vendredi, 09 mai 2008
Année du Mari #5 - Au nom du père
A chaque fois qu'une femme de mon entourage se marie, je pose la même question, time after time : "tu vas garder ton nom ou prendre celui de ton mari ?"
Je ne sais pas pourquoi, mais c'est quelque chose qui m'obsède. Depuis que je suis toute jeune (je suis si vieille maintenant), je me suis posée la question de savoir si, dans la probabilité quasi-nulle de me marier, je prenderais le nom du Potentiel. Et puis, assez vite, je me suis dit que je garderais le nom de mon père. Dans l'éventualité, évidemment.
Je me souviens, lorsque j'avais quinze ans et que je venais d'être expédiée au Portugal pour faire ma seconde, je suis allée avec mon père et mon grand frère à la banque pour ouvrir un compte courant... Lorsque le banquier de mon père m'a demandé mon nom (en entier), il s'est arrêté d'écrire et m'a regardée quelques secondes.
"C'est un nom court, mais fort."
J'ai toujours été persuadée que mon prénom était spécial, que mon patronyme était spécial, et que le tout faisait un et un seul. Je ne saurais pas être quelqu'un d'autre sans ces noms hâchés menus et mes particules qui ne servent qu'à faire joli. Et puis... j'étais unique. Il n'y a pas deux "Jo Ann v." dans le monde (à part des ancêtres hommes appelés Johann morts depuis le Titanic) et en Angola, surtout, je suis la seule et unique "Jo Ann". S'il y en a deux, la deuxième est étrangère et n'est que de passage ;-) Lorsque j'ai annoncé à mon père que je garderai mon nom de jeune fille no matter what, bien sûr qu'il était ravi. Par contre ma soeur est plus traditionnelle sur ce point-là et ne voit pas l'intérêt de se marier si on ne prend pas le nom de l'Autre. Mais "Jo Ann v." c'est moi... c'est mon identité la plus profonde...
L'autre jour, je parlais à Molotov et elle me disait qu'elle ne s'était pas encore habituée à être appelée Mrs Kiss. Elle ne répondait jamais lorsque c'était le cas. Ni par son nom de jeune fille (c'est sa mère) ni par le deuxième. Je ne veux pas ce souci. Ma mère, même étant séparée de mon père depuis au moins quinze ans, peine à réinstaurer son nom de jeune fille. Elle sera toujours Mme v., elle l'a été socialement et professionnellement lorsque mes parents travaillaient ensemble. Lorsque je reçois ses e-mails, ma mère qui oublie toujours son mot de passe et se voit obligée de créer un nouveau compte, tous les noms passent (quatre patronymes) et mon propre compte ne reconnait pas la moitié, l'expédiant direct dans les spams.
Je ne dis pas que socialement, de temps en temps, je ne serais pas "Madame XYZ". Au contraire.
Mais pourquoi, et au nom de quoi, le Potentiel ne prendrait pas mon nom à moi ?!
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lundi, 21 avril 2008
Année du Mari #4 - Être maman
Je ne pense pas qu'il y ait un rêve plus grand pour moi que celui d'être mère. Être un grand écrivain internationalement connu est un énorme rêve, certes, mais ce sont deux ambitions totalement différentes.
Est-ce que je pourrais vivre sans vivre de l'écriture ? Je ne crois pas.
Est-ce que je pourrais vivre sans être mère ? Je suis certaine que non.
J'ai mis mes coeur et corps à l'ouvrage pour le premier, mais pour le second, je ne peux rien faire toute seule.
Lorsque j'étais chez mes cousins, je prenais plaisir à m'occuper des petits. Des fois, Aussie me donnait envie de m'arracher les cheveux. J'avais fini par comprendre ce que voulait dire « the terrible two ». Mais toute mauvaise humeur se dissipait, aussi cliché que ça puisse sonner, lorsqu'elle m'appelait et me demandait de la prendre dans les bras. Sa tête contre mon cou, je me laissais fondre.
