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mercredi, 10 octobre 2007

En vadrouille #4 - Mars/Mai 2007: Stage en Angola

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En vadrouille #1 - Dans un mois dans la jungle (7 février)
Dans un mois, je serai en partance pour l'Angola. Pour mon stage auprès des enfants déplacés par la guerre, victimes directes (enfants soldats, etc...) ou indirectes. J'attends que mon tuteur-psy rentre du Portugal pour prendre mon train pour Paris et ensuite l'avion vers Luanda.


En parlant avec ma cousine Kom d'Amsterdam, elle m'a (encore) rassurée, me disant que j'avais un peu de ma mère dans moi... Tous ceux qui travaillent dans le terrain (elle travaille pour une ONG et a fait des recherches pour les blood diamonds) sont déjà passés par là. J'essaierai de trouver la force sur le terrain. Merci pour tous vos mots suite à mon post sur Blood Diamond. Je n'ai pas toujours confiance en moi et je me laisse facilement impressionner par la réalité dramatique de mon pays. J'aime l'Angola profondément, mais il y a des jours qu'elle me repousse... et je n'ai pas le courage de revenir sur mes pas. Juste le fait de penser que je dois rentrer à Luanda me pèse. Cette fois-ci, je vais user et abuser de ma grande soeur et mes frères pour échapper à un environnement qui n'est pas encore le mien.

Je ne sais pas si je vais avoir accès à internet pendant mon séjour dans la jungle urbaine qu'est Luanda, et je ne sais pas non plus si je vais dans les provinces pour peaufiner mes recherches. Sinon, je repartirai l'année prochaine, ce n'est pas un souci. Mon parcours universitaire a beau être chaotique, mais je serai une des seules pychologues-traumatologues de l'Angola.
Et je serai bonne dans ce que je ferai.
En vadrouille #2 - Dernière trouvaille... (10 mars)
La dernière trouvaille de mon père, c'est qu'au lieu de me faire faire Montpellier-Paris-Luanda, il a décidé que je ferai Paris-Francfort-Windhoek (Namibie)-Luanda...
A voir de plus près, j'aurais préféré aller par Lisbonne... :/

#14 – Montpellier – Paris – Francfort – Windhoek
Salut tout le monde !
Voilà un moment que je n’ai pas donné de nouvelles, mais ce fut bien malgé moi. Je n’ai pas de connexion chez ma mère... J’écris donc ces messages (et tous ceux qui suivront, je crois) sur Word et je les sauvegarde sur ma clé...
Le chemin de retour au pays natal a été un des plus chaotiques, alors que j’aurais voulu prendre un avion qui me ferait atterrir directement à Luanda.
Mais ce serait trop simple. Et comme vous avez pu le constater, rien dans ma vie et dans mon entourage ne peut être simple. A la longue, c’est comme une malédiction. Ou encore, ce n’est que le sang gitan qui a voulu ainsi. Mais franchement, je n’en avais pas besoin...

J’ai quitté Montpellier le samedi 10 après-midi. Pour une fois, en arrivant à Paris, je ne me suis pas perdue ! Un exploit pour la personne aussi férue de voyage que nulle en orientation (je sais, je devrais avoir honte...). Je suis arrivée chez ma soeur Jess à Courbevoie en une heure. Zyx, une des meilleures amies de Jess, nous a rejointes et nous avons regardé... je ne sais plus trop quoi...
J’ai passé trois nuits chez ma soeur, en train de renforcer notre complicité tardive et regarder des séries les unes après les autres. J’ai fait la razzia des premières saisons de CSI (Les Experts), CSI New York (Les Experts Manhattan), Friends et Brothers & Sisters. J’ai tellement exagéré la dose, que le mardi matin, je n’avais dormi que trois heures !
Ma soeur partie à la Défense, j’ai suivi pour la Gare de l’Est pour prendre mon train pour Francfort. Ma bonne étoile m’a encore guidée, il manquait trois minutes pour que le train de 8h54 parte et je retirais encore mon ticket à un guichet automatique !
Six heures de train ! J’ai essayé de dormir, mais les courbatures...

En arrivant à Francfort, j’ai revu avec nostalgie le chemin qui menait à Heidelberg à 75 km de là, une petite ville que j’adore et qui me fait énormément penser à Montpellier (ou vice-versa, car j’ai connu Heidelberg en 1998 et Montpellier en 2001). D’ailleurs, les deux villes sont jumelles...
A la sortie de la gare, un autre problème... je savais me servir du tram de Heidelberg, mais la sorte de RER de Francfort m’est complètement étrangère. Déjà, il y a des codes pour chaque point de la ville, il faut le marquer en achetant le billet. J’ai demandé à une jeune femme dans quel sens était l’aéroport, et ensuite, je n’ai fait que suivre un pilote japonais (so gorgeous !) qui allait sûrement dans la même direction...
J’ai dû attendre encore six heures dans l’aéroport international de Francfort, en attendant le chef d’escale d’Air Namibia...
Oh, je ne vous ai pas raconté ? Tout ce chemin me mènerait en Namibie avant de rentrer en Angola. Une des idées de génie de mon père, ce grand philosophe.
Le chef d’escale d’une compagnie est celui qui a tous les pouvoirs (ou presque). Il peut changer/donner des places, organiser la chose et tutti quanti. Je l’avais appelé en arrivant, et j’ai attendu patiemment... Je suis arrivée vers 16h à l’aéroport, le vol pour Windhoek ne sortait qu’à 23h. Ai-je mentionné les 3 uniques heures de sommeil ?
A son arrivée, nous avons réglé mon problème, « aller retour » ou « aller simple » ? Faut pas tenter le diable (mon père), va pour le « simple »...

