dimanche, 30 décembre 2007

I am Legend

eaaf807ebd0985a8c5ae6487ba532fec.jpg Vous voulez me faire pleurer, faites-moi revoir I am legend. J'ai suivi la troupe, histoire de sortir de mon enfermement et avant un probable pétage de plombs dans un futur très proche. Je ne savais pas de quoi ça parlait. Les fois où j'ai vu des interviews avec Will smith (♥) c'était plutôt pour parler du fait que ses enfants participaient dans ses films (sa fille Willow joue le rôle de Marley). Dr Krippin (Emma Thompson) pense avoir trouvé la cure contre le cancer. Mais le problème, c'est que l'évolution n'a pas été celle prévue, et bientôt c'est un virus "Krippin" qui se propage dans l'air et par contact, qui transforme les humains en mutants qui ne vivent que la nuit. Robert Neville (Will Smith) est le seul survivant humain immune à New York, accompagné de Samantha, son Berger allemand. Colonel et chercheur, il essaie de trouver le cure pour les mutants. Depuis trois ans (1001 jours), il travaille dans son laboratoire à domicile. Tous les jours, il sort dans une ville fantôme avec sa chienne pour trouver des animaux susceptibles d'être contaminés pour faire des tests. Tous les jours, il lance des messages à la radio à la recherche de survivants. Il traite Samantha comme sa fille (mange tes légumes, sinon tu seras punie), il parle à des mannequins qu'il dispose au vidéo club où il se rend tous les jours... Les mannequins me donnaient la chair de poule à chaque fois que je les voyais, j'attendais qu'à chaque instant ils bougent les yeux ou se transforment en mutants, mais c'est aussi une des scènes les plus émouvantes du film (rien que d'y penser, je veux pleurer encore). Si c'est encore un Américain qui doit trouver la solution/cure, ce n'est que justice après tout, comme Neville dit "c'est l'homme qui a créé cet épidémie" et they are the only ones to blame. On se demande juste comment il va faire (et pour une fois, c'est un Noir qui survit et qui doit sauver le monde, d'habitude, on meurt toujours en premier). Même si ça a l'air d'être un énième film sur les zombies comme dirait mon ami Krat, ce que j'ai trouvé époustouflant était la torture psychologique. J'aime le silence et la solitude... mais cette solitude-là, cette course pour la survie, cette envie de réparer le mal qu'on a fait en pensant faire le bien... enfin. Je suis sortie de la salle (en perdant une bague au passage) épuisée, et je ne suis pas la seule. Soba, Bubbles et Smurf ont fait semblant qu'ils n'étaient pas atteints... Les garçons, je vous jure. Et puis, si c'était un film à la télé, je n'aurais jamais vu le film puisque je l'aurais zappé depuis longtemps. Il y avait des moments où je me sentais désespérée rien qu'en regardant les larmes de mon Willy... :-'(

jeudi, 11 octobre 2007

♥ Va, vis et deviens!

7c46eab8a5903b029c6bef58a4238e86.jpgJe viens de voir un film qui monte tout de suite dans mon panthéon, avec Le Pianiste, Hotel Rwanda, Blood Diamond et La liste de Schindler. Est-ce une surprise savoir que le TOP 5 ciné pour moi sont des films à pleurer dès la première minute? Peut-être pas. J'aime bien me détendre avec un Shrek, pleurer pour Love Actually, vibrer pour The Lord of the Rings, me demander lequel parmi Eddie Murphy, Jackie Chan, Chris Tucker ou Jim carrey je veux voir en premier, rire en voyant les stand up (one-man-show en français) d'Eddie Murphy, Jamel Debbouze et Gad Elmaleh... Mais je préfère, de loin, voir avec des yeux que qui ne veulent pas, des scènes de la réalité crue et dure, telle que des milliers de gens l'ont vécu et la vivent encore. Vive le XXI siècle. ===== ► Réalisation : Radu Mihaileanu ► Avec : Yaël Abecassis, Roschdy Zem, Moshe Agazai (Schlomo enfant) (génialissime!!), Moshe Abebe (Schlomo adolescent) , Sirak M. Sabahat (Schlomo adulte) , Roni Hadar, Yitzhak Edgar, Rami Danon, Meskie Shibru Sivan, Mimi Abonesh Kebede === Lors de l'Opération Moïse dans les années 1980s, Israël décida de rapatrier les Ethiopiens Juifs (Falashas), descendants de Salomon et de la Reine de Sabah en Terre Sainte. Ils marchèrent jusqu'au Soudan pendant des semaines, mourant sur le chemin d'épuisement, de soif ou de maladie. Au Soudan, ils attendèrent le départ dans des camps, où d'autres Africains (20+ nationalités), Juifs, Chrétiens ou Musulmans s'étaient réfugiés, fuyant la famine et la sécheresse. Parmi tout ce désespoir, une mère Juive perd son enfant. Une mère Chrétienne décide alors de se séparer de son fils, le faisant passer par l'enfant juif qui avait perdu la vie la veille. "Va, vis et deviens. Ne reviens pas avant ça."' (Voilà les dix premières minutes, et j'ai déjà tout pleuré!)Commence alors la vie de Schlomo, petit garçon triste et réservé, qui doit laisser derrière lui sa mère. Mais sa mère juive, Hana, meurt presque aussitôt arrivée à Jérusalém... encore une fois, le petit Schlomo est livré à lui-même, et ne communique qu'en se bagarrant... Jusqu'au jour où une famille l'adopte et petit à petit, l'apprivoise (pas trop longtemps quand même, faire gaffe à l'adolescence!) Pour Schlomo, la vie ne sera pas (ou pas souvent) facile. Noir, Ethiopien, il est confronté au racisme le plus primaire: est-ce qu'il n'a pas ces maladies d'Afrique? au point où sa mère Yael le lèche en public pour prouver le combien il est sain (eish wena! N'est-ce pas malheureux d'arriver à ce stade?!) J'adore quand le doyen s'étonne de voir tant de Blancs à Jérusalém: "Dis... il y a beaucoup d'Albinos en israël..." Une histoire touchante, criante d'humanité, qui parle d'amour maternel (donner son enfant sans savoir si on le reverra un jour), d'amour envers et contre tous, contre le racisme racial et religieux, l'espoir de tout un peuple... A voir et à revoir, et en famille. Idan Raichel qui m'a influencée ;) )

