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dimanche, 23 septembre 2007

(n) Ébauches d'histoire

800be447c824e787918c7b5593594d54.jpg Pendant les vacances à Lobito (sud de l'Angola), il y avait un passage obligé au cimetière où sont enterrés mon grand-père maternel (mort le jour de Noël 2003) et mon oncle-papa (mort 2 mois après son père).
Ma grand-mère, ma mère et mon frère Le Géant sont rentrés dans le cimetière. J'ai refusé d'y aller. Je suis restée enfermée dans la jeep en train de compter les minutes. J'ai alors pris mon calepin noir et mon stylo noir de mon sac noir, et j'ai commencé à écrire...

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© Jo Ann von Haff
Lobito, Angola – 10 août 2006


Tout le monde parlait d’histoires plus ou moins heureuses, histoires d’amour ou autres dont on ne parle jamais assez aux petit-déjeuners, déjeuners, goûters, dîners et cènes. Tous les repas sont l’estrade pour le même spectacle. Les actes ne faisaient qu’augmenter et à chaque fois, on rigole à la même tirade, au même dialogue… tout était orchestré ?
Même les allers au cimetière.
Tout le monde sortait des voitures, processions de plus en plus courtes et rapides. Les anniversaires du genre ne sont jamais plaisants à fêter.
Moi, je reste dans la voiture, en attendant que la caravane du cirque disparaisse, pleurant mes morts à ma manière.
Sous-vêtements noirs, pantalons noirs, chemise noire, lunettes noires… Je prends mon stylo noir et j’écris dans mon calepin à couverture noire… J’y écris mes noires pensées, sur ce cirque qui n’est drôle que pour celui qui le fabrique.
Et à moi, on ne me demande jamais mes quelques histoires, plus ou moins heureuses. Je suis un clown triste qui déambule comme un fantôme dans un château hanté. Je suis celle dont on se moquer et dont on se moque éperdument, des deux façons.
Si un jour on me demandait de raconter une de ces histoires plus ou moins heureuses, que ce soit au petit-déjeuner, au déjeuner, au goûter, au dîner ou à la scène, je ne songerai pas une seconde à embellir cette histoire.
Je dirais :
« J’ai eu une belle histoire, si courte et si intense… j’ai tant aimé cet homme qu’aujourd’hui tout me semble irréel. L’aurais-je vraiment vécu, vibré et souffert ? Ce fut un rêve, le paradis, aussi court fut-il. Mais qu’importe car aujourd’hui, ce n’est qu’une ébauche d’histoire… »

Commentaires

Gostei de ler os seus textos - nasci no Dilolo, mas vivi quase sempre no Lobito. Se me disser os nomes da sua família, se calhar conheço...
Tenho muita pena do estado em que está Angola.
Cumprimentos,
João

Ecrit par : João Pereira dos Santos | dimanche, 27 juillet 2008

João » Obrigada pelas suas palavras.
E Angola vai saír dessa ;-)

Ecrit par : Jo Ann v. | dimanche, 27 juillet 2008

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