckou, Bessora, Adeline Yzac, Guy Dugas.
Au Stand Région
Place Comédie
“Mémoire et amnésie des cultures, à quel jeu joue l’écrivain de langue française ?”
15h
Avec Bessora, Fatou Diome, Alain Mabanckou, J.-L. Raharimanana.
Pavillon du Musée Fabre
Esplanade
“Ecrire dans la fureur du monde” : Quels choix d’écriture pour un continent en proie à la guerre et à la pauvreté ? De quelle marge de liberté l’écrivain francophone dispose-t-il ?
=====
Encore une journée riche en émotions et échange.
On était face à des écrivains qui aiment ce qu'ils font et le transmettent dans la parole et de la façon dont ils s'expriment. Ce sont des conteurs qu'on n'a pas envie de laisser et qui font quel que soit le temps, une heure ou deux, soit toujours trop court.
J'ai cet sensation d'avoir passé un excellent week-end, d'avoir profité tous ces gens qui étaient devant moi, et découvrir des choses que peut-être je connaissais déjà, mais c'était enfoui quelque part...
Aujourd'hui, les deux thèmes étaient liés.
L'amnesie et la mémoire des cultures. Le professeur Guy Dugas, nous a parlé de ses livres, des anthologies regroupant plusieurs écrivains du monde arabe. Son exemple le plus marquant était pour la mémoire: Algérie: Un rêve de fraternité et pour l'amnésie: Algérie: les romans de la guerre. Beaucoup d'auteurs ne voulaient pas participer au deuxième.
Nous faisons tous le tri de nos souvenirs, ne gardant que ce que nous avons envie, peu importe la polarité de ces mêmes souvenirs. On nous a aussi présenté le livre Dernières nouvelles du colonialisme, un ensemble de nouvelles de plusieurs auteurs dont Jean-Luc Rahiramanana, Alain Mabanckou et Bessora. J'ai réussi à acheter le tout dernier exemplaire disponible.
Après est venu le sujet "est-ce que l'écrivain est porte-parole d'une communauté ou d'une cause?"
Et cela va rejoindre la conférence de l'après-midi, dans Écrire dans la fureur du monde, auquel nous a rejoint Fatou Diome.
Ils étaient d'accord pour dire que c'était prétentieux pour un écrivain de s'autoproclamer ce dit porte-parole car ce qu'il écrit, d'abord égoïstement, peut ne pas interpeler les gens qui supposément font partie de la communauté qu'il dit représenter, ou encore qui défendent la même cause. Seul le lecteur, et d'après Bessora il y a autant de lectures (points de vue) que de lecteurs et ce sont ces derniers qui doivent élire leur porte-parole.
Les écrivains parlent et écrivent de ce qui leur touche, et si ce qui leur touche est une cause sociale/universelle (libertés, racisme, préjugés, discrimination...), alors oui, ils parlent pour ceux qui n'ont pas de voix.
C'était un excellent débat, où chacun avait une touche d'humour dans ce thème qui parlait de violence de tout genre, et j'ai apprécié chaque instant.
Une heure, franchement... c'est trop court!
04:15 Publié dans Autour du Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Comédie du Livre, Montpellier, Francophonie, Mémoire et amnésie, Alain Mabanckou, Bessora, Jean-Luc Rahimanana
20 mai 2006 - Francophonie: Écrire en présence de toutes les langues
Samedi 20 mai 2006
11h
Proposé par la Boutique d'Écriture et l'écrivain Jean-Luc Raharimanana
Avec Ryoko Sekiguchi, (Chahdortt Djavann), Abdourahman A. Waberi et Bessora
Pavillon du Musée Fabre
Esplanade
Entrée libre
“Ecrire en présence de toutes les langues” : ou la genèse de la langue d’écriture chez les auteurs francophones. De la langue maternelle au français, ou du français à la langue maternelle, quels chemins, quels détours l’auteur a-t-il empruntés ?
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Comme prévu, je ne voulais pas rater cette conférence où la langue française est au centre des attentions en cette année de la francophonie. Je me sens concernée, ne serait-ce que lusophone de naissance, le français est la langue qui me traduit le mieux.
On n'était pas nombreux au Pavillon, c'est dommage. Mais ce n'était pas plus mal. Ma soeur m'a rejoint quelques minutes plus tard.
Pourtant le débat a mal commencé. On s'était déjà rendu compte qu'on n'était pas très nombreux et Chahdortt Djavann a dit fort ce qu'on pensait tout bas. Moi non plus je n'aime pas les espaces vides. Quand un restaurant est vide, je ne rentre pas.
