samedi, 01 décembre 2007
1er Décembre: Lutte contre le Sida
15:05 Publié dans Mes Combats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 1er Décembre, Lutte contre le Sida, Mes combats, K-Cards
vendredi, 16 novembre 2007
Cavemen


► Le site officiel
A priori, c'est une série qui ne vaut pas le détour. Ce n'est pas la première fois qu'on voit des hommes des cavernes vivre une vie "normale" (comme les Flinstones), ou même des dinosaures vivre en pleine civilisation.
Cette fois-ci, nous sommes en plein 2007 et les hommes des cavernes sont parmi nous. En tout cas, parmi les Américains (c'est toujours chez eux que ça se passe).
Mais au-delà du comique de situation, il y a plus profond.
Mettons un Noir, un Perse, un Arabe, un Juif, un Asiatique, une minorité quelle qu'elle soit dans la peau d'un Caveman. Peu importe le combien une minorité est intégrée au pays d'adoption/d'accueil. Le fait est qu'il y a toujours des règles à ne pas dépasser ou à ne pas négliger. Et là, tout de suite, les sketches ne le sont plus, et ça devient tout de suite moins drôle et beaucoup plus triste lorsqu'on se rend compte du ridicule.
Oubliant un peu les masques et les poils faciaux...
Joel, Caveman responsable, sort avec Kate, une jolie Blonde. Il a peur qu'elle soit embarrassée et ait honte de le présenter à ses amis. De la même manière, les Cavemen supportent mal le fait que Joel sortent avec quelqu'un qui ne soit pas "des leurs".
La mère de Kate passe son temps à confondre Joel, Nick (son coloc) et Andy (son frère)... après tout, on se ressemble tous.
Le quota dans les entreprises, et les Cavemen qui n'auront jamais de promotions...
Mais il y aussi l'aspect que peu importe ce qu'on veut faire, même avant d'agir, on se sent déjà dérouté, comme c'est le cas de Nick, qui accuse toutes les bonnes âmes de discrimination alors qu'il est paresseux comme pas deux et travaille sur sa thèse depuis des millénaires sans qu'il avance réellement...
Et puis... les "shavers"... ceux qui ont honte d'être des Cavemen, et se rasent totalement...
J'espère qu'ils ne vont pas arrêter la série par manque d'audience...
03:10 Publié dans Culture (& Dépendances) , Mes Combats | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cavemen, TV Show, Mes Combats, Discrimination, Racisme, Appartenance
mercredi, 10 octobre 2007
IWEALA, Uzondimna (Nigéria)
Feras de lugar nehum (Beasts of no nation) (lu en portugais)


• Le premier roman de ce jeune auteur nigérian (né en 1982) lui a valut quelques prix aux États-Unis. Son sujet: le quotidien d'un enfant soldat.
Comme tant d'autres romans tels "Allah n'est pas obligé" d'Ahmadou Kourouma, Iweala prend le parti de l'enfant en le faisant narrateur.
Dans le livre de Kourouma, Birahima son enfant-soldat-narrateur prend un ton ironique, du deuxième degré pour parler d'une période sanglante de l'histoire de la Sierra Leone et du Libéria.
Quant à Iweala, son enfant-soldat-narrateur parle avec sa candeur d'enfant, son côté "mais je ne suis pas un mauvais garçon... ce n'est pas ma faute... mais je suis aussi un soldat... est-ce que Dieu punit les petits garçons obligés à être soldats?" Il décrit les horreurs qu'il voit et qu'il doit faire avec sa machette, car il est trop petit pour avoir une Kalach... et puis, il n'y a pas autant d'armes pour tous de toute façon.