Lorsque je restais avec le Monégasque, my little Monacan prince, je le regardais jouer sur son tapis, essayer de prendre sa girafe fétiche, et je sentais que les larmes pouvaient menacer à tout instant... Je me tenais à distance, assise par terre, mais suffisamment près pour qu'il ne se sente pas seul, et je le regardais. Je pouvais rester là, le menton sur mes genoux, mes bras autour de mes jambes, sentant l'émotion me gagner à chaque fois qu'il essayait de se retourner par ses propres moyens (c'est justement lorsque je suis partie qu'il a commencé à le faire !!). Ça ne fait rien, les couches... la bagarre avec les soupes vertes et les pots de fruits qui ne peuvent pas passer ses lèvres hermétiquement fermées... je revois sa petite moue lorsqu'il n'a pas compris une grimace, ses éclats de rire et ses paroles que je n'arrive pas à comprendre...
Et puis, je regarde ma cousine, mes cousines, mes frères, ma soeur... tout ce monde avec des enfants à leur tour, et je me rends compte que le temps a passé, que nous ne sommes plus des gamins, que le Grand 3 est plus proche que le Grand 2, et que le monde ne sera plus comme avant... Je me suis attachée à chaque bébé que j'ai croisé, à chaque bébé à qui j'ai changé une couche, à chaque bébé qui m'a souri dans son innocence... Mes neveux, nièces et petits cousins ont presque tous un peu de moi. Et j'ai tout d'eux.
Mme le Général veut des petits-enfants ? Je serai heureuse de le lui en donner.
Si ça ne tenait qu'à moi...
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dimanche, 06 avril 2008
{Entre nous} 26 - 30
NB: Vous pouvez voir qui est qui par ici! (de 1 à 25)
#30 - Bff (mars 2008)
Alors que je parlais avec Krat, il voulait à tout prix savoir la réponse à une question à laquelle je ne voulais pas répondre. Alors il me sort une « mais je suis ton meilleur ami ! » And I was like « ah bon ? » Pas que je veuille être méchante, après tout je l’adore (ne serait-il pas l’homme de mes rêves), mais nous n’avions jamais utilisé les termes « best friends » entre nous.
« Tu es mon meilleur ami ? » je demande.
« Oui ! Je suis peut-être bizarre et étrange, mais je suis ton meilleur ami ! » (pour une fois, je suis d’accord avec vous, c’est kif pareil ce qu’il a dit).
Et à moi de répondre : « Oh gosh, you’re so sweet. »
Vous aurez trouvé mieux ?
#29 - Womankind (décembre 2007)
Moi: "Homme de mes rêves, dis-moi des choses?"
Krat: "Les femmes sont compliquées."
Moi: "Les femmes sont des animaux étranges. Bon sang, qui les a créées?!"
Krat: "Dieu a créé quelque chose de bien, quelque de doux, quelque chose d'aimant, quelque chose avec qui être."
Moi: "C'est sûr. Il a créé le chocolat et les ours en peluche."
(D'accord, je sors...)
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samedi, 05 avril 2008
Confessions de Pâques #1
Pendant des semaines, j’ai rêvé de la célèbre tarte aux amandes de ma cousine ! Lorsque j’ai décidé que je passerai Pâques du côté de la frontière italienne, j’en ai eu l’eau à la bouche.
Grand bien ne me fasse. Après un copieux repas d’agneau et porc rôtis, et du choix dans le dessert (Mac ne cessait de me taquiner : « il faut qu’elle casse son jeun de manière convaincante ! », Bless ‘im). Mais au moment de savourer ma tarte tant attendue et de la crème yummy, mon organisme s’est rebellé. J’ai pas réussi à la terminer. Même mon verre de Coca m’a tué la gorge.
Eish…
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vendredi, 04 avril 2008
{Ma famille de dingues} 52 à 59
NB: Vous pouvez voir qui est qui par ici!
