vendredi, 25 avril 2008
Why because ? (Questions existentielles)
25 avril 2008
Question existentielle du jour :
Why because on peut trouver du iced tea citron et du Yop citron au Carrefour de la Fontvieille de Monaco (là où les dames choisissent leurs patates avec des sacs Louis Vuitton) et je peux pas les trouver au Inno au centre-ville de Montpellier ? Est-ce que je dois aller au Carrefour à Lattes, aux portes de la ville ? Moi j'dis, c'est de la discrimination ! :-P
23:15 Publié dans Ladybird talking (seriously) | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Métissage, Sociologie, African American
mercredi, 10 octobre 2007
Afro-quelque chose

Hiiiiiii... voilà longtemps que je ne me suis pas étonnée devant de trucs bizarres. Pas n'importe lesquels, mais ceux qui avaient des Afro-machins comme identité. Après ma disseration de mai, à propos des soit-disants Sauveurs d'Afrique, je ne m'étais plus penchée sur leurs cas. Mais cette fois-ci, je laisse les Négro-Américains (aka African Americans) là où ils sont. Ils ne m'ont pas encore cherchée.
En surfant ici et là, je suis tombée sur le site d'une Sud-Africaine qui se désignait "Afro-Européenne". J'ai froncé les sourcils, je n'avais jamais entendu parler de celle-là. Au fait, la Sudaf en question était blanche, rien de surprenant. Mais elle disait être "d'ascendance européenne" et avoir été élevée avec les deux cultures.
Maintenant, comprenez mon étonnement...
Je suis Négro-Africaine d'origine européenne (portugaise, espagnole, allemande et danoise). Mon grand-père était portugais. Les frères et soeurs de mes parents sont portugais. Mes cousins germains sont portugais. J'ai vécu presque 10 ans en Europe. J'ai fait toute ma scolarité dans des établissements français. J'ai été éduquée comme une petite Française. Pourquoi moi, je ne m'autoproclame pas Afro-Européenne? Parce que je ne suis pas Blanche?
Tant les Afro-Américains comme les Afro-Européens essaient de justifier la couleur de leur peau. Je ne comprends pas pourquoi.
Où diable êtes-vous nés? Si vous êtes issus d'un mariage mixte comme Lady Jay (moitié Sudaf, moitié Française) ou Cocktail Molotov (moitié Russe, moitié Malienne) ou encore Tequila (moitié Russe, moitié Péruvienne) et même Bonetti (moitié Français, moitié Djiboutien), vous avez le droit à l'Afro-Européen, Américano-Européen, et que sais-je! Maintenant si vous êtes comme moi, moitié Angolais, moitié Angolais, donc Ango-Angolais, n'allez pas chercher des noms pour faire style, ça le fait pas. De quoi avez-vous honte, vraiment? De ne pas faire suffisament exotique?
Je crois bien que je vais m'arrêter, sinon je vais avoir des réflexions à propos du fait que je ne sois pas réellement "Négro-Africaine" parce que je suis un tout petit peu jaune...
19:20 Publié dans Angola (& autres Afriques) | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Afro-Chose, Angola (& autres Afriques), African American, Métissage
Sauveurs d'Afrique? Ah bon...

Je participe dans des dizaines de forums. Je ne sais pas pourquoi ou comment, mais c'est comme ça. Et non seulement je participe dans quelques uns, mais je gère quelques-uns aussi. Une de mes créations en anglais était LoveAfrica. J'en étais fière. Mais, en décembre de l'année dernière, j'ai décidé de le fermer. Mais tout archiver prenait un temps fou, ce qui fait qu'aujourd'hui il est vidé de son essence, mais j'ai encore du mal à tourner la page.
Et pendant que je déménageais, je suis tombée sur un des débats qui a le plus fait... débat (oui, je sais, c'est nul, pas digne de moi!). Le débat était, renforcé par quelques messages et dû aux tensions, discrètes mais néanmoins tensions, le suivant: l'Afrique appartient-elle seulement aux Noirs?
Qu'est-ce que je suis allée demander!
Personnellement, commençant par le fait que je sois Métisse (sacrilège pour quelques-uns), je suis d'avis que si on aime l'Afrique réellement, peu importe la couleur de notre peau, notre religion ou notre origine, on est Africain. C'est pas si compliqué que ça!
Mais il y a eu deux ou trois Afro-Américains qui ont surgi de nulle part avec l'idée que "oui, l'Afrique appartient aux Noirs, et aux Noirs seulement". Après le premier choc, et un deuxième, j'ai voulu rire. Mais, malgré mes airs délurés, avant de dire quoique ce soit, j'ai voulu me pencher sur leur "cas".
Qui sont donc ces Noirs américains (c'est comme ça que je les vois, et pas Afro-Américains) qui veulent sauver la Motherland? D'où viennent-ils? Quelle est leur idée de l'Afrique? Et force est de constater que la plupart qui se proclame "sauveurs de Mère Afrique" n'y a jamais mis les pieds.
L'Afrique est devenue un fantasme, un mythe que beaucoup cultivent. Je ne dis pas que tous les Noirs américains pensent de la même manière. Ni tous les Américains sur mon forum étaient d'accord. Mais il a suffi de deux ou trois pour m'exaspérer.