mercredi, 10 octobre 2007

♥ Hotel Rwanda

medium_hotel-ruanda-poster03.jpgHotel Rwanda ► Réalisé par Terry George ► Avec Don Cheadle, Desmond Dube, Nick Nolte, Sophie OkonedoC'est l'histoire vraie de Paul Rusesabagina, un hôtelier Hutu, dont la femme Tatiana est Tutsi, qui sauva les gens qu'il put dans l'hôtel qu'il dirige, le Mille Collines, qui appartient à Sabena. "Quand le monde ferma les yeux, il ouvrit ses bras"... Avant toute chose, il y a cette citation du Colonel Oliver (Nick Nolte) quand il explique pourquoi il n'y aura pas d'intervention internationale: You're black. You're not even a nigger. You're an African. (Tu es noir, même pas un Nègre. Tu es un Africain). (Million Voices, Wyclef Jean - BO - à écouter un million de fois, ne serait-ce pour le choeur des enfants...) medium_hotel-ruanda07.jpgJe suis angolaise... Mon pays a vécu une guerre fraticide pendant 41 ans... Est-ce possible que je me taise dès la cinquième minute de ce film? Lorsque des machettes tombent d'une caisse par inadvertance? Alors que mon propre drapeau, celui que je porte fièrement, en a une bien grande? Jamais les scènes sont violentes, on imagine, on les voit de loin, jamais en détail. Mais de ce qu'on sait, de ce qu'on connait, de ce qu'on a vu, l'imagination est suffisante. On voit avec peur, les Hutus qui scandent leur haine envers les Tutsis. On voit avec febrilité, les Tutsis qui essaient d'échapper. On voit avec rage, comment l'Occident a abandonné l'Afrique On voit avec stupeur, comment on sépare les Européens (touristes et expats) des Africains. medium_hotel-ruanda04.jpgOn n'a plus que nos larmes pour pleurer. Et on n'a rien appris de notre histoire commune. "We're here as peace keepers, not peace makers." disait le Colonel Oliver des Casques Bleus en interview. Et le Darfour, qui s'en souvient? www.protectdarfur.org Make noise (Don Cheadle soutient cette cause) Le héros "ordinaire", qu'on a surnommé le Schindler Rwandais... Paul et Tatiana Rusesabagina avec Don Cheadle à la première du film

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Les Rusesabagina avec le réalisateur Terry George et les acteurs Don Cheadle et Sophie Okonedo
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vendredi, 05 octobre 2007