#15 – Windhoek – Lubango – Luanda (finally !)
Neuf heures de vol. Il y avait encore deux semaines, je disais au père de Lady Jay que je n’avais jamais fait Afrique du Sud – France. L’Angola a toujours été mon point de départ pour l’Europe. Voilà, j’étais servie.
La Namibie a une heure en plus. Nous avons atterri à Windhoek vers 9h du matin.
Pour passer la frontière, il y avait la file des « visitors » où tous les Allemands et Italiens de l’avion se sont entassés, la file « Namibian residents », la file « SADC residents » et enfin la file diplomatique. Il n’y avait personne du côté SADC (Pays de l’Afrique Australe).
Pour la première fois de mon existence, j’ai senti de la fierté en montrant mon passeport angolais à la file SADC, passant devant tous les étrangers et tous les non-SADC. J’ai toujours été suspendue au bruit du tampon de l’agent des frontières sur mon passeport en Europe, pour que j’aie accès à la caverne d’Ali Baba. J’ai toujours été en règle, mais savoir que nos choix peuvent être anéantis par un agent de mauvaise humeur vous fout les jetons à chaque fois. En tout cas, du temps où je vivais au Portugal.
En tant que résidente en Europe, je peux circuler librement entre les états Schengen (donc, sauf Angleterre et Suisse pour moi, j’ai besoin d’un visa). Mais pouvoir passer devant tout le monde, sans nécessité de visa pour rentrer dans un pays étranger, simplement parce que je suis angolaise, ça le fait !

L’aéroport Horea Kutsako est à 60 km de la ville. Au milieu du rien. 60 km de brousse civilisée, contrairement de mon oualou angolais, car les routes sont excellentes (européennes), il y a des poteaux électriques et le réseau pour le portable. Dans mon oualou, bien de chez moi, les routes sont en terre battue lorsqu’elles ne sont pas détruites par les mines, il n’y a pas de réseau, il s’il n’y a pas d’électricité dans certaines parties de Luanda, let alone la cambrousse !
Windhoek... Eish wena. Capitale en plein centre de la Namibie, en plein milieu de la brousse. Le pays compte 2 millions d’habitants pour un territoire une fois et demie plus grand que la France. A Windhoek, il n’y a que 380 000 habitants. La ville me fait beaucoup penser à l’Afrique du Sud, avec la différence majeure qu’il y a des trottoirs et des gens se balladent. J’ai vu une femme blanche avec une poussette et un chien en laisse, un jeune Blanc qui revenait de je ne sais où avec ses courses, des jeunes Noirs avec des cahiers d’écolier... Ça peut vous paraître surprenant que je parle ainsi, mais pour ceux qui ont vécu en Afrique du Sud, c’est une utopie. Les gens dans la rue ? Par quel miracle ?
J’ai passé la journée et la nuit chez un ami de mon père.

Le lendemain, 8h, j’étais prête pour partir. Le chauffeur aqui m’a conduite s’appelait Bruno (clin d’oeil à Molotov). C’était un grand Métis avec un sourire à damner la sainte que je ne suis pas. Il y a de ces conversations qu’on ne répète pas...
Je devais contacter la chef d’escale de TAAG (Angola Airlines). « Aller retour » ou « aller simple » ? Faut pas tenter le diable. « Aller simple ».
J’ai pris un petit-déjeuner à la cafétaria de l’aéroport, à 21 Dollars Namibiens (ou 21 Rands Sudafricains, kif kif pareil, on peut payer dans les deux monnaies). Ça fait 2.10€. Qui l’eut cru, pour un club sandwich et un jus de pomme ? J’ai retiré 50 Rands et j’étais riche. Ça fait à peine 5€...
La vie en Afrique du Sud me manque !

Lorsque j’étais dans la queue pour prendre l’avion qui ferait Windhoek – Lubango (ville au centre de l’Angola) – Luanda, la chef d’escale m’a dit de sortir de la queue. J’ai toujours eu la hantise de me faire remarquée pour n’importe quelle raison, j’ai horreur de ça. « Mademoiselle, venez. Votre père m’a appelée, il voulait vous parler. »
Et m... ! Tout ça devant tous ces gens !
Je n’ai pas de réseau hors l’Europe et je n’ai pas de numéro angolais. Donc pour me contacter, on allait par le plus simple... la chef d’escale !
Elle appelle mon père « Chef, mademoiselle est devant moi ». Je dois rougir plus rouge qu’un coquelicot. Ça fait vingt ans que mon père n’est plus à TAAG, mais il serait toujours le Boss.

L’avion a décollé vers 13h. Pour la première fois de ma vie de longue voyageuse (Ça fait 24 ans que je circule à plusieurs milliers de pieds), j’ai vu un film dans un avion malgré moi. C’était « The Illusionist » avec Edward Norton et Jessica Biel, doublé en brésilien. On n’avait pas d’écouteurs pour la simple raison que c’était comme au cinéma. Même dans les toilettes, on pouvait suivre le film. Dormir ? Pour quoi faire lorsque des esprits d’outre tombe hante les théâtres viennois ? Je préférais encore l’épisode de Friends diffusé sur Air Namibia !
Après une escale à Lubango, je suis enfin arrivée à Luanda !

A la sortie, j’ai vu un « Jo-Annie » qui m’attendait. C’était le transfert qui me conduirait à la Citadelle (chez ma mère). Au fait, c’était Prince Tours (vous savez, le petit frère ?) qui me conduirait chez moi. C’est la nouvelle entreprise de ma soeur aînée, La Parisienne, et de mon frère, Le Diplomate. Mais les employés ne le savaient pas, donnant du « madame » ici et là. J’ai voulu m’éclater de rire, mais j’ai joué le jeu.
Au fait, mon frère avait fait de moi un test, pour que je rapporte toute mauvaise conduite...

Ma famille est si drôle...
N’est-ce pas ?

#16 - Il est temps...
Ces derniers jours, je me sens changer. Ça n'a rien avoir avec mon stage (peut-être en partie) car la partie critique n'a pas encore commencé.
C'est juste moi.
Quelques jours avant de quitter Montpellier, en parlant avec Molotov, nous nous sommes rendues compte que cette année, nous allions faire un quart de siècle... 25 ans, pardi. Et moi avant Molotov et Lady Jay.
Et vu la liste des choses que je ne fais pas pour moi, il est temps de le faire.
J'ai 25 ans, mais je ne les fais pas. Je continue exactement la même personne que j'étais au lycée. Ma mère dit que ma soeur Jess et moi sommes tout ce qui est de plus opposé.
Ma soeur est capitaliste (elle fait des études de commerce). Moi, je suis idéaliste.
Ma soeur est so chic. Moi, ma mère dit que je suis simplette. Mon garde-robe idéal serait tuniques blanches et pantalons de pêcheurs thaïlandais à gogo.
Ma soeur est parisienne et citadine. Moi, provinciale et j'adore la cambrousse.
Comment je peux aider les autres en tant que psychologue si je ne suis pas à l'aise avec celle que je suis? Je n'ai aucune confiance en moi et ça provoque ma phobie sociale, ce qui entraine mes moments d'agoraphobie profonde. En parlant avec mon tuteur, il m'a dit que je devais affronter mes peurs. Ça, je le savais déjà... mais à ce qu'il paraît, il me faut plus qu'un électrochoc.

