dimanche, 06 janvier 2008
En vadrouille #10bis - Sur les Champs Elysées (ou comment Soba est devenu Robocop) (deuxième partie)

Une foule s'est mise à courir à contre-courant, dans toute la largeur de l'avenue, et nous quatre marchions en plein centre des Champs. Instinct de survie à la noix, L. et moi nous cachons derrière ma soeur qui était derrière Soba. C'était le seul garçon, et au diable l'égalité des sexes.
"Les filles, restez calmes, restez calmes." il ne cesse de répéter.
Je tiens L. entre mes bras, et ne sens que passer la centaine de moutons qui courent loin de la police. Soba nous dit soudain de commencer à avancer. Nous nous tenons par les mains, Soba menant la cadence, firmement, la tête haute. Et puis, il y a eu la police...
Tous ceux à qui Soba avait souhaité la Bonne Année, que ce n'était pas facile et tout et tout, les boucliers, les casques et les matraques en poings... nous nous sommes trouvés exactement entre les casseurs et la police, à deux pas des deux. Et il y avait la police à la paysanne, reconnaissables à leurs matraques, mêlés à la foule qui courait. L. et moi nous sommes séparées de Soba et Jess sans que nous comprenions réellement.
Mais au moment où j'ai vu une matraque à quelques centimètres de moi, j'ai commencé à courir, et j'ai foncé droit devant, dans la police à bouclier. "Faites le tour, faites le tour !" qu'ils crient.
Hé oh, ça va pas ?! Vous faite dix mètres de long, j'ai tout le loisir de me faire tabasser aujourd'hui ! L. passe avant moi entre deux agents, moi tout de suite après, cherche ma soeur et Soba du regard, leur crie de passer sur le trottoir.
Soba lui, toujours déterminé, la tête haute, le regard qui fait peur. Au moment où nous nous sommes retrouvés tous les quatre, il y a eu un mouvement de panique, ma soeur a perdu son escarpin. Je portais mes baskets (qu'est-ce que je suis bien inspirée, souvent !). Nous ne voyons Soba nulle part dans la foule. Je veux bien prêter mes nouvelles chaussure, mais ma soeur a 10 centimètres de plus que moi, et deux pointures deux plus aussi ! Je suis inquiète de voir ma soeur marcher pieds nus alors qu'il y a tellement de verre cassé sur le trottoir.
Et puis... sorti de la foule, l'escarpin manquant à la main, Soba revient, les épaules larges, la tête haute, le regard qui tue.
Je ne sais pas si je veux rire de la situation ou n'être que soulagée de le revoir, vu que nous avions déjà perdu les quatre autres. Mais il était là. Le talon en poing.
"Si on te voit avec de la détermination dans les yeux, et un talon aiguille, on fait un tour et on ne te touche pas." qu'il dit "Je peux mourir (piétiné pour le coup), mais vous courez." Yeah Robocop.
Je ne porte pas de talons, je devrais peut-être commencer ?! For self defence ?
Nous décidons de quitter au plus vite les Champs, les uns serrés aux autres, et nous diriger au Duplex pour retrouver les autres. Les téléphones ? N'essayons même pas.
Allons à contre-courant des gens qui arrivaient sur les Champs ignorant ce qu'il se passait, nous avons pris une rue parallèle pour aller jusqu'à l'Avenue Foch.
Sans qu'on se rende compte, il était déjà 1h du matin, c'était minuit en Angola.
Nous retrouvons les quatre autres, puis j'essaie d'appeler ma mère (mon père est au Brésil) mais elle appelle sur le portable de ma soeur, qui est bien tentée de lui raconter ce qu'il vient de se passer, mais Mme le Général s'inquiète très rapidement et serait capable de nous enfermer chez nous, même à distance. Et puis, le Nouvel An sur les Champs, once in a lifetime ;-) Pour l'occasion, je me referai un réveillon à Copacabana comme aux bons vieux temps.
Au Duplex, la file faisait le tour du bloc, nous sommes allés à l'Etage, de l'autre côté des Champs qu'on a dû redescendre (sur le trottoir, cette fois, c'est toujours sur la rue que ça se passe), nous attendons jusqu'à 2h (oui, le temps passe vite), je change de chaussures (encore !!) et nous dansons jusqu'à l'aube...
Nous arrivons à la maison à presque 7h, je reste un peu dans le couloir pour me retirer, dans le silence et la solitude (mes amis malmenés), pendant que les autres se lancent dans une partie de Trivial Pursuit...
En conclusion, mon Réveillon, même avec l'épisode Robocop, était beaucoup mieux que Noël qui heureusement, c'était l'année dernière (déjà !). A oublier !Allez ! Bonne année ! :-)
00:30 Publié dans Carnets de Voyages , Montpellier (& ma Vie en France) | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bonne Année, 2008, Fêtes, L'Année du Mari, Champs Elysées, Paris, Restaurant
vendredi, 04 janvier 2008
En vadrouille # 10 - Sur les Champs Elysées (première partie)

Tout devait bien commencer.