Dans ce roman, il n'y a pas de nom de ville, de pays, des mots qui puissent dire où se trouve l'action, dans quel pays d'Afrique anglophone. On peut alors transposer ce roman partout où les enfants sont utilisés comme de la chair à canon.
p. 47
"a gente achava que ser soldado era a melhor coisa do mundo porque as armas pareciam tão poderosas e os homens nos filmes pareciam tão forte quando matavam as pessoas, mas sei agora que ser soldado é ser fraco e não é forte, é não ter comida e não poder comer o que a gente quer, é também ter que fazer as coisas que a gente não quer como eles fazem nos filmes. Mas é claro que só sei disso agora porque agora sou um soldado.
Então canto para mim mesmo:
Soldado soldado
Matar matar matar
É assim que você vive
É assim que você morre."
(On croyait qu'être soldat c'était la meilleure chose du monde parce que les armes paraissaient tellement puissantes et les hommes dans les films paraissaient tellement forts parce qu'ils tuaient les gens, mais maintenant je sais qu'être soldat c'est être faible et pas fort, c'est ne pas avoir de la nourriture et ne pas pouvoir maner ce qu'on veut, c'est aussi devoir faire les choses qu'on ne veut pas faire comme ils font dans les films. Mais c'est sûr que je sais tout ça que maintenant parce que maintenant, je suis un soldat.
Alors je chante pour moi-même:
Soldat soldat
Tuer tuer tuer
C'est comme ça que tu vis
C'est comme ça que tu meurs.)
p. 51
"Uma vez matou um homem que o irritou muito. Deixamos esse homem num lugar lá na estrada com um buraco grande na cabeça."
(Une fois il a tué un homme qui l'a beaucoup énervé. On a laissé cet homme là-bas sur la route avec un trou grand comme ça dans la tête)
p. 121
"o fogo vai aumentando aumentando (...) [e a] fumaça começa a entrar no nosso peito e faz a gente tossir, e entra no olho e faz a gente chorar."
(et le feu se met à grandir à grandir et la fumée commence à rentrer dans notre poitrine et nous fait tousser, et rentre dans l'oeil et nous fait pleurer.)
p. 171
"quero joga a arma no mato, mas se jogar a arma fora, aí Rambo vai me jogar fora porque a arma é mais importante do que eu. Me lembro sempre disso."
(je veux jeter l'arme dans la brousse, mais si je la jète, Rambo va me jeter aussi parce que l'arme est plus importante que moi. Je me souviens toujours de ça.)
p. 177
"se eu fosse o Sol, procuraria outro lugar para iluminar, um lugar onde as pessoas não usassem minha luz para fazer coisas horríveis."
(si j'étais le soleil, je chercherais un autre endroit pour illuminer, un endroit où les gens n'utiliseraient pas ma lumière pour faire des choses horribles.)
p. 185
"não entendo tudo, ainda ouço o que ele diz porque ele diz que Deus ainda está vivo nesse lugar. Não sei se acredito, mas gosto de ouvir."
(Je ne comprends pas tout, mais je continue d'écouter ce qu'il dit parce qu'il dit que Dieu est encore vivant dans cet endroit. Je ne sais pas si je le crois, mais j'aime bien l'écouter."
p. 187
"Sou todas essas coisas. Sout todas essas coisas, mas uma vez já tive mãe, e ela me amava."
(Je suis toutes ces choses. Toutes ces choses, mais j'ai déjà eu une mère, et elle m'aimait."
23:15 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Mes Combats , Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Uzondimna Iweala, Coup de coeur, Beasts of no nation, Feras de lugar nenhum, Enfant soldat, Littérature africaine, Roman
1er Juin: Journée Internationale de l'Enfant
Je peux ne pas célébrer aucune journée de mère, père, voisin, perroquet, chaussure et autres de l'année. Mais s'il y a bien une que je ne laisse pas passer, c'est la journée de l'enfant. J'y pense moins le 1er que le 16 qui est le jour de l'enfant africain.
A présent, vous devez savoir à quel point l'Enfant en détresse est important à mes yeux, mes rencontres avec des enfants réfugiés et des enfants soldats ne sont qu'une infime partie de ce que j'ai en moi. Pour faire mon travail de recherche, j'ai dû lire des centaines de pages qui parlent de violence de tout genre envers les enfants.