Alors j'ai décidé de changer.

J'ai perdu cinq kilos depuis que je suis arrivée à Luanda. D'abord, il y a Carême. Je ne fais pas Carême pour maigrir sinon ce serait mal me comprendre. Mais vivre chez ma mère est un casse-tête car les fritures et les sucreries sont bannies de toute façon. Si je devais suivre le régime draconien de ma mère, ce serait des feuilles de manioc ou de patate douce cuisinées avec des oignons et tomates (c'est comme les épinards), tous les genres de poissons grillés, du millie pap (polenta à la farine de maïs) et j'en passe. Du coup, tous les jours, il y a deux plats différents à table. Les poissons pour ma mère, et tout ce qui n'est pas poisson pour mon frère Le Géant et moi.
Et puis, je ne peux pas grignoter car il n'y a rien à grignoter que ce ne soit pas légèrement sucré.
En conclusion, en deux semaines, 5 kilos (approuvés par la balance de ma mère) se sont envolés.
Pas que je sois triste de voir ce fardeau s'en aller, mais... et après?

Maintenant je me surprends à préparer mes vêtements la veille (histoire de voir si je ne sors pas comme un clown). Je l'avais toujours (ou presque) fait, mais je me moquais pas mal si ça m'allait ou pas, tant que j'étais couverte. À présent, je passe même ma journée en bigoudis (moi?!) quand je dois sortir "entre filles" dans la boîte la plus branchée de la capitale. Je me suis occupée de ma frange (elle me poursuit, y'a des jours que je cache la frange, d'autres je me cache derrière la frange) avant d'aller inaugurer les nouvelles salles de cinéma dans le nouveau (premier et unique) shopping (moderne) du pays, accompagnée de mon frère Le Diplomate, sa femme et des amis.

Qui suis-je réellement?
Je ne sais pas et il est temps que j'apprenne.
Je ne suis plus un enfant, je ne suis plus une adolescente. Il est temps que mon visage et mon corps montrent celle que je suis réellement. Je suis une jeune femme intelligente (quoique...) et cultivée, cosmopolite et aventurière (quand il le faut) et je ne peux pas me cacher derrière une image qui n'est pas la mienne.

Je ne suis pas retardée... alors quel est mon problème?

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#17 - "Sur la route toute la sainte journée"
On ne peut pas parler de Luanda sans parler des routes de cette ville et de la province de même nom. Cette ville est le synonyme de chaos et chaos veut dire Luanda. Autrement, c'est impossible.
Pour bien vous mettre dans l'ambiance, sachez juste que la province de Luanda est minuscule et la plus petite de tout le pays. Et pourtant, un tiers de la population s'y trouve. Quelques quatre millions d'habitants pour une ville construite pour quatre cent cinquante mille et pas une âme de plus.
Je sais que ce n'est pas la première fois que j'en parle, mais la dure réalité fait que le personnage principal de toute saga angolaise des temps modernes est la route.

Je suis une fille provinciale, certes. J'adore les roadtrips, que ce soit entre les grandes villes européennes ou dans la cambrousse africaine. Mais ce que je ne supporte pas, ce sont les heures interminables que tout Luandais doit subir pour aller d'un point à un autre. Lointain fut le temps où pour tout déplacement de n'importe quel endroit de la ville, on n'avait besoin que de vingt minutes.
A présent, il y a plus de voitures que d'habitants et que de routes, et puisqu'on est en plein dans la saison des pluies (= été), on pourrait presque nager dans ces routes. Le déluge s'est abattu sur le pays depuis février et toutes les semaines, il y a encore des orages et des bonnes décharges. Si cette ville avait toutes les conditions nécessaires pour les millions qui y vivent, le drainage des eaux ne serait pas un problème... mais...

Toutes les semaines, je dois pointer à l'université Jean Piaget, qui se trouve à Viana, en dehors des portes de la ville. Pour vous faciliter, c'est dans la région luandaise que ça se trouve. C'est un faux genre de banlieue.
Je n'ai pas choisi la fac (qui a un nom bien particulier pour les psys) exprès. C'est juste là où se trouve mon tuteur de stage.
Contrairement à d'autres filières, les psychologues apprentis doivent être guidés et suivis par un psychologue pendant leur stage. Le mien est le doyen de la fac à Pétaouchnok-les-Bains. Ce n'est pas ma faute.
Quand je sais que je dois être à 10h du mat dans son bureau, je ne peux pas sortir de chez moi à 8h45. Je sais d'avance que je n'y serais pas à temps de son prochain cours à 13h!
Le pire a été pendant le lundi de la deuxième semaine. Je suis sortie à 8h30 pétantes de chez moi et je suis arrivée à la fac à 11h. Je n'exagère en rien!
Comme les routes sont cabossées, pleines de trous et inondées, les manoeuvres rendent le voyage plus que pénible en train de finter tel ou tel obstacle quasi-naturel. Je vous assure que vous avez des courbatures à la fin de chaque course!
En arrivant dans le bureau de mon tuteur, je lui demande comment il fait pour arriver à l'heure à la fac.
"J'habite à Viana, j'arrive ici en 5 minutes."
Ah, ça explique...
Et après pour le retour, trois heures! Trois satanées heures sur la route dont vingt minutes à deux pas de mon immeuble. Mais vu l'état des routes et des trottoirs boueux, je ne mets pas mon pied par terre. C'est impensable. Pas que je sois snob ni rien d'autre parce qu'à Montpellier je ne fais que marcher. Mais marcher dans la boue, c'est trop me demander quand je n'ai pas les chaussures pour... Autant me dire que je dois prendre des bottes en cahoutchouc la prochaine fois!
Et le plus drôle, c'est que les routes les plus endommagées se situent devant les administrations et l'INEA. Institut des routes de l'Angola. Isn't it ironic?
Même Mr S., votre chauffeur-garde du corps préféré, a dû avouer sa fatigue ce jour-là. Nous avons passé presque six heures sur la route... Nous avions eu le temps d'aller jusqu'au Sumbe dans la province de Kwanza Sul (ou faire un aller-retour Paris-Montpellier).

