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mercredi, 10 octobre 2007
MABANCKOU, Alain (Congo/France)
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Lu
• Verre Cassé
• Les Petits-Fils nègres de Vercingétorix
• Dernières Nouvelles de la Colonisation
Les Petits-fils nègres de Vercingétorix ♥♥♥♥
• C'est l'histoire d'Hortense Iloki. Dans des cahiers d'écolière, elle raconte sa vie et de comment la situation politique s'est dégradée dans son pays, le Viétongo, ancienne colonie française d'Afrique Centrale. Coup d'états et guerre civile, rivalité entre le Nord et le Sud, rien n'est épargné à Hortense.
• J'ai eu peur lorsque j'ai ouvert ce livre. J'étais tellement fascinée par le personnage qu'est Alain Mabanckou (cf. Les conteurs de chez moi), que je n'avais pas envie d'être déçue par l'écrivain. Quand l'attente est trop grande, on n'a pas le choix. C'est une sortie dichotomique: soit on tombe, soit on reste debout.
Et là, je sors soulagée de ma lecture. Je ne suis pas déçue. J'ai aimé ce livre. Pas un coup de coeur, mais j'ai aimé quand même :)
Hortense Iloki est une collégienne nordiste qui tombe amoureuse de son professeur sudiste. Elle est déjà grande, avec un corps de femme, et Kimbembé est attiré par elle. Vint le jour où enfin, il demande sa main en mariage. Le père Iloki n'est pas d'accord: ce professeur est du sud. Mais la mère et les frères d'Hortense finissent par le convaincre. Un mariage entre une Nordiste et un Sudiste, voilà de quoi faire plaisir. Un enfant de l'union, même si tant un camp comme l'autre se croit supérieur. Kimbembé a vécu quelques années dans le Nord. A présent, il est temps pour la petite famille de descendre.
Tout au long du roman, parsemé de souvenirs et de l'actualité viétongoloise, le pays se déchire entre la haine Nord vs. Sud. L'ancien président nordiste prépare un coup d'état et vire le président sudiste élu démocratiquement. Voilà qu'un ancien premier ministre sudiste, dont le nom de guerre est "Vercingétorix" refait surface pour commander la révolution. "Les sudistes sont faits pour gouverner le pays". Les Petits-Fils nègres seront ses partisans.
La chasse aux sorcières est lancée, les camps de détention créés et Hortense fuit avec sa fille Maribé qui ne peut choisir son camp.
Si je ne connaissais ma carte de l'Afrique, je me dirais "le Viétongo existe". La géographie et l'histoire sont précises. Les noms des villes, des ethnies, des langues, des rues, des quartiers... tout a l'air réaliste. Le gouvernement et l'administration sont réels. Ne serait-ce que dans l'imaginaire de l'auteur, ce pays a une vie.
Je ne connais pas l'histoire du Congo natal de l'auteur, je me demande ce qu'il lui a bien pu inspirer pour son roman, pour ce pays imaginaire. Et puis, je me suis dit, ce n'est pas qu'au Congo.
L'Angola est voisine (par le nord) des deux Congos. Il y a quelques détails qui ont traversé les frontières (ne serait-ce le poulet à la pâte d'arachides :P).
Et cett confrontation entre le Nord et le Sud existe aussi en Angola.
Ma mère est du Sud. Mon père est du Nord.
Quand mon père est irrité, il lance "vous, les Métis du Sud!"
A quoi il a droit à mon regard 43 (le mauvais) parce que 1) je suis métisse; 2) je suis née dans le sud aussi... quoique plutôt centre, mais tout ce qui sort de la capitale, à mon avis...
Alors je réplique: "tu es allé chercher la Métisse du Sud, ne te plains pas". Et puis quoi encore?
Tout ça pour dire, qu'effectivement, entre le Sud et le Nord, même dans la famille, ça peut souvent coincer... Une de mes soeurs est née à Cuba, une autre au Brésil, un de mes frères au Portugal. Les 5 autres sont de la capitale. Encore une fois, je suis minorité... :O
Et puisque grande partie des Métis (tous les clairs de peau) était plutôt dans le Sud, je vous laisse deviner le reste
Enfin.
Il n'y a une qu'une scène violente, racontée à demi-mots qui m'a choquée dans un récit qui parle de guerre civile, et qu'indirectement je suis concernée, mais sinon, c'est une lecture agréable et presque pudique par moment.
Verre Cassé ♥♥♥♦
Pemier cadeau de Noël 2006 avant mon départ. Mon amie Cocktail Molotov de son petit nom, m'a offert Verre Cassé. Depuis que je l'ai tirée par les cheveux pour aller à la conférence de Juin 2006 sur la francophonie à la Comédie du Livre de Montpellier, elle a été fascinée par le personnage. Le jour où on a su qu'il vait reçu le Prix Renaudot, elle m'a appelée pour me mettre au courant (mais dans le taxi qui me ramenait de l'hôpital, j'avais apris la nouvelle).
• Verre Cassé est un vieil ivrogne qui passe ses journées dans le bar Le crédit a voyagé, tenu par L'Escargot entêté. Un jour, L'Escargot donne un cahier à cetancien enseignant pour qu'il écrive à propos du bar et de ses clients folkloriques...
Et pour des rencontres plus bizarres les unes que les autres, on en sera servi!
On se livre à Verre Cassé, convaincu que son histoire est plus dramatique ou plus aventurière qu'unautre. Entre le type aux Pampers et L'imprimeur, on et bien servis!
• Sans points, c'est à se demander si la ponctuation est superflue. J'ai commencé à lire l'été dernier, le dernier livre de Manuel Rui (Le porc épique), O piano e o manequim (le piano et le mannequin, évidemment :P), mais vu qu'il n'y avait pas de ponctuation, je me suis vite perdue.
Avec Saramago, ce n'est pas le manque de points qui cause problème, c'est plutôt les phrases qui prennent deux pages. Mais avec Verre Cassé, ce problème ne survient pas. Ça se lit d'un trait et on sait lorsqu'on s'arrête ou pas.
D'après un entretien sur France 3 Soir, A.M. avait expliqué qu'il voulait mettre sur papier la continuité des histoires racontées par des conteurs d chez lui (je crois que c'était ça, c'était l'année dernière déjà!).
Il y a des moments où je me suis dit que ça frôlait la vulgarité, même si je peux dire que j'ai vu des choses pires ou proches en Angola, et qu'à des moments, ce n'était pas nécessaire. Mais c'est juste mon avis de lectrices.
Et il y a d'autres moments, où je me suis dit "bon sang, je croise un mec comme ça, j'ai des frissons" tant leurs histoires auxuns et aux autres sont tordues.
Mais c'était un bon moment de lecture, un livre que j'ai terminé paisiblement, mon dernier soir à Rotterdam...
21:20 Publié dans Marque-Page | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Alain Mabanckou, Littérature africaine, Points, Internet, Roman, Nouvelles









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