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vendredi, 25 juillet 2008
MAAS, Sharon (Guyane) ♥

Souvent, il ne faut pas beaucoup pour adhérer à la prose d'un écrivain. Il suffit d'un livre qu'on n'a pas pu poser avant de l'avoir terminé, et l'univers de cet auteur est indéniablement ancré en nous.
C'est le cas de Sharon Maas, comme celui de Matilde Asensi. Mais je me sens bien plus proche de Sharon Maas, ses origines multiples, son côté vadrouilleur, sa littérature métissée... Je peine à trouver des romans qui seraient un tant soit peu à mon image (la réelle, pas l'écrite)... Du coup, comme je l'ai fait pour d'autres écrivains (je suis groupie de temps en temps...), je lui ai envoyé un e-mail en la remerciant d'avoir écrit une histoire qui m'avait fait pleurer et rire.
Guess what, non seulement elle a répondu (les écrivains répondent souvent) mais j'ai pu avoir une sorte de conversation. Pas du genre "j'aime votre livre", "merci, vos mots me touchent", "je vais acheter le prochain", "cool" ! (oui, ça existe, je ne citerai pas de nom !)
Et donc, j'ai décidé de lui demander des astuces de "page turner" et elle a pris son temps pour me donner des conseils et de me diriger là où ça pourrait m'aider.
Needless to say... je suis encore plus fan !
Lu :
♥ Of marriageable Age
• Peacocks Dancing (Nouveau commentaire dans la suite ▼)
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Of Marriageable Age ♥♥♥♥♥ (VF: Les noces indiennes)

Oh my Gosh !! J’ai lu « Of marriageable age » de Sharon Maas avec une soif jamais vue (de ma part) pour un pavé en anglais depuis belle lurette ! C’est décidé. Quand je serai grande, je serai Sharon Maas (mieux, Jo Ann von Haff avec une pointe de Maas) tellement son livre m’a captivée !
Une histoire en trois temps !
Ce sont trois histoires, trois époques et contextes différents. Une même contrainte : aussi jeunes soient-ils, ils sont tous en âge de se marier !
D’une, Savitri est la fille du cuisinier des Lindsays, à Madras dans les années 1920s. David, le fils des maîtres. Frère et sœur de lait, ils s’aiment depuis la plus petite enfance, et encore plus depuis qu’ils ont eu conscience qu’ils étaient « mâle » et « femelle ». Mais malgré toute la dévotion de Mme Lindsay à vouloir que Savitri ait une éducation et ne soit pas mariée avant l’âge de 18 ans, leur union est impossible. Over her dead body !
De deux, Sarojini, dernière fille de M et Mme Deodat Roy, en Guyane dans les année 1960s. Ma est une femme silencieuse, mère aimante, femme dévouée et très pieuse. Elle est un courant d’air et même sa fille pense qu’elle est invisible. Et comment a-t-elle laissé son père la maltraiter de la sorte ? Vouloir la marier à l’âge de 14 ans ! Mais elle trouve dans la fille de Lucy Quentin – ministre de la santé qui lutte pour la liberté des jeunes Indiennes –, Trixie, une alliée malgré leurs vues qui tout oppose. Saroj dit qu’elle ne se mariera jamais et se consacre à ses études, et Trixie est une artiste en herbe qui ne rêve que de mariage et de prince charmant. Dans ce cas Ganesh, le frère de Saroj. Mais Deodat n’acceptera jamais cette union, ni la communauté indienne : Trixie est noire. Et entre les Indiens et les Négro-américains en Guyane, c’est la guerre ouverte.
De trois, Nataraj, garçon qui a vécu ses premières années dans un orphelinat chrétien dans l’Inde des années après guerre. Un jour, un Docteur Sahib vient le chercher, lui qui pense que personne ne le veut et qu’il a un affreux secret. Il grandit avec le Docteur qui se dévoue corps et âme aux pauvres de la région, proche de Madras, et lorsque le Sahib l’envoie en Angleterre, c’est pour qu’il devienne médecin à son tour et qu’il revienne pour l’aider dans la tâche…
Coup de cœur !
Oh my gooooooooooosh ! I want to be just like Sharon Maas !
Bien sûr j’étais restée admirative et me sentais bien petite devant le talent d’Asensi qui me semblait (et me semble toujours !) inatteignable ! Surtout que je ne fais pas de romans historiques et je ne pense pas que je le ferai un jour. La tâche m’effraie. Je fais des recherches pour mes romans, je pose des questions à droite et à gauche, mais le reste vient de ma propre empathie. J’ai tendance à ressentir tout ce que l’autre ressent, même lorsque je ne connais pas son genre de douleur. Je le perçois.
Avec Sharon Maas, c’est le roman comme je les aime et comme je veux écrire, des sagas, des personnages qui se croisent, qui se haïssent, qui s’aiment, qui partent… c’est un constant changement, comme dans ma vie. Et une belle histoire n’a pas besoin d’avoir un happy end. Je suis partisane du « unhappy end » souvent (pas tout le temps non plus ;-))
Des extraits
« She was supposed not to listen. She had asked Appa, once, if that was the voice of God himself, and he said no. It was only the Muslims. They were not Muslims, so they should not listen. Khan was a Muslim and so was Ali the potter down Old Market Street and Mr Bacchus who had been the school teacher in the government school, which was why Appa hadn’t liked her going to school, because she had a Muslim teacher. Savitri could not understand it. When the muezzin started, the call entered the space behind her thought-body and she knew it was really God calling. So why should one thought-body call itself Muslim, and respond, and one thought-bidy call itself non-Muslim, and no respond ? But grown-ups were foolish. She knew she should not think that, because ine had to respect grown-ups, but she knew they were foolish because all they saw were bodies and thought-bodies which they gave names and labels to and divided into good and bad, when in fact, behind every thought-body, lived God. Even the untouchables were impure like dogs, Appa said, but Savitri knew it wasn’t true, because behind the thought-body everybody was pure, even the sweepers and the dogs, and only thought-bodies were impure. Like mud : opaque. Appa thought his thought-body was pure, and his body, just because he wore a dirty sacred thread across his shoulder.
But the muezzin’s call was pure, and Savitri prayed with the Muslims every morning when it was still dark and it was the only sound in the world. She prayed with Kahn and Ali and Mr Bacchus, because she knew Appa could not penetrate her thought-body and see what she was doing.
(…) When the mueezin’s call was over there was a space of silence, but not quite silence because there were faint noises waking all over Madras, like little tender strains of sound raising in tendrils, tentatively at first, then gathering courage until all the city was crowned by a dome of daybreak noise. But something was different today, and Savitri listened. An early cock crowing, a flutter of wings, a brain-fever bird with his hysterical three-tiered cry ascending into madness. Water from a tap, a bucket dangling down a well, a rope fluttering behind it. The swish-swish of thresholds and bridges being swept. A baby crying, a lady shouting at her drunken husband. One horn, another, a rickshaw’s klaxon, the creaking of a bullock cart, horses’ hooves. ‘Hare-Rama-Hare-Krishna’ from a temple, an puja bells, the hollow blaring of a conch, rattling drums. » p. 151-152
« He simply could not write a further word. Writer’s block, he thought. It happens to the most brilliant of writers. » p.153
Peacocks Dancing ♥♥♥♥ (VF: La danse des paons)