Et dire qu'il y a des personnes qui doivent faire le trajet tous les jours de bonne heure pour aller travailler, se lever avec les poules comme Mr S qui doit se lever dans les 4h du matin. Et la fac Piaget est toujours remplie. Est-ce que les étudiants restent à Viana toute la semaine? Ou est-ce qu'ils doivent subir le parcours du combattant tous les jours de la semaine?
Comment peut-on croire et vouloir qu'ils donnent le meilleur d'eux-mêmes si ces étudiants-là voient des vertes et des pas mûres? Il y a des routes où on pourra pêcher d'ici peu. J'ai pris les photos pour vous montrer que je n'exagère en rien...
Souvent on me demande si je veux revenir vivre en Angola quand j'aurais mon diplôme. Je fais un parcours qui indique que oui. Mais lorsque je vois le chemin qu'on doit faire pour parcourir quelques centaines de mètres à peine... je me pose la question.

#18 - Discrimination, positive?
Le racisme dans ce pays est d'une hypocrisie sans limites. D'un côté, on dit que les Blancs et les Métis ne se mélangent pas. De l'autre, on ne fait rien pour que ce ne soit
pas le cas.
Le racisme en Angola vient de loin. Les Métis étant des Métis de première génération
(dont un des parents était blanc), ils avaient, à ce qu'il paraît, plus de privilèges que les
Noirs. Mais historiquement, ce pays est un vaste métissage et ni les Blancs ni les Noirs de ce pays peuvent prouver qu'il n'y ait pas de métissage quelque part dans leur arbre
généalogique. Il n'y a que les Métis qui peuvent passer ce cap sans trop de problèmes...
jusqu'au moment où on demande: "quel est cet étrange mélange?"
Les boîtes branchées de la ville sont souvent accusées de discrimination par la physionomiste, la femme la plus détestée de Luanda. A l'intérieur, que des Blancs et des Métis, et quelques rares Noirs dans le coin. On s'est rendu compte a posteriori que le manque de mélanine à l'intérieur était dû au fait que quelques Noirs n'osaient pas y rentrer car ils ne se sentaient pas à l'aise.
Quand j'y suis allée "entre filles" il y a quelques jours, l'ambiance avait nettement changé, et nettement amélioré. Non seulement on y a mis du kizomba (je comprends
pas comment une boîte branchée ne diffusait pas le meilleur de l'afro-zouk), mais il y avait autant de Noirs que de Blancs et que de Métis.
Mais ce n'est pas seulement du côté du divertissement et de Luanda by night. Dans les
entreprises privées, dans les services où les employés doivent avoir un contact avec le
public, devinez qui prend les places? Les Métis. Une des grandes banques de ce pays a été plusieurs fois accusée de discrimination à l'emploi. Il n'y avait que des Métis dans les comptoirs.
Malheureusement la réalité fait que, si on est métis, on a plus de chance que les Noirs.
Une fois, alors qu'on parlait de discrimination positive en France, j'étais déjà arrivée à la conclusion qu'à compétences égales entre deux Métis, par exemple entre Molotov et moi, je serais plus à même d'avoir le poste car mon nom a une connotation germanique, contrairement à Molotov qui est Métisse de première géneration mais dont le nom a une connotation africaine.
Ici, ça ne serait pas trop différent. On prend deux personnes de la même famille, à compétences égales, une Noire et une Métisse, je réussirai le poste en un clin d'oeil. Ma mère m'a plusieurs fois dit que la situation dans ce pays était telle quelle, et que si je postulais pour une entreprise privée dès maintenant, avec ma connaissance des langues, je suis embauchée tout de suite.

Mais je suis contre ce genre de pratique et je ne veux pas être embauchée où que ce soit parce que la couleur de ma peau est orangée et que mon patronyme soit allemand.

Mais ce n'est pas tout...
A suivre...

#19 - Discrimination... toujours négative.
Le problème du métissage et de ses préjugés ne s'arrête pas aux portes des pubs ou des entreprises privées. Il est partout, ancré dans dans le subconscient de ce peuple, qu'il soit noir, blanc ou métis, et même dans les familles. Même dans la mienne, souvent la question de la couleur de peau ressort dans des discussions. Pas que dans la famille étendue, mais entre frères et soeurs aussi.
Ma mère a dû entendre d'une amie "ceux de votre race ont beaucoup de pouvoir" lorsque celle-ci voulait se divorcer de son mari Métis et que le tribunal était du côté du mari et pas le sien.

On peut critiquer et tout dire à propos de la relation entre Métis et Noirs (à vrai dire, les Blancs ne sont que spectateurs, principalement les étrangers qui n'ont pas de ces problèmes...). Mais lorsqu'on voit une belle Métisse dans le bidonville, même les Noirs veulent les récupérer parce que ce serait "du gâchis" autrement. Mais les jolies petites Noires dans les bidonvilles, il y en a plein. On s'en fout à force.

Voilà la réalité de mon pays, moi qui suis Métisse du Sud, et que pour ça, je suis "supérieure" à la Noire de la capitale.
Foutaises!

#20 - Belas Shopping
Nous sommes un pays sous-développé. Un pays du Tiers Monde. Un pays moins avancé. Un pays bananier. Un pays et des poires.
Mais bon, si on n'aime pas l'Angola, nous autres Angolais, qui le fera à notre place?
A la fin du mois de mars, "on" a inauguré le premier centre commercial du pays. Le Belas Shopping. Pour ceux qui connaissent Luanda, c'est au-delà des portes de la ville (celles qui prennent deux heures à chaque course) et dans la zone du Futungo de Belas, l'ancienne résidence du Suprême (suivez-moi, je vous parle de "Jes", le président de la République bananière). Ce sont dans les nouveaux quartiers, proches de Talatona et de Nova Vida... Là-bas loin. A croire qu'il n'y a réellement plus de place en ville (de toute façon, il nous faut une nouvelle capitale avec urgence... celle-ci s'enfonce dans le marais où elle a été construite...).
Avec des boutiques nationales (dont une joaillerie vendant des diamants d'Angola) et internationales, et avec les premiers réels cinémas modernes du pays. C'est mon frère Le Diplomate qui est content car il dépense des fortunes en achetant des DVDs...