Pour une fois, nous nous sommes dits "on fait des plans". Nous autres Négro-Africains, ça ne nous connaît pas souvent, donc ça a le mérite d'être noté dans les annales.
Soba : "On va où ?"
Jess : "Au Portugais."
Soba : "Ah non, non."
Moi : "Cousin, je peux te dire que je n'apprécie pas spécialement le Portugal. Mais leur cuisine est une des meilleures au monde."
(Désolée pour cette déclaration de désamour comme ça, mais ça n'a pas changé depuis l'année dernière... pardon à la famille à 2/3 portugaise.)
Soba prend alors la carte de visite de Saudade, et quand il s'écrie "130€ par personne", il dit "Oui, mais non. Merci." La plupart de nous sommes étudiants sans le sou : fin de mois, factures, impôts, trains et Fêtes. Ça fait de sacrés dégâts.
Ma soeur lance alors : "Allons au Yakro."
J'étais moyennement chaude pour un restaurant africain. Mais je vais toujours où va la majorité.
Soba appelle, pas de problème. Réservation pour dix, il n'y a pas de soucis. Nous serons les bienvenus.
Yeah.
Right.
Africain ô !
Laborieusement, le 31, nous voilà prêts. J'ai eu la mauvaise idée d'acheter de nouvelles chaussures le jour-même, mais je n'avais que mes baskets. Réveillon, fête, restaurant, after party... ça n'allait pas le faire. Mais just in case, j'ai mes baskets dans mon sac à main. Nous les filles avons de grands sacs. Maintenant vous connaissez leur utilité.
Première étape... un taxi. Puisque nous allions en taxi vers le restaurant, j'avais mes nouvelles chaussures. Mais lorsque nous avons changé d'avis et pensé aux transports en commun, je me suis assise, et comme la villageoise que je suis, j'ai mis mes baskets. Le temps qu'arrive un taxi.
Hmpft.
Dans la voiture, je rechange mes chaussures. Pour arriver devant le restaurant où c'était marqué "A vendre".
Hmpft au carré. Là, nous rions plutôt que pleurer, parce que "nos frères"... Pour une fois que nous avions fait des plans ! Que nous avions des réservations ! Quel a été l'imbécile qui a dit "Venez donc, il y a de la place pour dix, sans problèmes".
Ce sont ceux-là... je ne dirai rien.
Je remets alors les baskets (Nouvel An sur les Champs, ou comment changer de chaussures dix fois dans la même soirée). Nous allons sur les Champs Elysées. Wink ! Comment faire un 31 décembre sur l'avenue la plus belle (en tout cas pendant les Fêtes de fin d'année), overcrowded ?!
Allons donc, nous allons trouvé.
Au premier restaurant qui nous semble classe, le Ziti, dans une des petites rues perpendiculaires aux Champs. Pour sept (entre-temps, le nombre a réduit, vous avez remarqué ?), que dans une quarantaine de minutes... Meh... Essayons de trouver. Mais même le Paradis du Fruit sur Georges V (je crois) est sur réservation (avec garde devant).
Nous marchons, montons l'avenue, redescendons, et puis... nous repartons au Ziti à 22h ! ;-) Les premiers, vous savez ce qu'on dit...

Et c'est là que nous avons passé les douze coups de minuit, que les garçons ont bien crié au peuple "bonne année !" (depuis le matin au fait). Quelques minutes plus tard, nous (re)voilà sur les Champs Elysées, criant encore, Soba devant les agents de police "Ce n'est pas facile, mais bonne année."
Non non, je n'aime pas me faire remarquer.
Les plans ? Chassez le naturel... vous savez ce que c'est là aussi.
Soba : "Bubbles et Smurf, allez au Duplex voir ce qu'il en est... Nous, nous allons à l'Étage pour voir. Le premier qui a une entrée appelle l'autre."
Ma soeur et moi n'étions pas d'accord.
"A cette heure-là, le réseau est saturé, c'est impossible. On y va tous ensemble."
"D'accord."
Nous marchons, criant... vous avez compris.
Et nous avons perdu la moitié du groupe: Bubbles, Smurf, A. et Ace. Soba, Jess, L. et moi décidons de continuer vers le Duplex, nous allions bien nous retrouver. J'ai entendu un tir et j'ai dit à L: "Et ça commence." Ce n'était pas les feux d'artifice. Nous continuons de marcher.
Et puis soudain... l'émeute.
00:00 Publié dans Carnets de Voyages , Montpellier (& ma Vie en France) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bonne Année, 2008, Fêtes, L'Année du Mari, Champs Elysées, Paris, Restaurant
mercredi, 02 janvier 2008
L'Année du Mari #0
Il y a des années du Mari, comme il y a des années du Chien (je suis née une année du Chien).