Aujourd'hui, alors que ma soeur avait sur MSN un pseudo aussi long que ma jambe, au fait les paroles d'une comptine en portugais, une autre musique m'est venue à l'esprit.
On était au Brésil, à Rio. J'étais assise par terre en train de regarder la télé. Je ne sais plus ce qu'on regardait à vrai dire. Ce qui m'avait marquée, c'était la pub. Mais pas n'importe quelle pub. Beaucoup de pubs brésiliennes sont chantées et beaucoup de campagnes le sont aussi.
Et cette campagne-là était pour l'enfant. C'était un enfant de rue qui chantait:
Je n'ai pas demandé à naître,
j'ai le droit d'être heureux et de ne pas vouloir mourir.
L'enfant fait... le monde changer...
Je vois la faim être vaincue et la violence s'arrêter
et que le monde aujourd'hui nous donne en cadeau
la paix pour chacun de nous.
Nous plantons la graine et nous reprenons notre voix
pour que le monde aujourd'hui nous donne en cadeau
la paix pour chacun de nous...
(VO: Eu não pedi para nascer,
tenho o direito a ser feliz e a não querer morrer.
A criança faz... o mundo mudar...
Vejo a fome ser vencida e a violência terminar
e que o mundo hoje, nos dê de presente,
a paz para cada um de nós...
Nós plantamos a semente
e retomamos a nossa voz
e que o mundo hoje, nos dê de presente
a paz para cada um de nós...)
Dix ans plus tard, je me souviens de chacune des paroles, de chacun des tempos, de la mélodie, des enfants qui rejoignaient le premier et qui chantent en unisson "la paix pour chacun de nous"...
Aujourd'hui, jour de l'Enfant, un groupe de pédophiles veut créer un parti politique (Parti de la Charité, Liberté et Diversité), demandant des lois où les relations sexuelles avec les enfants de douze ans et la pornographie infantile sont permises. A moins que ce ne soit un canular ou un Poisson d'Avril périmé, le monde va mal.
21:25 Publié dans Mes Combats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 1er Juin, Journée de l'Enfant, Mes Combats, Enfance en danger
Des liens divers: Afrique & Traumatismes
Liens divers sur l'Angola et l'Afrique:
Africa - Europa - América (MSN) (pt)
African History in About.com (en)
AfriCare (en)
All About Africa (MSN) (en/fr)
All Africa: News
Angop - Angola Press (pt) (fr)
Angola acontece (pt)
AngoNotícias (pt)
Arquivo Vivo de Moçambique (pt)
Jornal de Angola (pt)
Jovens de Angola (MSN) (pt)
Num tem kigila (MSN) (pt)
Os Luenas (MSN) & Comunidade Luena (pt)
*****
Enfants en général et enfants en Angola en particulier:
Comité International de la Croix Rouge
Déclaration des Droits de l'Enfant (1959)
Handicap International
Human Rights Watch: Children's Rights
UNICEF Angola
Temps de guerre & attentat
American Psychological Association Help Center – Resilience in a time of war
Les Droits de l'Homme
Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés
Sidran Institute - When a terrorist act occurs: Children reactions
Le Trouble du Stress Post-traumatique (TSPT)
American Psychological Association (APA)
Anxiety Disorders Association of America (ADAA)
Association des Troubles Anxieux du Québec (ATAQ)
DSM IV Diagnosis & Criteria (in Mental Health Today)
International Society for Traumatic Stress Studies (ISTSS)
Posttraumatic Stress Disorder Alliance
The Sidran Institute
21:25 Publié dans Mes Combats , Sur la Vague | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Liens, Afrique, Sur la Vague, Mes Combats, Enfance en danger, Enfant soldat, Traumatismes
16 Juin: Journée de la Jeunesse Africaine
Le 16 juin 1976, les collégiens et lycéens noirs sortent dans les rues du township de Soweto pour protester contre l'éducation que les Blancs leur donnaient, et en Afrikaans.