Et pour l'inauguration du Shoppiiiiiing, who you gonna call? "Jes" lui-même.
Où encore dans le monde appelle-t-on le président à inaugurer un centre commercial? Au Tiers Monde, pardi.
Je nous aime.

#21 - 4 Avril: Jour de Paix et de Réconciliation Nationale
Cette semaine, c'etait une semaine presque entièrement chômée.
Mercredi 4 avril est férié, et le vendredi 6 avril c'est Vendredi Saint.
Revenons à nos moutons.
Après le 4 janvier - massacre de la Baixa de Sakassange (où 20 000 Angolais ont été tués par le colon parce qu'ils faisaient grève contre les travaux forcés) et le 4 février - Début de la lutte armée en 1961 (Ou des militants ont pris d'assaut les prisons pour libérer les prisonniers politiques, début de la lutte pour l'Indépendance), il y a le 4 avril.
C'est croire que le 4 est un numéro fétiche parmi nous.

Le 4 avril signale la fin officielle de la guerre civile par un traité de paix signé dans la (ma) province du Moxico en 2002, entre l'Unita et le gouvernement (Vive Jes...)
Nous sommes en paix depuis 5 ans. 5 ans seulement...
Mais le pire de toute cette histoire, c'est la propagande autour de Jes "architecte de la paix", mon oeil oui. Je ne comprends pas comment on peut être aussi aveugle.
A quand les élections, bondiou?

Ah oui. 2009.
Je dois aller me register.
Je dois voter.
Jes se représente. Après 27 ans à la préssidence, il n'en a pas encore assez?!

#23 - Manque de sommeil...
Vendredi 9h00:
À la direction provinciale du ministère de réintégration sociale (MINARS).
Après avoir parler avec la directrice la veille, je dois y aller le lendemain avec une lettre pour demander l'autorisation pour enquêter dans des asiles d'enfants et adolescents avec des problèmes de tous les genres.
La directrice n'est pas là, elle est dans un séminaire sur la délinquence juvénile. La situation du pays est catastrophique. Le gouvernement veut récupérer les armes à feu, mais les délinquents s'arment de machettes pour voler. Vive nous et notre drapeau.
Comme la directrice n'est pas là, je parle avec un fonctionnaire du secteur informatique, à ce qu'il paraît j'ai une touche et un numéro de téléphone. "Appelez-moi dans une heure, je vous dirai si la directrice est arrivée."
J'appelle le monsieur en question plusieurs fois dans la journée et finalement, même si la directrice a signé l'autorisation, je dois y aller lundi. Et m...

Vendredi 23h00:
Ma cousine Kami vient me chercher avec son beau-frère qui vient d'arriver en Angola. C'est sa première fois dans le pays. Il pensait que c'était qu'une république bananière et que on était tous des singes.
Il a eu un choc en arrivant dans ma famille où tous sont universitaires et/ou intellectuels, médecins et/ou avocats, ministres et/ou ambassadeurs. Lui qui n'a pas fait sa seconde...
Ah Portugal, je vous jure... L'image qu'ils ont de nous, j'ai d'eux. Que des préjugés et j'en suis consciente.

Samedi 4h00:
Après une bonne soirée en boîte (LA boîte), nous voilà chez Kami. Je dors d'un sommeil douloureux et conscient de ma douleur physique.

Samedi 7h00:
Je sens un regard qui me fixe. J'ouvre un oeil.
C'est le fils de ma cousine, Fro, un an, mignon comme tout, tellement blanc et avec un nom tellement portugais, qu'on se dit que s'il est né en Angola, c'est un hasard.
Je me retourne, le mari de ma cousine s'en va travailler.

Samedi 8h30:
Kami m'appelle.
"Cousine, lève-toi. C'est l'heure."
Qu'ai-je fait au bon Dieu...? Mais c'est pour une bonne cause. On va s'inscrire aux listes électorales. Yay! On prend le petit-déjeuner (des tartines avec de la confiture de citrouille et de la noix de coco, pas mal la confiture) et on va chercher Nya, la soeur de Kami.
Je suis citoyenne.

Samedi 13h00:
Déjeuner. On déjeune à des heures fixes chez ma cousine.
Mufete au menu. Du poisson grillé, banane cuite, patate douce cuite, haricots à l'huile de palme. Le plat typique du Samedi.

Samedi 19h00:
Arrivée chez ma mère, un bain et hop. On sort.
Je vais à un concert des étoiles montantes de la musique angolaise. Que des jeunes. Ma mère voulait absolument y aller. On y va avec mes frères Le Géant et Daf.
Le show a deux heures de retard. On sait déjà qu'avec CETTE maison de productions-LÀ, il n'y a pas moyen. Plus jamais!
S'il n'avait pas commencé si en retard, le show aurait été super. Avec défilés et musique que j'adore, de Konde, Totó (clin d'oeil à Lady Jay, il est super en direct-live), Yola Semedo, Matias Damázio et d'autres, le show était vraiment bien. Mais en cours de route j'avais déjà sommeil...

Samedi 23h00:
Home sweet home.
Demain je me lève tôt. Je dois aller à la plage avec Kami...
Quand est-ce que je vais pouvoir réellement dormir?

#24 - Et les photos?
Ceux qui me suivent depuis le début de mon blog et d'autres contrées savent que j'adore prendre des photos. Je prends des photos de tout ce qui bouge et qui ne bouge pas. Les endroits par où je suis passée et qui seront à jamais gravés dans ma mémoire et dans ma mémoire numérique. J'aime partager et témoigner.

Mais lorsque je suis à Luanda, je ne me sens pas à l'aise. Au fait, j'ai peur de prendre mon appareil photo en pleine capitale. Même s'il est bien cabossé, qu'il est tombé dans la cambrousse ou dans une grande ville, je ne suis pas sûre que je veuille parier ma main en voulant immortaliser un moment de cette ville.
Depuis que je suis arrivée, ça fait plus d'un mois, je n'ai pas pris des photos de Luanda, sauf quelques unes sur la route de Viana en rentrant de la fac... mais c'était dans la banlieue...

Donc, cette fois-ci, je suis très déçue de ne pas pouvoir partager ce voyage, qui n'a pas été si désagréable... Mais...