Courant novembre, ma mère m'a mise sous pression. J'ai 25 ans (et demi) et en Angola, je suis déjà considérée "vieille fille". Mon jumeau Daf va se marier en Août. Je suis la prochaine si je ne veux pas que ma soeur attende des lustres avant de se marier (la hiérarchie a son importance quelque part dans le processus...).
Je vais donc me chercher (et me trouver) un mari. Tout en sachant qu'avant d'être un mari, ce sera d'abord un ami, un bon ami, un copain, et puis... who knows ? Je suis folle, tête en l'air, mais pas tant !
Mme le Général veille au grain.
Moi : "Je ne pense pas me marier avant 30 ans."
Mme le Général : "Mais c'est vieux! Ici, l'âge est 25!"
Moi : "Quels 25? C'est trop jeune! En tout cas pour un garçon!"
Elle : "Alors toi, dans deux ans?"
Moi : "Mais je n'ai personne à vous présenter!"
Elle : "Trouve-s'en!"
Oh gosh. Et comme chacun sait, j'ai encore peur de madame ;-)
Alors je dis « oui mère » (qu'en plus, ce n'est pas unpleasant at all !)
00:10 Publié dans Des Histoires comme ça | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bonne Année, 2008, Fêtes, Année du Mari, Année du Chien, Under pressure
lundi, 31 décembre 2007
Bonne Année de la Coccinelle !
Voilà, c'est terminé !
Il y a un an, j'étais à Rotterdam et j'allais être sous la pluie. On dit que ce qu'on fait le premier de l'an, ça se répète sans cesse. Du coup, à chaque fois que je devais sortir, me retrouver avec quelqu'un, tout le long de l'année, je l'ai fait sous la pluie. La dernière étant le soir de la TGIO où j'étais trempée avant même de prendre le métro pour aller au XIII arrondissement !
Je me demande comment je vais terminer mon année. Mon Noël a été exactement comme je le prévoyais, j'espère juste que le Réveillon sera bien mieux, sinon je suis bonne pour me pendre !
Mais quoi qu'il en soit, 2008 sera une excellente année, en tout cas pour moi, que ce soit professionnel, académique et personnel. Les bons vents sont enfin là.
Hallelujah !
Cette année, je l'ai donc commencée à Rotterdam...
Cette année, j'ai eu un stage de rêve en Angola, en passant par la Namibie. J'avais un tuteur/professeur/écrivain tellement génial que ça ne me gênait pas de faire 5 heures de voiture pour aller à et revenir de la fac.
Cette année, j'ai terminé la correction de « Fille du Vent » (NaNoWriMo 2006) sous le regard "espanté" de ma mère.
Cette année, j'ai dû retourner pour quelques jours à Lisbonne, et j'ai eu ma première migraine en 5 ans tellement je ne voulais pas remettre mes pieds au Portugal.
Cette année, ma siamoise Lady Jay est sortie du Centre, guérie de son cancer. Elle garde sa coupe d'après Chimio, mais ça lui va bien et c'est plus facile à coiffer (n'est-ce pas ? ;-))
Cette année, une de mes meilleures amies, Cocktail Molotov, s'est mariée avec Mr Kiss... Ils se sont connus lors de mon "mariage" à moi en 2005.
Cette année, j'ai passé plus de temps à Paris que je ne le croyais. Jamais cru possible. Ma soeur étant là, ça doit expliquer.
Cette année, j'ai fait une connaissance qui va changer ma vie.
Cette année, j'ai reparticipé à NaNoWriMo et j'ai terminé un nouveau roman « A l'Ombre du Baobab » (en cours de réécriture though). Et grâce à ce défi de fous, j'ai fait la connaissance de nouveaux amis adorables auxquels je tiens énormément (surtout mon Collègue ! ;-)).
Cette année, j'ai eu droit à une nouvelle petite soeur qui n'a toujours pas de nom. Mon père a perdu l'inspiration à ce qu'il paraît (il était très inspiré lorsqu'il a trouvé le mien)...
Cette année, ma mère m'a dit de me trouver un mari.
Cette année, j'ai passé 127 jours en dehors de Montpellier... ce qui veut dire que pendant un tiers de l'année, je me suis partagée entre Paris, l'Allemagne, la Namibie, l'Angola, le Portugal et les Pays-Bas.
Mais 2008 sera meilleur encore ! :-)
Ça va être drôle, 2008. C'est moi qui le dis !
Je vous souhaite à tous, une très bonne année avec de la santé et du bonheur ! Que 2008 soit l'année de tous vos succès ! :-)
23:55 Publié dans Des Histoires comme ça | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ladybirdism, Bonne Année, Fêtes, 1er janvier 2008, 2008