De quel droit un Américain qui n'a jamais mis les pieds en Afrique vient me dire à moi, Jo Ann, Angolaise, fille d'Angolais, petite-fille d'Angolais, née en Angola (l'exotisme quand tu nous tiens!) avec un passeport angolais de surcroît (surprenant!) que je n'ai pas le droit à mon sol? A mon pays? A mon territoire? A ma nationalité?
Un d'eux, que je nomerai BQ, nous a lancé la thèse (vu la longueur de ses messages, ça en avait l'air) que oui, "l'Afrique doit être sauvée de la suprématie blanche", "tous les étrangers doivent être expulsés" et d'autres choses du genre. Enfin, je vous laisse imaginer le reste.
Un de nos participants très respectés F est un Africain blanc, comme tant d'autres. Il connaît 28 pays africains, parle plusieurs langues nationales, enfin. Une mémoire vivante. Et BQ s'en prend directement à F (qui doit être une vingtaine d'années son aîné) en le traitant de naïf. On aura tout vu. A moi donc, de faire mon boulot d'animatrice-créatrice de LoveAfrica.
Avant toute chose, je lui pose la question la plus simple et la plus assassine de l'histoire de LoveAfrica: as-tu mis les pieds en Afrique au moins une fois dans ta vie? A laquelle il me répond "non, jamais, mais je me suis beaucoup renseigné." (c'est déjà un point pour lui s'il n'avait pas ajouté:) "Je joue du djembé et participe à des danses africaines".
S'il avait été devant moi, il y aurait un silence avant que je ne m'éclate de rire... nerveusement. Au fait, est-ce que j'aurais eu de la patience si je n'avais pas été derrière un écran, tapant sur un clavier? Je n'aime pas avoir des regrets, alors je pense deux fois avant de dire quoi que ce soit. Va-t-on savoir, je peux briser les illusions d'un homme qui à quelques années près pouvait être mon père! Vous avez vu la responsabilité?
En aucun cas je dis que je suis spécialiste de l'Afrique. Honte à moi, même mon pays je connais mal. Mais... quelle est la ligne du ridicule à ne pas franchir?
"Je suis Africain d'Amérique."
"Ah... tu es né en Afrique ou tes parents sont Africains?"
"Non, j'ai été délocalisé."
"Et... quand ça?"
"Il y a 27 générations."
Hmmm...
Je peux très bien comprendre à défaut de ressentir, ce qu'est de savoir que nos ancêtres ont été des esclaves outre-Atlantique, arrachés de leurs terres. Mais pendant combien de siècles encore allons-nous devoir entendre "je suis un Africain délocalisé"? Pendant combien de temps, les sauveurs de la Motherland regarderont la couleur de ma peau et me diront que je ne suis pas Africaine? Eux qui n'ont jamais vécu en Afrique? Qui ne savent pas, ne connaissent pas la réalité d'un pays en guerre en proie de ses privations?
Même moi, toute Angolaise que je suis, j'ai des scrupules en parlant de guerre, car malgré tout, je fais partie d'un minuscule pourcentage de privilégiés. Oui, on a mangé de la patate douce matin-midi-soir, oui, ma soeur s'est presque étouffée avec l'arête d'un poisson qui avait plus d'arêtes que de chair, mais y'avait que ça. A part les coups de feu de mitraillettes de l'autre côté de la rue, dans le bidonville, on n'a jamais été en (réel) danger de mort.
Mais ce que j'ai vu, moi, ils ne l'ont pas vu dans leurs rues de New York. Cet énergumène de BQ, qui a quasiment eu tout le monde à dos, convaincu de ses propos, sa mission étant de nous éduquer, nous Africains qui n'avons pas la bonne couleur de peau, que l'Afrique lui appartenait à lui, Africain de 27 générations, et pas à nous, Africains d'aujourd'hui! Un autre est arrivé, CL, et m'a clairement lancé "être Métis n'est pas quelque chose dont on doit être fier car tu es le fruit d'un viol".
...
I beg your pardon?
J'ai perdu mon latin. Et avant que j'aie eu le temps de réagir, mon animateur adjoint, Blanc Américain ayant vécu des années en Algérie et au Congo, me défend comme s'il avait été lui-même visé.
Excusez-moi, si je suis Métisse. Excusez-moi si je suis née en Afrique, votre territoire. Je ne voulais pas vous offenser, vous et votre dignité d'Africain délocalisé qui méritait plus mon pays que moi-même parce que ma peau ne vous convient pas.
Imbécile!
Je ne renie pas, je ne renierai jamais mes origines. Mais franchement, il y a des jours sans.
En Europe, on est noir. Dans notre propre pays, on est plus proche du blanc, donc mauvais. On nous accuse souvent, à nous minorité métisse, que si on subit le racisme aujourd'hui, hé bé.... c'est notre faute. Car il y a 200 ans, les Métis vendaient les Noirs en esclavage.
Est-ce que je vais payer toute ma vie pour quelque chose que je n'ai pas fait, que je n'ai même pas vu... je n'étais même pas née, il y a 200 ans! Que veulent-ils de moi? Que je me déchire? Que je me lave à l'eau de javel? Que je plonge dans du charbon? Que je change de peau?
Hé bein non.
Et tant pis pour eux!
Et pour sa culture générale, non. Je ne suis pas le fruit d'un viol. Mais merci de vous en occuper.
Imbécile.
18:15 Publié dans Angola (& autres Afriques) | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : African American, Motherland, Métissage