#25 - En bref
Des vertes et des pas mûres du côté de la province de Luanda:
- Agence funéraire au nom de "Dieu Merci"
- Pharmacie "Lady Diana"
- Studio de photos "Paparazzi"
- Recaoutchoutage "Tubeless"

Au milieu d'un fossée d'ordures: "ne pas jeter des détritus ici".

Au milieu de la vase: "ce ne sont pas des toilettes, bande de singes".

***

J'aime l'Angola...
Qu'est-ce que ce serait si je ne l'aimais pas?!

***

Je passe mon temps en train de critiquer les hommes angolais et portugais. Mais vu TOUS mes cousins du côté de ma mère ont épousé (ou sont en voie de...) des Portugais, je me méfie.
Moi avec ma grande bouche, si jamais je tombe amoureuse d'un homme d'une de ces deux nationalités (voire les deux), ce sera une humiliation.
On dit en portugais: "le poisson meurt par la bouche..."

#26 - Le ciel nous tombe sur la tête!
Un bruit effroyable nous réveille tous, dans la capitale. Sans discernement et discrimination, tout le monde sursaute dans son lit. Il est 5h du matin passées, et on aurait, à travers les volets, qu'il faisait jour. Une heure auparavant, le vent soufflait si fort que j'ai dû me lever pour coincer la porte en verre. Le vent était arrêté par la barrière de la porte à volets. Mais aussitôt recouchée, aussitôt réveillée.
C'était un éclat rageux venu d'on ne sait où. La guerre a recommencé. Les armées ennemies s'affronte dans la capitale. La violence fait battre chaque coeur à la chamade. Des éclairs, des tremblements. Une fois déjà, il y a des années de ça, le sol de Luanda avait temblé après la destruction d'un arsenal. C'était AZF version années 1990s dans toute la capitale.
Moi, trop bête ou sans notion de la réalité, me suis levée. J'ai quitté ma chambre où la porte en verre ne faisait plus de bruit (je suis devenue experte dans le coinçage des portes vu les tempêtes qu'on a subi ces dernières semaines) mais le ciel continuait enragé.
En arrivant dans la buanderie, le seul endroit de l'appartement que je peux ouvrir sans craindre les moustiques ou le vent, je regarde au-dessus du carton (timide barrière contre les grandes pluies), et je vois une portion de la ville (les avantages de vivre un 10ème étage sans vis-à-vis). Et soudain, un éclair déchire le ciel suivi d'un tonnerre de malheur. Pendant une minute, je suis aveugle! Éblouie. Je n'exagère pas! Le ciel qui était tellement noir, est devenu blanc brillant.
Je suis repartie vite dans l'autre sens, je me suis recouchée, les éclairs pleins les yeux. Je pensais à l'état déjà dégradé des routes que je devrais prendre dans l'après-midi pour aller à Viana une dernière fois. Je voyais ma vie repartir dans tous les sens, surtout en arrière. Si en temps normal, ce sont presque quatre heures de route pour aller à l'université. Imaginez avec des routes où on peut pêcher et planter le riz?!

La bonne nouvelle c'est que la guerre n'a pas recommencé.

En vadrouille 4.3 - Passez par la case Portugal
Le temps passe vite. J'ai grandi et j'ai finalement commencé à me poser les bonnes questions.
La seule inconnue de mon problème restait le chemin de retour. Après avoir fait Montpellier-Paris-Francfort-Windhoek-Lubango-Luanda, ne demandant que des allers simples pour ne pas tenter mon père, je m'attends au pire. Pour le chemin de retour j'ai le choix entre le premier et passer par Lisbonne.
Mon désamour pour le Portugal me semble à moi-même puéril. J'y ai été heureuse et très malheureuse en même temps. C'est au Portugal où j'ai appris la douloureuse réalité que j'étais issue d'une minorité visible. Ce qu'"ils" ont faità une enfant de dix ans est criminel et rien ne peut le changer.
Mais dans le cas présent, entre l'épée et le mur, j'ai choisi l'épée. Va pour le Portugal, je serai à Montpellier en deux journées.
Buzzzzzzzzzz: c'est faux! Les mots "direct" ou "simplicité" n'existent pas dans ma famille.

Je me lève à 5h du mat pour êtreà l'aéroport à 7h. Je suis avec mon frère jumeau, le vol est à 10h.
Mais c'est le souk. A 9h30, je n'ai toujours pas fait mon check in. Il y a deux vols pour Lisbonne et un pour Rio de Janeiro. Tous au même temps, c'est la débandade. Et puis, l'avion était vide, alors on replace les passagers pour équilibrer l'avion... Va savoir s'il pique du nez... Et puis c'est un avion et les hôtesses de CorsairFly avec deux de TAAG. Le service est fait en françaispour des lusophones qui partent au Portugal et qui n'ont pas l'oblgation de parler français. Pour faire court, l'avion a décollé à 14h!
Quel cauchemar! On sort d'une ville où il fait 35°C à l'ombre pour rentrer dans une cabine qui fait 5°C! Il ne me faut pas pluspour être enrhumée.

On arrive à Lisbonne après 22h. Devantmoi, un passager demande à l'hôtesse de l'air comment faire la correspondance pour aller à Rio. Vu le retard, je me dis quec'est raté pour la correspondance. Et puis, tout le monde autour se rend compte de l'improbable en même temps: cet homme s'est trompé d'avion!!!!
Au lieu de prendre l'avion pour Rio, il a pris celui qui allait dans l'autre sens.
C'est une comédie de mauvais goût... et on ne s'étonne presque plus,à vrai dire...

L'Angola... un arc en ciel!

En vadrouille 4.4 - Lisbonne, Paris et les grandes villes (30 avril)
Après avoir galéré pour trouver un vol Lisbonne-Paris, et galéré au cube pour trouver un hôtel pour deux nuits, j'ai enfin atterri dans un Comfort Inn avec un nom qui me semblait tout droit sorti de mon quatrième roman (j'en reparlerai...).
Crevée, irritée, j'arrive à l'hôtel vers minuit alors que j'aurais dû arriver à Lisbonne vers 17, et devant attendre deux jours pour prendre le vol de samedi.
A l'aéroport, j'ai croisé un homme au crâne rasé et j'ai eu des flash de mon passé, où j'avais une terreur de sortir et d'aller toute seule prendre le métro pour aller à l'école à cause des skinheads. Je vivais un cauchemar, me cachant à l'arrière de l'arrêt, de peur qu'un néonazi ne m'envoie sur les rails à l'arrivée d'un métro.
C'est dire les bons souvenirs que j'ai de Lisbonne et de Portugal en général...
J'ai dû changer d'hôtel le lendemain, mais les concierges étaient si sympas, que si jamais je dois repasser par Lisbonne (j'espère pas, mais on ne sait pas de quoi demain est fait), j'irai dans la pension Alicante, à quelques pas du Comfort Inn.
J'ai dépensé une fortune en hôtels et vols à cause de 4h de retard d'un avion.