♥ Blood Diamond

ead7100fc6ddeb7e0506d5253c861c27.jpg f428aec8d7aa408dd290521be6f3f46a.jpg Une fois, alors que j'étais ado, je suis allée déjeuner en famille. Avec nous, une connaissance de mon père, un Britannique, S. Cet homme avait fait fortune avec les diamants. Il m'avait regardée et m'avait posée la question: "Est-ce que tu aimes les diamants?" "Non." "Tu fais très bien, les diamants n'apportent que des malheurs." Dans les questionnaires qui circulent sur Internet, d'e-mail en e-mail, de blog en blog, il y a une question: "Les diamants ou les perles?", et je réponds "Je n'aime pas les diamants, je suis angolaise." Nous sommes allés voir Blood Diamond d'Edward Zwick avec Leonardo DiCaprio et Djimon Hounsou. Parmi nous, moi (une Angolaise apprentie-psychologue dont le drapeau a une machette et dont le pays est producteur de diamants), une de mes meilleures amies Molotov (dont la mère travaille pour les Nations Unies au Programme Alimentaire Mondial), et un de mes camarades du lycée, Le Chef (qui est du Rwanda). De quoi nous mettre tout de suite dans le contexte. Pendant les années 1990s, la Sierra Leone subit une des guerres civiles les plus meurtrières du continent africain. Encore une fois, à base de machettes. Des milliers de civils se voient amputés d'un bras, voire des deux, peu importe leur âge. Et derrière tout ça, le diamant, bijou éternel. Trésor convoité par l'Occident. Au milieu de ce massacre, Solomon Vandy, un pêcheur, mari et père aimant, rêve que son fils aîné devienne un jour docteur. Mais les rebelles envahissent leur village, tirent sur tout ce qui bouge, coupe ce qui est encore vivant, et prend les enfants pour les emmener au camp d'entraînement et les faire devenir de réels petits soldats. En croyant avoir sauvé sa famille, Solomon est emmené dans les mines. Puisqu'il est costaud, on lui laisse ses bras intacts. Il trouve un diamant rose très rare qu'il cache près de la rivière. Le chef des rebelles se méfie et le menace. Mais avant qu'il lui arrive quelque chose, l'armée gouvernementale ameute la mine et emmène les survivants à la prison. bc97fd2e0dc86f5467c14c0a08467357.jpgC'est là que Solomon croise le chemin de Danny Archer, trafiquant blanc zimbabwéen, qui veut voir ce diamant à tout prix. En échange, Solomon veut revoir sa famille... Dès la minute cinq, tout mon corps a commencé à trembler. A côté de moi, Molotov mordait son écharpe éthiopienne. A la minute trente, je voulais quitter la salle à tout prix. Mon coeur semblait vouloir rompre ma poitrine. Les larmes ont coulé. Derrière nous, on reniflait. J'ai pris mon pendentif entre mes doigts, y tenant comme si c'était un crucifix. Mais ma prière était une autre. Mon Afrique, mon continent... Si beau et peuplé d'idiots. Des enfants soldats... leur lavage de cerveau.. A la fin de la première heure, je me suis dit que je n'étais pas faite pour cette vie. Que je voulais être psychologue pour enfants de la guerre. A la 61ème minute, je ne voulais plus de mon stage, en mars. Encore hier, j'avais envoyé un e-mail à mon tuteur en lui disant que je ne savais pas si j'avais le courage d'affronter les enfants soldats, même si j'en ai déjà vu. L'été dernier, à Amsterdam, ma cousine m'avait montré un livre sur les Blood Diamonds et elle avait parlé d'une exposition qu'elle avait faite en Angola à propos. D'ailleurs, dans le film, on cite 5 fois l'Angola. Au début du film, on s'était demandé si on le ferait. Après tout, Angola Diamant, kif kif pareil. A la sortie du film, je me suis éclatée en sanglots. Tous les sacro-saints jours qui me rapprochent de mon stage, je me demande si j'ai la force, le courage d'entendre ce qu'on a à me dire, d'écouter les enfants soldats, qui deviennent des petits monstres. Est-ce que je vais pouvoir tout encaisser? Le Chef disait "ce n'est pas maintenant que tu dois abandonner. C'est maintenant que tu dois aller de l'avant". Molotov veut faire de l'humanitaire aussi. On a vécu la guerre d'Angola de manière différente. Elle a vu pendant, moi après. Les camps de réfugiés, de démantèlement, les enfants soldats, les rebelles, les routes minées, la brousse piégée, le Beechcraft du Programme Alimentaire Mondiale... J'ai tout vu. Je ne sais pas si j'ai le courage de tout affronter de manière intensive. Mais je résoudrai le problème lorsqu'il arrivera. Je suis la fille de ma mère, je ne peux pas m'échapper maintenant alors que j'ai ramé pour trouver ce stage... Stress post traumatique chez les jeunes en temps de guerre... Pourquoi je n'ai pas choisi d'être psy pour Chihuahua?! Qu'on ne s'y trompe pas. L'Occident n'est pas le seul responsable. Nous le sommes aussi. Moi, je vais continuer avec mes bagues à la noix de coco. Et comme le dit Danny Archer (Leonardo DiCaprio - je ne l'ai jamais aimé, mais j'étais saisie par son interprétation et son accent typiquement sudafricain!): TIA. This is Africa.