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mercredi, 16 juillet 2008

IWEALA, Uzodimna (Nigéria)

Feras de lugar nenhum ♥♥♥♥♦ (VO: Beasts of no nation) (VF: Bêtes sans patrie, à la rentrée aux Editions L'Olivier)
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• Le premier roman de ce jeune auteur nigérian (né en 1982) lui a valut quelques prix aux États-Unis. Son sujet: le quotidien d'un enfant soldat.
Comme tant d'autres romans tels "Allah n'est pas obligé" d'Ahmadou Kourouma, Iweala prend le parti de l'enfant en le faisant narrateur.
Dans le livre de Kourouma, Birahima son enfant-soldat-narrateur prend un ton ironique, du deuxième degré pour parler d'une période sanglante de l'histoire de la Sierra Leone et du Libéria.
Quant à Iweala, son enfant-soldat-narrateur parle avec sa candeur d'enfant, son côté "mais je ne suis pas un mauvais garçon... ce n'est pas ma faute... mais je suis aussi un soldat... est-ce que Dieu punit les petits garçons obligés à être soldats?" Il décrit les horreurs qu'il voit et qu'il doit faire avec sa machette, car il est trop petit pour avoir une Kalach... et puis, il n'y a pas autant d'armes pour tous de toute façon.
Dans ce roman, il n'y a pas de nom de ville, de pays, des mots qui puissent dire où se trouve l'action, dans quel pays d'Afrique anglophone. On peut alors transposer ce roman partout où les enfants sont utilisés comme de la chair à canon.

(A noter que j'ai lu la version brésilienne, la traduction en français a été faite par mes soins, à vos risques et périls ;-))


p. 47
"a gente achava que ser soldado era a melhor coisa do mundo porque as armas pareciam tão poderosas e os homens nos filmes pareciam tão forte quando matavam as pessoas, mas sei agora que ser soldado é ser fraco e não é forte, é não ter comida e não poder comer o que a gente quer, é também ter que fazer as coisas que a gente não quer como eles fazem nos filmes. Mas é claro que só sei disso agora porque agora sou um soldado.
Então canto para mim mesmo:
Soldado soldado
Matar matar matar
É assim que você vive
É assim que você morre."

(On croyait qu'être soldat c'était la meilleure chose du monde parce que les armes paraissaient tellement puissantes et les hommes dans les films paraissaient tellement forts parce qu'ils tuaient les gens, mais maintenant je sais qu'être soldat c'est être faible et pas fort, c'est ne pas avoir de la nourriture et ne pas pouvoir maner ce qu'on veut, c'est aussi devoir faire les choses qu'on ne veut pas faire comme ils font dans les films. Mais c'est sûr que je sais tout ça que maintenant parce que maintenant, je suis un soldat.
Alors je chante pour moi-même:
Soldat soldat
Tuer tuer tuer
C'est comme ça que tu vis
C'est comme ça que tu meurs.)

p. 51
"Uma vez matou um homem que o irritou muito. Deixamos esse homem num lugar lá na estrada com um buraco grande na cabeça."
(Une fois il a tué un homme qui l'a beaucoup énervé. On a laissé cet homme là-bas sur la route avec un trou grand comme ça dans la tête)

p. 121
"o fogo vai aumentando aumentando (...) [e a] fumaça começa a entrar no nosso peito e faz a gente tossir, e entra no olho e faz a gente chorar."
(et le feu se met à grandir à grandir et la fumée commence à rentrer dans notre poitrine et nous fait tousser, et rentre dans l'oeil et nous fait pleurer.)

p. 171
"quero joga a arma no mato, mas se jogar a arma fora, aí Rambo vai me jogar fora porque a arma é mais importante do que eu. Me lembro sempre disso."
(je veux jeter l'arme dans la brousse, mais si je la jète, Rambo va me jeter aussi parce que l'arme est plus importante que moi. Je me souviens toujours de ça.)

p. 177
"se eu fosse o Sol, procuraria outro lugar para iluminar, um lugar onde as pessoas não usassem minha luz para fazer coisas horríveis."
(si j'étais le soleil, je chercherais un autre endroit pour illuminer, un endroit où les gens n'utiliseraient pas ma lumière pour faire des choses horribles.)

p. 185
"não entendo tudo, ainda ouço o que ele diz porque ele diz que Deus ainda está vivo nesse lugar. Não sei se acredito, mas gosto de ouvir."
(Je ne comprends pas tout, mais je continue d'écouter ce qu'il dit parce qu'il dit que Dieu est encore vivant dans cet endroit. Je ne sais pas si je le crois, mais j'aime bien l'écouter."

p. 187
"Sou todas essas coisas. Sout todas essas coisas, mas uma vez já tive mãe, e ela me amava."
(Je suis toutes ces choses. Toutes ces choses, mais j'ai déjà eu une mère, et elle m'aimait."

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Commentaires

Salut Jo Ann,

Ca donne envie de le lire, ce roman. Il me rappelle Sozaboy de feu Ken Saro Wiwa, pendu par lui-même feu Sani Abacha. et un peu aussi l'Aîné des orphelins, de Tierno Monemembo. @+, M82

Ecrit par : Mayombe82 | samedi, 16 juin 2007

Je ne connais pas, je ne cherche qu'à en lire davantage,merci :)

Ecrit par : Jo Ann v. | lundi, 18 juin 2007

Ecrit par : Jo Ann v. | jeudi, 04 octobre 2007

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