Le pire à Lisbonne, c'est que la première nuit, j'ai eu tous les symptomes d'une migraine carabinée qui s'approchait. Des flash de lumière, les doigts insensibles, les crampes au visage... Voilà 5 ans que je n'avais pas été attaquée! A la résidence, j'ai demandé des paracetamol (même si je ne prends jamais des chimiques, je ne suis pas maso....)
Tout mon vendredi a été passé au lit, et j'ai dû quitter la pension pour aller dîner...

Je n'aime pas trop les grandes villes... mais si je suis accompagnée, ça passe. Mais à présent, j'étais seule.
Et la solitude des grandes villes est physiquement douloureuse, je peux l'affirmer.
Ce soir-là, en posant ma tête sur mon oreiller, je me suis dit que c'était dur d'être une cosmopolite... j'ai d'ailleurs décidé de me mettre un jour à écrire: Confessions d'une voyageuse malchanceuse...

Samedi après-midi, j'arrive enfin chez ma soeur à Paris. Je traverse la Défense, me disant que décidément la prochaine fois, je dois prendre des photos parce que j'adore la Défense (et je me le répète à chaque fois!), pour aller à Courbevoie, il y avait plein de coquelicots, c'était étonnant. C'est aussi ma fleur préférée.
Je suis arrivée chez ma soeur, fatiguée mais avec un sourire aux lèvres.

Pas si malchanceuse que ça :D

Home sweet Home
Après l'Allemagne, la Namibie, le Portugal et l'Angola en longue durée, après des aventures rocambolesques au départ et à l'arrivée, me voilà, enfin, enfin, chez moi, home sweet home, Montpellier, un mois et demi après être partie.
There's no place like home!

PS: Wally est mort.

Trackbacks

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Commentaires

je parlais avec ma soeur cette semaine, qui travaille pour l'année dans un camp de réfugiés pour une ong british en tant qu'infirmière. elle pensait demander un psy specialité guerre pour le camp.
c'est si important; ces gens là, aprés 20 ans de guerre dans leurs pays, reviennent chez eux. mais ils ont tout perdus, famille, pays, proches, et le plus dure de leurs faire comprendre est: pourquoi reconstruire, pourquoi EUX pourraient en tirer benefite?

je remercie l'internet pour pouvoir communiquer avec ma soeur. et je l'écoute, ses doutes sur son travail, ces doutes sur ce qu'elle veux faire elle, pour elle, parce que quand même il ne faut pas totalement s'oublier dans l'histoire. l'autre par rapport au soi. et c'est compliqué, mais comme tu dis, et ce que je dis à ma soeur aussi, c'est que ce sont des étapes et des questions normales; les gens seraient fous de se mettre dans de telles siuations sans un minimum de réflection. c'est une des choses qui nous fait avancer.

en tout cas j'éspère ben pouvoir te lire de la jungle; jusqu'en mars en tout cas, dates ou je vais en voyage pour quelques mois.

pleins de bonnes choses:)

Ecrit par : manue | mercredi, 07 février 2007

Manue >>> Où se trouve ta soeur exactement? J'aimerai beaucoup "entendre" son expérience. Dans ma famille, beaucoup travaillent dans l'humanitaire, mais j'ai toujours besoin de savoir plus.
Si jamas elle a des livres qui puissent m'intéresser, e remercie d'avance.

Et où est-ce que tu t'en vas, si ce n'est pas indiscret? :)

Ecrit par : Jo Ann v. | mercredi, 07 février 2007

Je suis bien d'accord avec Manue. Si tu ne t'angoissais pas tu serais sans doute inconsciente. Je pense qu'une fois sur place tu te surprendras toi-même, mais paradoxalement, ce sont les retours qui sont les plus difficiles. Mais je comprends qu'il s'agit de ton pays et que la charge affective en rajoute à ton appréhension. En tout cas, on sent que la tension monte. Courage Jo Ann

Ecrit par : Moustafette | mercredi, 07 février 2007

Merci Moustafette! :)
Mon mantra: tout va bien se passer (cube!) :)

Ecrit par : Jo Ann v. | jeudi, 08 février 2007

ma soeur est au Soudan, et mon plan est d'aller en Asie, continnent ou je n'ai encore jamais mis les pieds.
je vais me permettre de t'envoyer un mail privé avec plus de details:)
j'y mettrais un titre net genre: "reponse blog", pour pas que ca aille dans le trash!!

bises:)

Ecrit par : manue | samedi, 10 février 2007

J'ai failli le faire car je lis mes eails avant de voir mes blos!
Whoopsie!!
Merci pour les infos! :D
Ma meilleure amie adorerait fair le Népal et l'Inde. L'Asie c'est son dada :)

Ecrit par : Jo Ann v. | samedi, 10 février 2007

Au fait, pour répondre à ta question, je ne travallerai pour aucune ONG. Je serai indépendante et mon tuteur m'enverra là où il faut. C'est plus pratique car je serai libre de mes mouvements et que je vais pouvoir visiter différents camps ou foyers por enfants, sans avoir à demander l'autorisation à l'ONG qui ne travaille pas dans le secteur...

Ecrit par : Jo Ann v. | samedi, 10 février 2007

Ecrit par : Jo Ann v. | mercredi, 10 octobre 2007

J'ai tout lu mais, mais, mais comment tu vas faire pour revenir? quant aux series, je n'ai pas acheté d'autres coffrets (je n'ai pas encore ouvert un des CSI) mais g tous les nouveaux épisodes de Brothers and Sisters and Grey's Anatomy qui t'attendent! maintenant je telecharge un episode à chaque 20 minutes!!!! :)

Ecrit par : _+*A Elite in Paris*+_ | lundi, 26 mars 2007

Et le retour, c'est à la nage ou en mongolfière? ;-)

Ecrit par : Lady Iphigenia | vendredi, 30 mars 2007

Elite » J'espère que je rentrerai par le chemin le plus court. Je ne sais pas si je resterai chez toi ou si j'irais directement à Montpell... Ça dépendra du parcours du combattant!