Hector Petersen (on trouvera aussi Peterson, Pieterson...), à l'âge de 13 ans, a trouvé la mort lorsque la police a tiré sur la foule. Des enfants.
Sa photo, par Sam Nzima, dans les bras d'un aîné avec sa soeur à ses côtés, a fait le tour du monde.
Aujourd'hui, et depuis quelques années, le 16 juin est devenue LA journée de la jeunesse africaine...
=====
A day like yesterday
June 17th 2005 - Montpellier, France
© Jo Ann v.
in To whom it may concern
Before sunrise
he opens his eyes.
He gets up ready for the day,
a day like yesterday.
He prepares some coffee
over the dying fire,
smokes a cigarette
at the step of his hut.
The village is silent,
there is no noise or light
in the middle of the bushes,
far away from everything.
He wears his uniform
colour of the dry land
so nobody will se him,
feel his presence.
He drinks his coffee in silence,
throws the cigarette away
and puts his Kalashnikov
accross the shoulder.
He leaves his hut,
follows the path of sand
and goes,
wherever he is called to.
This day will be
just like yesterday.
But he doesn't think,
doesn't question.
He does what he is told,
what he is ordered,
without regret
or remorse.
Love, he never did,
writing, he never learned,
morality, he never had,
future, he has none.
Does he have any chance
to get out of the rebels' cause?
To start a life out of new
and live like all the other
kids his age?
Re-find his lost innocence,
smile, laugh and play
like all the other 12 year old?
*
21:25 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Entre mes Lignes , Mes Combats | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 16 Juin, Journée de l'Enfant, Jeunesse africaine, Mes combats, Enfance en danger
♥ Hotel Rwanda
► Hotel Rwanda
► Réalisé par Terry George
► Avec Don Cheadle, Desmond Dube, Nick Nolte, Sophie Okonedo
► C'est l'histoire vraie de Paul Rusesabagina, un hôtelier Hutu, dont la femme Tatiana est Tutsi, qui sauva les gens qu'il put dans l'hôtel qu'il dirige, le Mille Collines, qui appartient à Sabena. "Quand le monde ferma les yeux, il ouvrit ses bras"...
Avant toute chose, il y a cette citation du Colonel Oliver (Nick Nolte) quand il explique pourquoi il n'y aura pas d'intervention internationale: You're black. You're not even a nigger. You're an African. (Tu es noir, même pas un Nègre. Tu es un Africain).
(Million Voices, Wyclef Jean - BO - à écouter un million de fois, ne serait-ce pour le choeur des enfants...)
Je suis angolaise... Mon pays a vécu une guerre fraticide pendant 41 ans... Est-ce possible que je me taise dès la cinquième minute de ce film? Lorsque des machettes tombent d'une caisse par inadvertance? Alors que mon propre drapeau, celui que je porte fièrement, en a une bien grande?
Jamais les scènes sont violentes, on imagine, on les voit de loin, jamais en détail. Mais de ce qu'on sait, de ce qu'on connait, de ce qu'on a vu, l'imagination est suffisante.
On voit avec peur, les Hutus qui scandent leur haine envers les Tutsis.
On voit avec febrilité, les Tutsis qui essaient d'échapper.
On voit avec rage, comment l'Occident a abandonné l'Afrique
On voit avec stupeur, comment on sépare les Européens (touristes et expats) des Africains.
On n'a plus que nos larmes pour pleurer.
Et on n'a rien appris de notre histoire commune.
"We're here as peace keepers, not peace makers." disait le Colonel Oliver des Casques Bleus en interview.
Et le Darfour, qui s'en souvient?
www.protectdarfur.org
Make noise (Don Cheadle soutient cette cause)
Le héros "ordinaire", qu'on a surnommé le Schindler Rwandais...