#56 - Tin'Jon I
Aussitôt arrivée, je n’ai pas le temps de m’asseoir pour dîner. Aussie est aux WC et refuse catégoriquement que son père aille la voir. « Je veux Tin’jon ! » Mac me regarde et hausse les épaules.
Tin’Jon est de retour. I’m on duty.
#57 - Tin'Jon II
Cette fois-ci, je suis montée à la crèche de l’entreprise de Mac avec Pats pour chercher Aussie. Le Monégasque tranquille dans son siège (8 kg de bonheur, ce bébé !), nous chaussons nos surchaussures et je suis ma cousine dans les couloirs. Aussitôt que ma nièce me voit, elle esquive sa mère et me saute dans les bras : « Tin’Jon » !
Eish, je ne saurais pas dire ce que ma cousine a pensé de cet accueil chaleureux. Ce n’est qu’après l’avoir posée à terre, que la petite court vers sa mère. Ma fille me fait ça, je sais pas quel sera le châtiment :-p
#58 - Tin'Jon III
Et « Tin’Jon » ? Personne ne sait ce que ça veut dire.
Pats est ma cousine germaine, communément appelée « cousine comme sœur » en portugais. Logiquement, Aussie et le Monégasque sont mes petits cousins (ou cousins de deuxième degré), mais dans notre culture angolaise, à ce niveau-là, je suis leur tante et eux ma nièce et mon neveu. Je suis trop âgée pour n’être que la cousine.
Comme le dit Pats, Aussie a trouvé un moyen de tout mettre dans le même moule : « Tin’Jon », ça doit être cousine+tante+baby-sitter, all at once ! ;-) C’est pas plus mal ;-)
#59 - Tin'Jon IV
« Je veux Tin’Jon ! »
Je ne sais pas combien de fois j’ai entendu cette plainte, mais ma cousine m’a déjà clairement prevenue : « si un jour ma fille disparaît, c’est chez toi que je vais chercher d’abord ! »
Pourvu que rien ne se passe !
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jeudi, 13 mars 2008
Confessions de Carême #3
L'autre jour, en parlant avec Krat, il me dit qu'avec la fin du Carême, je retrouverai le moral.
Je n'avais jamais fait le rapport entre mon manque de sucre (et surtout de Coca, dixit Lady Jay) et mes blues de ces dernières semaines.
Dang, ça peut aussi m'arriver, ces co* !
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mardi, 04 mars 2008
Poutine & l'homme crocodile
C'est d'actualité. Je dois sortir de mon hibernation chaotique pour vous le raconter !
J'ai rêvé de Poutine !
Franchement, même les Russes de ma clique, Cocktail Molotov et Tequila, doivent avoir des rêves plus sexy !
Je me trouvais (va savoir comment) sur la Place Rouge, au milieu d'une foule en liesse, comme lorsqu'on annonce qu'il a gagné (ou Mendvedev, celui qui imite tous les gestes de l'autre) aux élections. Mais là, Mendvedev n'était pas dans la partie, évidemment. Soudain dans l'estrade, se trouve un Poutine rieur, avec barbe, pantalons de camouflage, un gilet fait de toile de pêche ?! et un chapeau à la Crocodile Dundee.
Il arrivait tout droit de Tanzanie où il avait tué un crocodile. Et là, il a été acclamé par la population, comme si c'était Léonidas. Et puis, on a poussé un homme-crocodile dans la scène et Poutine l'a tué d'un coup de lance. De loin, j'ai vu le sang et j'étais en panique.
On a vite sorti l'homme crocodile de la scène alors que la population écoutait l'aventure de Poutine en Tanzanie. J'ai suivi de loin les hommes de main de monsieur, et en enlevant le déguisement de crocodile, il n'y avait personne à l'intérieur. Les hommes de main ne comprenaient rien.
Et vous, vous comprenez quelque chose ?