Iphigenia » En dormant j'espère!! :P

Ecrit par : Jo Ann v. in Luanda | mercredi, 11 avril 2007

Ecrit par : Jo Ann v. | mercredi, 10 octobre 2007

J'adore tout ce qui est écrit!

Ecrit par : Elite in Paris | mercredi, 28 mars 2007

Hé bé, c'est déjà toute une aventure et tu n'as raconté que ton voyage pour arriver! As-tu commencé ton stage?

Ecrit par : Lady Iphigenia | vendredi, 30 mars 2007

J'attends la suite avec impatience
Astrid

Ecrit par : Astrid | vendredi, 30 mars 2007

Elite » Je sais que tu es déjà passée par là ;)

Iphigenia » J'ai commencé mon stage à l'université le lundi suivant (je suis arrivée un jeudi). Pour le moment, ça va :)

Astrid » La voilà :D

Ecrit par : Jo Ann v. in Luanda | mercredi, 11 avril 2007

Ecrit par : Jo Ann v. | mercredi, 10 octobre 2007

J'ai déjà traversé le même dilemme que toi, et j'en suis arrivée à la conclusion que les habits sont comme des déguisements!

J'apprécie la qualité et le design, mais chaque style d'habit a une fonction différente, c-à-d que je n'irais pas faire les magasins en habits de cambrousse et je ne porterais pas les mêmes habits relax que j'enfile à la maison pour aller travailler au bureau...

J'ai toujours trouvé ridicules ces victimes de la mode qui portent des talons hauts pour aller se promener (j'en ai mal aux pieds d'avance)... Le confort est tout aussi important que l'apparance.

Ecrit par : Lady Iphigenia | lundi, 09 avril 2007

Tres joli, tres émouvant, comme "a butterfly" qui implore de sortir du cocoon!

Ecrit par : Elite in Paris | mardi, 10 avril 2007

Iphigenia » Je crois que le plus important c'est quand on se retrouve et qu'on sait finalement qui on est.

Elite » "I'm a butterfly, sugaaar" ♪

Ecrit par : Jo Ann v. in Luanda | mercredi, 11 avril 2007

Ecrit par : Jo Ann v. | mercredi, 10 octobre 2007

Ne réclamons rien, tu as encore la voiture c le coté positif.. imagine les gens en candongueiro ou RER ou metro ou bus ou whatever?

juste pour voir le coté positif

des fois pour moi, maison et travail en 15 minutes a pied c deja enorme....

Ecrit par : Elite in Paris | mardi, 10 avril 2007

Quand je vaisà la fac, je vois la file des gens qui viennent en marchant de Viana. Et avec l'état de ces routes, il y en a qui ont de la boue jusqu'à mi-mollet (je blague pas, si un 4x4 s'enterre, imagine un gringalet...)

Ecrit par : Jo Ann v. in Luanda | mercredi, 11 avril 2007

Ecrit par : Jo Ann v. | mercredi, 10 octobre 2007

Juste pour passer et te faire de gros bisous. J'éspère que tout se passe pour le mieux et que tu apprends pleins de trucs:)

Ecrit par : manue | mardi, 17 avril 2007

Ecrit par : Jo Ann v. | mercredi, 10 octobre 2007

Bonsoir,
Je suis Lucie, je suis française et je suis actuellement en Master 2 Droit de l'Homme. Je vais partir en stage à Luanda en Septembre et me renseigne sur ce pays que je connais très mal pour le moment. Je suis votre blog depuis un moment et apparement ce n'est pas la panacé tous les jours!!! J'aurai quelques questions à vous poser...je vous remercie par avance de votre réponse car c'est très difficile de trouver des infos concrètes sur l'Angola!!!
- sentez-vous vraiment cette insécurité en ville ou est-ce des préjugés qui font que vous n'osez pas sortir ou sortir vore appareil photo en pleine rue par ex
- connaissez-vous des gens avec qui je pourrais prendre contact à Luanda pour obtenir des infos pratiques (notamment le logement qui semble hors de prix...). Je souhaiterais etre hébergée dans une famille angolaise pour partager une expérience humaine en plus du stage mais je ne connais personne en Angola. Bien sur je suis prete à rémunérer cette famille en échange de son acceuil
- comment ressentez vous cette ville? Quels sont les prix pour un repas basique (je dis bien basique..je suis étudiante et pas de ressources propres!!)

Voilà pour un premier contacts, voici mes interrogations...

Merci bcp pour votre aide,

Cordialement,

Lucie

Ecrit par : lucie | mercredi, 02 mai 2007

Ecrit par : Jo Ann v. | mercredi, 10 octobre 2007

Welcome Back, Lady.

Ecrit par : Astrid | samedi, 28 avril 2007

Ecrit par : Jo Ann v. | mercredi, 10 octobre 2007

Bienvenue à la maison, Jo Ann... Et merci de nous avoir ramené un peu de soleil de ton long voyage!

Ecrit par : Laura | mercredi, 02 mai 2007

La question va sans doute sembler indiscrète, mais qui est Wally? Désolée d'avance, pour le décès...

Ecrit par : Laura | mercredi, 02 mai 2007

Merci bien Laura!

Au fait, Wally n'est autre que mon ordinateur :"
Pour le moment, Internet est en stand by, le temps que je puisse m'en acheter un nouveau!

Ecrit par : Jo Ann v. | mercredi, 02 mai 2007

There really is noplace like home, nao eh?

beijos!

Ecrit par : ali la loca | mercredi, 02 mai 2007

Bienvenue et bon retour et sincères condoléances pour ton compagnon de route électronique. J'espère que son successeur t'apportera une petite consolation.

Ecrit par : Chimère | mercredi, 02 mai 2007

Bienvenue chez vous, mademoiselle!

Ecrit par : Mélissa | mercredi, 02 mai 2007

Pauvre Wally! :-D

Ecrit par : Lady Iphigenia | jeudi, 03 mai 2007

Merci les filles :)

Ecrit par : Jo Ann v. | lundi, 14 mai 2007

Ecrit par : Jo Ann v. | mercredi, 10 octobre 2007

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