C'était d'espérer que mon deuxième roman de Sharon Maas m'emballerait moins que Of Marriageable Age. Après tout, après un très grand coup de coeur, c'est plus facile d'avoir une lecture moyenne plutôt qu'un deuxième très grand coup de coeur.
Encore une fois, Maas explore mes coutumes indiennes et guyannaises avec deux histoires parallèles. Il y a celle de Rita qui a en elle l'histoire de son pays (elle a du sang africain, amérindien, anglais et indien) qui sera à tout jamais vu comme "très noire", "des cheveux désastreux", "pas jolie", "rêveuse", "fille illégitime" de Ronnie Maraj, un Indien. Ronnie, qui a lapidé la fortune familiale a épousé Marylin, une riche héritière indienne, et ensemble ils auront Isabelle, la beauté et la grâce personnifiées, et "purement" Indienne, donc avec plus de chance que Rita de se marier (de préférence avec un Blanc Occidental)(c'est incroyable comment les idées et le spréjugés sont les mêmes en Guyane et en Afrique !). Rita aime sa soeur de dix ans sa cadette comme une mère et toute sa vie elle fera tout pour elle... Absolument TOUT.
L'autre histoire, est celle de Rani et Kamal... Rani était une princess vouée à un futur magnifique avec un jeune maharajah, mais la vie a voulu qu'elle soit veuve très jeune alors qu'elle était enceinte. Kamal, son petit-fils (ses parents sont morts), est le seul héritier de sa fortune (grâce à la soie) et elle veut qu'il s'implique, en l'enfermant dans leur palais de Mahapradesh à Madras. Cependant, le garçon est rebelle, il ne veut pas de cette vie-là... En grandissant, il part... en Amérique.
Deux histoires parallèles qui montrent le combien on est emprisonné de nos préjugés et surtout des préjugés des autres, de notre société. On peut se sentir rabaissé juste parce qu'on ne fait pas partie d'un certain type de gens, et Ciel que ça peut être pénible...
00:25 Publié dans Mon Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sharon Maas, Roman, Of marriageable Age, Coup de coeur, Peacocks Dancing, Noces Indiennes
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Commentaires
Comment résister à un tel coup de coeur! Je note tout de suite tout de suite!!!
Ecrit par : Karine | vendredi, 04 avril 2008
Ah... moi qui, justement, suis en manque de livre... :-)
Ecrit par : Noelia | vendredi, 04 avril 2008
Karine » Ne résiste pas ! :-)
Noelia » Idem ;-)
Ecrit par : Jo Ann v. en vadrouille | vendredi, 04 avril 2008