Paul et Tatiana Rusesabagina avec Don Cheadle à la première du film
Les Rusesabagina avec le réalisateur Terry George et les acteurs Don Cheadle et Sophie Okonedo
19:30 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Culture (& Dépendances) , Mes Combats | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Hotel Rwanda, Don Cheadle, Nick Nolte, Rwanda, Genocide, Cinéma
mardi, 09 octobre 2007
MEHARI, Senait Ghebrehiwet (Erythrée)

► Le site officiel
Coeur en feu
(Le site du livre)


Mon amie Molotov et moi avons une passion commune. Nos lectures se penchent souvent pour les récits/témoignages de femmes dans le monde et principalement, dans le continent africain. Tout comme Je suis née dans un harem de Choga Regina Egbeme (Nigéria) ou Larmes de sable de Nura Abdi (Somalie), Senait Mehari nous plonge dans son passé douloureux.
Elle nous décrit un univers encore méconnu (ou ignoré?) du grand public: les enfants soldats filles lors de la guerre d'Erythrée qui voulait son indépendance de l'Ethiopie. Comme elle le dit d'ailleurs, "la guerre crée en Afrique une rare égalité des chances entre les sexes. Les filles y combattent avec les mêmes droits que les garçons".
Senait a tout pour ne pas avoir une vie paisible.
Sa mère, ayant été abandonée par son mari et ne voulant pas songer à ce qu'elle ferait de son enfant, l'enferme dans une malle et s'en va, laissant jouer le destin. Au bord de l'agonie, le nourrisson est sauvé par une voisine, la mère est envoyée en prison et Senait se retrouve dans un orphelinat.
Orpheline de parents vivants, elle fait la connaissance de religieuses italiennes, commence à faire la différence entre "avoir des parents" et "orphelins", devient rebelle avant l'heure jusqu'au jour où une femme se présente comme sa mère et l'emmène chez ses grands-parents.
Ce furent les belles années pour la petite Senait. Elle a même droit à un baptême à Jérusalém. Senait d'ailleurs veut dire "(Mont) Sinaï" et "Paix". Mais la paix n'était pas au rendez-vous. On l'envoie chez son père, un homme violent, rejoindre ses nouvelles soeurs et belle-mère. Les temps sont durs, le père de Senait est même prêt à la tuer d'un coup de machette. Sauvée in extremis par la belle-mère, Senait et ses deux soeurs sont envoyées dans un camp du FLE, Front de Libération de l'Erythrée (qui lutte contre le Front pour la libération érythréenne et les Ethiopiens en même temps).
Ce livre est un long témoignage des conditions de vie, ou de survie, de la plupart des cent vingt mille enfants-soldats au Rwanda, en Angola, au Congo, en Sierra Leone, sans oublier l'Ethiopie et l'Erythrée. La faim, la soif, la peur, l'angoisse... sont les seuls sentiments que ces enfants connaissent dès leur plus tendre enfance. Entre la corvée d'eau, de bois, apprendre à circuler avec une kalachnikof qui souvent fait leur taille, ces enfants doivent aussi survivre au mauvais traitement des adultes (qui souvent n'ont pas plus de vingt ans) et les hyènes et coyotes qui sont à l'afflût des cadavres, tous les jours plus nombreux.
Avec une écriture pudique et des événements chronologiques, Senait parvient à nous décrire se vie rocambolesque. Le livre dans sa quasi-totalité traite de son enfance jusqu'à l'âge de 10 ans environ (elle ne connait pas sa date de naissance). On apprend qu'elle s'est d'abord réfugiée avec ses soeurs au Soudan chez un oncle aimant, puis elles sont parties en Allemagne, à Hambourg.