La journaliste demanda aux cinq écrivains présents quelles étaient leurs langues maternelles avant de commencer le débat d'écrire en français. On a commencé par Bessora, Hélveto-Gabonaise, ensuite Waberi, du Djibouti, vint le tour de Chahdortt Djavann. Elle a répondu "j'écris en français". Alors gentiment, la journaliste (Sophie É-quelque-chose) la recadre, que ceci est une introduction, on parlera de l'écriture en français plus tard. Alors elle répond "le persan". C'est alors que commence le réel épisode désagréable.
C.D. en profite pour dire que "c'est troublant de parler dans une salle pleine, ça l'est encore plus dans une salle vide". Alors Sophie lui dit, toujours poliment, que c'est désagréable pour les auditeurs d'entendre que la salle est vide même avec eux à l'intérieur.
Les musiciens sont les premiers à dire qu'ils font le spectacle de la même manière pour trois spectateurs comme pour trois mille.
Pour ne pas polémiquer davantage, Sophie vint à Ryoko Sekiguchi, Japonaise, et Raharimanana, Malgache. C'est alors que C.D. revient à la charge, disant que c'était démagogique, qu'elle avait le droit de parler à ses lecteurs, que c'était un débat interactif wero-wero.
J'avais envie d'être une autruche et cacher ma tête dans n'importe quel trou. Une dame assise devant nous a dit qu'elle était contente de les voir et tout. Ça aurait pu s'arrêter là. Mais nooooooooon. Encore un peu, c'était le marché! Alors une autre dame derrière nous s'est levée et a déclaré "juste une petite mise en point... c'est une question pratique, on a la salle pour une heure, on ne peut pas tout faire, il faut être dans le thème" wero-wero "donc, ce serait bien de continuer."
Tout à fait d'accord.
Mais... scène théâtrale, C.D. se lève, disant qu'elle n'avait jamais vu ça, qu'elle était désolée pour ses lecteurs, et si on voulait lui poser des questions, elle serait dehors...
Franchement.
Je n'étais pas venue pour elle, mais j'avais envie de la connaître comme tout autre écrivain présent. Mais j'ai un goût amer de déception, mêlée à cette image antipathique qu'elle a donné d'elle. Sincèrement, j'ai été plutôt contente qu'elle quitte la salle, parce qu'avoir des réflexions du genre tout le long de la conférence, je vous assure que ç'aurait été plus qu'embarrassant, pour les autres écrivains présents, pour la journaliste et pour nous autres.
Le reste de la conférence s'est passée dans la bonne humeur et humour, on a ri, principalement avec Waberi que j'ai a-do-ré. Je l'avais déjà dans ma liste à lire, mais j'ai profité de son passage à Montpellier, pour acheter ses États-Unis d'Afrique. Comme si j'avais vraiment besoin d'excuses pour m'acheter des livres! :P Je vais me le faire autographer demain.
Avec Bessora, j'avais un a priori par rapport à ses taches d'encre, mais j'ai tellement aimé sa manière de s'exprimer et sa sympathie, que je tenterai bien ma chance avec Petroleum, son dernier livre.
Le débat a tourné autour de l'appropriation de la langue par les différents peuples, le fait que la littérature francophone n'est pas dans la littérature française mais vice-versa, la personnification de la langue et de la parole, le fait qu'écrire en français est encore perçu comme un lien avec le passé historique (traite, colonisation...), et beaucoup de sujets intéressants. Le temps est passé trop rapidement, je n'ai pas vu l'heure venir.
J'ai fait dédicacé mon livre par Bessora, très très sympa. Waberi s'est approché de nous (ma soeur prenait les photos) et s'est demandé si on était des Suissesses-Gabonaises. Mais nah m'sieur. Angola represent. D'ailleurs, sur l'Angola et vu le thème du dernier livre de Bessora, sa dédicace est très customisée! :D Et elle m'a rassurée en disant que Petroleum n'a rien avoir avec Les taches d'encre! :P
Après ma soeur et moi, on est allée à la Crêperie de la Comédie, manger des crêpes à vuvlaí (ou à gogo, c'est selon), déambuler parmi les stands (Thomas Keneally était invisible du côté des Australiens), on est allé acheter des boucles d'oreille (pour Jess, j'ai pas les oreilles piercées...), allé à Fnac (acheter le livre de Waberi et le CD de Coldplay, XY, pour moi - merci Jess!), on a vu une danseuse avec une robe faite de sac en plastique, Jess est allée faire des courses et chacune est rentrée chez elle.
Ce fut une belle journée qui s'achève avec le kitschissime Eurovision!
Y'en aura d'autres conférences demain...
04:10 Publié dans Autour du Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Comédie du Livre, Montpellier, Francophonie, Abdourahman A. Waberi, Bessora