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lundi, 25 février 2008
Confessions de Carême #2
Je suis devant mon frigo... je peux énumérer les pots de confiture... sur un étage... Sur l'autre, il y a encore des tablettes de chocolat... Lady Jay en a mangé une (God bless), mais d'autres m'attendent... Et puis des canettes de Coca... tout ça datant de Mardi Gras... attendant patiemment Pâques...
Souvent, j'ai le goût sucré dans la bouche et je dois me réveiller avant qu'inconsciemment, ma main ne saisisse le fruit interdit...
Tous les ans c'est la même chose, et pourtant... ce n'est rien...
Pâques : J-27
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mardi, 19 février 2008
Confessions de Carême #1
Je suis incroyablement frustrée, surtout ici à Monaco. Ma cousine prépare d'excellents desserts, et avec les enfants, il y a toujours un petit chocolat ou un petit biscuit qui traîne.
Avez-vous déjà mangé du riz, tout en pensant très fort que vous mangez un Oreo ? Ou un Prince de Lu ?
La différence entre un régime (où on veut predre du poids) et Carême (où c'est un sacrifice), c'est que vous ne pouvez pas vous dire "aujourd'hui j'arrête, je reprends demain". Et vous compensez comme vous pouvez.
Je peux manger de la compote de pommes et des pop corn salés. Mais qu'est-ce la compote (que pourtant j'adore) à côté d'un gâteau au chocolat fait maison ? Qu'est-ce les pop corn salés à côté du Coca dont je suis viciée ?
Les rêves sont parfois douloureux et je me réveille avec la hantise d'avoir touché l'interdit. Je repense à la journée et je me dis "ouf, ces céréales sont au miel, elles ne comptent pas".
Samedi, j'ai préparé des pancakes à la hollandaise : salés avec des lardons. Mais ça ne vaut pas une crêpe au sucre et jus de citron ou au Nutella...
Pâques : J - 33
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jeudi, 07 février 2008
Année du Mari #3 - La demande
Avant de continuer cette série qui sera drôle (et une bonne source pour mon roman « A shoe for Ella », il faut bien assurer mes arrières !), il faut que je raconte un point très important.
C'est très joli de vouloir se marier, obéir à Mme le Général, yadda yadda yadda. A chaque fois que je parle de ce f* mariage avec l'homme invisible, je rigole et je me tape le front. Non seulement j'effraie les hommes, mais je vieillis ! Réellement. J'achète de nouveaux vêtements et ils font so grown up !
Anyhoo !
Donc, avant de pouvoir marier (même en cachette) qui que ce soit, Le Potentiel doit demander ma main aux hommes de ma famille. Oui, ma famille est é-no-o-orme, atteignant facilement le chiffre 100+, mais là, je parle de mon père, le Grand Philosophe, et mes trois grands frères (oui, Le Potentiel aura de la chance), Le Diplomate, Le Pilote et DJ Daf (le traître de mon jumeau qui se marie cette année). Le Géant et le Petit Prince, je sais pas s'ils devront être dans la pièce, 'fin bref.
Donc, Le Potentiel devra demander à monsieur mon père (qui n'aime pas les copains/fiancés/maris de ses filles) ma main et faire une offrande symbolique à ma mère... Mme le Général qui n'est pas plus commode que le Grand Philosophe...
Effrayant ? Bah... Dites-vous que malgré tout, ce n'est que symbolique, et le choix m'appartient (ça n'a empêché aucun des membres de ma famille d'épouser même ceux qu'on n'aimait pas...). Mais c'est une démonstration de respect envers mes aînés et j'y tiens.
N'empêche, je dois me renseigner un peu plus sur la cérémonie... Ce serait bon pour mon roman « Xi-♥ de la Kianda » (j'assure toujours mes arrières, vous avez vu ? ;-))
(Il est presque une heure du matin et je suis en train d'avoir un conversation animée dans tous les sens du terme sur MSN avec Le Diplomate à New York, DJ Daf à Luanda et Jess à Paris... Je n'ai toujours pas de réponse à mes questions...)
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