Aujourd'hui, Senait perce dans la chanson, une manière d'évacuer ses démons, et fait une analyse de sa vie et de son cheminement en comparaison avec les enfants soldats restés au pays. Comme elle le dit si bien, en Afrique, on ne parle pas de ses sentiments profonds (j'en sais quelque chose), de ses peurs, de ses peines. Il n'y a pas (suffisament) de psychologues ou de soutien psychologique. Ça n'existe pas. Comment se débarasser de ses démons et d'un passé trop difficile à assumer pour certains?
Senait a trouvé son salut dans la musique et l'écriture.
Et les autres?
22:40 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Mes Combats , Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Senait Mehari, Erythrée, Coeur de feu, Littérature africaine, Enfant soldat, Témoignage de guerre
Voeux de bonheur
Hier soir, je regardais avec attention Le droit de savoir, sur TF1. Le sujet était Amour, sexe et argent. Ce qui m'intéressait le plus, c'était les femmes Négro-africaines qui cherchaient des maris "à la peau blanche".
J'avais envie de dire que ce n'était pas tout le temps vrai, que ces femmes voulaient de véritables maris. Mais ça arrive fréquemment, cette quête d'immigration vers l'El Dorado européen. Elles sont prêtes à tout pour quitter leurs pays. Elles se marieraient avec n'importe qui n'importe où. Alors elles cherchent et cherchent des maris potentiels sur le net. Malheureusement, beaucoup d'entre elles finissent dans la rue en tant que prostituées, d'après l'Association Africa Prostitution.
Je ne dis pas que c'est tout le temps le cas, mais ça arrive.
Le reportage était centré sur le Cameroun.
En Angola, nous avons le même problème. Ou presque. Il y a des Angolaises qui se marient par intérêt à des expats portugais, mais plus nombreux sont les cas des jeunes femmes qui "vont" avec n'importe quel Blanc, même mariés. Beaucoup d'étrangers sont en Angola pour des périodes aléatoires, laissant femme et enfants dans leurs pays d'origine. Alors ces Angolaises, qui ne sont certainement pas jalouses, deviennent leurs "femmes officieuses" le temps d'un séjour.
Dans mon immeuble en Angola, il y a un Italien qui a plusieurs copines. Si l'une arrive à l'improviste alors que l'autre y est déjà, il y a des bagarres. Tout ça pour ça? Encore un exemple, j'ai connu une fille qui sortait avec un Bulgare. Il lui avait tout donné: maison meublée, voiture, etc. Mais il avait une famille en Bulgarie. Mais on s'en moque!
Pour toutes celles qui se marient par amour véritable, c'est le chemin de croix. Car on a tellement vu de cas de mariages blancs (intérêts, sortir de son pays, immigration...), que les pauvres amoureux véritables doivent tout faire pour prouver que leur union est sincère.
Le jour que je me suis "mariée", ma soeur, supposément ma complice, a dit à notre grande soeur La Parisienne: "Tu as vécu 10 ans à Paris et tu n'as pas réussi à avoir la nationalité. Jo, elle, elle s'est mariée ce week-end à un Français!".
Bien sûr, mes aînés n'ont pas du tout été contents. Le Diplomate m'a promis que si jamais je faisais un truc pareil sans autorisation, il prendrait l'avion pour venir me cogner... Et c'est sans compter aussi que les lois de nationalités par mariage ont bien changé...
Mais soyons réalistes: je vis en France légalement. Avec ou sans mari français, je suis ici. Même si je ne vivais pas en France, je pourrais venir pour les vacances. Mais ni tout le monde a cette chance et j'en suis consciente.
Dans mon nouveau roman, Lukeny, le personnage principal, est suspectée d'être une de ces "busca-brancos" (recherche-blancs) qui pullulent dans les rues de Luanda car elle a eu la mauvaise idée d'épouser l'homme qu'elle aimait avec les défauts suivants: blanc + riche + 20 ans plus âgé + étranger... (même si dans l'histoire, c'est lui l'Africain, c'est elle l'Européenne).
Jeanne me disait l'autre jours qu'en Afrique du Sud, lorsqu'elle sortait avec son père (Blond aux yeux bleus), on pensait qu'il était son "sugar daddy", les Blancs âgés qui sortent avec des jeunes Métisses ou Noires. N'est-ce pas humiliant? Aussi humiliant que mon père quand il dit qu'on va le confondre avec mon chauffeur parce qu'il est noir...
Ne pourrait-on pas, un jour, juste souhaiter un couple newlywed, sans préjugés et sans arrière-pensées, "tous nos voeux de bonheur"?
18:55 Publié dans Mes Combats | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Mes Combats
(p) Reality TV
Montpellier, France & Dallas, Oregon, USA - December 8th 2005
© Jo Ann v. & David Hall
in To Whom it may concern
====
Ceci est un poème co-écrit avec un ami américain. On voulait confronter les différents points de vue (totalement stéréotypés) de l'Occident et du Tiers-Monde. On avait envie de co-écrire une pièce ensemble depuis longtemps, et puis David est arrivé avec le thème de départ. Je ne le remercierai jamais assez car c'est un excellent poéte et que je l'adore.
====
The Sun is rising
over the horizon
burning whatever is left
on the fields.
No one leaves their homes,
made of concrete or simply huts.
No one cultivates the Earth,
this land has become sterile
but pregnant of all these mines
not yet discovered.
Poisoned by powder
that brings death...
*****
Once again, the Angolan civil war
makes headline news
Who cares? I think to myself.
Nuke them all, is what I say.
It says they still have buried landmines.
So what? Let the 'darkies' kill each other.
It's a sand dune of a country
a million miles away. Who cares?
Probably fighting over someone's wife.
Bunch of uneducated natives.
Can't even speak English.
I wonder if the game is on tv yet.
*****
A woman just gave birth
to her sixth child.
But she needs to rush,
go to the river
and pick water
to wash and nourish,
her family of elderly and children,
to live...
Her baby is starving
but she doesn't have milk.
She seems so strong
but her body is so weak...
*****
More sob stories on the television.
Kids without mothers,
mothers without kids.
A mother who can't feed her kids.
Why do I have to listen to this?
It doesn't affect me.
Ya don't have milk? Jeez,
Go find a job. Buy some!
Get in your car
drive to the store,
stock up on beef and milk,
what the hell is stopping you?
*****
The sunlight is their only energy.
All they see is a land of devastation:
everything is ruined, destroyed by bombs and rifles,
no houses, no school, no hospital, no nothing is left.
The only solution, only salvation,
is to flee, walk miles and days away,
leaving behind missing family, blank souvenirs,
leaving behind a life.
Walking with misfortune companions
to the big city, where they hope to find a roof,
find security and bread to eat,
where they would meet a silent night...
*****
Flickering images on my screen
make my face scrunch
and I do something I've never done before....
I pause....
Grungy natives deserve it I figure,
shrugging it off.
My overweight daughter walks in.
"DAD! I wanna go to McDonalds!"
I smile and pull out my wallet.
I look at my daughter...
then at the television screen....
and against my will, I begin to wonder.
*****
An illiterate boy,
not yet a teen,
doesn't know much about life
but knows how to kill.
His not that older sister,
sells all she has to live.
Her body. Her morals.
Going to whoever pays best.
These children, future of a nation,
future of this whole humankind,
have no present, nothing to fight for.
Your son. Your daughter. You...
*****
Images I've seen a hundred times,
didn't give a shit before.
None of my business,
not my world.
My cell phone bill is due...
images
My swimming pool needs cleaned...
images
My daughter want McDonalds
images
I look from the half-starved lad on tv
to my over-fed daughter.
I look from Angolas reality
to my own.
images
And I think....
now.....
I understand.
*
02:25 Publié dans Angola (& autres Afriques) , Entre mes Lignes , Mes Combats | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Jo Ann von Haff, Poetry, To whom it may concern, Reality TV, David Hall, I ♥ Angola
